lundi 4 février 2008
La malédiction de Kouyaté poursuit le Syli à la CAN
Sekou Toure

Après la défaite cuisante et humiliante du Syli, il faut maintenant limoger Lansana Kouyaté pour refermer la phase du « Syli-sota », symbole de la honte et de l’incarnation du régime de Sékou Touré.

La Guinée est devenue très familière de ces défaites en cascades en coupe d’Afrique des Nations et comme d’habitude on trouvera un bouc émissaire à qui on attribuera la cause de cette humiliante correction par les Eléphants de la Côte d’Ivoire sous la houlette de Didier Drogba.

C’est ainsi qu’on pointe déjà du doigt, Lansana Gaucher Keïta, comme étant saboteur des supporteurs.

Quelle bêtise ! Ce sont les supporters qui jouent ou les joueurs ?

Quand deux éléphants se rencontrent, le vrai éléphant triomphe alors que l’éléphant en coquille, la queue entre les pattes, cherche à accuser le soleil ou le terrain, ou encore le vent comme l’étiologie de sa défaite. Le « Syli-Sota » guinéen à l’image de Sékou Touré, a fait montre de déficience physique, tactique et mentale dans la compétition face au vrai éléphant de Houphouët Boigny. 

L’on se rappelle vers les années 80 lors d’une visite de Sékou Touré à Yamoussoukro, village natal du père de l’indépendance et du miracle ivoirien, Ismaël Touré, demi-frère de Sékou Touré avait lors d’une allocution, fait allusion au village de Yamoussoukro comme étant la ville de Yamoussoukro, ce qui lui avait valu une correction par l’entourage de Houphouët Boigny.

Après cette visite, Ismaël Touré n’avait pas manqué de souligner son amertume face à l’échec de la politique de son frère Sékou Touré. Cela lui avait coûté une brouille avec le dictateur et sa suspension du BPN du PDG pour des mois avant d’être réhabilité.

C’est après cette débâcle que Sékou Touré, en guise de jalousie et d’imitation, a fait construire les villas de Faranah et son aéroport. La suite on la connaît.

Alors que Didier Drogba, meilleur joueur et capitaine de l’équipe, a fait preuve de leadership, Pascal Feindouno, le cerveau du Syli-Sota, faisait preuve d’une bêtise humaine, commettant une faute grave sous les yeux de l’arbitre, écopant de deux matches de suspension. Voilà la différence entre la Guinée de Sékou Touré et la Côte d’Ivoire de Houphouët Boigny : l’usage du cerveau.

Alors que Sékou Touré égorgeait ses compatriotes, surtout la crème intellectuelle du pays, Houphouët Boigny ouvrait la porte de son pays aux intellectuelles « Akwaba », comprenant que la première richesse d’une nation ce sont ses citoyens, les hommes et non les ressources du sol et sous-sol. Ces richesses ne deviennent richesses utiles et profitables que par l’intelligence de l’homme.

Le portier Ivoirien Boubacar Barry « Copa » est un Guinéen. Cela prouve qu’il ne s’agit pas d’être une nation de citoyens pour se développer mais il faut savoir gérer les citoyens.

Mais comme la Guinée est un pays dont les dirigeants ont l’habitude de se cacher derrières des boucs émissaires pour justifier leurs incompétences, on trouvera un coupable de la défaite du « Syli-Sota » comme Sékou Touré a toujours rejeté sur les autres sa défaillance tant politique qu’économique.

La Guinée  doit avoir le courage de faire face à son passé avant de tourner la page. L’équipe nationale doit changer de nom pour adopter un nom qui ne résonne pas et ne traduit les époques sombres du pays. Tant que l’équipe portera ce nom, ce démon du PDG et de la dictature sanguinaire du PDG, le « Syli-Sota » ne sera jamais au rendez-vous de l’honneur car le PDG est synonyme de déshonneur et de défaite.

La CAN 2008 a signé la mort d’un éléphant maudit. Peut être, c’est la malédiction de Lansana Kouyaté qui a poursuivi le « Syli ».

Sékou Touré avait horreur du débat d’idée et de la diversité alors que cette diversité devrait être utilisée à bon escient. Mais malheureusement, dans le cas de la Guinée de Sékou Touré et cela continue aujourd’hui, il n'y a pas de volonté politique, où le débat politique est limité et trop personnalisé, les leaders se reposent sur leur ethnie ou leur tribu et cela fausse l'essentiel du jeu politique et de la démocratisation.

Toute la misère et toute la malédiction du pays prennent leurs racines dans le régime de Sékou Touré car quand on fausse le départ et une grande partie du parcours, il va de soi qu’on arrivera le dernier, très épuisé et en panne d’arguments. C’est la raison pour laquelle, les Guinéens doivent relire et cela très attentivement leur histoire, la seule façon de retrouver le ver qui pourrit le fruit. Des pays qui ont eu des passés plus tragiques que la Guinée ont eu le courage politique de réexaminer leur passé, et organiser des politiques nationales de réconciliation. On citerait entre autre, le Chili, l’Argentine, le Nicaragua, le Honduras, l’Afrique du Sud, le Cambodge, etc.…

Pourquoi la Guinée a-t-elle honte ou peur de revisiter et analyser son histoire ?

Pourtant la vie d’une nation, c’est comme un toit qui repose sur trois piliers : le passé, le présent et le futur. L’absence d’un de ces piliers rend le toit instable et fragile.

Il faut une révolution de mentalités en Guinée. Révolution sans laquelle le pays est destiné à l’enfer éternel. Que les Guinéens s’arment de courage, car le système actuel sous Lansana Conté en complicité avec Lansana Kouyaté conduit les Guinéens à une mort certaine alors, autant décider de mourir s’il le faut, l’arme à la main pour que ceux qui survivront puissent enfin avoir une chance de vivre autre chose qu’une inéluctable descente aux enfers que les Guinéens ont vécu pendant un demi-siècle.

C’est ce que font les êtres vivants, ils réagissent. Les Guinéens sont des millions à ne plus accepter cette humiliation, des millions ! Ils peuvent tout changer en une journée s’ils le veulent.

La majorité de notre population est croyante (musulmane ou chrétienne), elle doit comprendre que Dieu ne descendra pas sur terre pour libérer la Guinée, mais il agira à travers les hommes et les femmes que nous sommes. La première bouée de sauvetage du Guinéen sera le Guinéen lui-même ! »

L’ANDD lance un appel patriotique à tous les Guinéens pour une prise de conscience critique pour libérer leur pays pas en étant simples spectateurs passifs mais comme des acteurs résolus à se libérer.

L’ANDD invite chaque citoyen guinéen à réaliser enfin le drame que traverse le pays et la détresse de toute une nation. Les Guinéens ne doivent plus être les artisans de la destruction de leur pays par inaction, démission ou forfait.

Lorsque autant de Guinéens sont de plus en plus menacés, même les plus naïfs d’entre eux doivent pouvoir comprendre que demain deviendra peut être leur tour ou celui de leurs proches. Même en période de paix, les Guinéens souffrent comme dans un pays en pleine guerre.

Les Guinéens n’ont pas d’autres choix pour s’en sortir que celui d’identifier les vrais ennemis, Lansana Conté et Lansana Kouyaté et de les combattre impitoyablement, en se préservant de leurs paroles mensongères parce qu’à chaque fois qu’ils nous parlent de paix ou de démocratie, ils affûtent les armes avec lesquelles ils continuent à massacrer les populations.

L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) a des questions et un message pour les Guinéens qui se sentent marginalisés.

  1. À qui revient en premier lieu le devoir de préserver l’avenir de leurs enfants et leur bien être sinon à eux-mêmes ? Les Guinéens doivent être sensés être les premiers à se battre pour le respect de leurs libertés fondamentales et pour cette terre guinéenne qui est l’héritage qu’ils sont sensés transmettre à leur tour à leurs propres enfants.

  2. L’autre question est de savoir si les Guinéens sont prêts à se battre pour préserver ce qui revient de droit à leurs enfants.

  3. Et jusqu’à quel point sont-ils prêts à se battre pour que plus personne ne mette impunément en péril leur propre vie et celle de leurs progénitures ? Si les Guinéens se sentent abandonnés, c’est peut être parce qu’ils se sont déjà eux-mêmes abandonnés. Et pire, après s’être abandonnés eux-mêmes, les Guinéens sont en train d’abandonner leurs enfants à la merci d’une tyrannie de Lansana Conté aidé par son complice Lansana Kouyaté.

Les Guinéens doivent comprendre que seuls les morts n’ont pas la capacité de réagir. On peut voler, frapper et malmener un mort, il ne réagira pas. Et cela est justifiable car il est déjà mort.

Il faut faire comprendre aux Guinéens qui pleurent aujourd’hui ou qui se lamentent d’être abandonnés, qu’ils sont vivants. Ils sont des millions de bras valides qui devraient être suffisamment déterminés à agir. Malheureusement, les Guinéens sont aujourd’hui violés, pillés, arrêtés, frappés, affamés, humiliés par le duo de complicités au sommet de l’Etat.

Que les Guinéens se comportent enfin comme des êtres vivants et non comme des morts et qu’ils réagissent ! Mais pas seulement en pleurant, en criant ou en se lamentant, car ça n’apporte pas de solutions même si c’est naturel ».

Le salut de la Guinée ne viendra que des Guinéens ! Comprennent ceux qui comprennent !

Mamadou Diallo, MD
Membre de l’ANDD et Guinea-Forum

et

Amadou Sadio Diallo
Directeur de publication
Les Ondes de Guinée

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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