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A quelques jours de la date fixée pour le deuxième tour de la présidentielle, les conversations politiques s’emballent chez nous. Les Guinéens sont pris entre deux positions tranchées : ceux qui veulent une participation active du Ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires Politiques (MATAP) pour aider la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à mieux organiser le deuxième tour, et ceux qui tiennent mordicus que le MATAP, et donc le gouvernement, soit écarté du processus.
Je suis de ceux qui pensent que oui, le MATAP, notamment sur le plan logistique, a un grand rôle à jouer pour réussir le deuxième tour de la présidentielle. D’abord parce que la CENI a été critiquée par tous les candidats au premier tour. Et d’ailleurs, selon les faits, la CENI, pour des raisons jusque-là inconnues, a jeté par-dessus bord des milliers de voix des Guinéens qui, le jour du premier tour, ont bravé les intempéries pour aller glisser leur bulletin dans l’urne. Cette CENI qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a ni l’expertise encore moins l’expérience d’organiser les élections ne nous donne aucune garantie d’organiser sereinement la prochaine joute électorale.
Sa marque de fabrique est de demander sans cesse des moyens (l’argent). Le travail ? Après. Pathé Dieng, ce gentleman directeur des opérations de la CENI n’a-t-il pas dit que son institution avec 25 membres ne peut à elle seule, organiser cette élection ? Que les responsables mêmes reconnaissent la faiblesse de la CENI est révélateur.
Je pense, en outre, que Jean Marie Doré souffre certainement de sa personnalité que d’aucuns jugent ambivalente et calculatrice : on pense à tord ou à raison que toutes ses prises de positions concourent à l’éterniser à son poste et par ricochet, à lui établir un douillet coussin économico financier. Et on lui balance des choses pas très… hygiéniques. Et on lui intente, pour cette fois-ci, un « mauvais » procès. A l’écouter, même s’il a du mal à rassurer une partie de l’opinion publique, il ne demande pas de changer la constitution, mais de faire en sorte que l’élection soit acceptée de tous au soir du 19 septembre. C’est un objectif commun, le seul qui vaille la peine d’écouter les deux sons de cloches.
Car je reste persuadé que pour aboutir à des élections irréprochables, il faut absolument aider la CENI. La structure qui peut bien l’aider dans cette tâche n’est autre que le gouvernement à travers le MATAP. L’on a d’ailleurs vite fait d’oublier que le rôle essentiel dévolu à ce gouvernement est l’organisation de l’élection présidentielle. Quand Jean Marie s’est écarté de cette mission, pour signer de juteux contrats miniers, nous avons tous crié. Maintenant qu’il veut revenir dans sa vraie mission, on l’accable. Vouer le matin la CENI aux gémonies et le soir la mettre sur un piédestal, relève de la mauvaise foi. Dans le même ordre d’idées, vouloir laisser le MATAP supplanter totalement la CENI dans l’organisation du scrutin présidentiel est également une surenchère politicienne. C’est dommage que la mauvaise foi soit devenue le spleen de notre jeune démocratie.
Ibrahima S. Traoré
www.guineeactu.com
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