samedi 5 décembre 2009
La nature a horreur du vide, la politique aussi
Saïdou Nour Bokoum

Dadis aurait essuyé des coups de feu. Il serait blessé à l’épaule. Des accrochages à Koundara, le QG des bérets rouges de Dadis, dont le chef est le tueur Toumba. Le nazillon du carnage du stade. Coups de feu entendus à Coléah, ce qui est inquiétant puisqu’en dehors de la cité de la Police, enclavée dans un quartier à forte concentration de paisibles citoyens, on se dit que ces criminels auraient dû se cartonner dans leurs camps surtout là où trône « le malade mental » qui a commandité les horreurs du 28 septembre 2009. Il vit encore. Une version dit qu’il aurait été ficelé. Comme le général Toto il y a quelques mois par des troufions. Aux dernières nouvelle, la marionnette du CNDD serait en train de recevoir des soins intensifs en réanimation dans une clinique au Maroc, la boîte crânienne ayant reçu une balle de Toumba, son ex Aide de camp.

Il n’y a pas de fumée sans feu, surtout pas à Conakry ; pour voir de la fumée dans une ville perpétuellement enténébrée, il faut vraiment beaucoup de feu. Ce serait Pivi alias Coplan qui aurait repris du poil de la bête et aurait ressorti sa « fatwa » contre Toumba. A l’époque celui-ci, protégé par Dadis avec lequel «c’est « tu me tiens je te tiens », fut provisoirement sauvé par un Niet de Dadis à l’adresse de Coplan qui avait tout de même, avec l’appui de l’autre âme damnée de Dadis, le Général Sékouba Konaté, ils avaient imposé à Dadis le remplacement de Toumba à la garde présidentielle.

L’arrivée des enquêteurs devrait être pour quelque chose dans cette fébrilité soudaine de nos soudards tous complices, certes à des degrés divers. Dadis, Konaté, Tiègboro, Toumba, et tout le CNDD, tout leur gouvernement, à quelques démissions près, sont en train de se renvoyer la balle, cette première balle qui a tué notre historique 28 septembre. Ce serait là, une des plus plausibles explications de cette précipitation des évènements militaires. Toumba n’aurait pas apprécié cette « combinazione » qui pointait à l’horizon et où il se voyait bouc-émissaire à immoler, pour laver tout seul, le sang de l’holocauste du Stade.

Une autre explication serait que nulle part on n’a vu un coup d’Etat se légitimer au fil du temps, sans qu’un seul galonné ne fasse le ménage autour de lui, en se débarrassant de ses compagnons félons. Coup d’Etat civil, militaire ou révolutionnaire. Je cite en vrac, Castro, Bourguiba, Boumediene, Moussa Traoré, Lansana Conté, Eyadéma, Mobutu, Khadafi, et... un certain Facilitateur, etc. Surtout quand ce sont des coups d’Etat contre un cadavre, comme ce fut le cas en Guinée deux fois. Cela finit toujours, tôt ou tard comme dans les bons Westerns : « La première balle tue », et exit le dernier compagnon, voire l’ami, comme le sympathique Burt Lancaster, trucidé par l’invincible Gary Cooper (Barou Copra, disaient les cinéphiles de la Salle de la famille Sassine à Kankan), dans « Vera Cruz ».

Mais ni Konaté (épuisé, lessivé, il faut voir les derniers clichés d’après Liban ou Maroc, atroce), ni Toumba, ni Tiegboro n’ont l’envergure d’un ATT ou d’un Rawlings, ni même celle de ce Facilitateur, comment s’appelle-t-il déjà ? Justement et j’en viens à l’essentiel de mon propos. Que faire de cet imbroglio militaro-militaire passablement médiocre ? Que doivent faire les Partis ? Les syndicats menacent de reprendre la grève. Opportuniste ou opportun positionnement ?

A mon avis, les Partis politiques doivent être à la pointe de ce ressac de la vague populaire qui s’annonce. Il faut pour une fois, que les hommes politiques qui ont une formation politique certaine, utilisent leur expérience et leurs savoirs au service d'une plus grande vertu intellectuelle et politique. Il y a un moment où l’action syndicale prend le dessus, menée par les responsables syndicaux. Il y en a un autre où l’action politique prime sur toute autre. Ce sont les responsables politiques qui doivent conduire cette bataille. Il faut sortir de ce forum-foire des Forces politiques. Un forum ne peut pas être plus qu’un espace de discussions. Il ne saurait être un organe de décisions politiques, surtout pas dans cette phase cruciale de décantation politique. Et ici mes pensées vont à mon frère Poullo Torodo Billo. Il n’y a selon lui que 4 à 5 Partis qui aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire, peuvent et doivent s’entendre sur un gouvernement de consensus, issu du maximum de personnalités aux mains propres. Il s’agit des Partis historiques qui se sont battus depuis 1993, avant d’êtres pris de court, de façon brutale par la loi anticasseurs de Gomez (puissant ministre de l’Intérieur) et Salifou Sylla (intelligent ministre de la Justice), auxquels pourraient être adjoints une ou deux formations qui ont depuis une demi-douzaine d’années, imposé leur crédibilité et leur loyauté envers les masses guinéennes.

Les autres partis, je veux bien leur reconnaître leur pleine légitimité. Mais on leur demande de faire montre de patriotisme pour quelques mois, afin de finir cette phase de transition, qui après avoir traîné cinquante ans, ne doit plus excéder quelques misérables mois encore !

Enfin, il faut battre le fer quand il est chaud (Cellou Dalein). Les militaires venus sécuriser les membres de la commission internationale d’enquête et les témoins, ne pourraient pas fermer les yeux à « regarder » un gouvernement de consensus, ayant investi les locaux administratifs, se faire canarder par ceux-là mêmes qu’ils sont venus confondre.

Bien évidement, la meilleure sécurisation viendrait d’un peuple mobilisé nuit et jour, partout sur l’étendue du territoire de la Guinée planétaire, debout quand il le faut, couché, terré dans les entrées-couchers, enveloppés dans la ferme détermination de la désobéissance civile. Selon un chronogramme précis élaboré cette fois avec l’ensemble des Forces Vives.

Le tout supposant un pseudo dialogue rompu, un Facilitateur disqualifié, avec économies de voyages coûteux et inutiles.

Wa Salam


Saïdou Nour Bokoum

 

PS : lire plus, lire mieux, aller à www.manifeste-guinee2010.org


www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Keoulenba, lundi 7 décembre 2009
Et si ces grands partis des forces vives retournaient au stade du 28 septembre, reprendre leur scénario... Hey! J`oubliais que Toumba disait être libre a Conakry. Bon! Les forces vives peuvent aller directement à la Radio Télévision et cracher un bon projet de sortie de crise. La encore, je vois le grand COPLAN qui risque de les confondre a la clique à TOUMBA. Alors les gars patientez-vous et croyez en Dieu ! Car quand il voudra vous donnez le pouvoir, il vous le servira sur un plateau d`or. Si vous forcez la situation maintenant, vous serez étonné de voir quatre pays devant vous ; différents par le climat, le relief, les hommes etc. La Guinée est une famille, mais les enfants sont de père différents. C’est mon petit conseil.
Chernor Sidou Jalloh, lundi 7 décembre 2009
``Il faut battre le fer quand il est chaud.``Merci uncle Bokoum pour votre précision dans vos article que J`ai lu avec beaucoup d`intérêt.
mohamed sampil, dimanche 6 décembre 2009
Merci "tonton" BOKOUM pour ta réflexion..A mon avis nos leaders peuvent former dès maintenant un gouvernement de transition qui j`en suis sûr aura la reconnaissanci internationale pour couper les pieds du CNDD pour les prochaines négociations de OUAGA..MOHAMED SAMPIL
kagbadouno Tamba, samedi 5 décembre 2009
El hadji! je suis d`accord avec vous! Il faut que les FV se réunissent rapidement pour former le gouvernement de transition. Ces voyous en kaki ne pourront RIEN faire pour ce pays.
Abdoulaye, samedi 5 décembre 2009
Ah, si quelques politiciens temeraires pouvaient lire votre bel article et EN etre inspires... Dans, l`histoire des peuples les penseurs honnetes intellectuellement et patriotes,comme vous,ont reflechi et permis a leurs nations de retrouver la liberte et le chemin du progres. Je vous salue doyen Bokoum et vous demande d`adresser cet article aux calibres politiciens dont vous pensez etre representifs de la nation guineenne. Vous n`avez rien a perdre , au contraire. Vous nous inspirer, nous les jeunes. Encore, MERCI
Boubacar Bah, samedi 5 décembre 2009
Je serai surpris de voir un leader politique quelconque fouler le sol Guineen en ce moment. Personne, encore personne d`entre eux n`osera venir. c`etait le moment ideal pour se regrouper et former un gouvernement d`union. Le massacre du 28 septembre a fait fuir meme ceux qui etait frequent en Guinee. D`autres par contre ne visitent la Guinee qu`une fois tous les 2 ans.
Youssouf Bangoura, samedi 5 décembre 2009
Merci le Doyen Bokoum pour cette belle initiative, c`est le moment oû jamais, nos leaders politiques doivent nous montrer de quoi ils sont capables, ils doivent tous rentrer au pays pour occuper le terrain, la periode est tres propice . Ce qui est arrivé est une aide divine, ne ratons pas l`occasion de saisir ce qui nous revient de droit. On ne doit pas laisser ce beau pays dans les mains de ces salopards, criminels, arrogants, incompetents et ignares . Dadis vivant ou mort, aucune importance, ce qui importe est la Guinée, il nous faut sortir de cette situation lamentable. C`est pittoyable, quel est cet homme qui pourrait relever le defi ? Ne soyons pas temoins de la desintegration de notre pays, il faudrait qu`il y ait quelqu`un qui puisse dire un jour que " grâce à moi, mon pays s`en est sorti " Que Dieu benisse le courageux .

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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