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 | Djènè Kaba Condé... avant ! |
Les magasins de luxe qui pointent sur les Champs-Élysées à Paris constituent un passage obligé pour maintes premières dames d’Afrique. Celles dont les maris sont au pouvoir depuis des années y renouvellent leurs garde-robes. Pour les nouvelles, il faut y aller pour changer de "look", afin que bonne mine rime avec belles tenues. Pour les deux catégories, "Tati,", connaît plus.
Mme Djènè Kaba Condé, la première dame de la République de Guinée, n’a pas fait exception à la règle. Le 18 février, jour du retour du Président Alpha Condé de Dakar, elle s’est envolée pour la capitale française. Pour s’enquérir de l’état de santé de sa fille souffrante. Mme Condé en a profité pour visiter les magasins de luxe de Paris. Pour garnir sa garde-robe. Lorsqu’elle quittait Conakry, un ministre d’un département stratégique pour l’économie guinéenne a dû se débrouiller pour lui trouver une petite enveloppe. Une misère qui est loin d’atteindre 100.000 euros. " Madame la Première Dame, ce sont vos frais de séjour ", a dit gentiment le ministre. Arrivé à Paris, après quelques jours, le même ministre aurait pris contact avec un de ses amis, homme d’affaires français, pour augmenter la mise. Un petit supplément de moins de 100 000 euros encore. La somme de tous les efforts ministériels consentis n’a pas dû aller au-delà de 150 000 euros. Mais, bonjour le shopping dans la grisaille de Paris. Des Guinéens de France qui déambulent vers les Champs Elysées jurent avoir vu la Première Dame visiter des magasins très coquets. Le 21 février, elle était chez " Elysée Shopping et Christian Dior ". Pour des tenues de gala, d’élégants tailleurs pour femmes épanouies. Le 23 février, dans la soirée, ils l’ont vue vers la rue du Faubourg Saint Honoré. Le vendredi 25 février, elle aurait fait son dernier shopping chez " Gucci ", aux Galeries Lafayette, dans le 9e arrondissement. Et comme pour joindre l’utile à l’agréable, la Première dame aurait été aperçue au Fouquet’s, l’un des restaurants huppés de Paris, bien connu d’un certain Nicolas Sarkozy. Une luxueuse voiture a été louée pour Mme Djènè Kaba Condé. La première dame a également mis son séjour à profit pour rencontrer des hommes d’affaires intéressés à investir en Guinée. Au Méridien de Paris, elle aurait eu " des séances de travail " avec des investisseurs, français et non français, intéressés à venir chez nous. Elle aurait incité beaucoup d’hommes d’affaires à venir explorer des domaines variés.
Des Guinéens de Paris, aigris contre la première dame, ont commencé déjà à voir d’un mauvais œil le fait que c’est la première dame qui rencontre des investisseurs étrangers, pour parler d’investissements et de développement de la Guinée. Comment ne pas penser déjà à ce fléau nommé " commissions " qui a envahi la Guinée dont a hérité le Président Alpha Condé ?
" Lorsque M. le Président de la République interdit à tous les membres de son entourage de démarcher des projets et que c’est sa femme qui est en train de recevoir des hommes d’affaires pour les inciter à aller investir en Guinée, cela veut dire que quelque part, ça ne va pas ", s’insurge un Guinéen de Paris. Mais, cela n’est pas un crime de lèse-majesté, et n'est pas une nouveauté en Afrique, où il n’est pas rare de voir des premières dames qui gèrent carrément les affaires courantes de l’Etat. On cite déjà en exemple Simone Gbagbo, première dame de Côte d’Ivoire, Chantal Biya du Cameroun. Des dames de fer qui gèrent aussi bien les affaires de l’Etat que leur mari.
Ceux, enfin, qui pensent à la Tunisie de Leila Trabelsi, vont manifestement trop vite en besogne.
Abou Bakr
www.guineeactu.com
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