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Si le rire pouvait tuer, toutes les honnêtes gens allaient être au cimetière. Ce que nous sommes en train de vivre actuellement avec ces innombrables mouvements de soutien aux actions de la junte au pouvoir, est tout simplement grotesque. Des quarantenaires se réclament encore de la jeunesse d’une certaine Commune de Conakry, pour monnayer leur dignité et le reste de leur ‘’sagesse’’.
Ce sont en effet, étrangement, ces personnes du troisième âge qui sautillent aujourd’hui, avec des jeans et des ‘’baskets’’, comme pour vivre les fragrances du régime défunt : mamaya, affairisme, opportunistes, amateurisme, etc.
Ils s’époumonent à tue tête, en lieu et place des jeunes au sang chaud, directement concernés par d’éventuels changements. Ces hommes aux cheveux blancs préfèrent faire peau neuve, retrouver toute leur virginité et rêver à un retour en force dans la gestion des affaires de cet autre régime militaire. C’est en fait, l’unique objectif. Ils sont, entre autres, pourfendeurs de l’ordre établi.
On a beau chasser les mauvaises habitudes, mais elles reviennent toujours au galop. Ces mamaya creuses, que ces ‘’jeunes’’ vieux-là ont profané en leur faveur, pour trouver des points auprès de Dadis et proches.
Et c’est comme cela justement, qu’ils avaient fait du vivant de Lansana Conté. Celui-ci s’est vu parachuter comme président à vie. Plus tard, il en a pris goût et bonjour les déviations. Les vrais jeunes de Conakry eux, se sont relayés à la tribune pour exprimer leurs souhaits et leurs inquiétudes au président autoproclamé. Ces jeunes là ont refusé la manipulation notamment d’un certain opérateur de spectacles et frère d’un ancien dignitaire de Conté.
A côté de ce ‘’mbatoula’’ professionnel, un journaliste aux faux airs, présentateur du JT (qui aurait même disparu avec le magot destiné à tous les journalistes postés ce jour) s’affaire aux côtés Mamadou Diop, aujourd'hui gouverneur de la ville de Conakry, dont la démagogie n’a pu rester inaperçue.
Ces éléments à la forte capacité de nuisance même s'ils sont porteurs de slogans comme la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, la récupération des biens de l'Etat, semblent se transformer en faiseurs de roi.
Déjà les rumeurs sur une transformation du CNDD en formation politique commencent à courir dans les rues de la capitale et sème le doute sur la volonté de nouvelles autorités à respecter leur engagement.
Le dilemme s’est instauré : faut-il suivre le chronogramme des forces vives ou suivre la volonté des jeunes ? La question est lancinante. Mais Dadis a toujours dit qu’il est un homme de parole. Il est donc hors de question de tout remettre en cause.
Quels sont ces mouvements de soutien ?
On les croyait morts, égarés, sans aucun repère du temps et des circonstances. Mais ces pseudos mouvements de soutien renaissent de leur cendre et infestent encore plus aujourd’hui notre air. Depuis l’installation des nouveaux maîtres de Conakry, des associations, confessions religieuses, groupements et autres mouvements farfelus sillonnent en effet les ruelles et couloirs du QG du CNDD, le nouvel allié de ces incurables courtisans en errance politique et circonstancielle.
Ces structures ou de ce qui y ressemblent, s’accommodent de fait au temps mais surtout aux hommes qui gouvernent la République. Sinon, avec ce nouveau chapitre qui s’ouvre dans le pays, tous ou presque avaient prédit la mort générale de ces associations fictives, plutôt synonymes de profiteurs ou d’escrocs. Elles ont réussi à traire l’ancien régime jusqu’à son dernier souffle.
Démasquées désormais, elles se sont reconverties : soit en faisant peau neuve, soit en changeant de dénomination et de têtes de l’exécutif.
Avec l’ancien régime, ils se réfugiaient derrière le Parti de l’unité et du progrès, parti au pouvoir. Avec pour seul objectif, jouir, s’enrichir ou plutôt abuser de la confiance de leurs parrains. Pour y arriver, les auteurs se font passer maîtres dans l’art de la mamaya – cette danse populaire, alors réservée à des initiés, aujourd’hui profanée par des opportunistes à cause de quelques billets de banque.
Ces mouvements de soutien qui portent davantage mal aujourd’hui leurs noms appellent plutôt à la vigilance. Puisque de toutes les façons, le CNDD n’est pas un parti politique derrière lequel on pourrait s’époumoner à tout va pour trouver une villa, une moto, un véhicule, etc. En effet, le changement amorcé par la troisième République, doit être perçu par chaque guinéen, comme un nouveau départ à l’unisson. Un départ qui doit forcer de fait à tous les imprudents à la sortie.
Autrement dit, il ne doit exister aucune place pour les indolents, les escrocs et les petits malins qui sont bien doués dans les hommages de circonstance : ils rivalisent de lyrisme pour saluer chaque nouvel homme fort de la nation. Ce sont eux les artisans des rois, des despotes et d’autocrates. Ce sont eux aussi les prolixes architectes des stéréotypes anti-changement. Ils sont tous catalogués et donc bien connus de l’opinion. Ils ont une forte capacité de nuisance et sont passés maîtres dans l’art. Et inopportunément, ils font triste école. Car, là-dans, on retrouve désormais d’autres couches sociales comme des étudiants et/ou diplômés fainéants, des flâneurs en quête de paternité, de simples faiseurs de roi en quête aussi de recevabilité. Bref, tout un cocktail d’opportunistes qui ne ratent jamais de circonstances : la politique du caméléon est bien assimilée.
On a vu des jeunes et même de journalistes d’une certaine presse s’ériger en ‘’body gars’’ pour protéger un ancien baron de l’ancien parti au pouvoir. Comme si ses gardes rapprochés ne lui suffisaient pas. Le drame c’est que ces pseudo journalistes étaient tellement serviles que les hommes en treillis les avaient domptés. Même si c’était dans le remord. On a vu aussi des hauts commis de l’Etat ou des mégalomanes du gouvernorat de la ville de Conakry d’alors faire le clown au milieu des gnamakala en haranguant les foules avec un mouchoir blanc, rappelant de fait le grand et funeste syli. Ah ! Opportunisme quand tu nous tiens ! On ne doit plus continuer à arnaquer, à chanter et à danser pour la simple boulimie de la diversion. Cette période est révolue.
Le temps du travail qu’on a toujours bafouillé pour faire face à la facilité doit être maintenant notre sacerdoce. Vous avez dit mouvement de soutien ? Demandez les auteurs et acteurs de ces mouvements avec quelle politique constructive ils soutiennent leurs parrains ? La réponse est souvent incertaine ou évasive si vous l’aviez. Au soutien, on assimile, les réjouissances, les prières de telle ou de telle confession religieuse. On exacerbe les clivages. On rapporte et on opte pour l’escroquerie -déguisée- à grande échelle. A n’en plus finir. Comme quoi, ces mouvements de soutien portent mal leurs noms. Les nouvelles autorités de Conakry avant qu’elles n’y prennent goût, doivent y veiller, car toutes ces apparences sont loin d’être sincères. C’est de la pure façade ; une errance politique et circonstancielle dont nul n’a plus besoin de savoir la forte capacité de contagion.
Thierno Fodé SOW
pour www.guineeactu.com
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