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Apprenons à vivre avec les critiques, la vie politique est un exercice délicat !
Par les temps qui courent, toute allusion faite à un balisement des propos et gestes du Capitaine Moussa DADIS CAMARA, comme « rectifier le tir pendant qu’il est encore temps» (Docteur Mamadou DIALLO, MD) est assimilée à un assaut lancé contre la Guinée.
L’on se demande parfois si les Guinéens ont même le droit d’émettre leurs points de vue sur la situation de leur pays. Ils sont tantôt traités d’Anti-guinéens, d’Ethnocentriques, tantôt d’Aigris, d’Eternels insatisfaits. En fait, le vocabulaire d’antan, familier à nos dirigeants sourds aux souhaits des Guinéens depuis 1958.
Nous attirons votre attention sur le fait que les critiques sont des éléments essentiels de la Démocratie. Elles ne peuvent être bannies dans une société Moderne et de Liberté.
D’abord, elles peuvent décanter une situation floue, des intentions inexprimées ouvertement dans le long terme.
Ensuite, elles peuvent nous épargner des répétitions inutiles de l’Histoire très récente de notre pays, car le temps presse : Sékou TOURE et ses « ennemis imaginaires », Lansana CONTE et son « Wo Fatara irresponsable», la fameuse « Feuille de CHOUX », pardon de route de Lansana KOUYATE.
Puis, elles peuvent être sources d’inspirations pour les dirigeants, auxquelles elles sont adressées, pour leur permettre justement de nous mener vers la voie que nous souhaitons.
Elles sont enfin, le signal des Guinéens envers les mêmes dirigeants, pour leur exprimer légitimement, qu’ils ne seront plus jamais anesthésiés comme dans le passé, par la démagogie.
Qui aime bien, châtie bien !
Nous passons que plus rien ne sera plus jamais comme avant, quel que soit le dirigeant en Guinée. Il va sans dire que tous ceux qui ont des ambitions politiques légitimes de diriger un jour notre pays, s’apprêtent à s’y exposer ou changent de métier pendant qu’il est temps : c’est la règle du jeu.
Il s’agit d’un Grand Enjeu Politique dans un avenir proche. Accommodons-nous à ce que ces critiques aillent aussi bien à Alpha CONDE, à Cellou Dalein DIALLO qu’à Sidya TOURE, Jean Marie DORE et tous les autres, à partir du moment où elles sont constructives. Nous pensons que c’est le cas, même si on n’est pas du même bord. C’est un état d’esprit également.
Le Capitaine Moussa Dadis CAMARA a le vent en poupe. Sa côte de popularité, en moins de deux mois, est sur une pente ascendante. Il prend des décisions courageuses, que probablement, le futur président civil aura du mal à prendre ou hésitera longtemps avant, vu l’état fébrile de nos candidats aux élections présidentielles. Il faut le reconnaître.
Nous lui souhaitons tout ce qui pourra l’aider à sortir ce pays de l’insupportable. Cependant, qu’il sache dès maintenant, que nous n’hésiterons jamais à lui faire entendre notre SOUTIEN CRITIQUE.
La mamaya : Vecteur destructeur du développement économique et social de la Guinée.
Pour aller dans le sens du souhait de nos compatriotes, ne faut-il pas faire table de ce qui a distrait notre pays depuis l’indépendance ? LA MAMAYA : synonyme de pagaille, de perte de temps, d’improvisations et de blocage sur le chemin de la transition intelligente et responsable.
Quel Guinéen n’a pas constaté ces derniers temps les voltes-faces, les sautes d’humeur et surtout, les écarts de langage spectaculaires du Capitaine Moussa Dadis CAMARA, dans ses propos ?
Décidemment, il est impossible pour les Chefs d’Etat de notre pays de se débarrasser des vieilles habitudes. A y penser de près, l’on ne peut s’empêcher de conclure qu’il s’agit d’un redoutable virus, qui se transmet inéluctablement de République en République.
Si ces informations sont vérifiées, quel Guinéen soucieux de l’état crasseux de l’Hôpital de DONKA, l’Hôpital Ignace DEEN et ceux des quatre régions naturelles, cautionnerait aujourd’hui l’octroi complaisant de 100 millions de FG aux « sages » de chacune d’elles ?
Nous posons ces questions au Capitaine Moussa Dadis CAMARA et à son conseiller spécial, monsieur Idrissa CHERIF, censé lui prodiguer de bons conseils lui épargnant de ces idées fusant dans tous les sens, depuis bientôt deux mois, pour retomber nulle part.
Leur avez-vous expliqué que l’on pouvait prier pour son pays et le bénir sans être payé, car nos propres enfants y vivent ?
Leur avez-vous expliqué que l’on pouvait allouer ces sommes dans les écoles primaires vétustes de ces quatre régions naturelles y compris la zone de Conakry ?
Leur avez-vous expliqué que l’on pouvait allouer ces sommes dans le forage des puits d’eau potable, afin d’éviter d’absorber quotidiennement de l’eau polluée de nos rivières et marigots ?
Leur avez-vous expliqué que l’on pouvait allouer ces sommes à des campagnes préventives, dans le but de réduire la mortalité infantile (décès d’enfants entre 0 et 1 an révolu) qui était de 93,3% par an en 2003 ? Comparer à l’Ethiopie : 93,62% en 2006).
Monsieur Idrissa CHERIF et les autres conseillers de tous les domaines confondus,
Nous vous disons qu’il est temps de demander au Capitaine Moussa Dadis CAMARA de se ressaisir. Dites-lui qu’il s’éloigne, tous les jours que le Bon Dieu fait, des préoccupations des Guinéens, comme monsieur Lansana KOUYATE.
Aidez-le à rédiger ses discours publics, car en politique, l’adversaire ne pardonne pas l’improvisation, et n’est pas Grand Orateur qui veut. Aidez-le à prendre du temps pour lire attentivement les rapports qui lui sont présentés. Aidez-le enfin à prévoir : en effet, dans la sphère publique et surtout en politique, le besoin d’anticipation s’accroît quand progresse l’incertitude, comme c’est le cas actuellement en Guinée. Le temps de grâce s’éloigne tous les jours.
Nous vous observons entrain de sourire dans petit un coin, en lisant ces écrits.
Cependant, si vous êtes de « Grands Observateurs » de la vie politique de ce pays, vous constaterez aussi bien que moi, que tous les deux chefs d’Etat qui l’ont précédé, ont péché soit par l’arrogance, soit par la sourde oreille, soit par le manque de courage de leurs proches entourages de leur annoncer honnêtement et courageusement l’imminence des dangers.
Sinon, comment pouvez-vous expliquer que le Capitaine Moussa Dadis CAMARA souffle constamment le chaud et le froid, en voulant tantôt faire plaisir à Andrée DUPLANTIER TOURE tantôt à la famille de Lansana CONTE, alors qu’il est aussi bien attendu sur le dossier des enfants massacrés lors des évènements de janvier et février 2007 que sur les victimes des 26 ans de dictature de la première république. Dites-lui que s’il n’est pas en mesure de gérer ces dossiers, alors qu’il ne tourne pas non plus le couteau dans les plaies encore béantes.
Comment expliquer que le Capitaine Moussa Dadis CAMARA s’acharne à redonner des biens à ces familles (TOURE et CONTE) alors que toute la Guinée sait qu’elles n’ont jamais travaillé de leur vie pour les obtenir honnêtement ?
Quel Guinéen ne sait pas aujourd’hui que 90% des biens fonciers de ces deux familles, à travers toute la Guinée, ont été acquis en spoliant des familles paysannes, des pauvres sans défense, avec la complicité des fonctionnaires de l’Habitat ?
Les Guinéens n’ont pas le temps à perdre en se focalisant sur les problèmes d’individus isolés. Les enjeux de notre siècle nous attendent. Pour répondre aux besoins de la Guinée d’aujourd’hui, que l’on n’a pas su prévoir avant-hier, on compromet alors et parfois définitivement ce qu’il serait nécessaire d’avoir dans quelques années. Autrement dit, si l’on peut en finir du passé avec l’oubli, on n’en finit pas de l’avenir avec l’imprévoyance.
Messieurs les conseillers de tous les domaines, ces enjeux, vous et nous, les connaissons tous, pour ne citer que ceux qui suivent, tellement le défi est vaste :
De l’Eau et l’Electricité pour nos Compatriotes
Une politique énergétique sans faille, pour enfin gagner la Grande Bataille que les pays du monde mènent aujourd’hui, alors que le Château d’Eau d’Afrique peine à satisfaire sa propre consommation domestique. Il est temps pour notre pays, comme dans d’autres pays de la sous-région, de se lancer dans la diversification des sources d’énergie. Il faut penser à l’abandon définitif de la construction des barrages gigantesques, difficiles à gérer en fonds, en hommes, et élément destructeur de l’éco-système dans nos belles régions. L’option pour les micros-barrages régionaux indépendants, oui « small is beautiful ». Les échecs successifs des barrages d’Assouan en Egypte, de Kossou en Côte d’Ivoire, d’Inga dans l’ancien Zaïre, le Cabora-Bassa au Mozambique et Akossombo au Ghana, devraient nous donner à réfléchir.
L’un des besoins physiologiques du citoyen guinéen
Développer et encourager une politique agricole basée sur le secteur de subsistance (culture vivrière). Il ne faut pas se contenter d’interdire l’exportation de ces produits. Ces mesures doivent être accompagnées, intelligemment, par les moyens indispensables :
- Créer des lignes de crédits pour les paysans à des taux raisonnables
- Leur apprendre des techniques de culture extensive (oui, il y a des bras à mettre au travail)
- Leur apprendre les notions préliminaires de gestion quotidienne de leurs activités
- Les aider dans la logistique notamment dans le transport des produits agricoles vers les points d’écoulement
- Récompenser les méritants par les « PRIX AGRICOLES » après chaque campagne annuelle
- Surtout, protéger le marché intérieur pendant un moment, pour permettre aux paysans d’atteindre leur vitesse de croisière. Cela peut s’expliquer en commerce international, ce n’est pas du protectionnisme pour le protectionnisme. Nos partenaires peuvent comprendre. Tous les pays du monde, dont les secteurs d’activités ont été menacés à un moment de leur Histoire, l’ont pratiqué.
- Limiter à 50% l’importation de la denrée principale du citoyen guinéen, le riz, qui ne profite d’ailleurs qu’à la famille de Lansana CONTE et les vautours de courtisans qui ne créent aucune valeur ajoutée dans ces activités de négoces. Rappelons qu’en Economie, tout bien ou service qui entre sur le territoire national, c’est de l’argent en devises étrangères qui sort.
Assainir l’Economie et lui donner un « Big Push »
Politique Economique axée d’abord sur les Grands Equilibres et une politique de relance viable (le prochain article sera essentiellement consacré à ce chapitre sérieux).
Rendre le Secteur Informel Viable
Réactiver le secteur informel en le rationnalisant :
- Mettre d’abord fin au trafic d’influence
- Faciliter l’enregistrement sur un registre de commerce spécial pour ce secteur
- Petites taxes sur le chiffre d’affaires pour éviter des les étouffer
- Une mutuelle pour les petits commerçants
- Une caisse de retraite pour les mêmes petits commerçants
Reformer le Socle de la Nation : l’Education
Un programme ambitieux dans le secteur éducatif, allant du primaire à l’Université, avec les moyens d’accompagnement adéquats, en plafonnant avec un volontarisme visible, le budget de l’Education Nationale à 33 % : Maîtres d’école, Professeurs de collèges, de lycées et d’Universités bien formés et encouragés par des salaires et retraites humains, au lieu de nourrir et subventionner des militaires, inutiles coûteux, en surnombre pour assassiner nos enfants. Toutes les statistiques et experts d’ailleurs s’accordent à affirmer que dans les 50 ans à venir, la Guinée n’aura aucune hostilité avec ses voisins à travers une armée régulière, car nos voisins belliqueux sont épuisés par les guerres civiles, ce mal du siècle.
Préventions et Soins pour Tous
Une politique sanitaire bien articulée sur le long terme, afin de permettre aux Guinéens d’accéder enfin, aux soins primaires préconisés par l’O.M.S. Mettre en place des programmes préventifs contre le Sida et faciliter l’accès aux médicaments de ceux qui sont déjà malades, avec cette fois-ci, des fonds conséquents, car l’avenir de notre jeunesse est en danger.
Nettoyer la Honte de la Guinée : Le Droit Foncier
Une réforme de grande envergure du Droit Foncier en Guinée. Ce secteur est le secteur le plus pollué moralement dans notre pays. Il représente le refuge d’escrocs les plus redoutables, avec la complicité des agents publics, des chefs de quartiers et des notaires non qualifiés, sans scrupules, qui ne n’hésitent pas un seul instant à valider des dossiers montés de toutes fausses pièces : Imitations de signatures de parents non présents, faux témoignages, falsifications de pièces de l’état-civil, ventes sans remords d’un même terrain à plusieurs. TOUT CELA ENREGISTRE A L’HABITAT (un organe de l’Etat Guinéen).
Pour se rendre compte de l’ampleur de cette escroquerie organisée au sommet de l’Etat guinéen, nous invitons les membres du CNDD et le Capitaine Moussa Dadis CAMARA à se rendre au cœur des évènements, c'est-à-dire aux différents Tribunaux de la zone spéciale de Conakry. Ils se rendront compte que sur 10 litiges de ces 25 dernières années, 7 concernent ce phénomène indescriptible de notre pays.
Redonner de l’Espoir à l’Avenir de la Guinée
Enfin, une Politique de l’Emploi axée sur la jeunesse, afin de leur éviter l’empire de l’éthyle dans les maquis dont le nombre sur le territoire national croit comme des champignons, à la place des centres de formation et des aires de jeux, que tous les jeunes guinéens à l’époque, ont connus. Depuis 1984, nous détenons le triste record dans ce domaine dans la sous-région, malgré les 80% de « musulmans ».
Multiplier le système « Sport-Etudes », pas au Ministère de l’Education Nationale, mais et surtout, au Ministère de la Jeunesse et des Sports, en les confiant aux hommes qualifiés, professionnels, et non aux responsables sportifs, incapables de remettre même de simples PRIMES aux joueurs de football. Avec ces idées, le combat contre la drogue et la prostitution déguisée de nos jeunes filles, signera ses premières victoires.
Voilà brossé en quelques points, quelques problèmes urgents auxquels Monsieur Moussa Dadis CAMARA devrait s’attaquer, au lieu de faire encore saigner le cœur des descendants des victimes de la Guinée, en se lançant dans des éloges de Lansana CONTE ou de la famille de Sékou, dont aucun guinéen conscient de nos soucis actuels, n’a besoin.
Guinéennes et Guinéens,
Nous ne devons plus nous laisser distraire par aucun homme politique, de quelque bord que ce soit, par des discours que MARX, ENGELS, CASTRO et Sékou TOURE n’ont déjà prononcés. Nous sommes plus de 10 millions de Guinéens. Il y aura toujours une Femme ou un Homme capable de nous guider.
Nous disons dès maintenant aux délinquants politiques dans notre pays, de se reconvertir dans d’autres secteurs d’activités, s’ils ressentent un malaise dans les hautes fonctions de l’Etat Guinéen. Dans ces secteurs, ils seront les bienvenus et seront probablement plus efficients.
Restons plus que vigilants !
La lutte contre l’Injustice, contre le Vol à l’étalage des Biens de l’Etat, contre la Corruption, contre la Pagaille, contre la Régression ne fait que commencer.
Vive la Brave Paysannerie Guinéenne !
Des projets pour les générations à venir !
Vive la République de Guinée, Libre et Démocratique !
Cheick Ibrahima BANGOURA
pour www.guineeactu.com
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