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On ne le dira jamais assez, la transition politique censée marquer le retour à l’ordre constitutionnel polarise de plus en plus les attentions en Guinée. Après l’euphorie des premières heures de l’ère CNDD, les observateurs ont aujourd’hui ont la désagréable impression que la machine électorale commence à montrer des signes d’essoufflement. Certains détracteurs vont d’ailleurs jusqu’à dire qu’elle s’est grippée.
Il y a quelques mois, les Forces vives de la nation, après une série de concertations et de tractations de toutes sortes, sont parvenues à se mettre d’accord pour proposer aux nouvelles autorités du pays, un chronogramme susceptible de conduire le navire de la transition à bon port. Ledit chronogramme, accepté par le capitaine-président Moussa Dadis Camara, avait prévu entre autres la poursuite des opérations d’enrôlement des électeurs sur toute l’étendue du territoire national, la mise en place du Conseil national de la transition, le toilettage des textes et la tenue des élections au dernier trimestre de 2009. Mais ces derniers temps, force est de constater que la machine électorale, remise en branle au lendemain de la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), commence vraiment à montrer d’évidents signes d’essoufflement. Et ils sont de plus en plus nombreux ceux qui n’hésitent plus à afficher clairement leur scepticisme quant à la tenue des élections en 2009. Même pour les profanes politiques, le recensement fiable et exhaustif des électeurs constitue le passage obligé pour un processus électoral qui se veut transparent et crédible. Or, ce qui se passe actuellement sur le terrain est loin d’être rassurant. D’octobre 2008 à nos jours, la CENI (Commission électorale nationale indépendante) et le ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques sont en train d’éprouver toutes les peines du monde à boucler les opérations de recensement des électeurs sur l’ensemble du territoire national. Il y a quelques semaines, lesdites opérations ont été officiellement suspendues en raison des difficultés d’ordre financier. Dans ses dernières déclarations, le président Dadis exhorte de plus en plus ses compatriotes à compter sur leurs propres forces, au lieu d’attendre tout de la communauté internationale. Le 18 mai, il a lancé dans les quartiers défavorisés de Conakry la campagne « Eau et électricité pour tous ». Et depuis cette date, certains observateurs se demandent si l’organisation des élections ne risque pas d’être quelque peu délaissée au profit d’autres fronts ouverts par le capitaine-président Moussa Dadis et son équipe : fourniture des services sociaux de base (eau, électricité, etc.), lutte contre le narcotrafic, sécurité alimentaire pour les populations, la traque des bandits à col blanc tapis dans les couloirs de l’administration publique. Et si la machine électorale reste grippée, il est à craindre que la Guinée ne continue d’être mise au ban de la communauté internationale pour déficit démocratique.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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