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Le président par intérim du CNDD, le général Sékouba Konaté, vient de remettre les pendules à l’heure à travers un discours qui a redonné de l’espoir à de nombreux Guinéens.
La Guinée se trouve à la croisée des chemins, ce malgré l’espoir qu’avait suscité l’avènement de la junte au pouvoir le 23 décembre 2008.
Les 12 mois de gestion du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ayant laissé un goût d’amertume au sein de l’opinion.
En effet, au lieu de s’atteler à la construction des grands chantiers dont il s’est fixé pour objectif, le président du CNDD a cédé à la pression de son entourage qui ne voulait pas le voir quitter le fauteuil présidentiel.
Donc, Dadis ayant dévoilé ses ambitions politiques, cela ne pouvait à priori que compromettre ses rapports avec la classe politique guinéenne et la communauté internationale.
Qui n’ont pas caché leur déception face à ce revirement du capitaine Moussa Dadis Camara qui avait annoncé au lendemain de son avènement au perchoir qu’il n’était pas un assoiffé de pouvoir.
La suite on la connaît, car son entêtement à se présenter à la prochaine présidentielle l’a poussé à des excès qui ont conduit aux massacres du 28 septembre.
Depuis cette date la junte qui voulait cultivée sa réputation passe aux yeux de l’opinion nationale et internationale comme une bande de ‘’ tueurs ‘’.
Il fallait donc marquer une rupture avec ce sombre tableau, afin d’espérer regagner la confiance des populations.
Surtout que le mouvement syndical avait commencé à faire du bruit, menaçant de déclencher des actions de protestation à compter du 5 janvier si le président par intérim ne prenait pas ses responsabilités.
Sékouba a sauté sur le pas en lançant ses mots en direction de ses compatriotes : « Mes chers compatriotes, vous vous douter bien que le renouveau de la rupture que nous appelons tous de nos vœux pour lequel chacun d’entre nous reste mobilisé, déterminé et vigilant, ne peut se faire que par le billet d’un nouveau contrat moral, politique et social librement consenti par chacun et tous au nom de l’intérêt supérieur de notre Nation… »
Cet appel du général invite les Guinéens à enterrer la hache de guerre et à se projeter dans l’avenir au nom de l’intérêt supérieur de la Guinée.
« La Guinée, c’est l’affaire des Guinéens d’abord. Notre destin sera celui que nous voulons qu’il soit. C’est maintenant que se joue notre avenir personnel et celui de notre Nation. Cet avenir se pose en ces termes : Que voulons-nous ? Où allons-nous ? Qui doit nous diriger ?... », a-t-il souligné.
Tout en insistant sur le fait que « …Dans ce grand dessein, un destin est possible pour chacun et pour tous. C’est ma conviction personnelle et profonde, l’Etat, le pays, ce n’est pas moi, c’est chacun de nous, responsable à part entière de notre destinée commune. Ma démarche, si vous la partager, nous la défendrons jusqu’au bout dans l’unité et la cohésion. Je ne crois pas au destin individuel. C’est pourquoi je n’hésiterais pas un seul instant de me retirer dès lors que j’aurai eu le sentiment de prêcher dans le désert ou d’aller à l’encontre du sens de l’histoire et de la volonté populaire ».
Ce discours de Konaté a contribué à redonner de l’espoir aux populations qui n’ont que trop souffert du pouvoir militaire, ce depuis l’avènement du CMRN au pouvoir le 3 avril 1984.
La junte veut sans doute se racheter après les faux pas qu’elle a multipliés durant ses 12 mois de gestion.
N’Diaré Diallo Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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