D'aucuns se réjouissent certainement de l'annulation du décret nommant Me Lamine Sidimé à la tête d'une mission hautement stratégique en vue de sortir la Guinée de la crise. J'en suis navré car malgré les critiques dont il a fait l’objet ces derniers jours, il est toujours resté fidèle à ses principes d'intégrité et de justice dans sa gestion de la chose publique. Sa partialité, si prouvée, dans certains dossiers impliquant le Président défunt Lansana Conté ne tiendrait sans doute qu’à des raisons purement stratégiques pour maintenir la paix en Guinée. Je présume que c’est pour les mêmes raisons que les militaires ont pris le pouvoir le 23 Décembre 2008. Malheureusement nous guinéens sommes peut-être très peu informés pour comprendre certaines réalités de la vie sociopolitique. Je ne m’exclue pas, car vivant aux Etats Unis l’asymétrie d’information jouerait peut-être un peu en ma défaveur. D’autre part, je n’ai nullement la prétention d’être expert en analyse politique ou institutionnelle, ou de connaître tous les acteurs politiques guinéens et leurs comportements au quotidien; mon argument est purement utilitaire, et il est justifié par la nécessité pour la Guinée d’embrasser un nouveau paradigme politique et social pour renforcer les bases de nos institutions et éviter l’exclusion de nos talents dans le processus de développement. Les déchirures sociales et le lynchage politique ne constituent point la solution de sortie de crise.
Ces exclusions, combinées à la méchanceté foncière de certains de nos compatriotes, expliquent quelque part notre retard politique et économique: des institutions politiques erronées, des leaders politiques à la recherche du gain personnel, et une corruption institutionnalisée en perpétuel conflit avec les objectifs de développement à long terme. Je reste convaincu que Son Excellence Monsieur le Président de la République avait fait un choix judicieux en nommant Me Sidimé à la tête d’une si importante mission, n’eut été l’intervention de certains politiciens véreux; ce qui démontre encore l’attitude imprévisible et égoïste de ceux que nous appelons ‘’nos leaders politiques.’’
Son Excellence Monsieur le Président de la République n’est peut-être pas à la hauteur de la tâche ; il n’a peut-être pas l’intellectualisme dont se réclament certains de nos compatriotes, et il est peut-être moins éloquent et parfois pas très diplomatique dans ses propos, mais il a l’air d’avoir cette qualité de l’homme intègre, sincère et surtout patriote dont la plupart de nos leaders politiques ou anciens dignitaires ne peuvent se prévaloir. Par exemple, qui est-ce qui n’a pas été ému par son intervention sur la nécessité de l’implication des opérateurs économiques et investisseurs étrangers dans le processus de développement de la Guinée (à la manière Dadis bien sûr). Ce message renforce encore la volonté du Président d’en finir avec les carences et les rigidités des régimes défunts au profit de méthodes plus pragmatiques et créatrices de valeur pour nos populations. Dans toutes les nations développées l’Etat est un organe de control et de régulation au service du peuple; il contribue directement au développement économique et social via l’application stricte des lois en vigueur et la mise en place d’organes de promotion des investissements dans les secteurs clés de développement et d’épanouissement des populations. Par conséquent, les investisseurs doivent être appelés à faire preuve d’audace et de professionnalisme et se mettre en phase avec les besoins des populations.
Je ne supporte point les régimes militaires, et je ne suis certainement pas favorable à une candidature éventuelle de Son Excellence Monsieur le Président Moussa Dadis Camara à la magistrature suprême, mais j’estime que pour une fois dans l’histoire de notre pays, nous devons faire preuve de maturité, arrêter le lynchage politique et les exclusions improductives pour se donner la main ‘’in a synergy fashion’’ pour ramener les paramètres socioéconomiques au vert. ‘’Le succès se mesure moins par la position sociale ou financière que par les obstacles traversés pour essayer de réussir,’’ mais aussi et surtout par les actions humanitaires menées, l’intégrité, l’éthique, l’honneur et le respect des valeurs morales dans l’exercice de nos fonctions.
Le (la) prochain(e) Président(e), que nous avons la lourde tâche de dénicher, doit se prévaloir de ces qualités.
Bonne chance and God bless Guinea
Thierno Bah, USA
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