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Empêchée de manifester à coups de fusil, la police ne fait plus parler d’elle, confinée dans un profond silence qui ne laisse pas la population indifférente. Si la régulation de la circulation routière est assurée, parfois à coups de matraque, à d’autres niveaux, le vide est entier. Les malfrats libérés ont rejoint la société, impunément. Un danger évident. Plus de production de pièces d’état civil, en tout cas au niveau des commissariats de police. Même plus de policiers en ballade libre. Les chauffeurs sont de ceux-là qui regrettent, aujourd’hui, cette absence. S’ils ne sont plus rackettés, ils sont soumis à rude discipline. L’on ne gare plus son véhicule n’importe comment, ni n’importe où. Il est souhaitable que la police reprenne le travail, puisque le gouvernement reconnaît le bien-fondé de leurs revendications et leur promet des solutions appropriées. Cette grève aura nui également à d’autres services parallèles dont la police constitue un maillon essentiel. Un regard sur la société guinéenne s’impose. Il faut que les Guinéens se réconcilient, pour préserver la paix sociale. Il est indispensable que ceux qui sont chargés de notre sécurité se donnent la main, dans l’intérêt bien compris de l’Etat. Aussi, serions-nous heureux de voir la Guinée amorcer, enfin, le changement tel que demandé par les citoyens fatigués des remous sociaux. Cinquante années d’indépendance, voilà de quoi se réjouir, si le progrès avait suivi la pénible marche du peuple dans sa traversée du désert. Pourtant, l’événement sera, semble-t-il, commémoré, peut-être dans les recueillements, peut-être dans les discours. Qu’importe, pourvu que les Guinéens soient menés, enfin, vers un horizon commun, main dans la main. Déjà, la volonté politique est clairement exprimée à travers la participation de certains partis politiques au gouvernement et qui entendent en finir avec les prises de position spectaculaires, sans effets sur le processus de changement. L’inflexibilité est une stratégie qui paye rarement en politique. Le temps nous donnera tort, peut-être. Mais plus l’on bouge, mieux ça vaudra. Le pouvoir se consolide à travers ces adhésions à la cause commune, le partage de la gestion des affaires de l’Etat avec ceux qui le désireraient, désormais. Fini le temps de l’exclusion. Faisons ensemble la voie de l’unité. Considérons les maladresses du passé comme inhérentes à la nature de tout pouvoir soumis à différentes convoitises. Aujourd’hui, c’est la convergence de toutes les composantes sociales qui permettra de sauver la Cité commune. Que chacun s’y mette. Mais tout le monde doit-il regarder dans la même direction ? Voilà toute la question, quand on sait que le cinquantenaire est diversement attendu. D’aucuns l’auraient voulu réconciliateur entre le passé controversé et le présent confus. Ceux qui demandent justice et ceux qui le leur refusent sont condamnés à vivre ensemble. Le passé semble n’avoir fait que des victimes et le présent des revanchards. Pauvre histoire d’un pays figé dans l’intolérance coupable ! Cinquante années de patience et douleurs muettes, de résignation et de lamentations sournoises. Jamais notre pays ne s’est trouvé dans un tel besoin de se réconcilier avec lui-même. L’occasion est offerte, la voie est ouverte, il suffit de vouloir y contribuer, positivement. Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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