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Entre disparition mystérieuse et bourrage des urnes dans des communes populaires de Conakry, ville de l'obscurité et des montagnes d'immondices, le pseudo scrutin du 27 juin aura été un fiasco sur toute la ligne. Comme le dirait l'autre "la montagne a accouché d'une souris".
C'était prévisible, la Commission Electorale Nationale Indépendante vient de se planter lamentablement en organisant une mascarade d'élection. Un scrutin truffé de fraudes comme l'attestent les nombreuses plaintes qui émanent des partis politiques depuis le 27 juin, jour de l'élection, mais aussi les aveux de Ben Sékou Sylla qui a reconnu finalement qu'il y a eu des ratés à Tougué, Dinguiraye, Conakry, Faranah, excusez du peu. Plusieurs candidats en lice ont élevé le ton pour mettre à nu les ratés de la CENI, pilotée par Ben Sékou Sylla, un proche des proches du leader de l'UFR et prétendant au très convoité "Kibangny".
Entre disparition mystérieuse et bourrage des urnes dans des communes populaires de Conakry, ville de l'obscurité et des montagnes d'immondices, le pseudo scrutin du 27 juin aura été un fiasco sur toute la ligne. Comme le dirait l'autre, "la montagne a accouché d'une souris". Rescapé du système pourri mis en place par Conté et alimenté par tous ses anciens premiers ministres et ministres, devenus politicards par la force des choses. La plupart d'entre eux ont choisi cette option pour ne pas se faire rattraper un jour par la justice à cause de leur nuisance. Ben Sékou Sylla et compagnie avaient montré leur limite depuis le début de la transition issue des accords de Ouaga. En plus de ces insuffisances notoires, il n'est un secret pour personne que Ben Sékou Sylla et ses complices roulent pour l’UFR. Selon des observateurs avertis, il aurait dû être débarqué dès le départ pour ne pas entraver la bonne marche de la "TRANCIZION" version Sékouba Konaté.
Et maintenant, il semble que trop tard a joué un rôle. En cause : après avoir organisé un scrutin entaché de fraudes en faveur du parti qu'il est accusé de soutenir à visage découvert, Ben Sékou Sylla, qui avait à cœur d'exclure les Guinéens de la diaspora de ce vote qui aurait dû être historique s'il était propre, entretient volontiers un flou artistique autour des résultats provisoires annoncés in extrémis et contre toute attente pour ce vendredi. Soit près d'une semaine après la tenue du scrutin controversé. Le temps pour eux, murmure-t-on à Conakry, de "pouvoir arranger sans faute" le candidat de Ben Sékou Sylla.
Ainsi va la Guinée toujours aux prises avec ces éternels médiocres de la république qui risquent d'être pires que le CNDD. A l'allure où vont les choses, ces pseudos intellectuels de la CENI et les fameux politiciens, dont la plupart ont volé les deniers publics, font courir au pays et à ses paisibles habitants un risque énorme. D'un côté Ben Sékou triche pour ses protégés. De l'autre, ceux qui se posent en victime haussent le ton et menacent d'aller jusqu'au bout pour être rétablis dans leur droit. De quoi réunir tous les ingrédients pour mettre le feu aux poudres en cette période exceptionnellement sensible de l'histoire de la Guinée.
Outre les ratés de la CENI et les agissements belliqueux de ceux qui sont en course pour la conquête de "Sékhoutouréyah", des candidats dont la plupart - ex premiers ministres et ministres de Conté - ont fait main basse à un moment donné sur la chose publique sans être inquiétés, il y a d'autres prédateurs de la démocratie dans cette pagaille. Et pas les moindres : les chefs périmés notamment des quartiers de Conakry.
Ces derniers, rescapés aussi du système Conté, disposent d'une capacité de nuisance qui se passe de commentaires. Corrompus jusqu'à la moelle, ces roitelets n'ont jamais cessé de torpiller la démocratie en Guinée depuis leur nomination par le dictateur de Bouramayah, feu Lansana Conté. Ils ont joué un rôle de premier plan dans les mascarades d'élections de 1993, 1998 et 2003. Ils continuent de jouer le même rôle néfaste. Dans la mesure où nombreux sont les candidats qui ont pointé un doigt accusateur sur eux, les accusant d'être à la base de la polémique autour de la tenue du scrutin du 27 juin 2010. Pauvre Guinée, quand est-ce que tu seras débarrassée à jamais de ces malfaiteurs ?
Mamadou Saliou Diallo, Directeur de publication de Guinea-forum.org
www.guineeactu.com
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