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"Afin de garantir une représentation politique suffisante du peuple guinéen, ainsi qu'un contrôle du pouvoir exécutif, le Président Condé devrait élaborer, promulguer et respecter un calendrier concret en vue des législatives libres et démocratiques" a recommandé Human Right Watch dans son rapport sur la situation des droits de l'Homme en Guinée, rendu public mardi 24 mai à Conakry.
Les élections législatives se font attendre depuis plus de six ans. A la suite du coup d'Etat de décembre 2008, la constitution a été suspendue. En 2010, le conseil national de la transition (CNT) a été mis en place. Composé de gens pris par-ci par-là, le CNT a été chargé de formuler des recommandations au sujet des réformes institutionnelles et d'élaborer une nouvelle constitution. Cependant, le CNT composé de personnes nommées n'a jamais agi en tant que parlement représentatif.
La présidentielle de 2010 a été émaillée de violences de toutes sortes de la part des forces de défenses et de sécurités. Les partisans de Cellou Dalein qui protestaient contre ce qu'ils appelaient ''un holdup up électoral'' au détriment de leur leader, ont fait l'objet de violences aveugles de la part des agents des forces de l'ordre à Conakry et dans certaines villes de l'intérieur du pays. Ces mêmes partisans de Cellou ont été violentés et chassés en Haute Guinée. Le gouvernement de transition n'a rien fait pour les protéger.
C'est pour éviter tout cela que l'organisation de défense des droits de l'Homme a demandé que : "Condé et son gouvernement devrait veiller à ce que les Guinéens soient en mesure de faire campagne et de voter dans un climat libre de crainte, de manipulation et d'intimidation, notamment en prenant des mesures sérieuses visant à remédier au manque de neutralité dont les forces de sécurité ont fait preuve lors du scrutin qui l'a amené au pouvoir."
Décidément, la pression s'accentue sur Alpha Condé à propos de l'organisation des législatives. L’opposition dans son ensemble exige l'organisation dans un bref délai de ces élections. Elle s'oppose de ce fait à un nouveau recensement du corps électoral, prétexte avancé par le pouvoir pour retarder le scrutin, dit-elle.
Il en est de même du côté des partenaires au développement à commencer par l'Union européenne. L'Europe a clairement indiqué la normalisation de ses relations de coopération avec la Guinée reste conditionné par la mise en place de toutes les institutions démocratiques. Surtout une assemblée nationale représentative du peuple de Guinée.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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