samedi 6 juin 2009
La machine électorale se serait-elle grippée ?

On ne le dira jamais assez, la transition politique censée marquer le retour à l’ordre constitutionnel polarise de plus en plus les attentions en Guinée. Après l’euphorie des premières heures de l’ère CNDD, les observateurs ont aujourd’hui ont la désagréable impression que la machine électorale commence à montrer des signes d’essoufflement. Certains détracteurs vont d’ailleurs jusqu’à dire qu’elle s’est grippée.

 

Il y a quelques mois, les Forces vives de la nation, après une série de concertations et de tractations de toutes sortes, sont parvenues à se mettre d’accord pour proposer aux nouvelles autorités du pays, un chronogramme susceptible de conduire le navire de la transition à bon port. Ledit chronogramme, accepté par le capitaine-président Moussa Dadis Camara, avait prévu entre autres la poursuite des opérations d’enrôlement des électeurs sur toute l’étendue du territoire national, la mise en place du Conseil national de la transition, le toilettage des textes et la tenue des élections au dernier trimestre de 2009. Mais ces derniers temps, force est de constater que la machine électorale, remise en branle au lendemain de la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), commence vraiment à montrer d’évidents signes d’essoufflement. Et ils sont de plus en plus nombreux ceux qui n’hésitent plus à afficher clairement leur scepticisme quant à la tenue des élections en 2009. Même pour les profanes politiques, le recensement fiable et exhaustif des électeurs constitue le passage obligé pour un processus électoral qui se veut transparent et crédible. Or, ce qui se passe actuellement sur le terrain est loin d’être rassurant. D’octobre 2008 à nos jours, la CENI (Commission électorale nationale indépendante) et le ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques sont en train d’éprouver toutes les peines du monde à boucler les opérations de recensement des électeurs sur l’ensemble du territoire national. Il y a quelques semaines, lesdites opérations ont été officiellement suspendues en raison des difficultés d’ordre financier. Dans ses dernières déclarations, le président Dadis exhorte de plus en plus ses compatriotes à compter sur leurs propres forces, au lieu d’attendre tout de la communauté internationale. Le 18 mai, il a lancé dans les quartiers défavorisés de Conakry la campagne « Eau et électricité pour tous ». Et depuis cette date, certains observateurs se demandent si l’organisation des élections ne risque pas d’être quelque peu délaissée au profit d’autres fronts ouverts par le capitaine-président Moussa Dadis et son équipe : fourniture des services sociaux de base (eau, électricité, etc.), lutte contre le narcotrafic, sécurité alimentaire pour les populations, la traque des bandits à col blanc tapis dans les couloirs de l’administration publique. Et si la machine électorale reste grippée, il est à craindre que la Guinée ne continue d’être mise au ban de la communauté internationale pour déficit démocratique.

 

Mamy Dioubaté
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
abdou, samedi 6 juin 2009
Il est clair que le CNDD veut noyer le poisson en nous racontant des histoires. Si Dadis était candidat et favori, depuis longtemp ces recensements seraient bouclés. Mais comme les élections égalent au depart du cndd, les assoiffés de pouvoir veulent rester coûte que coûte. L`image du pays ne les interesse pas. Terroriser la population, les arrestations arbitraires, leur arrogance, leur enrichissement les suffisent comme gouvernance. Tout se résume à Dadis, même si une voiture écrase un poulet, il faut aller au camp Alpha yaya pour régler le problème. A quoi sert les tribunaux, les ministères. Komara et ses ministres ne sont que comme un décor. Ensuite, des propagandeurs en mal de travail veulent intoxiquer l`opinion pour que Dadis reste. L`ennulation de nos dettes et l`image de notre pays ne les interessent pas. Ils ne savent pas que ceux qui sont dans l`ombre et qui souhaitent le départ du cndd sont beaucoup plus nombreux qu`eux. Le cndd dit vouloir organiser les élections mais continue les campagnes de soutien et les mittings poliques. Tandja au Niger avait commencé ses magouilles de la même façon. La démocratie est la gage de la bonne gouvernance et de stabilité.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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