samedi 12 janvier 2008
La secrétaire politique du RPG n'a pas d'ambition personnelle, je ne me bats que pour Alpha Condé dixit Madame Hadja Fatou Bangoura
Hadja Fatou BANGOURA

Reprise d’un entretien de septembre 2007

Guinéenews© reçoit pour aujourd'hui, la Secrétaire politique du Rassemblement Politique de Guinée du professeur Alpha Condé. Dans l'entretien qui suit, elle aborde tous les sujets liés au RPG, à la gouvernance, aux prochaines élections présidentielles ainsi que d'autres actualités pertinentes du pays.

Guinéenews : Madame Hadja  Fatou Bangoura, vous êtes la deuxième personnalité du plus grand parti de l'opposition guinéenne, si on se sert comme base les résultats des élections communales et communautaires de 2005. Quelle analyse faites-vous de la situation économique et sociopolitique de notre pays, notamment les six mois de Lansana Kouyaté à la tête du gouvernement ?

Hadja  Fatou Bangoura : Tout d'abord je voudrais m'incliner devant la mémoire des nombreuses victimes tombées sous les balles pendant ces évènements des mois de janvier et février derniers. La principale leçon que je tire de ces douloureux évènements, c'est qu'aujourd'hui, le Guinéen n'a plus peur d'assumer sa conviction et de se dire que personne ne doit plus jamais s'ériger en maître absolu de son destin. Ça c'est important.

Mais, en dehors de ce cas précis, posons-nous la question de savoir si les évènements passés ont eu une incidence économique positive sur le niveau de vie de nos compatriotes. Est-ce que les femmes guinéennes sur l'épaule desquelles repose le poids financier de la famille, se sont libérées de ce fardeau qui, si on n’y prend garde, risque de les abattre un jour ? Avons-nous l'électricité et l'eau potable dans nos concessions ou y a-t-il un espoir dans ce sens ? À la veille du mois saint de Ramadan, est-ce que les prix des denrées de première nécessité seront maîtrisés ?

Je laisse chacun apporter sa réponse à ces questions que je me pose.

Votre parti, le RPG, était absent des élections législatives de 2002 et des présidentielles de 2003. Pouvez-vous nous dire comment il se porte aujourd'hui et comment il prépare les prochaines législatives ?

Le Rassemblement du Peuple de Guinée du Professeur Alpha Condé n'a pas boudé le chemin des urnes pour le simple plaisir de le faire, vous le savez bien. Vous êtes d'accord avec moi que les élections constituent pour un parti politique le passage obligé pour le pouvoir suprême. Alors, pourquoi ne pas participer ? Le boycottage des élections par notre parti était dû aux différentes fraudes massives dont les différents ministres de l'Intérieur de Conté étaient champions.

Mais de 2002 à nos jours, soit cinq ans après, le RPG ne s'est jamais meux porté que maintenant. Les assemblées générales se tiennent tous les samedis, à commencer par le siège national du parti à Conakry jusque dans nos sections de l'intérieur et de l'extérieur du pays. Ce jour est mis à profit pour porter le message et la position du parti face aux différents problèmes de la nation. Le premier responsable du parti, le président Alpha Condé, est de tout temps consulté par les médias nationaux et étrangers sur les différents problèmes du pays. Mieux, le RPG est un parti solidement constitué; chaque jours qui passe, nous recevons des invitations venants des nouveaux adhérents sur toute l'étendue du territoire national.

Je réponds à votre question en vous citant : « Madame Fatou Bangoura, vous êtes la deuxième personnalité du plus grand parti de l'opposition guinéenne, si on se sert comme base les résultats des élections communales et communautaires de 2005 » fin de citation. Notre absence de l’hémicycle n'a rien changé en la capacité de mobilisation de notre base. Je vous donne rendez-vous après les élections législatives prochaines si et seulement si elles sont transparentes et régulières comme le scande la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par Monsieur Lansana Kouyaté.

Cette fois-ci, pour vous prouver que le RPG ne boude par les urnes sans raison, nous irons aux législatives pour voir si les promesses d'organiser les élections transparentes seront enfin respectées. Chacun appréciera.

A l'occasion de la journée nationale de plaidoyer sur le positionnement des femmes dans l'Administration, organisée par la CONAG-DCF, le porte-parole du RPG avait promis que cinquante pour cent des candidatures RPG seront des femmes. Cette promesse reste-t-elle en vigueur ?

La question de la promotion de la femme a dépassé, au sein du RPG, l'étape de promesse, dans la mesure oû la deuxième personnalité du parti est une femme qui se soumet aujourd'hui à cette interview. Le Professeur Alpha Condé croit en la capacité de la femme, il a très vite compris, comme le dit l'adage, que « ce que femme veut, Dieu le veut ! » Il ne cesse de cautionner la montée des femmes au bureau politique national et au comité central, deux instances suprêmes du parti. Notre leader est un vrai enseignant, il suit tout le monde sur le terrain. Dès qu'il repère des compétences masculines et surtout féminines, il les valorise. En cela, je pense à feue Hadja Makoto Camara, qui était non seulement la présidente des femmes du RPG mais aussi la mère adoptive de notre leader. Les exemples sont légion.

Que répondez-vous à ceux qui accusent le RPG de « flirter » avec Lansana Kouyaté. On dit, notamment, que depuis la nomination de ce dernier à la primature, votre parti, contrairement à la virulence du passé, n'a fait une quelconque prise de position à l'endroit du Premier ministre, contrairement à l'UPG de Jean Marie Doré, l'UFDG de Bâ Mamadou ou l'UFD de Mamadou Bah Baadiko ?

Je ne suis pas du tout surprise de cette accusation dont nous sommes encore victimes de la part de nos infatigables détracteurs. Comme le dit très bien le chanteur Ibro Diabaté dans son dernier album : « Ces gens là aussi, c'est leur façon d'être . » Je vous prie de me croire que le premier responsable du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG ), Alpha Condé, n'est pas une personne qui cache ses amitiés, c'est connu de tous comme étant l'un des traits de son caractère. Le problème du RPG n'est pas Monsieur Lansana Kouyaté, mais bien le Général Lansana Conté .

Depuis la rentrée en Guinée de notre leader, le 17 mai 1991, sur la demande du Bureau Exécutif, jamais il n'a eu raison du régime de Conté que cette fois-ci. Si vous re visitez les vidéos de ses meetings, vous constaterez, n'en déplaise à ses détracteurs, qu'il avait prédit tous les évènements qui ont engendré le soulèvement des mois de janvier et février passés. Très vite, dès la nomination du Premier ministre, chef du gouvernement, alors que certains rêvaient d'avoir des ministres, il a dit à la surprise générale que le RPG ne participera pas au gouvernement de Lansana Kouyaté.

Il continue de parler à ses concitoyens dans les quartiers de Conakry, au siège national de son parti, dans les médias, fait des meetings comme tout récemment à Paris, le 8 juillet 2007, sur invitation de la section RPG-France où il a dépeint la catastrophique situation sociopolitique et économique de notre pays dans une salle archicomble de nos compatriotes vivants dans l'hexagone. Cela n'est-il pas suffisant ? Posez la question à l'ancien Premier ministre, en la personne de Cellou Dalein Diallo, notre leader disait toujours que ce dernier ne l'intéressait pas, que son problème, c'est la tête qui n'est autre que Conté.

Les Chinois disent, nous rapporte Prési (Alpha Condé ), que lorsque vous avez une seule et unique flèche, la sagesse vous recommande de ne viser qu'un seul objectif au risque de perdre votre flèche tout en ratant les multiples objectifs visés par ambition démesurée. C'est vous dire qu’Alpha Condé ne s'occupera pas des auteurs de cette rumeur et en même temps que se battre pour le départ définitif de Conté du pouvoir. Mais, je les comprends.

En fait, chaque fois que notre pays amorce un début de clarification de la situation nationale, ces gens là qui sont connus, convaincus qu'en cas d'élections libres, transparentes et régulières en Guinée, la route de Sèkhoutouréya sera grandement ouverte pour le leader du RPG, s'emploient dans des exercices de diversion. Je ne dis pas que les futures élections seront transparentes, car je n'en ai aucune preuve pour le moment et je me méfie énormément du terme « élections transparentes » pour avoir été souvent victime de fraudes massives. Mais puisque le gouvernement de Lansana Kouyaté ne jure que par l'organisation d'élections transparentes, les détracteurs du RPG ne voient qu’Alpha Condé comme étant le leader le mieux placé, en témoignent les résultats des élections truquées dont vous avez fait état plus haut, pour succéder à Lansana Conté. Voilà le fond du problème.

Ce qui est marrant, c'est que leur niveau d'analyse ne dépasse pas la longueur de leur nez. C'est trop facile comme raisonnement. Ils oublient qu’Alpha Condé a dit, après la nomination de Kouyaté, que même si on fait de Bill Clinton le Premier ministre de la Guinée, il va échouer tant que Conté est là.

En musulmane convaincue, je sais que Dieu a bien fait de ne pas rendre nos semblables maîtres de nos destins respectifs; sinon, je parie que certaines personnes auraient coupé de l'oxygène à d'autres tant l'homme est égoïste, mesquin, jaloux et méchant. Je sais aussi que ce n'est pas Lansana Kouyaté qui choisira le futur président de la République de Guinée, mais ce sont les Guinéens de toutes les ethnies confondues. Pour terminer sur cette question, je demande aux détracteurs d’Alpha Condé de travailler à la consolidation de la base électorale de leurs partis respectifs parce que c'est elle qui jouera le rôle de soldat pour leur accession au pouvoir.

Sincèrement, si on peut utiliser un tel langage en politique, à quoi peut-on lier l'absence quasi permanente de la Guinée du Pr. Alpha Condé, président de votre parti ?

Dites à nos détracteurs que cette chanson est dépassée, qu'ils composent une nouvelle, celle-là nous l'avons beaucoup écoutée. Quel est ce Guinéen qui se priverait de faire un tour en occident s'il en a les moyens ? En quoi cela constitue-t-il un crime ou une faute politique lorsque venant de la part d'un leader politique de la trame du Professeur Alpha Condé ? Retenez que depuis le 8 juin 2005, Alpha Condé est beaucoup plus présent sur le sol guinéen qu'à l'étranger. Bien entendu de temps à autre il va faire un tour puis retourne chez lui, ce qui est tout à fait normal.

Moi qui vous parle, j'y vais au moins une fois par an faire mon bilan médical. Maintenant, ceux qui veulent faire une autre lecture des différentes sorties de notre leader, qu'ils le fassent, c'est leur droit. Vous avez en Guinée des leaders qui se déplacent moins que le nôtre, mais leur parti n'est cependant pas mieux installé que le RPG. Les résultats des élections truquées sont là pour le témoigner.

Certains de vos adversaires disent souvent que les décisions du RPG sont toujours « dictées » par le président du parti. Est-ce la cause principale de la lenteur du RPG dans ses négociations avec ses pairs de l'opposition, notamment en ce qui a concerné récemment la désignation des membres de la commission nationale électorale ?

Vous faites bien de dire que ces propos viennent de nos détracteurs. C'est de bonne guerre. Tenir de tels propos, c'est insulter la mémoire de tous les collaborateurs d’Alpha Condé. Rien qu'au sein du comité central du RPG, vous avez 97 membres et au Bureau Politique National nous sommes 43 membres. Au total, vous avez autour d’Alpha Condé plus de 140 personnes. Tenez bien que ce sont des personnes qui ne pratiquent pas la langue de bois.

Je vous fais une confidence en ma qualité de Secrétaire Politique du RPG. Il arrive très souvent que notre leader soit mis en minorité dans les instances de décision du parti. Un exemple : Alpha ne voulait pas aller aux dernières élections communales et communautaires de 2005, convaincu que le pouvoir jouera sa carte favorite : la fraude. Il a été contraint par la majorité des membres du B.E. Les exemples ne finissent pas. Pourquoi s'entourer de près 140 personnes si vous êtes capable à vous seul de faire tout, de décider de tout ? La raison n'accepte pas ce genre d'affirmation gratuite.

Du retard dans la désignation des membres de la commission nationale électorale ? J'ai participé à la réunion qui a été tenue à cet effet chez Monsieur Charles Pascal Tolno, dirigée par Bâ Mamadou. Les fonctions que j'assume au sein de mon parti ne me permettent pas de dire publiquement ce que je fais en commission de travail. Si vous interrogez d'autres personnes qui ont assisté à cette réunion, elles vous diront ce que j'ai dit ce jour-là, lorsque j'ai constaté des attitudes de blocage de la part de certains partis politiques.

Comment vivez vous la ruée des anciens barons du régime (Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo, pour ne citer que les anciens PM) à l'opposition ?

Dans une démocratie, un homme politique a deux choix, à la limite trois : soit, il est du côté du parti au pouvoir, qu'on appelle injustement la majorité, ou du centre, ou enfin dans l'opposition radicale.

C'est connaissant cette théorie que le Professeur Alpha Condé et d'autres démocrates s'étaient battus pour le multipartisme intégral en Guinée, donnant ainsi la même chance aux Guinéens de créer le parti de leur convenance. Sinon, vous vous rappelez que le Général Lansana Conté voulait le bipartisme.

La ruée des anciens ministres que vous citez est à mettre à ce crédit. C'est pourquoi nous devons rendre un hommage mérité aux martyrs illustres et anonymes de la « démocratie guinéenne .» Nous venons de loin et le chemin à parcourir est très long et parsemé d'obstacles de tous genre. À un moment de la lutte de démocratisation de notre pays, certains disaient en bon soussou que lorsque vous opposez votre poitrine au régime en place, il risque de la casser. Autrement dit, qu'on ne saurait s'opposer au chef.

Il a fallu des Guinéennes et Guinéens courageux pour dire non à la dictature, à bas le détournement des deniers publics, et au prix de leur vie... Aujourd'hui, Dieu merci, la liberté d'expression commence à s'installer dans le pays pour le bonheur de tout le monde.

Malheureusement, on continue à dire que les pionniers de cette lutte ne parlent pas. L'opposition n'est pas la chasse-gardée d'un seul parti ou d'un seul leader d'autant plus que ça n'est pas un métier mais un passage obligé pour le pouvoir suprême dans une démocratie. Je sais une chose, n'est pas leader qui le veut. « Si vous dites que le pain n'est pas homme, faites entrer votre tête dans le four ! » dit l'adage, même s'il est plus facile aujourd'hui de faire de la politique chez nous aujourd’hui que vers les années 1993 -1994

Si les batailles politiques des quinze dernières années (1992-2007) étaient à refaire, quelles sont les erreurs et pièges que le RPG éviterait ?

Madame Fatou Bangoura : Si ces batailles étaient à refaire, le RPG aurait pris la tête de file de l'opposition guinéenne comme c'est le cas aujourd'hui. Je félicite et remercie très sincèrement nos compatriotes qui soutiennent les idéaux de notre parti. Nous ne devons pas les décevoir. La confiance qu'ils ont placé en nous se matérialise à chaque fois que nous nous portons aux urnes.

« Aucune oeuvre humaine n'est parfaite, » dit-on souvent. Au RPG, ce n'est pas une seule personne qui décide, ce sont les hommes et les femmes compétents qui réfléchissent à toutes les actions de notre parti depuis sa légalisation le 3 avril 1992.

Il appartient aux Guinéens que vous êtes de faire part à la direction nationale, ce qui semble être les erreurs et les pièges commis selon vous afin que, si ces critiques sont fondées, nous puissions les corriger dans l'intérêt supérieur de la nation. Parce que l'objectif du RPG, vous le savez, reste la conquête et l'exercice du pouvoir pour pouvoir apporter notre brique dans l'édification d'une Guinée nouvelle où il fait bon vivre.

Peut-on parier sur vous pour conduire les couleurs du RPG aux élections présidentielles de 2010 ?

La secrétaire politique du RPG n'a pas d'ambition personnelle. Je ne me suis jamais battue pour être là où je suis aujourd'hui dans le parti. Vous pouvez vous renseigner. J'ai été élue pendant que je me trouvais dans un lit d'hôpital en Côte d'Ivoire. C'est une de mes visiteuses qui m'a porté la nouvelle. De cette date à maintenant, je ne me bats que pour Alpha Condé. L'opinion nationale et internationale le sait.

La tâche n'a pas été facile, mais j'ai tenu malgré tous les obstacles qui ont été dressés sur mon chemin. J'ai été insultée sur toute l'étendue du territoire national à cause de ma fonction politique dans des émissions radiophoniques commanditées comme « KIBAROU » et « TALATÈ FARÉ ». Je garde encore pour ma progéniture des surnoms comme « Sosso gnakhi » c'est-à-dire mauvaise soussou pour la simple raison que je n'ai pas soutenu mon parent président.

Mes enfants étaient regardés à l'école en chien de faïence. Toutes les mauvaises qualifications étaient bienvenues : Fatou la mauvaise, Fatou la rebelle, Fatou la gardienne des armes de guerre d’Alpha Condé. D'où les incessantes et injustes perquisitions de mon domicile. Je rends hommage à mes parents pour m'avoir donné une bonne éducation qui m'a permise de résister aux calomnies qui étaient toutes faussement inventées dans le but ultime de me salir. En aucun moment, je n'ai été confondue.

Dieu merci, la haine n'a pas de place dans mon cœur, je n'en veux à personne. Seulement, je me réjouis de l'amorce d'un début de liberté d'expression et de l'acceptation de l'autre dans notre pays avec des slogans, « plus jamais ça! » Il ne faut pas se leurrer, le chemin à parcourir est encore long, chacun doit s'y mettre.

Au sein du parti, je jouis de la part de tous mes camarades d'un grand respect et considération à commencer par Alpha Condé. Cela me suffit.

De ce fait, ne vous attendez pas à une confrontation politique entre Alpha et moi. Il y a des gens qui ont fait plus de vingt ans dans le maquis pour prendre le pouvoir. Le président de notre parti lui, sollicite le suffrage de ses compatriotes dans un débat démocratique, comme il ne cesse de le répéter, « Je ne suis pas venu en Guinée pour gouverner les cimetières, mon combat est un combat d'idées et mes armes sont la plume et la parole.» Madame Fatou Bangoura se bat aussi dans la même lancée.

Je vous conseille de parier sur le professeur Alpha Condé, pour conduire les couleurs du Rassemblement du Peuple de Guinée aux prochaines consultations présidentielles de 2010, si rien n'est fait avant cette date, car seul Dieu sait ce qui va se passer demain en Guinée et ailleurs dans le monde. Mais, en pariant sur moi actuellement, vous tapez à une mauvaise porte

Si vous étiez la conseillère la plus écoutée du général Lansana Conté, quel message lui adresseriez-vous aujourd'hui ?

Tout mon combat politique est fait de conseils à l'endroit de Lansana Conté. Je le prie de revoir les cassettes de mes meetings notamment le discours que j'ai prononcé sur le balcon du domicile d’Alpha Condé à Mafanco en Décembre 1998 en prélude au lancement de la campagne des élections présidentielles de la même année. Je n'ai jamais injurié notre chef de l'État, d'ailleurs mon éducation ne me le permet pas. J'ai simplement voulu lui faire éviter ce qui lui arrive aujourd'hui. Très malheureusement, je n'ai pas été comprise. Vous savez bien que dans nos sociétés, les diseurs de vérité n'ont pas bonne presse.

Je continue de lui dire qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. Il peut se rattraper, s'il saisit l'occasion qui lui a été offerte par la concertation nationale des forces vives tenue les 17, 18, 19 et 20 mars 2006 qui ont regroupé les partis politiques, les organisations de la société civile et socioprofessionnelle, les ONG et les étudiants. Si Conté avait respecté les recommandations issues des travaux de ces assises nationales, les évènements douloureux des mois de janvier et février derniers ne seraient pas arrivés.

Il est encore temps qu'il se retire pour son propre bonheur d'abord, ensuite dans celui de sa famille directe et enfin pour sauver le peu qui reste de la Guinée. Ce faisant, il bénéficiera d'une retraite honorable. La balle est dans son camp!

Et à son Premier ministre, Lansana Kouyaté ?

Je me méfie de conseiller le Premier ministre sur ce qu'il doit faire. Il a la feuille de route de sa mission qui ne vient ni d’Alpha Condé, encore moins de la secrétaire politique du RPG que je suis. Nous disons au sein de notre parti qu'un serpent c'est sa tête. Lorsque celle-là est malade ou coupée, le reste dévient la corde. Voilà pourquoi la cible principale demeure chez nous Lansana Conté. C'est sa gestion calamiteuse des affaires publiques qui a fait que Lansana Kouyaté est là. Vous pouvez retenir une chose : vous ne verrez jamais dans un gouvernement de Conté un ministre issu des rangs du Rassemblement du Peuple de Guinée, quel que soit le Premier ministre.

Je vous remercie très sincèrement. Que Dieu bénisse notre Guinée natale. Amen !

Entretien réalisé par Nouhou Baldé depuis Conakry pour Guinéenews©
Septembre 2007

Source : www.guineenews.org ,

 

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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