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Les résultats obtenus suite aux négociations pour une sortie de crise le mercredi 9 janvier 2008, au Palais du peuple, ici à Conakry, sous les auspices du ‘’comité de veille’’ sur les accords du Protocole de Janvier 2006, avec la participation des partis politiques, constituent un réel motif de satisfaction populaire. Mieux, une source de stabilisation nationale pour tout le pays. Que s’est-il donc passé au Palais ? Annoncée depuis la veille, la rencontre de ’’la dernière chance’’ a effectivement eu lieu dans l’après midi de ce mercredi 09 janvier 2008 au siège du Parlement guinéen, afin d’éviter les graves conséquences qu’ont subies les populations, lors des dernières grèves de l’an dernier. Il faut rappeler que sur l’ensemble du territoire national, les victimes ont plus été des jeunes, des commerces et des édifices publiques et privées, dont l’évaluation réelle reste encore non établie. Ainsi, l’Inter central syndical ayant promu de répondre à l’invitation des institutions républicaines, est effectivement venu en grand nombre avec à sa tête ses leaders que les guinéens et leurs partenaires connaissent depuis, pour avoir fait la Une des journaux tant à l’intérieur qu’à l’extérieure de la Guinée. Les points contenus dans le document servant de préavis de grève étaient en discussion sur toutes les tables des institutions et des partis politiques. Les confessions religieuses ne sont pas restées indifférentes face à la menace qu’a fait planée les syndiqués sur le pays. La presse, publique et privée, a tenu à ne pas se faire conter les péripéties de ces moments dignes d’intérêt pour l’avenir proche du pays. Ce faisant, elle est restée collée aux moindres indices provenant des couloirs, sinon de la salle des actes du Palais du peuple. Avant, il faut reconnaître que le peuple lui, dans les rues, bars, cafés, services et dans les familles ne manquait pas d’exprimer son angoisse face à la grande déferlante. Parce qu’en Guinée, la grève rime avec casses et toutes les autres formes de vandalisme. Les rues s’emplissaient de rumeurs et de commérages sans jamais donner la moindre satisfaction tangible aux réelles préoccupations des masses. De débats en conseils, les résultats pressenties pour les environs de 20 heures à la radio et à la télévision, ne commenceront à filtrer que très tard la nuit, malgré tous les bons indices de la veille quand Hadja Rabiatou Serah et Youssouf Diallo avaient réaffirmer leur position conciliante et leur opposition à tout coup de force de quelque coté que se soit, ne voulant plus d’une seule goutte de sang sur le sol guinéen. Les esprits alertes avaient finis de se raviser sur la possibilité que cette grève soit déjà vécue, et que sa réussite, s’il y a réussite, c’est d’avoir pu mesurer les capacités de nuisance de l’inter centrale élargi à ses partenaires, face aux manquements de l’autorité, pour exiger réparation, et dénoncer les violations des clauses du protocole de janvier 2007. Il faut aussi rappeler que Dr. Ibrahima Fofana de l’USTG a encore une fois joué son rôle favori, celui de mettre la pression et encore, jusqu’au dernier moment des négociations. D’ailleurs, cette nuit pour certains est sans conteste ‘’la nuit la plus longue’’ depuis que le Gouvernement Kouyaté est en place. Ces temps riches en enseignements et en couleurs vont longtemps marquer de façon indélébile notre avenir commun. Ce que l’on attendait tant, ne se pointa devant les écrans et sur les ondes qu’après 23 heures 45 minutes, quand Hadja Rabiatou Serah va s’avancer pour prendre place en face des micros des différentes radios de la place et des correspondants des chaînes internationales accréditées en Guinées, non loin, les dictaphones de la presse privée, tenus ou juste déposés auprès d’elle. Ceci va d’ailleurs perturber la communication, augmentant le suspense, parce que l’interférence des ondes électromagnétiques et celles acoustiques, brouillait la sonorité et nous rappelait encore la vétusté de nos installations (tout un défi pour le nouveau locataire de la communication , Issa Condé). C’est ainsi qu’on priera les uns et les autres, pour que ces portables non commodes soient tous éteints afin de permettre au porte parole des syndicats de lire le ‘’sésame’’ qui devait libérer les esprits et les cœurs des millions de Guinéens, en cette nuit fatidique du mercredi 9 janvier 2008. Il faut reconnaître que les Guinéens ont à nouveau gagné en expérience en matière de négociation sur les questions concernant la vie de la Nation. Pour être simple, il a été question de l’avis de suspension du mot d’ordre de grève et des modalités d’accompagnement de cet avis consensuel, afin de redonner un sens au protocole d’accord du 27 janvier 2007. Nous vous fournirons de larges explications sur les nouvelles donnes entourant cette réalité sociopolitique, qui a risqué de nous créer les pires conséquences d’un affrontement que nul ne souhaite, à en croire les propos apaisants des uns et des autres. Minuit est venu, nous sommes le 10 janvier, mais point de grève, et au contraire, les fils de Guinée ont surmonté leurs faiblesses et aigreurs pour ‘’fumer le calumet de la paix retrouvée’’. Ceci constitue une leçon de grande importance, mais plus encore, un démenti sanglant à tous ceux qui pensaient et incitaient à la violence pour continuer à faire des victimes innocentes au sein de la jeunesse guinéenne. A présent, nous pouvons prendre un temps de réflexion pour aller poser de véritables axes du changement, pour qu’on ne soit plus jamais confronté à de telles revendications, qui cahin cahan, associent politique et syndicalisme, règlement de comptes avec vision patriotique foulant au sol nos textes de lois. Ce qu’il faut en plus souhaiter, est de voir les Guinéens se mettre au travail, seul moteur du changement véritable dans un esprit de partage et de pardon, pour permettre au pays d’avoir accès aux retombées de l’exploitation de ses immenses potentialités. En cette matinée du jeudi 10 janvier 2008, nous venons de frôler l’inconnu tant redouté qui aurait sans aucun doute, causé plein de regret dans chacune des familles de Guinée. Les responsabilités doivent être posées afin que chacun se rende compte de ce qu’il a fait par rapport à ce qu’il devrait. Enfin, nous saluons l’esprit d’ouverture qui a caractérisé ces assises de négociation qui ont été menées par le Président de l’Assemblée Nationale, assisté des autres présidents d’institutions républicaines, des chefs des confessions religieuses et l’ensembles de toutes les bonnes volontés, qui ne sont pas restées sans apporter leur aide si précieuse à la promotion de la paix en Guinée. L’avenir de notre pays demeure notre préoccupation majeure. Aboubacar Sidick SAMPIL Source : Journal L’Indépendant
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