vendredi 11 juin 2010
La nébuleuse réconciliation nationale

Sur plusieurs forums guinéens, des compatriotes ont lancé des appels réitérés à une réconciliation nationale. Des interlocuteurs ont marqué leur réticence à s’associer à une telle démarche en insistant sur la quête de la justice et de la vérité comme préalable. D’autres dont je suis, s’interrogent sur la pertinence même de l’idée d’une réconciliation en Guinée.

La présente discussion s’inscrit dans ce débat; elle a moins pour but de chercher à réconcilier les points de vue que d’analyser la pertinence et l’adéquation des composantes du triptyque de vérité, justice et réconciliation eût égard aux spécificités historiques de la Guinée.

La quête de la vérité est le moyen pour connaitre ce qui s’est réellement passé, pour documenter les mécanismes de la terreur du PDG et de la dictature militaire qui s’en suivit. Malgré les livres remarquables sur la répression du PDG et les efforts de témoignage comme campboiro.org, l’analyse explicite des mécanismes de la terreur et de la répression reste à faire ; ces mécanismes sont encore sont des sujets marginaux et presque tabous. Pour les appréhender, il faudra plusieurs angles d’attaque : des débats, des documents audio-visuels, des modules d’enseignement d’histoire dans les écoles et les universités, des forums et des mémoriaux permanents ainsi que de musées. Une systématique démarche de compréhension de la création des complots, de la fabrication des aveux, les circonstances des morts des victimes (endroits, heures, exécuteurs, lieu d’inhumation, etc.), du rôle des tribunaux populaires, des justices expéditives, de la torture et de l’humiliation comme arme de terreur doit constituer l’ossature de recherche de la vérité. La démarche devra être globale et inclure des explorations sur les survies des systèmes de politique terroriste en Guinée, les liens profonds entre la délinquance économique, la division ethnique et la violation des droits des citoyens qui participent tous à un objectif commun qui est de dissoudre le bon fonctionnement de l’état et d’en faire l’otage de réseaux constitués : parti unique, parti-état, clan familial, castes militaires, acolytes en affaire etc. La quête de la vérité devra dépasser l’anecdotique et le sensationnel pour effectivement dépouiller la nébuleuse des milieux organisés qui survivent à leur chef dans l’ombre des oublis malencontreux. En 1984, rares sont les voix qui s’élevèrent contre le duo Diarra Traoré et Lansana Conté qui furent pourtant des agents patentés de la terreur du PDG. Les mêmes oublis permirent aux tueurs notoires du CNDD de remplacer le pouvoir de Conté sous des applaudissements populaires. Les travaux de recherche de la vérité, devront se faire à travers des commissions spécialisées d’études sur les crimes de sang et les crimes économiques avec des calendriers et des missions précises qui permettront d’en évaluer le déroulement. Le processus ne saurait négliger la symbolique d’une conférence nationale de longue durée pour restituer au public les résultats des travaux des commissions. Cantonner les recherches dans un seul domaine (comme celui des crimes contre l’humanité) ne servirait pas la cause de la vérité. L’exploration des ramifications des crimes d’état dans tous les secteurs et leur passage au crible est la clé du succès de l’entreprise.

L’effort de recherche de la vérité devra être suivi d’un effort tout aussi rigoureux d’établissement de la justice. C’est là un combat difficile qui requerra des démarches intelligentes. La rénovation de l’appareil judiciaire en soi représente un défi qui décourage toute initiative. Ce préalable est pourtant indispensable pour qu’au regard des travaux des commissions de recherche de la vérité il soit possible de décider de ce qui est crime, de ce qui est prescriptible, de ce qui ne l’est pas ainsi que des peines à purger. L’effort devra d’abord vaincre des pratiques incrustées dans notre société qu’on a tendance à assimiler à la « normalité » en Guinée. Un état d’esprit insidieux a imprégné la société à un degré alarmant qui tétanise les citoyens. Il consiste à neutraliser le débat sur l’impunité avec des accusations frivoles. Ainsi on entend dire: tout le monde vol pour pardonner les vedettes de la corruption, tout le monde a soutenu Sékou Touré pour refuser d’instruire ses « complots » et ses forfaits, la révolution a commis des erreurs pour minimiser des crimes imprescriptibles. Ce fatras artificiel veut assimiler des malheurs manufacturés par la dictature à des fatalités suprêmes. La prévalence du viol, des prévarications, des abus du pouvoir, de l’enrichissement illicite qui sont à l’origine de la pauvreté et de la misère génèrent des envies et renforcent le larbinisme des agents de l’état au lieu d’être un levain de lutte pour une meilleure gouvernance. Au recours à un appareil judiciaire déliquescence on préfère l’usage du trafic d’influence. Dans la surenchère des faveurs qui marginalise l’usage des règles et du droit républicains, tout dépend de qui connait qui ; de qui peut aider qui. Éclairer et mettre fin à ces pratiques enracinées en vue de faire de la justice l’outil d’arbitre et de dissuasion demandera un effort patient. Les perspectives d’une action dans ce sens ne sont pas brillantes. Rien n’indique que les candidats à l’élection présidentielle en fassent une priorité ; les caciques remueront-ils la tourbe dans laquelle ils se sont faits les armes ? Il appartient alors aux citoyens qui ont souffert dans leur chair de se faire les garants de cette rénovation sans laquelle l’éradication de l’impunité restera lettre morte. Les victimes vivantes et les familles des disparus ont un rôle essentiel à jouer dans ce combat. La tradition de laxisme judiciaire et de corruption rampante en place n’augurent certes rien de bon pour que la vérité mène vers la justice. Mais elle offre un champ clair d’action citoyenne. Une assistance spéciale des organisations se battant pour la démocratie doit être engagée pour doter la Guinée d’une justice indépendante garante de la séparation des pouvoirs et du fonctionnement des institutions démocratiques.

A-t-on réellement besoin réconciliation nationale dans l’effort de démocratisation? En Guinée il n’y a pas d’antagonismes systématiques entre des groupes identifiables par l’appartenance ethnique, par la religion, la pigmentation de la peau, l’origine régionale, la langue. Ceci donne aux violations de droits de l’homme des constantes particulières et des spécificités propres. L’exemple de bataille à coloration interethnique en 1957 entre des Peuls et des Soussous que l’on cite comme origine de la division ethnique était en fait purement politique. La confrontation fut inspirée par Sékou Touré. Il s’envola vers Dakar après avoir préparé ses milices pour attaquer les quartiers peuls, base de ses adversaires politiques. Une riposte fut organisée par le BAG. Le théâtre des affrontements fut limité à ces quartiers de Conakry et ne durèrent que quelques jours.

La déclaration de « guerre » contre un groupe ethnique, prononcée encore par Sékou Touré en 1976, est aussi citée comme le paroxysme de la haine ethnique. Il convient de remarquer toutefois, qu’en dépit de l’orchestration par le président du pays, il n’y eut pas d’affrontements entre groupes ethniques. Au contraire les autorités traditionnelles des autres groupes ethniques se démarquèrent discrètement pour mettre en garde contre les incitations de Sékou Touré qui étaient destinées à créer des troubles pour justifier l’assassinat programmé de Telli Diallo.

En 1985, les saccages des biens de commerçants malinkés par des loubards de la capitale et l’appui ouvert de Lansana Conté, pour déplorables qu’ils furent, ne peuvent être considérés comme des affrontements interethniques. On assista plus tôt à des chaines de solidarités où des commerçants des autres ethnies assistèrent leurs compagnons d’infortune du mieux qu’il pouvait. Enfin, la destruction des habitations de Kaporo-Rail qui furent instiguée et conduite par le gouvernement de Conté ne saurait être retenue comme une confrontation interethnique.

Ainsi, depuis la loi-cadre de 1957 on ne peut déplorer que des menées politiques qui ciblent des citoyens d’un groupe ethnique donné par des gouvernements peu scrupuleux, sans jamais produire d’affrontements interethniques. Le favoritisme, le népotisme, le clientélisme, caractéristiques des dictatures, pour néfastes sur la bonne gouvernance et sur l’économie qu’ils sont, ne sont pas nécessairement des conduites vers des affrontements qui justifieraient, même à titre préventif, un mouvement de réconciliation nationale.

Des thèses multiples ont été avancées pour expliquer le fait que malgré les menées explicites des gouvernements fascistes et corrompus qui ont dirigé le pays, il n’y ait pas eut de guerres civiles en Guinée. La thèse de la répartition géographique soutient que, du fait qu’il n’y a pas de compétition pour des occupations de sols ou des avantages écologiques, les ethnies guinéennes ne se sont pas affrontées. Cette thèse qui assimile grosso-modo les régions naturelles de la Guinée à des groupes ethniques ne résiste pas à un examen sérieux quand on sait que chacune de ces régions est en soi un amas de groupes ethniques. La capitale Conakry où il y a brassage ethnique dans un milieu géographique réduit vient contrer la thèse de compétition des géographes et des écologistes. La théorie de la langue commune et de la religion commune comme ciment a été aussi avancée. Elle pourrait être retenue comme première explication si elle n’occultait pas la région forestière.

Dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest les conflits n’ont jamais pris l’ampleur de pogroms ethniques. Prenons le Mali, le Burkina-Faso et le Sénégal. Ces pays ont des compositions ethniques semblables à celle de la Guinée. Des millénaires durant les populations ont vécu ensemble dans des empires et royaumes multiethniques où les guerres n’opposaient pas toujours des groupes ethniques précis ; quand ce fut le cas, c’était toujours pour des gains politiques, économiques ou des prosélytismes religieux et non sur la base d’une quelconque supériorité ethnique. Les fiertés culturelles ethniques ont toujours joué les mêmes rôles : résister quand on est soumis et exalter sa puissance quand on est victorieux. Ces traits sont constitutifs de tout groupe humain. Ils ne sont à déplorer que quand des groupes illégitimes ou corrompus veulent mettre le pied dans l’étrier du pouvoir. Le cas de la Côte d’Ivoire, avec la succession tumultueuse de Houphouët-Boigny, est l’exemple d’un pouvoir faible qui aura cédé à la tentation du mauvais usage de l’identité ethnique pour pouvoir pérenniser la mainmise sur l’appareil de l’état.

L’exercice du pouvoir politique en Guinée depuis l’indépendance est la clé pour expliquer l’ethnicisation de la politique dans le pays. L’analyse de la structure du pouvoir (à faire de façon exhaustive) est tout ce qu’il faut pour démonter la probabilité d’une guerre civile en Guinée et mettre fin aux supputations des experts en conflits. L’identification des sources des tensions ethniques et politiques en Guinée mène vers un groupe démographique presque négligeable ; celui de l’administration et de l’armée qui ne représente pas plus de 0.08 % de la population même si l’influence de ce groupe est prépondérante dans la définition des enjeux politiques. C’est au sein de ce groupe que se produisent et s’entretiennent le clientélisme et les schismes ethniques. Leurs enjeux ne reflètent pas les préoccupations des citoyens moyens. Même si certains trouvent des fiertés identitaires symboliques, il n’y a pas de convergence d’intérêts entre les tenants du pouvoir et les membres de leur ethnie. Pour les occupants des postes avantageux (civils ou militaires), il s’agit non pas de favoriser un membre de leur groupe ethnique, mais de maximiser leurs gains et avantages propres en s’abritant derrière l’ethnie pour diluer toute responsabilité ou s’attirer des soutiens subjectifs en cas de besoin. Dans l’administration et l’armée où les règles de fonctionnement, de recrutement, de promotion et d’affectation sont toutes faussées à dessein, les querelles et les manifestations de violence sont rarement d’ordre politique ou professionnel mais le fait des frustrations et des exclusions qui en résultent.

Le mouvement de réconciliation nationale veut ignorer cette réalité et le contexte historique de la Guinée pour se focaliser sur une nébuleuse difficile à cerner. Il est silencieux sur les acteurs d’une éventuelle réconciliation nationale, sur le processus et les procédures qu’il faudrait. Quelles sont les parties à réconcilier ? À part les victimes et leurs familles, s’agit-il des ethnies (représentées par qui ?), des groupes d’intérêts (représentés par qui ?). S’il faut y inclure des tortionnaires, des assassins des forces de sécurité, des délateurs et des apparatchiks des anciens régimes il est fort douteux qu’il y ait des volontaires. Comment seront décidés les crimes à pardonner? Sur quel forum ? Quels sont les groupes ou les individus qui seront à la table de négociations pour décider d’une réconciliation? Le mouvement de réconciliation nationale devrait expliciter ces considérations et dérouler un calendrier qui expliquerait comment elle doit s’articuler avec les efforts d’instruction du passé et de punition des crimes. Pour être crédible, le mouvement devrait s’appuyer sur l’analyse des affrontements passés dont on a montré ici l’inspiration politique ou tout au moins sur une démarche solide qui indiquerait les potentialités d’une guerre civile. L’invocation de dangers virtuels sur l’éclatement du pays ou les analogies avec des circonstances étrangères peuvent faire les délices des reporters ; mais elles sont loin d’être suffisantes pour incruster cette réconciliation factice dans le débat national.

À défaut d’un mode opératoire minimal, la réconciliation nationale ne peut même pas jouer le rôle symbolique de catharsis collective que ses tenants invoquent. Elle reste un slogan léger, un concept flou et pernicieux fondé sur le pathos de l’unité et de la paix à tout prix avec pour arrière fond le spectre de la guerre. Elle entérine l’idéologie de l’ethnocentrisme et de la division dont elle croit combattre les dérivés. Mais elle utilise la mauvaise approche en prenant l’idéologie comme une donne initiale au lieu d’une conséquence regrettable. Conséquence fâcheuse de cette inversion entre la cause et les effets, la réconciliation nationale dilue les contradictions justes et inconciliables entre les tueurs, les spoliateurs, les prédateurs qui prospérèrent sous les bannières du Parti-État, du PUP et du CNDD d’une part et le peuple victime d’autre part. Le mantra de réconciliation nationale peut être séduisant mais il empêche de cerner et de baliser les enjeux essentiels; à savoir a) la confiscation du processus démocratique par l’usage de la division ethnique par certains éléments de l’administration et b) la lutte des citoyens guinéens face à des mafias organisées et transversales de tous les groupes ethniques.

Facilement, en l’absence de la promotion de la connaissance douloureuse du passé et d’un système judiciaire, même rudimentaire, la réconciliation nationale peut devenir un alibi romantique dangereux. Dans le sens où ceux qui ont quelques méfaits à se reprocher sont prompts à la récupérer pour se couvrir derrière une fausse fraternité nationale. Ils vont s’en saisir pour enfouir leur responsabilité dans la tourbe de la culpabilité collective ou, mieux encore, invoquer un ostracisme envers leur ethnie pour éviter de répondre de crimes qui leur sont propres. L’idéologie de la réconciliation sert à cultiver la léthargie des victimes, à encourager le fatalisme, à perpétuer le laisser-aller des témoins et l’arrogance des criminels. En tant que tel, elle constitue le genre de démarche qu’il faut éviter dans le processus, déjà suffisamment complexe, d’éradication de l’impunité et d’érection d’un état de droit.


Ourouro Bah


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Un guinéen, mardi 15 juin 2010
En réalité, il ne s`agit pas de réconcilier les guinéens entre eux puisqu`il n`y aucun problème entre ses différentes composantes (ethniques, confessionnelles, politiques, etc.) et qui, plus est, personne pour représenter et agir au nom et pour le compte de celles-ci. De quoi, la Guinée a-t-elle besoin? De justice tout simplement. Il faut que l`État mette en place les conditions nécessaires pour que justice soit rendue à toutes les victimes présumées de violences politiques. Dans l`absolu, l`État endosse l`ultime responsabilité de toutes les violations infligées par quelques guinéens et subies par d`autres guinéens. Il faudrait donc créer un organe (juridictionnel ou pas) qui pourrait servir de recours à tous ceux qui s`estiment frustrés de leurs droits par l`État-gendarme. Cet organe, pour établir la vérité, pourrait effectivement solliciter les services de toutes les personnes ressources (historiens, anthropologues, juristes, diplomates, simples témoins, etc.). En cela, je partage l`essentiel du discours du frère Ouroro.
FIDEL, lundi 14 juin 2010
On parle de verité, pas d`ethnie ni de race. Les complots sont limpides, qui ne le sait pas? Hein, lequel des complots contre le PDG nierez-vous? Fidel como Castro
Oumar Bah, lundi 14 juin 2010
Eloignons l`ethnie de nos debats et ne considerons pas les actes commis par les membres de communate comme les notres.Il n y a jamais eu de pouvoir malinke,ni soussous,ni forestier.Ce sont des guineens de toutes les ethnies qui ont participe a tous les crimes politiques commis dans notre nation.
karifa camara, dimanche 13 juin 2010
Pourquoi siradiou diallo n`en voullait pas entedre parler la réconcilation ou conférence nationale en Guinée? La réponse de cette question le doyen Dénis Galéma Guilavogui en sait largement (la vérité rien que la vérité)
A.O.T. Diallo, dimanche 13 juin 2010
Quel est le numero du nouveau tome qui nous est presente par Mrs kobele et "Alpha"? Juste pour pouvoir le classer avec les autres...
mansare, dimanche 13 juin 2010
vraiment BRAVO tu as deploye un effort indeniable seulement je te qualifie le successeur de TIERNO MONENEMBO ,cest vrai les crimes sont a enqueter mais invitons nos concitoyens au pardon pourque nous ayons une unite dans notre pays car la plupart des commanditaires de ces crimes sont deja morts a l exception de ceux du 2006 a 2009 ,donc nous sommes obliges a pardonner je pense que c est la seule solution.
kalil, dimanche 13 juin 2010
je me ralie a toi ourouro bah ,je suis pas pour cette reconcialiation dans l obscurite,ce serait une insulte ,tant que les pdgISTES ,LES DADISTES ne seront pas devant la barre,il faut que les enfants des PDGISTES qui sont lea racines de ce mal soient juges sans quoi c est une theorie.
Boubacar Diallo, dimanche 13 juin 2010
Si l’Afrique du Sud avait besoin de réconcilier sa Société Blanche Opprimante et ses populations Non-Blanches opprimées, la Guinée n’a pas eu des conflits ou crimes entre les ethnies. Au grand bonheur de l’Afrique du Sud, les responsables de l’Apartheid et leurs héritiers avaient eu le courage de ne pas nier l’injustice de leur politique. En Guinée, des leaders politiques ont crée des régimes basés sur leur ethnie, comme couverture, pour engager des répressions sélectives sur les populations. D’où, la première étape est, tout d’abord, de tenir en compte cet aspect. Seulement, l’ethnie étant la couverture et le dernier recours de l’oppresseur, le dialogue, bien que non engagé, son prélude est déjà brulant par les artifices des faux-semblants, la susceptibilité du langage et les longueurs des propos. Cependant, ce ne sera que seulement après cette appréciation, qu’une solution du vrai problème guinéen pourra être valablement envisagée.
koïvogui Pierre, dimanche 13 juin 2010
Bravo M. Bah ! Vous, les autres commentateurs, vous pouvez raconter toutes les Histoires du Monde, cela ne va pas changer les FAITS. En effet, nous avons vécu ici en Guinée, les réunions obligatoires du Parti Des Geôles (PDG), les arrestations arbitraires entre 2h et 3 heures du matin, la destruction de l’enseignement (koko-lala), la pagaille au sein de l’armée (CUM=politisation de l’armée où « un soldat dit MERDE à un officier »), tout cela a bien eu lieu pendant le pouvoir du sanguinaire Sékou Touré. Beaucoup de Guinéens dont je suis, ont vécu cette période. C’est pourquoi, M.BAH a RAISON. Les négationnistes pourront raconter ce qu’ils veulent, mais les FAITS SONT TÊTUS ! J’irai même plus loin, sans Vérité-Justice-et Réhabilitation des Victimes, il n’y aura jamais un pays apaisé. Nos Etats sont jeunes et il n’est un secret pour personne que la Nation n’existe pas. Et pour assurer la pérennité d’un Etat, l’existence d’une Nation est indispensable. Si, le futur Président, ne cherche pas à mettre en lumière les mécanismes qui ont conduit la Guinée à cette impasse avec notre mentalité de « sous-hommes » dans la mesure où chaque responsable même « un petit chef » de service transforme son supérieur en « Dieu vivant » et lui, il devient dans les faits le « domestique de son petit chef » alors que normalement, il aurait dû avoir pour objectif le remplacer en prouvant ses compétences, alors, à terme, il n’y aura plus d’Etat car nous seront sans Nation.
Gandhi, dimanche 13 juin 2010
La réconciliation nationale telle que vous la définissez est une oeuvre de longue haleine qui, si elle ne doit pas être exclusivement confiée à des chercheurs (dignes de ce nom, pas des hagiographes), doit néanmoins leur permettre d`en être les fers de lance. Seule la volonté politique et la pression populaire permettront cette remise à plat ô combien nécessaire et salutaire. Toutefois, sans me faire l`avocat de certains hommes politiques, la réconciliation nationale tels qu`ils entendent la faire accepter par la population, doit avoir un sens plus pragmatique. Cela consiste à dire que si la recherche de la vérité et la justice deviennent des préalables à tout, y compris la tentative de création d`une démocratie naissante, on risque de tuer dans l`oeuf cette dernière idée, chacun ayant une histoire personnelle à raconter, chacun devenant justiciable. En ressassant continuellement le passé sans se concentrer sur l`avenir (65% des Guinéens ont moins de 25 ans, et la population aura doublé en moins de cinquante ans), on prend le risque de tensions et/ou conflits futurs encore plus préjudiciables. Il est donc primordial de se préoccuper de ceux qui sont là - dont certains ne connaissent même pas ces épisodes de l`histoire guinéenne - et de ceux qui vont naître, et de confier à des personnes compétentes, les plus objectives et sages possibles, le soin de démêler ce qui peut l`être, sans passion. Si les hommes politiques sont dans l`immédiat (et c`est leur job), les historiens privilègient le temps long (mais la Guinée indépendante n`a que 52 ans), d`où la nécessité de leur octroyer des moyens pour faire eux aussi leur travail : il s`agit en effet d`éviter de reproduire à l`avenir, ces évènements tragiques et inadmissibles.
kaba, samedi 12 juin 2010
apes nenembo voila le jeune qui ne laissera jamais sekou toure dormir ,il deverse lui aussi sa bile sur le dernier.
alpha, samedi 12 juin 2010
Réunion du 10 mai 2010 de l a Commission Réconciliation nationale, de la Solidarité et des droits de l’homme du CNT ****** Suite à la lettre d’invitation 007/ CRNSDH/CNT /2010 du 3 mai 2010 Contribution de Sidiki Kobélé Keïta Professeur d’Histoire Ancien Chef de cabinet du Président de la République ** Mesdames et messieurs, Je voudrais d’abord féliciter madame la présidente de votre Commission qui a eu la civilité de répondre à ma correspondance du 31 mars 2010 et la remercier pour m’avoir invité à participer à la présente réunion. * Introduction Mon intervention se fondera uniquement sur cette conviction que j’ai exprimée dans ma lettre sus - signalée et qu’une proposition concrétisera en fin d’intervention. A mon avis, la tâche de cette commission n’est pas de réconcilier les Guinéens, comme le pensent certains membres du CNT dont les prises de position partisanes sont néfastes pour le pays et ont toujours choqué ceux qui militent pour cette noble mission; mais elle est de réfléchir et de faire des propositions sur les meilleurs moyens d’organiser un vrai cadre de rencontre et de débat franc et sincère entre tous les Guinéens, condition sine qua non pour une vraie réconciliation nationale. Ce que l’ordonnance du 5 mai 2010 précise désormais en affirmant que l’une des taches confiées au CNT est de « contribuer à réconcilier les Guinéens » ; votre commission n’est donc pas chargée de réconcilier les Guinéens, mais de « contribuer à les réconcilier » d’autant plus que l’on s’est rendu compte aussi que les prises de position et les vues simplistes et légères exprimées publiquement par certains membres du CNT jurent avec l’objectif visé. En effet, réconcilier les Guinéens avec eux-mêmes n’est pas chose aisée ; la cristallisation de certains sentiments est trop profonde. Il faut ainsi exorciser la haine, le ressentiment, le désir de revanche ou de vengeance non encore assouvi qui anime toujours certains vindicatifs malgré les exécutions sommaires de la nuit du 7 au 8 juillet 1985. Pour ce faire, Il faut d’abord amener les Guinéens à débattre publiquement, contradictoirement, mais sereinement et de façon responsable des contentieux des 26 ans de la première République, de ceux des 24 ans de la deuxième République et de ceux des 17 mois du CNDD, qui sous-tendent encore tous leurs rapports, afin d’établir la vérité crue sur ce qui s’est réellement passé durant ces années, justifier les mesures de justice qu’exige l’équité et de rétablir les innocents dans leur droit. Que certains conseillers ne donnent donc pas l’impression qu’ils sont juges et parties ou que le CNT a déjà pris des décisions qui ne peuvent être qu’inopportunes et inappropriées. L’action à entreprendre doit être abordée et menée avec tact et sérieux ; la bâcler en se précipitant sur des solutions bâtardes, c’est condamner le peuple de Guinée à continuer à patauger dans la mésentente et la misère, objectif réel de certains qui veulent se donner une certaine virginité politique, alors qu’ils participent à toutes les intrigues politiciennes qui retardent la Guinée et empêchent jusqu’ici la réconciliation nationale. Les contentieux des 26 ans de la première République impliquent non seulement l’Etat guinéen et des citoyens guinéens, mais aussi et surtout l’Etat français et des citoyens français, avec l’obligation de parler des activités de déstabilisation dont la Guinée a été victime de 1958 à 1984 et de leur répression. Les contentieux des 24 ans de la deuxième République n’ impliquent en principe que l’Etat guinéen et le Peuple de Guinée, avec la nécessité de débattre des questions suivantes: le coup d’Etat du 3 avril 1984, les événements du 4 juillet 1985, le narcotrafic, la dilapidation des richesses naturelles de la Guinée, l’enrichissement illicite, la corruption, etc., qui sont en fait les causes de la tentative de coup d’Etat des 2 et 3 février 1996 et des révoltes populaires qui ont jalonné cette période. Les contentieux des 17 mois du CNDD semblent avoir été réglés, puisque les organes de transition les ont assumés vis-à-vis de la communauté internationale et que ceux qui en ont été victimes semblent approuver ceux-là. I. De la problématique des contentieux des 26 ans de la 1ere Republique (1958-1984) et des 24 ans de la 2eme Republique (1984-2008) Pour ce qui est des contentieux des 26 ans, j’y réfléchis depuis fort longtemps. C’est grâce à feu Jean Faragué Tounkara que je me suis intéressé au problème des complots comme l’une des conséquences du « non » du 28 septembre 1958 du peuple de Guinée. En effet, à sa deuxième sortie de la prison du camp Boiro, ce grand patriote, sincère et courageux, avait demandé à travailler dans le service que je dirigeais alors au sein de l’INRDG, la Bibliothèque Nationale. Des rapports objectifs et de confiance, nés des relations des premières années de l’indépendance alors qu’il était ministre de la Jeunesse et que j’étais étudiant en vacances fréquentant le dancing « La Paillotte » où il allait souvent, finirent par se consolider ; nous passions notre temps à discuter chaudement: il m’avait aidé à comprendre la situation qui prévalait en Guinée en m’expliquant beaucoup de faits historiques guinéens de l’après indépendance, des contradictions qui minaient l’opposition intérieure et même d’une note de soutien et d’encouragement qu’il avait reçue en 1965 d’un officier supérieur de l’armée guinéenne quand il préparait le complot dit complot Petit Touré ; il avait heureusement eu le temps de la cacher ; cet officier sera finalement arrêté suite à l’agression du 22 novembre 1970. Mais il y a une réponse parmi les nombreuses qu’il m’avait données qui avait orienté mes recherches et m’avait incité à abandonner le sujet de ma thèse de doctorat pour la rédaction duquel j’avais sollicité mon affectation à la Bibliothèque nationale : « Toutes les tentatives de déstabilisation dénoncées sous les noms de complots, de subversion, de sabotage économique, etc. par le régime sont vraies ; mais il y a eu un complot dans chaque complot ». Pour mieux maîtriser l’histoire contemporaine de la Guinée. je me suis consacré depuis lors à la recherche sur la lutte pour l’indépendance de la Guinée et ses conséquences dont les complots. Mes deux derniers ouvrages sont imprimés et édités en France : 1.- Des complots contre la Guinée de Sékou Touré (1958-1984), publié en 2000 2.- Autopsie d’un pamphlet : camp Boiro . Parler ou Périr d’ Alsény René Gomez, publié en mai 2009 et qui est plus complet. Ils comportent non seulement la présentation des résultats de mes recherches et l’analyse des faits, mais aussi les conclusions suivantes: 1. Tous ceux qui avaient été arrêtés n’étaient pas tous coupables, mais tous n’étaient pas innocents non plus ; n’accuser personne, ne culpabiliser personne et n’innocenter personne, telle est ma ligne de conduite depuis lors. 2. Présenter les résultats de mes recherches tels qu’ils se dégagent des sources vérifiables utilisées et mettre les lecteurs au même niveau d’information. 3. Montrer que seuls ceux qui avaient été accusés d’avoir organisé ces complots de l’extérieur, des Guinéens en groupe ou utilisés par les services secrets étrangers, des agents ou honorables correspondants guinéens ou étrangers peuvent nous aider à culpabiliser ou à innocenter quelqu’un. (Cas de Bah Lamine, auteur de l’attentat de 1980 à la grenade que j’évoque plus loin). 4. Ce qui est écrit sur la vie carcérale, le traitement en particulier des prisonniers au camp de la Garde Républicaine appelée plus tard Camp Boiro et la prison de Kindia, ne peut être contesté que par ceux qui l’ont vécue. 5. Mais l’arrestation étant une conséquence et non une cause des complots, et comme les témoignages de tous les anciens prisonniers du camp Boiro sur les autres aspects des complots, dont la cause de leur arrestation, soumis à des recherches intenses, se sont presque tous avérés faux, il fallait aller au-delà de ces écrits, au-delà de « la littérature de douleur », faite pour émouvoir les naïfs. Pour ce faire, j’ai estimé que tout chercheur ou vrai journaliste spécialisé dans l’investigation, peut et doit approfondir les recherches dans l’intérêt de la vérité historique, sur la réalité et la véracité desdits complots, leurs préparatifs, leur financement, leur exécution et leurs objectifs éventuels. Les faits historiques étant têtus et certaines personnes étant habituées à la confession, il a tout simplement suffi de tenir compte de la masse documentaire dont on dispose désormais grâce aux aveux et témoignages des acteurs ou témoins étrangers et guinéens plus ou moins impliqués dans les préparatifs et l’exécution de ces opérations pour rétablir la vérité des faits : • Jacques Foccart, secrétaire général aux affaires africaines et malgaches; • Pierre Messmer, dernier gouverneur général de l’ AOF au moment du non guinéen ; • Maurice Robert qui dirigea la section ouest africaine du SDECE de 1955 à 1963 à Dakar avant d’être nommé chef de la zone Afrique de 1963 à 1973 du SDECE à Paris ; • Bob Denard, grand mercenaire français,qualifié de « dernier affreux », qui participa au recrutement et à l’entraînement des mercenaires guinéens de l’époque ; • Jacques Batmanian, alias Jacques Baulin, ancien conseiller personnel du Président Houphouët-Boigny ; • capitaine Alpoim Calvao, officier portugais qui dirigea l’agression du 22 novembre 1970 contre la Guinée; • Alpha Oumar Bah de Guinée, seul mercenaire africain arrêté dans l’ agression contre le Bénin le 16 janvier 1977, incarcéré dans ce pays jusqu’en 1990, et dont la déposition devant la commissions de l’OUA et celle des Nations Unies est édifiant ; • Mamadou Dia, ancien premier ministre du Sénégal ; Magate Low , ancien ministre de l’ Armée Sénégalaise ; • Dr Charles Diané, l’un des éminents responsables de l’opposition guinéenne à l’extérieur, sur l’agression du 22 novembre 1970 et la complicité de certains cadres dirigeants du gouvernement guinéen de l’époque avec l’opposition extérieure ; • Jean Faragué Tounkara, ancien prisonnier du camp Boiro, sur le complot de 1965; • Siradiou Diallo sur le complot de mars 1969 ; • Bah Mamadou et ses démarches auprès du gouvernement américain contre le régime guinéens de la première République ; • Almamy Ibrahima Barry dans le journal Le Lynx sur le complot en préparation en 1984 contre la tenue du sommet de l’OUA en Guinée ; • John Bérété, deuxième élément entraîné avec Tidjane Keïta pour l’assassinat du Président Ahmed Sékou Touré en mars 1969, etc. Je n’évoque pas Roger Faligot et François Krop dont l’ouvrage, la Piscine, paru en 1985, avait mis fin aux travaux de la commission du livre blanc mise en place par le CMRN aux lendemains du 3 avril 1984. Je ne cite qu’un seul exemple : évoquant le cas de l’industriel Jacques Démarchelier, arrêté à la suite de l’agression du 22 novembre 1970, Roger Faligot, dans son étude La guerre secrète contre la Guinée, écrit: « Sa trajectoire illustre le gâchis provoqué par la guerre secrète lancée par Foccart et le SDECE contre la Guinée » ( In : Histoire secrète de la Ve République, sous la direction de Roger Faligot et Jean Guisnel, Paris, Editions La Découverte, 2006, P.129). 6. A moins qu’on veuille bâcler le processus de réconciliation nationale, il est dès lors moralement et politiquement impossible d’examiner les contentieux de la première République à partir de 1958 en refusant de faire référence à la responsabilité de la France d’alors dans les opérations de déstabilisation montées par ses services secrets et ceux de ses alliés contre la première République, d’autant plus que le communiqué franco-guinéen du 14 juillet 1975 y fait allusion. 7. C’est l’occasion, pour les autorités guinéennes, de demander au gouvernement français l’ouverture, à la consultation, des archives relatives aux rapports franco-guinéens de 1958 à 1984 pour nous faciliter la réhabilitation des innocents. Par ailleurs, certains ayant contesté mon approche, j’ai cru que j’ obtiendrai de nouvelles informations contredisant mes sources, à l’issue d’un débat contradictoire public à la tenue duquel je tiens encore fermement dans l’intérêt de la Guinée; malheureusement je n’ai jamais obtenu cette possibilité de confrontation et ne cesse de me demander pourquoi certains préfèrent continuer à lancer des slogans et refusent d’exposer et de débattre contradictoirement devant le peuple leurs arguments puisqu’ils ont la certitude d’avoir raison et de se défendre publiquement puisqu’ils se disent victimes d’un homme, d’un système ou d’un régime, dont ils furent par ailleurs les grands et heureux bénéficiaires. Ainsi, jusqu’en avril 1984, le débat national que j’espérais impliquait la Première République et des citoyens Guinéens, la France et des citoyens français. Mais tout changea et la situation se compliqua à partir du 3 avril 1984, quand se produisit le coup d’Etat contre le régime de la Première République, après l’enterrement de feu Ahmed Sékou Touré : d’autres contentieux qui n’impliquaient, cette fois que le CMRN et des citoyens guinéens, naquirent et se développèrent jusqu’au 22 décembre 2008. II. Le débat national contradictoire est une nécessité L’on tente actuellement de privilégier la confusion, l’amalgame et de masquer la vérité en parlant de « victimes de la première République » et de « victimes de la deuxième République » ; de vouloir faire endosser à l’Etat guinéen seul la responsabilité de certaines mesures prises à cette époque alors que les contentieux qui les justifient et qui impliquent des gouvernements français d’alors ne sont pas encore éclaircis. La campagne médiatique organisée en mars-avril 2010 par des journalistes d’une radio étrangère avec la complicité de guinéens entre également dans le cadre de cette confusion sciemment entretenue : personne n’a évoqué la responsabilité des gouvernements français de l’époque au cours de cette émission. Heureusement que personne n’est dupe. Je continue à penser qu’une plaie masquée n’est pas une plaie guérie. Que celle qui ronge la Guinée ne sera complètement guérie que sur la base de la vérité historique et de la justice, qui sont seules conciliatoires. C’est de la confrontation des arguments et des preuves que jaillira cette vérité et que le pardon réciproque se justifiera. Toute autre démarche n’est que de la fuite en avant et du refus de réconcilier définitivement et véritablement les Guinéens avec eux-mêmes. Je continue à penser qu’il ne faut pas priver notre jeunesse de vérité sur le passé de son pays ; les jeunes ne doivent pas nous reprocher un jour de leur avoir menti en falsifiant les faits. C’est pourquoi je recommande un débat national public, contradictoire : les contentieux concernent tout le peuple de Guinée ; c’est pourquoi la réconciliation nationale est devenue une nécessité vitale pour la survie de ce peuple dans toute sa composante. Alors, si nous voulons sortir du guêpier, retrouvons-nous et explique –nous publiquement et contradictoirement. Pour la réussite de ce débat , il n’y a qu’une solution : la recherche de la vérité sur ce qui s’est réellement passé de 1958 à nos jours et qui est à l’origine de ces contentieux ; il est nécessaire de situer les responsabilités individuelles et collectives, même sans conséquence judiciaire, afin de se pardonner définitivement et de réhabiliter les vraies victimes et non ceux qui ont été utilisés ou se sont associés aux services secrets étrangers contre leur pays, car il n’existe aucun pays, sauf la Guinée, qui fait l’éloge de la traîtrise et qui admet que ses ressortissants peuvent pactiser impunément avec ses ennemis. L’histoire de la France nous l’enseigne. Le cas de Maréchal Pétain est très illustratif à ce propos et atteste que le patriotisme ne donne pas droit à la trahison du pays. C’est dire que la seule contribution à la Réconciliation nationale que le CNT peut faire, c’est recommander la mise en place d’une commission nationale « Vérité, Justice et Réconciliation ». Comme je l’ai dit dans ma correspondance du 24 mars 2010 au CNT, le débat public contradictoire que je recommande est d’autant plus possible aujourd’hui que : • «Le Premier ministre, monsieur Jean-Marie Doré, reste un des acteurs et témoins incontournables de l’histoire récente de la Guinée et dont la maîtrise des faits est incontestable. • Nombre de Guinéens qui ont travaillé avec Bob Denard aux Comores, en Angola et au Bénin ou ont fait partie des bataillons en préparation à Pô (Burkina) contre la Guinée en 1984 participent actuellement à l’animation de la vie politique guinéenne. • Certains membres du CMRN sont encore en vie et sont disposés à parler pour que les Guinéens se comprennent par le dialogue direct. • Les principaux acteurs de la Deuxième République (premier ministres, ministres, secrétaires généraux, directeurs généraux, directeurs, etc.) qui sont encore en vie. • Les seconds pourront seuls nous aider à établir l’innocence de certains éléments arrêtés et exécutés sous la Première République. M. Lamine Bah, qui a jeté les grenades au Palais du Peuple le 14 mai 1980 (au total, quatre morts) et auquel nous avons reproché de n’avoir pas aidé jusqu’à présent à honorer les innocents, est personnellement prêt à un débat national ; il nous a révélé à l’aéroport de Dakar le 7 mars 2010, entre autres, que « sur les 250 personnes arrêtées à la suite de cet attentat, seulement deux (2) étaient leurs complices en Guinée » ; toutes les autres étaient innocentes ». La contribution du troisième groupe de Guinéens nous permettrait de comprendre le drame du 4 juillet 1985 et ses conséquences ». III. Organisation et fonctionnement éventuels de la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » La commission pourrait être organisée comme suit : A.- Choix des membres de la Commission« Vérité, Justice et Réconciliation » Les membres de cette commission pourraient être choisis par la prochaine Assemblée Nationale (un quart des membres de ladite commission en son sein) et les trois quarts hors de l’Assemblée suivant des critères de sincérité, d’honnêteté, de franchise, de loyauté et de volonté de contribuer à une réconciliation nationale véritable. B.- Les participants actifs à inviter • Ceux qui se disent « victimes » des deux périodes. • Les responsables politiques ou administratifs des deux périodes encore vivants. • Les tortionnaires et les gardiens des prisons des deux périodes encore vivants. • Les mis en cause individuels des deux périodes encore vivants. • Les anciens des Comores, d’Angola,du Bénin et de Pô (Burkina Fasso) encore vivants. • Les témoins guinéens et étrangers capables d’éclaircir les faits et d’éclairer les Guinéens sur ces faits. • Les chercheurs et historiens guinéens et étrangers capables d’éclaircir les faits historiques par des sources vérifiables et d’éclairer les Guinéens sur ces faits. • La Direction des Archives nationales pour faire le point des archives de la Première République, en particulier des archives personnelles du président Ahmed Sékou Touré, celles de la Permanence national du PDG-RDA, de la prison du camp Boiro, des forces armées et des forces de sécurité, etc. • Les partis et les organisations de la société civile. C.- Les modalités de travail de la Commission • Puisque rien n’urge et qu’il s’agit de trouver une solution véritable et définitive à des contentieux qui datent, la durée des travaux pourrait être d’un an et la Commission nationale serait divisée en deux sous-commissions pour mieux appréhender les différents aspects des problème à débattre, après que les autorités centrales aient précisé officiellement les méthodes et objectifs de ladite commission. • Les deux sous-commissions chargées des deux périodes, 1958-1984 et 1984-2008, pourraient commencer leurs travaux par des débats d’éclaircissement. • Une plénière contradictoire sur chaque période serait organisée une fois tous les trois mois. • Une première grande plénière contradictoire sur l’ensemble des travaux des deux sous-commissions aurait lieu au bout de six mois. • Une plénière de mise en forme aurait lieu avant la remise du rapport final aux autorités guinéennes. • Le Rapport final à déposer s’articulerait sur la vérité des faits, les mesures de justice à proposer et l’institutionnalisation d’une journée annuelle de pardon. En attendant que la Commission Nationale soit mise en place par l’Assemblée Nationale et que les résultats de ses travaux soient adoptés et rendus publics, le CNT devrait demander au nouveau chef de l’Etat d’exiger solennellement de tous ceux qui se considèrent comme des « victimes », l’entretien d’une atmosphère saine et patriotique en veillant sur leur comportement et leurs propos. Le débat public proposé est d’autant nécessaire que les citoyens qui se considèrent comme victimes de la Deuxième République semblent l’exiger afin de militer effectivement pour une véritable et définitive réconciliation : Jeanne Martin Cissé (dans son livre La Fille du Milo, publié en 2009). « Je regrette la perte d’innocentes victimes ; que leurs familles éplorées acceptent le pardon ! Mais je condamne des acteurs d’hier érigés aujourd’hui en victimes. Je souhaite aussi que la lumière soit faite sur les événements du 4 juillet 1985. La réconciliation nécessite la reconnaissance de la vérité » (p.119). Bangaly Traoré « Peut-on construire une nation en refusant de regarder objectivement le passé de ce pays ? Le peuple doit connaître la vérité sur son passé avant de tourner la page ». (Interview publiée sur internet et dans le journal Réveil, avril 2010). Hadja Andrée Touré « Dieu est vérité. Si nous avons le courage de nous assumer, nous pouvons construire ce pays . Mais tant qu’on ne rétablirons pas la vérité, je ne vois pas où aller ; il faut que nous retrouvions le chemin de la vérité ». (Interview publiée par les Radios privées FM Liberté le 3 mai 2010, Djoliba, les 4 et 6 mai 2010 et que Nostalgie diffuse ce soir à 18 heures). Que conclure ? Pour mieux faciliter le succès de la rencontre salutaire souhaitée et empêcher que d’autres causes de conflits ne nuisent aux approches suggérées, je pense que : • La Guinée, notre pays et notre nation, n’a besoin ni de pitié, ni de compassion, encore moins de slogans démagogiques du genre « plus jamais ça », « rien n’a été fait en cinquante deus ans », « il y a trop de morts », « sortir la Guinée de la misère », « cinquante ans de liberté dans la pauvreté ». La Guinée a surtout besoin de vérité, de justice, d’équité, de loyauté, du respect des droits de l’homme et du peuple, de compétence et d’expérience enrichissante, du bon choix des cadres selon des critères objectifs, donc l’abandon de la systématisation de la médiocratie et de l’ethnocentrisme amplifiés depuis un an pour le choix des cadres de gestion, de commandement et de réflexion. • La Guinée, notre pays et notre nation, n’étant pas un poupon, n’a pas besoin d’être pouponnée ; elle n’a donc pas besoin de protecteurs, mais de partenaires au développement, de coopération économique qui nous aide à nous passer de certaines aides intéressées, de coopération technique qui nous aide à dégager des solutions qui nous aident à résoudre nos problèmes par nous-mêmes et à nous passer des experts étrangers. Messieurs et mesdames, Nous savons tous que c’est Dieu qui aime la Guinée, qui continue à nous sauver de tous les périls, alors que les Guinéens n’aiment pas leur pays. Alors, continuons à implorer la grâce de Dieu sur notre pays, à prier que Dieu ne se fatigue pas de nous, qu’il continue à nous protéger de sa mansuétude. Amen ! Je vous remercie. Sidiki Kobélé Keïta Conakry, le 10 mai 2010 10 h-11h55 Nota bene : Le volume du témoignage enregistré de Pierre Messmer que nous voulions faire écouter aux membres de la commission sur le 1er complot étant faible, j’ai fourni, à la demande de la Commission, le texte décrypté que voici : « Foccart a monté une opération pour renverser Sékou Touré, dans le courant des années 1959-1960. Et c’est après l’indépendance de la Guinée que Foccart et les services secrets français ont commencé à monter ce coup qui a été un ratage complet. L’opération n’a pas marché parce qu’elle a été décelée à l’avance par Sékou Touré, par conséquent il n’y a eu une préparation qui n’a pas abouti à une tentative de coup d’Etat ». Le journaliste: « Quel était le but de l’opération ? » Pierre Messmer répond en riant: « Dans l’esprit de Foccart, c’était de faire sauter Sékou Touré ; c’est évident ».
FIDEL, samedi 12 juin 2010
Ne confondez pas pape et soupape je vous en prie. Le cas sudafricain est different du notre. Ici il y a des gens qui nient leur culpabilité en se rendant victimes, les coupables ont peur de s`assumer devant l`histoire. Il y a effectivement eu complots en Guinée sous la premiere Republique et il y a eu des repressions aussi. Donc ne seront rehabilités que les quelques victimes innocentes qui sont loin d`etre ceux que vous defendez aussi. Ce n`est pas parceque quelqu`un a été victime de torture, qu`il devient une victime innocente.Je le dis à qui veut l`entendre, il y a des traitres qui ont bien merité leur destin, ils l`ont provoqué. Toute fois, cette conference sera la bienvenue car nous sommes aussi pour la reconciliation. NOTE: qui ne sait pas ici que Siradio Diallo était dans le bateau, mais jusqu`à sa mort il n`en dit mot la dessus. La dignité pourtant c`est juste cette harmonie entre le dit et le fait. Oh la grandeur!!! quant elle manque à un homme..... Fidel como Castro
GilBlack, samedi 12 juin 2010
Je partage vos points de vue. Votre demarche est salutaire!Je l`ai parcourue sur ligne.Elle va effectivement dans le sens de preservation de la PAIX,la JUSTICE et la RECONCILIATION nationale presqu`a l`image de celle de l`Afrique du Sud.Chose pas facile comme vous le dites mais possible pourtant.Mais qui sera ce future President qui pronera la réelle separatoin des Pouvoirs? Une fois trouvé donc,ce responsable supreme pourra nous faciliter cette tache qui parait tres tres enormes et parfois vide de sens pour certaines victimes. Il ne faut pas chercher a corriger certains maux susceptibles d`engendrer d`autres qui seront pires que les precedants.
Saïdou Nour Bokoum, samedi 12 juin 2010
L’incroyable densité de ce texte risque d’être un des ferments de sa fermeture. Cette qualité risque même de rendre timides les habituels commentateurs les plus hardis. Ce qui serait dommageable pour le débat qu’il devrait susciter. Pourtant il est clair comme l’eau de roche. Je n’ai nulle prétention à vouloir l’expliciter pour autrui qui serait plus bête. Je voudrais juste m’assurer que je l’ai compris et dire pourquoi il faut se tenir à la hauteur où il nous invite, sans inutile passion, avec lucidité. Mais en en tirant les conséquences pratiques politiques et salutaires pour la retaille de la culture nationale déchirée. Je commence par la fin : 1)Il faut rejeter fermement la nébuleuse de la "Réconciliation nationale" telle qu’elle se profile. 2)Parce qu’elle ne permet pas d’identifier coupables, victimes, et mobile des crimes qui sont : l’appareil d’Etat en collusion avec les "groupes d’intérêts", le bras armé du premier et ses apparatchiks d’une part, les victimes qui sont ensemble Bah, Camara, Soumah, Togba, Djaséni, etc., d’autre part ; elle enfouit le mobile, qui comme les croyances populaires, fables savamment filées par les criminels, est vieux comme le monde : accéder au pouvoir, s’y maintenir cinquante ans s’il le faut, avec comme seule qualification, la détention des moyens d’une dictature à géométrie variable d’une république à l’autre. 3)Et les choses s’éclaircissent, l’énigme d’une Guinée scandale géologique devenue scandale humanitaire, sans eau ni électricité se dénoue ; la nébuleuse de l’ethnicisme, du régionalisme, voire de l’ostracisme anti-guinéen de l’Extérieur se dilue dans l’idéologie la plus banale : 4)"Tous ceux qui s’opposeront à la Révolution,..", qu’ils se nomment Bokoum, Yombouno, Djankabi, Touré, Conté, ou.. Pivi, etc. "..eh bien la Révolution les écrasera et elle continuera son chemin". Ce propos meurtrier de l’Homme-Peuple a été repris en mode soft par le Président-Paysan dans le fameux koudaïsme du " PUP c`est le PDG plus le libéralisme" (A. Somparé). Avant de s`abymer le 28 Septembre dans la grande fosse du Stade des horreurs. 5)D’où l’inter-minable Transition de toutes les pannes. Le véritable nom d’une révolution permanente, n’est autre que DICTATURE. Elle n’a ni le temps, encore moins le souci de bâtir. "Détruire dit-elle". Hitler étant parvenu à se hisser au sommet du pouvoir par les moyens que l’on sait, verbosité et collusion avec « des groupes d’intérêts », n’a fait que ruiner une Allemagne insolemment riche, véritable "scandale" industriel et financier. 6)Enfin le train de cette révolution meurtrière ne pourra s`arrêter qu’à une seule station, le temps de faire le plein de bois, pour faire pièce à la langue de bois, comme l`incantatoire et récurrente "réconciliation nationale" reprise par les thériféraires de bonne foi, derrière lesquels sont tapis les ci-devant tenants de la dictature molle. Au frontispice de cette gare on peut lire : CONFERENCE NATIONALE. Une conférence nationale n’est pas seulement l’occasion d’une prise de parole symbolique et cathartique donc salutaire. Ce n’est pas un tribunal populaire. Ce n’est pas seulement une mamaya solennelle où toutes les confessions profanes et religieuses sont invitées. Une conférence nationale donne l’occasion au conducteur de magbana de dire doctement comme l’âne savant : Quand on est occupé à conduire un train d’enfer Conakry-Kankan, Kankan-Conakry en brûlant toutes les autres gares léguées par le Colon, on finit par arracher les rails devenus encombrants pour la Révolution..industrielle ! Comme dans certains cauchemars où le chemin s’efface derrière vous quand vous croyez être parvenu à votre destination, alors que. "Bon pat`on, boli bana, toi ka deux cents maintinant ! Bé nara, confeuranche matinale ! " Terminus tout le monde descend ! Wa Salam !
Bangaly Traore, samedi 12 juin 2010
Mr BAH,il est temps et necessaire de dire la verite au peuple de guinee,le feu colonel Diarra Traore n`a jamais ete un membre du clan de PDG,et je peut dire que Tilly Diallo a ete plus proche de pdg qu`le feu le colonel Diarra.Mr BAH il faut nous parler les executions organiser par l`ex-colonel Mamadou Balde et l`ex-commandant Ousmane sow le 4 juillet 85 sans aucune justice,il faut dire la verite sur les crimes economiques organiser dans notre pays par les anciens ministres et pm corrompus du regime criminels de feu conte,la confusion et les contres verites ne passerons plus.NB:Nous sommes les victimes et les temoins,et tres bientot,il aura la verite en guinee.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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