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Une dizaine de partis politiques viennent de pondre une plate-forme relative à l’organisation et la gestion de la transition, qu’ils vont soumettre au Conseil National pour la démocratie et le développement (NCDD). Seulement, ce projet ne bénéficie pas de l’adhésion de certains ténors de l’opposition comme l’UFR et l’UPR.
Les représentants de plusieurs partis politiques se sont retrouvés les 2, 3 et 4 janvier 2009, pour concevoir une plate-forme axée essentiellement sur l’organisation et la gestion de la transition dans notre pays. Cette démarche a été motivée par l’appel que leur a lancé le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, qui leur a demandé expressément de lui faire des propositions pour l’élaboration de la feuille de route de la transition. C’était lors de sa prise de contact survenue le 26 décembre dernier, avec les forces vives, au Camp Alpha Yaya Diallo. Le nouvel homme fort du pays avait séduit à cette occasion les partis politiques et la société civile, qui ont tous adhéré à l’action du CNDD, qui a promis la tenue d’élections justes et transparentes. Ce, dans les meilleurs délais. C’est dans cette optique qu’ils ont élaboré une plate-forme le 4 janvier dernier au terme de 3 jours de concertation. Une copie de ce projet a été adressée à la délégation de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), qui a séjourné récemment à Conakry, pour appréciation. Les signataires de la plate-forme entendaient revoir le contenu de leurs propositions avant de les envoyer sur la table du président de la République. Pour revenir à cette plate-forme, il faut noter qu’elle comporte 6 points. Il s’agit premièrement ‘’ que la durée de la transition n’excède pas les 12 mois.’’ Une période qui sera mise à profit pour parachever l’enrôlement des électeurs et la tenue des élections dans les meilleures conditions. Deuxièmement que soit créé un Conseil national de transition, un organe chargé de la mise en œuvre des reformes de la transition, composé de 75 membres dont 35 issus des partis politiques, 25 de la société civile et 15 des Forces de défense et de sécurité. Troisièmement, ces partis suggèrent que le gouvernement de transition soit composé d’environ 25 membres, dirigé par un Premier ministre civil.
Et pour les élections, ces partis proposent que les législatives aient lieu en juin 2009 et la présidentielle en décembre 2009. La plate-forme mentionne également la création d’une cour spéciale chargée de régler les conflits constitutionnels et électoraux. Pour finir, ils proposent la création d’un observatoire international composé de représentants de la CEDEAO, de l’UA et des Nations unies, pour suivre le bon déroulement de la transition. Deux partis politiques de l’opposition ne semblent cependant pas partager la même vision que les signataires de ce projet. Ce sont l’UFR de Sydia Touré et l’UPR de Bah Ousmane. C’est la date des élections qui constituerait la pomme de discorde entre ces formations politiques et les autres. En effet, le président de l’UFR tiendrait coûte que coûte à ce que les législatives se tiennent au même moment que la présidentielle. Un couplage qu’auraient rejeté les autres partis. Ce désaccord entre les partis politiques ne surprend guère. L’opposition guinéenne, on le sait, n’a jamais réussi à parler d’une seule voix. Ils se sont toujours livrés à des querelles de chiffonniers. Certains entrevoyaient la naissance d’une alliance entre l’UFR et le RPG. C’était après la rencontre que les leaders des deux partis avaient eue à Paris, l’année dernière. A cette occasion, Sydia Touré et Alpha Condé préconisaient à l’époque de concevoir une synergie d’actions visant à mener le pays vers le changement. Ce changement était synonyme du départ de Lansana Conté. Des observateurs avertis avaient émis des réserves quant à la possibilité de voir les deux hommes se donner la main. Ils n’ont pas eu tort car il n’en a rien été. L’UFR demeurant toujours avec ses alliés au sein de l’ANAD. Maintenant que l’ennemi commun n’est plus, la course pour le pouvoir est désormais ouverte. Ce sont les urnes qui vont départager nos hommes politiques qui ont longtemps caressé le rêve de se retrouver à la tête de la Guinée. Ils tenteront sans doute de se neutraliser, à travers des crocs en jambe et des pots de banane qu’ils vont se glisser sous les pieds. Cela peut parfois dégénérer. Et des risques d’affrontement sont à craindre dans ce pays où l’ethnostratégie avait été longtemps érigée en système de gouvernance. Pourvu que le CNDD sache mener à bon port cette transition, sans fausse note, afin d’éviter tout débordement
Mamadou Dian Balde L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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