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La situation actuelle de notre pays exige des débats d'une part, entre diaspora et d'autre part, avec nos frères et sœurs restés au pays, à la lumière des compétences professionnelles de chacun pour générer des idées conformes aux aspirations de la majorité de nos compatriotes.
Il n'y a pas de démocratie et de développement dictée de l'extérieur ni du sommet, mais leur édification repose sur tous les fils et toutes filles de chaque nation: pouvoirs, politiciens, chercheurs, artistes, exploitants agricoles, ménagères, chercheurs, étudiants etc. Avant de compter sur l'aide extérieure, nous pouvons nous inspirer d’abord de ce qui a permis la mutation ailleurs tout en tenant compte de nos spécificités.
Chers compatriotes,
Soyons honnête avec nous-mêmes et dissocions la politique du développement même si les deux sont liés. Dialoguons pour lutter ensemble contre la corruption, l'impunité et renforcer le droit des minorités car l'absence de justice sociale suscite le repli identitaire qui se traduit souvent par des extrémismes avec leurs cortèges de violence, freine la consolidation de la démocratie et empêche la solidarité.
Le facteur humain constitue parmi tous les facteurs le plus important pour le développement d’un pays. Curieusement, il est le moins valorisé dans notre pays. Or sans paix, aucune démocratie ni aucun développement n’est possible.
Certains intellectuels qui sont sensés être des "éveilleurs de consciences" passent leur temps à critiquer sans avancer la moindre proposition concrète au point de défendre l'invendable. Les malentendus et procès d'intention font lésion.
L'internet qui transcende toutes les frontières devrait être un espace idéal de partage d'expériences, mais malheureusement, force est de constater qu'il est plutôt devenu un lieu de règlement des comptes des uns contre les autres. Certains se cachent derrière au moins cinq pseudos différents noms pour agresser ceux qui ont le courage de leurs opinions. En démocratie justement, même si on ne partage pas la vision de l'autre, on est tenu de défendre son point de vue sans agressivité ni esprit de concurrence. Ces pratiques nous déshonorent.
C'est un leurre de penser que c'est avec une catégorie sociale que la Guinée pourra se développer. Certains ont des compétences mais pas la volonté du vrai changement et d'autres sans compétences sont animés d'un réel sentiment de changement ; ce qui revient à dire que les uns et les autres sont complémentaires.
Depuis quelques temps, bon nombre de mes compatriotes sont devenus des spécialistes en matière de développement et démocratie en utilisant ces deux concepts en toutes circonstances. Sans être une experte en la matière, je vais me permettre de donner une interprétation de ces termes car je ne vois pas de signes accompagnateurs de la part de ceux qui systématiquement s'en servent.
La démocratie est une méthode plus qu'une fin, un espace institutionnel de reconnaissance mutuelle des idées et intérêts, elle repose sur les débats, les institutions et la justice.
Le développement est un processus multidimensionnel qui comporte, en plus de la croissance économique sur une longue période (une génération), une meilleure satisfaction des besoins fondamentaux, le politique et l'environnemental.
On entend par croissance économique, l'expansion durable des quantités produites mesurée par la hausse du PNB (produit intérieur brut), elle est une condition nécessaire mais pas suffisante du moins à court terme si elle ne s'accompagne pas de la lutte contre la réduction de la pauvreté, des inégalités, le chômage etc.
Et, tandis que les besoins fondamentaux ou essentiels selon le classement du BIT, portent sur les biens suivants:
· alimentation, habillement, logement, et biens liés (mobilier, ustensiles ménagers);
· services de base: santé, éducation, eau potable, sanitaires, transports collectifs...
Les indicateurs sociaux permettent de mesurer le niveau de satisfaction de ces besoins comme: l'espérance de vie à la naissance, la mortalité pour la santé, le taux de scolarisation et d'alphabétisation concernant l'instruction.
La satisfaction de ces besoins est donc souhaitable quelles que soient les valeurs d'une société car dans le cas contraire, il y a pauvreté comme c'est le cas pour la majeure partie de la population guinéenne.
Je ne saurais terminer cette réflexion sans remercier le mouvement des jeunes guinéens de France (MJGF) pour avoir pris l'initiative d'organiser le 20/06/09, un colloque au sénat auquel j'ai assisté ; colloque qui a porté sur les thèmes: investissement, démocratie et développement en Guinée, J'ai été séduite par la compétence des intervenants dans leurs domaines respectifs surtout de mes frères Guinéens puis par la présence d'investisseurs Français, d'autres africains et sympathisants. Cette démarche est à encourager et à suivre par d'autres jeunes et non jeunes pour une Guinée épanouie dans l'intérêt général.
Marie José YOMBOUNO, France
www.guineeactu.com
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