jeudi 9 avril 2009
La mamaya : un honteux héritage de 24 ans de fainéantise !
Thierno Fodé Sow

Si le rire pouvait tuer, toutes les honnêtes gens allaient être au cimetière. Ce que nous sommes en train de vivre actuellement avec ces innombrables mouvements de soutien aux actions de la junte au pouvoir, est tout simplement grotesque. Des quarantenaires se réclament encore de la jeunesse d’une certaine Commune de Conakry, pour monnayer leur dignité et le reste de leur ‘’sagesse’’. 

 

Ce sont en effet, étrangement, ces personnes du troisième âge qui sautillent aujourd’hui, avec des jeans et des ‘’baskets’’, comme pour vivre les fragrances du régime défunt : mamaya, affairisme, opportunistes, amateurisme, etc.

 

Ils s’époumonent  à tue tête, en lieu et place des jeunes au sang chaud, directement concernés par d’éventuels changements. Ces hommes aux cheveux blancs préfèrent faire peau neuve, retrouver toute leur virginité et rêver à un retour en force dans la gestion des affaires de cet autre régime militaire. C’est en fait, l’unique objectif. Ils sont, entre autres, pourfendeurs de l’ordre établi. 

 

On a beau chasser les mauvaises habitudes, mais elles reviennent toujours au galop. Ces mamaya creuses, que ces ‘’jeunes’’ vieux-là ont profané en leur faveur, pour trouver des points auprès de Dadis et proches.

 

Et c’est comme cela justement, qu’ils avaient fait du vivant de Lansana Conté. Celui-ci s’est vu parachuter comme président à vie. Plus tard, il en a pris goût et bonjour les déviations. Les vrais jeunes de Conakry eux, se sont relayés à la tribune pour exprimer leurs souhaits et leurs inquiétudes au président autoproclamé. Ces jeunes là ont refusé la manipulation notamment d’un certain opérateur de spectacles et frère d’un ancien dignitaire de Conté.

 

A côté de ce ‘’mbatoula’’ professionnel, un journaliste aux faux airs, présentateur du JT (qui aurait même disparu avec le magot destiné à tous les journalistes postés ce jour) s’affaire aux côtés Mamadou Diop, aujourd'hui gouverneur de la ville de Conakry, dont la démagogie n’a pu rester inaperçue.


Ces éléments à la forte capacité de nuisance même s'ils sont porteurs de slogans comme la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, la récupération des biens de l'Etat, semblent se transformer en faiseurs de roi.

 
Déjà les rumeurs sur une transformation du CNDD en formation politique commencent à courir dans les rues de la capitale et sème le doute sur la volonté de nouvelles autorités à respecter leur engagement.

 

Le dilemme s’est instauré : faut-il suivre le chronogramme des forces vives ou suivre la volonté des jeunes ? La question est lancinante. Mais Dadis a toujours dit qu’il est un homme de parole. Il est donc hors de question de tout remettre en cause.

 

Quels sont ces mouvements de soutien ?

 

On les croyait morts, égarés, sans aucun repère du temps et des circonstances. Mais ces pseudos mouvements de soutien renaissent de leur cendre et infestent encore plus aujourd’hui notre air. Depuis l’installation des nouveaux maîtres de Conakry, des associations, confessions religieuses, groupements et autres mouvements farfelus sillonnent en effet les ruelles et couloirs du QG du CNDD, le nouvel allié de ces incurables courtisans en errance politique et circonstancielle.

 

Ces structures ou de ce qui y ressemblent, s’accommodent de fait au temps mais surtout aux hommes qui gouvernent la République. Sinon, avec ce nouveau chapitre qui s’ouvre dans le pays, tous ou presque avaient prédit la mort générale de ces associations fictives, plutôt synonymes de profiteurs ou d’escrocs. Elles ont réussi à traire l’ancien régime jusqu’à son dernier souffle.

 

Démasquées désormais, elles se sont reconverties : soit en faisant peau neuve, soit en changeant de dénomination et de têtes de l’exécutif.

 

Avec l’ancien régime, ils se réfugiaient derrière le Parti de l’unité et du progrès, parti au pouvoir. Avec pour seul objectif, jouir, s’enrichir ou plutôt abuser de la confiance de leurs parrains. Pour y arriver, les auteurs se font passer maîtres dans l’art de la mamaya – cette danse populaire, alors réservée à des initiés, aujourd’hui profanée par des opportunistes à cause de quelques billets de banque.

 

Ces mouvements de soutien qui portent davantage mal aujourd’hui leurs noms appellent plutôt à la vigilance. Puisque de toutes les façons, le CNDD n’est pas un parti politique derrière lequel on pourrait s’époumoner à tout va pour trouver une villa, une moto, un véhicule, etc. En effet, le changement amorcé par la troisième République, doit être perçu par chaque guinéen, comme un nouveau départ à l’unisson. Un départ qui doit forcer de fait à tous les imprudents à la sortie.

 

Autrement dit,  il ne doit exister aucune place pour les indolents, les escrocs et les petits malins qui sont bien doués dans les hommages de circonstance : ils rivalisent de lyrisme pour saluer chaque nouvel homme fort de la nation. Ce sont eux les artisans des rois, des despotes et d’autocrates. Ce sont eux aussi les prolixes architectes des stéréotypes anti-changement. Ils sont tous catalogués et donc bien connus de l’opinion. Ils ont une forte capacité de nuisance et sont passés maîtres dans l’art. Et inopportunément, ils font triste école. Car, là-dans, on retrouve désormais d’autres couches sociales comme des étudiants et/ou diplômés fainéants, des flâneurs en quête de paternité, de simples faiseurs de roi en quête aussi de recevabilité. Bref, tout un cocktail d’opportunistes qui ne ratent jamais de circonstances : la politique du caméléon est bien assimilée.

 

On a vu des jeunes et même de journalistes d’une certaine presse s’ériger en ‘’body gars’’ pour protéger un ancien baron de l’ancien parti au pouvoir. Comme si ses gardes rapprochés ne lui suffisaient pas. Le drame c’est que ces pseudo journalistes étaient tellement serviles que les hommes en treillis les avaient domptés. Même si c’était dans le remord. On a vu aussi des hauts commis de l’Etat ou des mégalomanes du gouvernorat de la ville de Conakry d’alors faire le clown au milieu des gnamakala en haranguant les foules avec un mouchoir blanc, rappelant de fait le grand et funeste syli. Ah ! Opportunisme quand tu nous tiens ! On ne doit plus continuer à arnaquer, à chanter et à danser pour la simple boulimie de la diversion. Cette période est révolue.

 

Le temps du travail qu’on a toujours bafouillé pour faire face à la facilité doit être maintenant notre sacerdoce. Vous avez dit mouvement de soutien ? Demandez les auteurs et acteurs de ces mouvements avec quelle politique constructive ils soutiennent leurs parrains ? La réponse est souvent incertaine ou évasive si vous l’aviez. Au soutien, on assimile, les réjouissances, les prières de telle ou de telle confession religieuse. On exacerbe les clivages. On rapporte et on opte pour l’escroquerie -déguisée- à grande échelle. A n’en plus finir. Comme quoi, ces mouvements de soutien portent mal leurs noms. Les nouvelles autorités de Conakry avant qu’elles n’y prennent goût, doivent y veiller, car toutes ces apparences sont loin d’être sincères. C’est de la pure façade ; une errance politique et circonstancielle dont nul n’a plus besoin de savoir la forte capacité de contagion.

 

 

Thierno Fodé SOW

pour www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Madison, samedi 11 avril 2009
Ton article vient a point nomme. Ces rates ont recommence leurs sale boulot pour saper toute volonte de travailler. Au lieu de travailler ou de se taire, ils ne savent rien faire d`autre que de chanter le louange. Ils ne peuvent imaginer qu`eux aussi peuvent etre a cette meme place. Il est temps d`exporter ces colis d`une autre epoque en Coree du Nord ou en Birmanie. Seuls les dirigeants ces deux pays ont besoin ces experts en propagande. Apres leur expedition, on lea aura non seulement rendu un grand service mais aussi on aura desinfecte la Guinee pour laisser pousser seulement les bonnes graines.
Bangaly Traore, vendredi 10 avril 2009
Merci mon frere Sow,il est temps pour les elections dans notre pays.A bas le fameux Dadis et son groupe de bandits(CNDD)Alias pivi coplan.
Morlus, vendredi 10 avril 2009
Thierno Fodé Sow arrête de baver ici et va défendre tes opinions sur le terain... tu parles de "Gnarimakha" ou de "Gnamakala" toi même t`en ai un car tous tes articles sont commandités par qui ont sait... donc stp ne raconte des conneries aux Guinéens...il n`yaura pas d`élection fin décembre car l`environnement politique et social du pays n`est pas propices à des élections et techniquement ce n`est pas possible d`organiser des élections en Guinée... il n`ya une histoire de la Guinée qui est entrain de se jouer actuellement avec la lutte anti drogue, lutte contre la corruption et la récupération de bien de l`état et l`arrestation et le remboursement des biens volés par les ex cadre de l`état... alors dis moi comment veux tu organiser des élections fin décembre dans cette atmosphère? Tout ceux qui veulent qu`on arganise des élections fin 2009 sont mauvais pour la Guinée et ils risquent même de se faire arrêter pour détounement de fond et autres malversation... donc je demande aux Guinéens de réfléchisr car si on rate cette fois ci l`instauration d`une bonne démocratie et autre cadre de bonne gouvernance en Guinée on aura tout perdu... donc fodé sow arrête et sensibilise plutot tes freres Guinéens au lieu de mettre le feux au poudre...
balde, vendredi 10 avril 2009
Nous sommes victimes d’agissements d’une minorité bien rodée dans la démagogie et les stratégies d’enrôlement de suivistes en Guinée. Chaque fois qu’un Mouvement d’espoir naisse pour un vrai changement, ces opportunistes et petits malins s’y mêlent pour détourner compétemment la situation à leur profit. Sinon, Pendant le soulèvement des syndicalistes, tous les guinéens, sans distinction de race, de religion, de région ou de pays de résidence etc., ont parlé d’une même voix. De ce faite, la force était inébranlable. Mais quelques jours seulement après, les mêmes brebis galeux sont rentrés dans les rangs à tous les niveaux pour diviser, intoxiquer, détourner les esprits, ensuite démobiliser. Nous aboutirons aux résultats que tout le monde connaît (formation d’un gouvernement bancal …). Deuxième chance, la déclaration du Président Dadis après la prise du pouvoir par le CNDD était plein d’espoir, surtout lorsqu’il a commencé à joindre les actes à la parole. Alors certains de nous ont commencé à croire. Et, lui-même semblait être très déterminé et sincère. Mais depuis que des représentants auto désignés des régions sont venus apporter leur soutien sans faille au nouveau PRESI, puis les jeunes, c’est autour de plusieurs mouvements bidon de soutien de nous ramener à la case départ. Et il finira par céder à la pression, surtout le pouvoir est comme le miel. Chers concitoyens, si vous avez eu l’occasion de suivre la télé guinéenne ces derniers jours, vous avez pu certainement remarquer ce qui s’est passé à la cérémonie de remise du Jardin du 2 octobre, puis la Mamaya organisée par l’Association des épouses des hommes en tenue où on commence déjà à appeler l’épouse de Mr Dadis « Maman ». Pendant qu’on n’a même pas fini de faire le deuil de la Fondation Maman Henriette Conté. «Baron» Oh God !, Bon Dieu, aide la Guinée à se débarrasser de ces maudites habitudes. Jeunes de Guinée réveillez-vous, mettez-vous au travail et aux pas de la modernisation… Fini le les mouvements populaires et révolutionnaires démagogiques et inutiles. Arrêtez tout ça exigez le vrai changement pour des meilleures conditions de vies, changent réellement pour tous les fils de la Guinée.Salut a GUINEACTU
Sanoussy Conde, vendredi 10 avril 2009
C’est article est très intéressant, il est temps aux guinéens de prendre conscience de ces pratiques rétrogrades. Il est aussi important que les jeunes prennent leur destin en main et qu’ils soient responsables de leurs actes. Ils doivent arrêter d’attendre quoi que soit du gouvernement. Mes frères, il n’il pas de gouvernement sans gouvernes. Nous guinéens, nous donnons trop d’importance a nos farfelues de chefs. Nous avons besoins de leaders pas de chef.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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