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Disons d'emblée que la "mayonnaise politique" de M. Souaré n'a pas pris ; elle manque de consistance. A lire la composition du gouvernement, nous constatons que c'est une "ouverture virtuelle" : vu le temps mis pour le concocter, nous nous attendions à une équipe moins déséquilibrée en faveur du Président. Déçu mais pas surpris car il était évident pour nous dès le début que ces choix seraient basés sur des critères autres que d'efficacité : l'urgence pour notre Général est de donner l'impression qu'il a compris les revendications des frondeurs et qu'il veut apaiser l'impatience de l'opposition. Au delà de ces critiques, l'essentiel est que les élections législatives aient lieu aussitôt que techniquement possible ; et que le peuple puisse choisir librement dans la paix ses représentants au Parlement, comme première étape. Seulement après, nous pourrons commencer à parler de bonne gouvernance et de tout ce qui va avec. L'intérêt et le support que nous apportons à ce gouvernement sont d'assurer une transition "apaisée" et une certaine continuité de l'Etat jusqu'aux différents scrutins ; pourvu que nous ne relâchions pas la pression. Quant à M. Souaré, s'il veut nous montrer sa bonne et réelle intention de rupture avec le passé, il devra être transparent sur tout. D'abord, nous dire quels seront leurs émoluments/salaires : pas individuellement mais à la rigueur révéler le montant du moins et celui du plus payé (lui compris) car nous comprenons qu'en fonction de l'importance du ministère, ils ne peuvent avoir tous la même rémunération. L'idéal serait même que l'Assemblée Nationale décide des montants. Et dans le futur (cela ne se fera pas sous notre Général), la dotation/salaire du Président de la République et ses dépenses de souveraineté le soient aussi par le Parlement. Tout marché public ou para public ainsi que tout achat de plus (arbitrairement) 10 000 Euros/ Dollars ou équivalent en Francs Guinéens (dans la même année fiscale) devront être par la loi publiés dans le Journal Officiel en mentionnant obligatoirement le bénéficiaire du contrat. Ainsi tout le monde, les Impôts/Trésor, la Douane et les citoyens pourront jouer aux "limiers". De plus, le Premier Ministre doit absolument faire l'état des lieux et nous dire la situation des finances de la République et les secteurs à sacrifier immédiatement. Il innoverait aussi en publiant une directive à l'endroit de l'Administration permettant aux journalistes d'investigation agréés d'accéder à tout dossier - particulièrement lié aux deniers publics - ne relevant pas de la raison d'Etat. Il (ou le porte-parole du gouvernement) devrait rencontrer tous les mois (ou bimestres) la presse pour faire le point sur la situation du Pays. Cela restera certainement un vœu pieux mais si ces idées peuvent inspirer les futurs gouvernants, tant mieux. Ce minimum de transparence appliquée, nous estimons qu'il lui serait plus facile d'affronter et de convaincre toutes ces corporations qui revendiquent, à raison, de meilleures conditions salariales. Le défi à relever est entre les mains de M. Souaré et dépendra de son courage à assumer ses responsabilités face aux réfractaires et forces du mal qui seront en embuscade. En légère digression, puisque nous sommes en voie de normalisation de la vie politique en Guinée, le moment est venu pour les partis politiques et nous autres, citoyens, de demander que certains biais soient levés qui étaient stratégiquement judicieux lors de la crise de 2007 ; mais ne le sont plus maintenant : en effet, les syndicats, le Patronat devraient être des composantes de ce qui est appelé Société Civile ; autrement nous avons un serpent à trois têtes. C'est-à-dire que le même lobby (ils devraient être partenaires sociaux) est représenté trois fois sous différentes appellations. Dans le cas de la Guinée de notre Général, il en est d'ailleurs de même pour le PUP avec les Présidents de l'Assemblée Nationale (AN), du Conseil Economique et Social (CES) et même de la Cours Suprême (CS) qui sont en fait des représentants du même parti. En résumé, lors de négociations/pourparlers face aux partis politiques il y a trois voix pour respectivement la Société Civile et le PUP (AN et CES associes) avec un éventuel arbitre aussi PUP (CS). Les dindons de la farce sont donc les mêmes : les partis de l'opposition ; et pour preuve le fameux "comité de veille". Il revient donc aux hommes politiques lésés de réclamer un équilibre plus équitable. Ibrahima Diallo - "Ollaid", Londres, UK pour www.guineeactu.com
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