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Les vieilles habitudes ont la vie dure. En Guinée, c’est le recours des nostalgiques, des démagogues qui ont toujours nui énormément au pouvoir. Nous avions cru qu’après Conté, ces pratiques humiliantes disparaîtraient, pour laisser la place à plus de conscience et de réalisme.
Quand le gouvernorat sert de centre d’inspiration aux initiateurs des vieilles méthodes, nous ne pouvons qu’avoir la certitude que rien n’a changé du point de vue mental. Or, les nouvelles autorités entendraient en finir avec les rituels qui ont mis le pays en retard, en commençant par ces mamayas parrainées, ces lectures de livre saint sponsorisées, ces manifestations absurdes se fixant pour objectif de soutenir telle action, telle cause, telle personnalité publique.
Il faut tourner toutes ces pages cornées et se mettre au travail. Un gouvernorat a bien d’autres chats à fouetter. Les ordures à enlever qui jonchent les rues et empoisonnent les passants sont, entre autres, des occupations préoccupantes. Les mouvements spontanés qui se créent un peu partout sous des dénominations diverses et plutôt ridicules profitent moins aux jeunes qui les animent qu’aux imposteurs et autres démagogues qui en sont les maîtres à penser.
Arrêtons toutes ces farces, ces actions spectaculaires qui dissimulent nos carences et tournons-nous vers le constructif. La mamaya ne paye plus, encore moins les mises en scènes qui divertissent. Les jeunes doivent se méfier des initiateurs d’actions folkloriques, des organisateurs de mouvements subversifs. L’heure n’est pas aux chants et aux danses dans les rues, il faut une prise de conscience collective, pour relever les défis qui nous interpellent.
Nous voulons aller de l’avant. Refusons le retour à la case départ.
Thierno Dayèdio Barry Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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