Quatre mois après le premier tour, règne toujours une incertitude grandissante sur la réussite du second tour de la présidentielle dans notre pays, il fallait s’en douter. Car, organiser le deuxième tour des élections dans la dynamique du premier tour, dans le respect de la loi électorale était trop beau pour être vrai, dans un pays qui a été dirigé 52 ans dans la médiocrité, dans le népotisme et le régionalisme.
Cette atmosphère délétère est entrain de plonger aujourd’hui la Guinée dans le chaos, avec des prémices d’une Guerre Civile ; où tous les guinéens lambda seront perdants. Surtout la population civile, c’est pour cela que nous tirons la sonnette d’alarme !!!
Il faut pointer ici du doigt les différentes personnes responsables de ces évènements malheureux enregistrés depuis quelques jours sur l’étendue du territoire.
Il faut dire les choses telles qu’elles se sont déroulées. Le principal problème qui a entraîné tous ces évènements malheureux est la course, pour une main mise sur la CENI par le gouvernement de Jean Marie Doré.
Tout a commencé après le décès du président de la CENI, M. Ben Sékou Sylla au mois de Septembre dernier. Une occasion s’est présentée pour le gouvernement de transition et certaines personnes mal intentionnées, n’ayant pas réussis dans un premier temps, à transférer l’essentiel des pouvoirs de la CENI au MATAP. C’est ainsi que Lounceny Camara fut imposé à la présidence de la CENI.
La contestation populaire a commencé dès le lendemain du 21 septembre 2009, car la désignation de cette personne s’est faite en violation des règles les plus élémentaires en matière de vote (la présentation des différents candidats au poste de la présidence de la CENI, l’ordre du jour spécifiant la désignation par consensus du nouveau président à la majorité des membres).
Quels intérêts avaient le Général Konaté et Jean Marie Doré à rester sourds et aveugles face à la vindicte populaire ?
N’avait-il pas des intérêts inavoués au péril de l’équilibre de notre nation ?
A la réponse à ces questions suspicieuses, il allait de soi qu’une grande partie de la population, portée par la société civile, manifeste contre ce qui peut être qualifié de coup de force. Ceci, dans le but d’imposer une personne, qui n’incarne en rien le consensus à la présidence de la CENI.
Le général Sékouba Konaté est le premier responsable de ces douloureux évènements pour s’être rendu coupable d’un silence dangereux face à la contestation populaire. Ce silence a conduit à des manifestations réprimées dans la violence, la terreur, faisant plusieurs dizaines de victimes (viols, pillages, morts, exactions de toutes sortes).
Mais le plus grave dans ces crimes sont leurs caractères ethniques. Ce qui a été dénoncé par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, avertissant nos premiers responsables de la transition en ces termes « les Nations Unies sont particulièrement préoccupées par le fait que certains membres des forces de sécurité semblent avoir fait des menaces, et même commis des agressions, sur la base de l'appartenance ethnique des victimes ou de leur affiliation politique ».
Qui a donné ordre aux soldats de la FOSSEPEL d’être si violents à l’égard de militants non armés pour leur appartenance ethnique ou politique ?
Ironie du sort, c’est Jean Marie Doré, le Premier Ministre de la transition désignée par les Forces Vives (victime de la barbarie des gardes présidentielles du capitaine Dadis Camara le 28 septembre 2009) qui se trouve aujourd’hui à l’origine de ce crime de Droit de l’Homme. Il s’est rendu directement responsable par ces propos « J’ai ordonné aux forces de l’ordre (FOSSEPEL) d’agir par TOUS LES MOYENS pour réprimer les manifestations ». A travers ces 3 mots, l’ordre de mission d’aller tuer, blesser, piller sur fond ethnique dans le but d’intimider était donné sans ambages.
Pour cette erreur fatale, nous nous désolidarisons officiellement Jean Marie Doré et à son Gouvernement confusionniste et criminel. Nous profitons de l’occasion pour faire appel aux ministres progressistes de rendre leur tablier purement et simplement au risque de cautionner ce nouveau dérapage qui sonne le glas de ce gouvernement de transition.
Nous déplorons les évènements liés à la contamination des militants de l’Alliance Arc en ciel au palais du peuple, et les conséquences dramatiques qui en découlent à travers des affrontements entre Malinkés et Peuhls. Que lumière soit faite par la justice sur cette affaire assez troublante. Nous savons que les affrontements inter ethniques sont la résultante des propos d’incitation à la haine raciale proférés par certains cadres de l’Alliance Arc-en ciel qui ont désigné dès la première minute des peuhls responsables de la contamination sans apporter de preuves, mais toujours dans le but de monter l’une des ethnie contre l’autre. C’est un triste jeu qui rappelle les ingrédients qui ont conduit au génocide rwandais de 1994. Nous n’y gagnerons rien sinon que sombrer tous dans l’abîme.
Nous condamnons toute forme d’incitation à la haine raciale de quelconque provenance. Ceux qui se livrent à ce jeu qui consiste à manipuler des pauvres citoyens analphabètes dans le but de détruire ce que nous avons de plus commun, l’unité nationale, ne resteront pas impunis.
Nous dénonçons par la même, l’agression gravissime de la Garde présidentielle à l’encontre de M. Aliou BARRY, Président de l’Observatoire National des Droits de l’Homme en Guinée, ce qui prouve à suffisance la chasse aux sorcières contre tout ce qui œuvre pour le respect des Droits de l’Homme et le retour à l’ordre constitutionnel dans notre pays.
Par ailleurs, nous saluons la condamnation de Lounceny Camara par le tribunal de Dixinn, pour fraudes électorales lors du premier tour du 27 juin 2010. Le bilan désastreux de cet individu ayant passé seulement un mois à la présidence de la CENI est connu de tous aujourd’hui (Fausses listes électorales, confiscation du matériel électoral, disparitions tragiques d’ordinateurs etc.). Cet individu avait une mission inavouée aux conséquences cyniques pour notre pays, car la fraude électorale est la pire des choses à craindre pour notre pays. Nous invitons les autorités judiciaires à donner force d’exécution à cette condamnation.
Et par conséquence, nous apportons notre soutien au nouveau président de la CENI, le Colonel malien Siaka Toumani Sangaré pour sa mission réparatrice de la fraude minutieusement préparée par son prédécesseur. Il faut que le nouveau président reste imperturbable, qu’il applique le code électoral à la lettre afin d’offrir à notre pays, le premier Président démocratiquement élu.
La Cellule de Communication du
Mouvement des Jeunes pour le Changement
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