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Le 24 janvier 2008, la Guinée de Pascal Feindouno a réussi à battre le Maroc de Youssef Hadji lors des matches de poule de la Coupe d’Afrique des Nations de football. Une victoire que l’on présente, non sans raison, comme une belle revanche du Syli national sur les Lions de l’Atlas. Il faut rappeler que ces dernières années, les observateurs sportifs avaient fini par faire du Maroc, « la bête noire » de la Guinée dans le domaine spécifique des rencontres de football. En 1976, les Lions de l’Atlas ont remporté le trophée continental au détriment du Syli national. C’était lors de la campagne éthiopienne, que la bande à Souleymane Chérif n’est pas encore près d’oublier. A cette époque, les phases finales de la CAN de football se jouaient sous forme de championnat. Le Syli national de Guinée avait besoin d’une victoire face à son homologue du Maroc pour entrer dans le cercle des vainqueurs de la Coupe d’Afrique des Nations. Mais c’était compter sans la détermination des Lions de l’Atlas à faire barrage aux Guinéens sur le chemin de la consécration. Les deux équipes nationales se sont finalement quittées sur un score de parité (1-1). Le Maroc a été sacré champion d’Afrique au compte de l’édition de 1976. La déception des joueurs du Syli national a été à la dimension de l’espoir placé en eux par tout le peuple de Guinée. Et aussi curieux que cela paraisse, les années ont continué à se suivre et à se ressembler. Au cours des différentes rencontres qu’ils ont eu à livrer face aux Lions de l’Atlas, les joueurs du Syli de Guinée ne sont jamais parvenus à prendre le dessus. Le plus souvent, le Onze guinéen a dû s’incliner face aux Lions de l’Atlas ou se contenter d’un partage des points. C’est pourquoi, lorsque le Maroc et la Guinée se sont retrouvés dans une même poule aux phases finales de la CAN 2008, nombreux sont ceux qui ont pensé, non sans raison, que ce serait une belle occasion pour le Syli national de prendre enfin sa revanche sur les Lions de l’Atlas. Et comme il fallait s’y attendre, la pression sur l’équipe guinéenne est montée d’un cran au lendemain de sa défaite face au Ghana (le pays hôte de la complétion). Pour Pascal Feindouno et ses camarades du Syli national, il fallait impérativement battre les Lions de l’Atlas pour espérer continuer la compétition. Le jeudi 24 janvier, les hommes de Robert Nouzaret ont réussi à vaincre enfin le signe indien en battant le Maroc, pour le plus grand bonheur du public sportif guinéen. Dès le coup de sifflet final de la rencontre, les rues de Conakry, et probablement celles des villes et villages du pays profond, ont été littéralement prises d’assaut par les supporters du Syli. Cette victoire est d’autant plus importante et significative qu’elle rentre désormais dans les annales du football africain comme la première de la Guinée sur le Maroc. Papa Camara, Mamadou Aliou Keïta (alias N’Jolea), Chérif Souleymane, Ibrahima Sory Keïta (alias Petit Sory) ont écrit jusqu’ici les plus belles pages du football guinéen. Ils ont fait, dans les années 1970, les beaux jours du Hafia FC et du Syli national. Malgré leur talent incontestable, ils ne sont jamais parvenus à battre le Maroc. Même cas de figure pour la génération de Titi Camara et consorts. Mais, comme on aime souvent à le dire, mieux vaut tard que jamais. La bande à Pascal Feindouno vient de relever un véritable défi : battre le Maroc. Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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