|
Je suis un vagabond de la lecture et en parcourant un projet de charte de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (Août 2005), je vous fais part de ce que j’ai retenu et qui s’adapte particulièrement à notre pays, LA GUINEE.
La paix durable est une condition fondamentale de la jouissance des droits de l'homme. Elle ne peut se réaliser par le silence autour de ce qui s'est passé et ce qui se passe en GUINEE.
La réconciliation nationale reste le garant de la paix et de la stabilité, sans lesquelles rien n’est possible.
Une réconciliation nationale n’est pas un simple bruit dans la bouche, elle se construit et s'acquiert.
Après être restés pendant 52 ans dans le brouillard des complots, conflits, émeutes, massacres et il appartient aux Guinéennes et Guinéens de prendre leur responsabilités vis-à-vis de leur passé.
Le but de la réconciliation n'est pas d'embellir le passé, encore moins de l'oublier, mais il s'agit par cette démarche d'éviter que la plaie ne reste ouverte afin qu'elle ne devienne pas à son tour source de rancœurs et de nouveaux conflits.
Les nouvelles générations ont le droit de connaître la vérité toute la vérité, sur tout ce qui s'est passé ces dernières années, de connaître les commanditaires, les exécutants. Les victimes ou leurs proches éprouvent le besoin de poser des questions et de trouver des réponses auprès des personnes ayant commis les assassinats, les viols, les destructions des édifices. Elles ont besoin de connaître la raison pour laquelle elles, ou leurs proches ont été enlevés, torturés ou assassinés.
Les familles des disparus ont également besoin de connaître la vérité sur le sort de leurs proches afin de pouvoir enfin entamer, le cas échéant les procédures de deuil. Très souvent dans le cas où le décès est avéré, les familles réclament qu'on leur rende les corps pour qu'ils soient enterrés dans des tombes individuelles. A défaut les familles demandent au moins qu'on les informe sur le lieu où leurs proches seraient susceptibles d'être enterrés.
Il faut rejeter la situation confuse où tout le monde est coupable et tout le monde est innocent. Il faut identifier les assassins, les criminels et les traduire en justice. Traduire un criminel devant la justice s'inscrit dans cette recherche de paix sociale, le but de la justice est multiple à savoir, retisser le tissu social, restaurer les normes et les valeurs, sanctionner les torts et prévenir la récidive.
Le but de la réconciliation nationale est de tourner la page. Beaucoup de victimes et leurs proches souhaiteraient pouvoir tourner cette page mais n'en sont tout simplement pas capables dans la mesure où ils ont l'impression que la justice n'a pas été rendue. La lutte contre l'impunité est un élément central de la réparation et de l'équité.
Les victimes ont besoin d'une reconnaissance officielle des souffrances qui leur ont été infligées et qui les déshumanisent. Il est donc normal que les victimes cherchent alors à regagner cette humanité perdue et cela passe essentiellement par une reconnaissance de la part de la société et surtout du responsable direct ou indirect de la violation.
Sacrifier la justice sur l'autel des règlements politiques n'est pas plus acceptable que tolérer l’impunité des criminels.
La justice est partie intégrante de la paix !
Il est primordial d’instituer une justice transitionnelle qui aura pour but : l'identification des responsables de la tragédie nationale (les criminels, les assassins, les violeurs, les commanditaires) quitte à les amnistier par la suite.
Pour ou contre le principe de la Conférence Nationale ?
Je sais que les Guinéens sont partagés entre l’idée de l’organiser ou pas. Faudrait-il passer par un Référendum national pour y parvenir ? La Question reste posée et il appartiendra au futur Président de trancher.
Notre pays a besoin d'un vrai débat autour de cette question qui engage son avenir. Il est donc impératif d'ouvrir le champ à l’expression plurielle – y compris la radio et la télévision – pour discuter, expliquer, et même critiquer pour que le scrutin (référendum) soit entouré d'un minimum de crédibilité.
Sow Jean Bertrand
www.guineeactu.com
|