|
Zakariaou Diallo, paix à son âme, sera indubitablement un symbole : lequel?
Il semble qu’officiellement le gouvernement guinéen a opté pour le même argument que le Conseil National de Démocratie et Développement (CNDD) après la honte du 28 Septembre 2009 : «la manifestation était interdite». À noter que cette mobilisation, à la différence de la réception du 3 avril dernier, était une véritable manifestation de défi à l’autorité d’alors. Mais à l’époque les grandes leçons de droits universels étaient bien assimilées, les répliques bien tournées. Drôle de façon qu’ont les Guinéens de célébrer «les grandes dates».
Voilà une semaine que je scrute l’horizon médiatique pour une communication digne du nom de la part des autorités. De simples condoléances, une marque de sympathie pour les victimes… Rien du tout! Ils ont volontairement manqué toutes les occasions. La preuve est faite : une évidence est une évidence!
Les rares officiels qui se sont exprimés à propos de cette énième sauvagerie des forces gavées de désordre guinéennes ont démontré, une nouvelle fois, que l’Etat est effectivement une continuité de comportements éhontés et, plus que regrettable, d’assassinats gratuits. Pour la besogne, le gouvernorat a coiffé (ou décoiffé) le gouvernement; le premier interdit, le second justifie. Le Commandant gouverneur de région réprime, le général ministre de l’intérieur du pays obéit 1. Drôle de restauration de l’autorité de l’Etat…«mafieux».
Pour pratiquer la même langue de bois que nos communicateurs du Conakry (voir communiqués du gouvernement et du chef de cabinet de la présidence : M. Kiridi Bangoura à ce propos), je ne voudrais non plus entrer dans les détails de toutes les inepties contradictoires que j’ai lues et entendues ces derniers jours. Allons à l’essentiel!
Parce qu’il n’y a pas de plus guinéens que d’autres, je veux simplement dire que les arguments qui ont été valables pour l’un, le seront pour tous ses successeurs. Même Superman! Par principe, je ne parle que de ceux qui sont au pouvoir; je ne m’étalerai donc pas sur ce point.
Que je ne ferai pas allusion «aux petits intelligents» de Paris et d’ ailleurs qui ont déjà usé de toutes les occasions pour démontrer leurs... «limites». Il n’y a que ceux qu’on admire pour nous décevoir!
Qu’au-delà de l’ethno-politique, ce 3 Avril 2011 à Conakry, il était bien question d’un viol de droits civiques et de libertés fondamentales pour lesquels nous avons conjointement lutté. Je ne puis l’expliquer à ceux qui refusent de comprendre. Surtout pas des «docteurs» qui ne peuvent (ou ne veulent) lire ce qu’ils ont rédigé!
Que je suis très curieux de savoir comment ce gouvernement abordera désormais le problème du 28 Septembre 2009 s’il utilise la même ligne de défense que le CNDD pour justifier ses propres crimes. Mieux serait d’oublier cette autre promesse. Apparemment, civil ou militaire, comédie ou drame, fable ou légende, Toto sera toujours Toto!
Que je n’aurai rien à dire à ceux qui pratiquent le silence ou le bafouillage. Il arrivera surement le temps de l’éloquence. Certains faits ne s’expliquent pas : on s’en souviendra!
Qu’ignorer un problème ne le résoudra jamais! En société c’est ignorer l’existence même des intéressés; les plaintifs. Dans les démocraties consacrées, ou le vote vaut ce qu’il vaut, c’est une «ignorance» qui ne pardonne pas. Mais voilà, en guinée, certains oublient vite!
Que dans ce cas de figure, le silence médiatique, que procurent les vastes relations internationales, ces grandiloquences et métaphores complexes consistant à justifier la cause par l’effet, tous ces jeux de jambes déséquilibrés ne favorisent pas la cicatrisation par «le fameux grand remède»: réconciliation nationale. C’est déjà assez terrible que d’ignorer sa condition humaine; cessez d’abrutir les ignorants!
Qu’il est toujours plus noble de reconnaitre une bavure pour ce qu’elle est et s’excuser. Mais il est aussi vrai qu’il n’y a que les grandes personnes préalablement dotées de bonnes intentions pour oser cet exploit. Aux indécrottables criminels en puissance, je dis qu’un défi lancé finit toujours par être relevé. Cessez donc de narguer!
Que le code qui consiste à prononcer un mot pour la victime et consacrer rapidement 99% de son discours à l’équilibrisme bancal et superficiel est rodé et périmé. Si c’était un message, il est noté, décodé et compris!
Quand on s’estime démocrate et équitable, nul besoin de «justifier» son identité ethnique avant d’exprimer son opinion. Comprendra qui voudra!
Langue de bois et hypocrisie contagieuses obligent, je me presse de conclure mon message par ceci: Mr Président, because every civilization is bound to evolve, every generation to move forward, and with all due respect, let’s not go back to anything shameful for our country. We are not expecting you to do the right things all the time, but to do things right. You are the one to give Peace a Chance! Would you?
Montréal le 10 Avril 2010
Boubacar Barros Diallo
PS: douaniers du net ne vous fatiguez pas cette fois, je n’ai pas le temps de «la solution concrète de sortie de crise».
Commandant Resco Camara vs Général Toto Camara
www.guineeactu.com
|