Définitions
Morale (du latin mores, mœurs)
- Science du bien et du mal, des principes de l'action ; théorie de l'action humaine en tant qu'elle est soumise au devoir et a pour but le bien. (Le Robert)
- Ensemble des règles d'action et des valeurs qui fonctionnent comme norme dans une société (Larousse)
La valeur de la morale est liée au respect de ses règles, auxquelles les citoyens se soumettent volontairement.
C’est justement ce manque de respect de la morale et de l’éthique par certains intervenants du Net guinéen qui pose problème. Le jeu favori d’une catégorie de commentateurs, qui ne présentent que rarement, parfois jamais un texte de leur cru à la réflexion, est d’attendre les contributions de ceux qui se mouillent. Avec l’unique objectif d’étaler leurs capacités à la malveillance, courageusement cachés sous des noms d’emprunt (souvent fantaisistes).
Les noms
A l’état normal, les homonymies peuvent prêter à confusion. Que dire de ceux qui n’utilisent qu’un prénom, ou un nom isolé, rarement les deux, comme des masques perpétuellement changeants ? Barry un jour, Sylla le lendemain, Bangoura ou Koïvogui ou Ifono le surlendemain. Monsieur Moussa Diallo du Lundi pouvant fort bien se révéler Madame Binta Camara le Mardi, Antoine Leforester le Mercredi, tournant ensuite Hajj Omar Condé le Vendredi, le Samedi Arc-en-ciel tropical, etc. Insaisissables et intarissables, ils excellent dans le dénigrement, avec un semblant d’analyse noyé par une volonté réelle et délibérée de tromper, « d’insulter en paix » sous couvert d’un courageux anonymat.
Ce ne sont malheureusement pas les seules tares, reflets d’une morale élastique, qui se manifestent sur la toile guinéenne.
A la suite de beaucoup d’autres, nous devons en prendre conscience pour dénoncer cet état de fait, dont le risque principal est d’entrainer tout le monde, par excès, à faire de même. Il devient urgent de faire découvrir et freiner ceux dont c’est l’occupation principale.
Le respect du droit
Quand il faut discuter, analyser, pour infirmer ou confirmer un programme, des propositions ou des idées, il n’y a rien à dire : c’est le propre de la culture démocratique. Mais verser dans la diffamation gratuite de simples citoyens ou de personnalités ne devrait pas être une attitude de responsable.
Dans l’état de droit que nous voulons bâtir, une rumeur ne pourra en aucun cas tenir lieu de jugement. Exactement comme dans tous les pays modernes, il faudra obligatoirement passer par un jury légalement constitué, serein, respectant les règles de notre législation et bannissant la peine de mort. Même et surtout pour ceux qui sont coupables de crimes politiques ou économiques avérés. Chacun de nous aura le droit d’être témoin à charge ou à décharge. La personne mise en cause ayant, quant à elle, les moyens et le droit à une défense de qualité d’une part, et celui de se retourner contre ses accusateurs, d’autre part.
C’est ainsi que fonctionne la justice des pays qui abritent les Guinéens expatriés, et que certains encensent quand cela les arrange, mais qu’ils ne veulent pas ou craignent de voir dans leur pays d’origine. Leurs accusations, souvent biaisées, ayant toujours valeur de vérités « bibliques » et de jugements définitifs, qu’il est interdit de ne pas approuver. Il est toujours difficile pour certains de comprendre que personne n’est coupable avant jugement, y compris les auteurs de délits avérés. Les faits concordants devant normalement toujours conduire au passage devant un juge et un jury chargés de dire le droit.
Les habitudes héritées du passé ont décidément la vie dure. Dans un passé pas si éloigné, (et encore aujourd’hui dans certaines de nos contrées) une simple accusation de sorcellerie, de « vol de sexe », une rumeur de « transformation », étaient équivalentes à une condamnation à mort presque certaine. Quelle personne de trente ans et plus peut affirmer n’avoir jamais assisté à ces scènes pitoyables dans nos pays ? De nos jours, les rumeurs et accusations ciblent les personnalités publiques principalement. Vraies ou fausses, elles restent toujours à prouver. Nous avons, dans ce domaine, encore fort à faire pour que tout le monde accepte les règles du droit moderne (voir à ce propos les articles de nos compatriotes juristes).
L’usage du faux
Certains compatriotes, bien établis à l’extérieur, nous inondent de « postings » enflammés, prétendument envoyés de l’intérieur du pays (parfois de zones sans liaison internet), en jouant aux porte-paroles de la veuve, de l’orphelin et des laissés pour compte.
D’autres font encore plus fort. Quelle que soit l’intensité d’un débat, comment peut-on s'asseoir, rédiger (mal) un texte, et faire porter à quelqu'un d'autre la responsabilité de son origine, sans complexe ni remord, avec la volonté manifeste de le salir ? Nous persistons tous à croire que tout cela ne peut exister que dans la littérature ou au cinéma, jusqu’au jour où, incrédule, on se trouve confronté à cette situation. Pour constater que rien n'arrête les faussaires, bien formés par une certaine « idéologie », dans leurs tentatives de se faire coopter par des partis qui les connaissent peu ou pas du tout .En Europe, ces personnes porteraient le sobriquet peu envié de « corbeaux ».
Mais si volonté de nuire n’est pas obligatoirement capacité, insulter est la meilleure façon de prouver son manque d’arguments. Le principal reproche adressé à certains compatriotes était et reste celui de vouloir prendre tout le monde à témoin, sans se découvrir, de ce qui n’est apparemment qu’une rancune personnelle de militant non déclaré d’un parti politique. Le type de débat sans intérêt pour le plus grand nombre.
C’est-à-dire très clairement, d’user de tromperie. Elle conduit à des dérives regrettables.
Il faut dire que ces « militants » souteneurs en quête de reconnaissance posent problème, car il est difficile de croire un seul instant qu’un parti politique responsable avec des dirigeants intelligents puisse être capable de cautionner ou pousser ses membres ou militants à de telles manœuvres.
Pour le reste, ceux qui ont des preuves documentées peuvent s’adresser à la justice de chez nous ou d’ailleurs (c’est maintenant possible), au moment qui leur conviendra. A supposer qu’ils aient confiance en la pertinence et la solidité de leurs arguments. Sachant aussi que le « boomerang » politique, mal lancé, peut revenir inexorablement et très fort à l’envoyeur et ses éventuels souteneurs.
La décence
En ce début du 21° siècle, chaque parti ou personnalité politique est libre de créer son ou ses sites explicitement dédiés à sa vision et ses intérêts, sans mélanger ses « torchons » aux « serviettes » du net ordinaire, apolitique pour être crédible.
En évitant ainsi de faire prendre les sites d’opinions pour des sites de partis, ils contribuent à la clarté du débat. C’est aussi cela le courage, la décence et l’honnêteté en politique. Nous avons les exemples de sites bien conçus et réalisés, pour des politiciens connus et déclarés comme Obama, Mc Cain, Ségolène, etc.
Faut-il répéter encore que tout le monde a intérêt à un combat politique qui respecte les barrières de la décence et du fair-play ? Le champ politique, encore une fois, ne doit pas être celui de pugilats ou tous les coups, y compris ceux en dessous de la ceinture, sont permis ; mais rester un noble art, avec des règles valables pour tous.
En poussant plus loin la réflexion, on poserait le problème de la publicité ou propagande politique à peu de frais, ou carrément gratuite, utilisant les NTCI sous couvert « d’information » ou de « révélation ». Le tout à coup de calomnies plus ou moins bien inspirées.
C’est dire qu’un publireportage, politique ou pas, doit non seulement pouvoir être identifié sans ambigüité, mais aussi respecter des règles strictes de déontologie (pour les sites) et de savoir-vivre (pour les auteurs et les intervenants). La liberté du net ne doit pas être confondue avec la licence.
Toutes confusions à ce niveau engageraient directement la responsabilité des Politiques qui les utilisent et des administrateurs de sites qui les diffusent, auxquels est donc demandée la plus grande prudence, personne n’étant à l’abri d’un gros « retour de flamme ». La compréhension et l’exercice du droit à la réplique aux calomnies, l’intervention de la justice lors des procès pour diffamation gagnent peu à peu du terrain, même dans nos pays peu habitués à cette pratique.
Conclusion
La clarification est d’autant plus nécessaire que chacun de nous a le droit d’avoir et de défendre son penchant ou ses convictions politiques, tant qu’elles respectent les droits humains, définis par les conventions internationales.
Mais à la condition sine qua non de le faire à visage découvert. Les fausses identités et fausses « vraies » révélations n’apportent rien à la propreté et la sérénité du débat. Pas plus que les accusations récurrentes de haine, mot archi-usé et favori de ses propres et infatigables pratiquants. C’est la seule façon de rendre le champ politique guinéen crédible et empêcher les négationnistes actifs du passé et du présent de créer une confusion propice à leur dessein : faire passer pour perte irrémédiable et hors de portée de la justice toutes les forfaitures de nos deux républiques, ou la volonté (infructueuse) de les dissocier. Ce qui n’est pas la meilleure façon d’obtenir l’apaisement des cœurs et des esprits.
Rendons donc à César ce qui appartient à César et à Abraham Lincoln ce qui appartient à Abraham Lincoln : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, tout le peuple une partie du temps, mais jamais tout le peuple tout le temps ».
Thierno A. Diallo, médecin
pour www.guineeactu.com