mardi 30 juin 2009
La perception du "vrai changement " par la diaspora guinéenne
Marie José Yombouno

La situation actuelle de notre pays exige des débats d'une part, entre diaspora et d'autre part, avec nos frères et sœurs restés au pays, à la lumière des compétences professionnelles de chacun pour générer des idées conformes aux aspirations de la majorité de nos compatriotes.

 

Il n'y a pas de démocratie et de développement dictée de l'extérieur ni du sommet, mais leur édification repose sur tous les fils et toutes filles de chaque nation: pouvoirs, politiciens, chercheurs, artistes, exploitants agricoles, ménagères, chercheurs, étudiants etc. Avant de compter sur l'aide extérieure, nous pouvons nous inspirer d’abord de ce qui a permis la mutation ailleurs tout en tenant compte de nos spécificités.

 

Chers compatriotes,

 

Soyons honnête avec nous-mêmes et dissocions la politique du développement même si les deux sont liés. Dialoguons pour lutter ensemble contre la corruption, l'impunité et renforcer le droit des minorités car l'absence de justice sociale suscite le repli identitaire qui se traduit souvent par des extrémismes avec leurs cortèges de violence, freine la consolidation de la démocratie et empêche la solidarité.

 

Le facteur humain constitue parmi tous les facteurs le plus important pour le développement d’un pays. Curieusement, il est le moins valorisé dans notre pays. Or sans paix, aucune démocratie ni aucun développement n’est possible.

 

Certains intellectuels qui sont sensés être des "éveilleurs de consciences" passent leur temps à critiquer sans avancer la moindre proposition concrète au point de défendre l'invendable. Les malentendus et procès d'intention font lésion.

L'internet qui transcende toutes les frontières devrait être un espace idéal de partage d'expériences, mais malheureusement, force est de constater qu'il est plutôt devenu un lieu de règlement des comptes des uns contre les autres. Certains se cachent derrière au moins cinq pseudos différents noms pour agresser ceux qui ont le courage de leurs opinions. En démocratie justement, même si on ne partage pas la vision de l'autre, on est tenu de défendre son point de vue sans agressivité ni esprit de concurrence. Ces pratiques nous déshonorent.

 

C'est un leurre de penser que c'est avec une catégorie sociale que la Guinée pourra se développer. Certains ont des compétences mais pas la volonté du vrai changement et d'autres sans compétences sont animés d'un  réel sentiment de changement ; ce qui revient à dire que les uns et les autres sont complémentaires.

 

Depuis quelques temps, bon nombre de mes compatriotes sont devenus des spécialistes en matière de  développement et démocratie en utilisant ces deux concepts en toutes circonstances. Sans être une experte en la matière, je vais me permettre de donner une interprétation de ces termes car je ne vois pas de signes accompagnateurs de la part de ceux qui systématiquement s'en servent.

 

La démocratie est une méthode plus qu'une fin, un espace institutionnel de reconnaissance mutuelle des idées et intérêts, elle repose sur les débats, les institutions et la justice.

 

Le développement est un processus multidimensionnel qui comporte, en plus de la croissance économique sur une longue période (une génération), une meilleure satisfaction des besoins fondamentaux, le politique et l'environnemental.

On entend par croissance économique, l'expansion durable des quantités produites mesurée par la hausse du PNB (produit intérieur brut), elle est une condition nécessaire mais pas suffisante du moins à court terme si elle ne s'accompagne pas de la lutte contre la réduction de la pauvreté, des inégalités, le chômage etc.

 

Et, tandis que les besoins fondamentaux ou essentiels selon le classement du BIT,  portent sur les biens suivants:

·        alimentation,  habillement, logement, et biens liés (mobilier, ustensiles ménagers);

·        services de base: santé, éducation, eau potable, sanitaires, transports collectifs...

 

Les indicateurs sociaux permettent de mesurer le niveau de satisfaction de ces besoins comme: l'espérance de vie à la naissance, la mortalité pour la santé, le taux de scolarisation et d'alphabétisation concernant l'instruction.

La satisfaction  de ces besoins est donc souhaitable quelles que soient les valeurs d'une société car dans le cas contraire, il y a pauvreté comme c'est le cas pour la majeure partie de la population guinéenne.

 

Je ne saurais terminer cette réflexion sans remercier le mouvement des jeunes guinéens de France (MJGF) pour avoir pris l'initiative d'organiser le 20/06/09, un colloque au sénat auquel j'ai assisté ; colloque qui a porté sur les thèmes: investissement, démocratie et développement en Guinée, J'ai été séduite par la compétence des intervenants dans leurs domaines respectifs surtout de mes frères Guinéens puis par la présence d'investisseurs Français, d'autres africains et sympathisants. Cette démarche est à encourager et à suivre par d'autres jeunes et non jeunes pour une Guinée épanouie dans l'intérêt général.

 

 

Marie José YOMBOUNO, France

 

www.guineeactu.com

 

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Le Thié, dimanche 5 juillet 2009
Arrétons la langue de bois Parlons franchement démocratie; je veux dire la majorité,jusqu`à présent tout à consister pour le maitre blanc à maintenir la minorité Malinké puis Sousou et ça pointe à l`horizon les forestiers et puis le maitre blanc exige enfin la majorité (élection juste) changement de paradigme et bien ne nous voilons pas la face conseillez votre messi DADIS de s`associer à la démocratie,la majorité,les peulhs pour sauver sa peau il faut toujours suivre la voix du maitre à bon entendeur salue
Bangaly Traore, mercredi 1 juillet 2009
Soyons honnête,notre président n`a aucune vision crédible pour établir,l`état et les institutions dans notre pays,soyons honnête le président et son fameux CNDD sont incapable de faire un bilan sur les audits publics, et la lutté contre la corruption n`a traduit aucun coupable devant la justice.Les auteurs de la plus grande corruption dans l`histoire de notre nation sont aujourd`hui protéger par le fameux regime de Dadis,ma soeur merci pour votre volonte afin d`aider le peuple,seulement la solution,c`est de finir la corruption,l`injustice et l`impunite avant tout développement.Il est temps aussi de critiquer,car depuis l`avénement de Dadis au pouvoir,il n`y a aucun resultat visible sur les audits publics,sur les reformés de l`armée,la justice,l`administation,les secteurs econimiques et les institutions,et aucune structre de lutté contre la corruption.En conlusion le départ de Dadis est bien la solution pour notre nation.
YOMBOUNO Marie José, mercredi 1 juillet 2009
Bonjour ma soeur Bilguissa, Tout d`abord, permettez-moi de vous dire merci pour avoir lu et réagi à mon article ci-dessus, à votre question, je réponds que si nous ne restons pas des spectateurs isolés face aux problèmes qui nous concernent, mais que nous nous mobilisons pour devenir des acteurs à travers des actions et débats, en recommandant des stratégies efficaces, nous pourrons peser efficacement, et même de façon décisive sur le devenir de notre pays. je réitère que sans paix, aucun développement ne sera possible et aucune paix durable ne sera possible sans un développement soutenu. Alors, à nous de jouer Bonne journée et gros bisous
Bilguissa, mercredi 1 juillet 2009
Cher Mari Jo, J`ai noté trois mots dans votre intervention-ci, qui sont démocratie, institution et minorité qui sont pour moi très crutiaux pour la réalisation de ce que nous souhaitons tous et toutes vivre ensemble dans la fraternité, la paix, la prospérité et surtout la justice. Tout comme vous, je crois sincèrement que le mot institutions est prioritaire; mois aussi je n`ai pas de grands diplômes et des connaissances diffusent; mais comme vous je suis guinéenne et soucieuse et consiente de notre obligation naturelle à l`Unité des guinéens dans la concertation et à l`union de nos idéaux pour bâtir un meilleur présent et un avenir plus prometteur pour nous tous et toutes. Encore une foi, nous ne pourrons réaliser tous ses ideaux que dans le cadre d`INSTITUTIONS que nous aurons mis en place réconnues respectées et tous et toutes pour le bien tous. Qu`en pensez-vous? Portez-vous bien Bilguissa
Bouba Diallo, mardi 30 juin 2009
Ma chére Marie, c`est vrai qu`il est meilleur de faire des propositions que de critiquer. Mais des propositions á qui? Au CNDD ou á Dadis? Vous n`étes pas sans savoir que notre Capi n`écoute même pas ses proches collaborateurs qu`il a lui même nommé. Ensuite vous savez bien qu`á beau organiser des colloques en France ou ailleurs sur laguinée que cela ne donnera rien aussi longtemps que nos militaires ce comporteront mal. Aucun investisseur serieux ne viendra investir dans cette pagaille guinéenne.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011