 |
Les forces armées nationales (gendarmerie, armée de terre et de l’air) ont tout récemment procédé au recrutement de jeunes à travers un test dit de recrutement. Mais voilà qu’à Kissidougou et à Guékédou, les citoyens dénoncent la haute magouille qui a caractérisé ce test. Dans le cadre du renforcement et du rajeunissement du rang des forces armées nationales, les différents états-majors ont procédé au recrutement de jeunes soldats et élèves gendarmes. A Kissidougou, ce sont les participants à la rencontre du programme de concertation sociale en Guinée qui ont publiquement dénoncé la pratique en présence des autorités administratives. Il est tout d’abord revenu à une enseignante de témoigner : « Je souhaite que ces présentes consultations échouent. Le dernier recrutement militaire a fait ici assez de mécontentements et de rancunes. Personnellement, j’ai eu mon fils, diplômé de l’université de Conakry, comme candidat. Déjà, au dépôt de son dossier, on lui a réclamé un montant de 25.000 fg que j’ai payé. Entre temps, il est venu me dire que quelqu’un du corps militaire lui propose un marché de 5 millions de nos francs pour qu’il soit retenu d’office et sans passer le test physique, sanitaire, et de moralité. C’est là que j’ai compris que c’était inutile de payer le premier montant qui concernait le dépôt. Dieu étant grand, j’ai dit à mon fils de faire le test. Après la course, il était parmi les 10 premiers. A la publication des résultats, sur la cinquantaine de retenus, il n’avait pas son nom sur la liste. Quand il est reparti voir celui qui lui avait proposé un marché, ce dernier lui a répondu que s’il veut être retenu, il faut qu’il débourse 6 millions de nos francs pour une des 15 places restantes et accordées aux enfants des officiers supérieurs. » Le deuxième témoignage est celui d’un représentant de l’opposition qui nous a confié : « Ce n’est pas la magouille qui inquiète, mais la période à laquelle le recrutement se passe.» Selon lui, l’armée ne recrute qu’à la veille des consultations électorales, avec le dessein de réprimer ceux qui revendiqueront leur vote volé par le parti au pouvoir. A Guékédou, c’est un jeune volontaire qui a combattu pendant l’attaque rebelle de 2000. Ce volontaire qui évolue dorénavant dans une structure de lutte contre le sida a confié : « Notre pays là ne bougera pas de sa tension sociale. Je sais de quoi je parle. Par pauvreté, nous avions sacrifié notre vie pour la défense de la patrie, nous sommes exclus de l’armée. Ceux qui sont venus pour le recrutement à Guékédou sont rentrés à Conakry les poches pleines. Ils disaient à qui voulait l’entendre que ce n’est pas la force physique ou la santé de quelqu’un qui nourrit leurs familles. Le prix variait entre 3 à 4 millions de nos francs guinéens. Quand nous nous sommes présentés aux recruteurs, pour leur faire savoir que nous étions volontaires et que la promesse nous avait été faite de nous intégrer dans les rangs après la victoire contre les rebelles, nous avons été arrêtés et enfermés, jusqu’après le recrutement. Je crains beaucoup pour mon pays, car, nombreux sont les jeunes volontaires qui savent manier toutes sortes d’armes et s’ils ne sont pas récupérés, j’ai peur ». Aly Badara Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |