vendredi 14 novembre 2008
La jeunesse entre le marteau et l’enclume
Barry Tutankhamon

Selon nos aînés, le débat est confus. Pour d’autres, il sera toujours de plus en plus confus, de sorte à se poser la question de savoir si la Guinée pourrait un jour se débarrasser des séquelles du PDG.

La jeunesse guinéenne qui, depuis belle lurette, souffre et peut-être, continuera toujours de souffrir, se demande à quelle source se fier ou sur quelle vérité se fonder ? Le débat est pollué  parce que chacun semble croire en sa vérité, sans prendre le temps d’analyser celle de l’autre.

Les bourreaux d’hier peuvent facilement se transformer en victimes d’aujourd’hui : le cas de Alsény Gomez est plus qu’éloquent. Mais alors, ceci étant, comment voudrions-nous que le débat sur la vérité soit clair ?

Premièrement, les historiens restés sur place, n’ayant pas le ventre plein ou une digne rémunération qui leur permettrait de faire honnêtement le travail de recherche de la vérité, sans parti pris, ne peuvent pas être une source fiable.

Ensuite, les proches collaborateurs de l’ancien dictateur Sékou Touré,  qui peuvent facilement nous éclairer sur la vérité en faisant la part des choses, sont dans la plupart, des pdgistes invétérés qui souffre plus de la mort de leur dictateur que de la recherche de la vérité, au risque d’y laisser leur peau. C’est le cas, par exemple, de Galéma Guilavogui. Ainsi donc, leur vérité est toujours marquée d’un parti pris, vu leur nostagie envers l’ancien régime.

Enfin, nous avons la diaspora patriote qui se bat pour la recherche de cette même vérité, et surtout à l’intauration d’un Etat de droit en Guinée. Mais, étant donné qu’ils sont, pour la plupart, nourris par la rancoeur et leur dégoût viscéral pour les deux régimes, leur vérité, bien que réelle des fois, doit être consommée avec modération. Tout simplement parce que nombreux sont parmi eux, qui sont en dehors de la Guinée depuis des dizaines d’années et, de cet fait, leur souvenir des lieux ou leur amour pour le pays d’origine ne peuvent garantir une analyse impartiale et juste de la situation. Ils sont souvent enclins à noircir ou embellir la vérité. Or, la vérité n’a ni couleur, ni odeur ni saveur. Elle exige de faire une recherche honnête et fiable, qui permettrait d’éclairer le chemin pour notre jeunesse qui se cherche et qui veut connaitre la vraie version de l’Histoire du pays. Sinon, disons-le bien : le débat sera toujours pollué.

En définitive, comme le cas du Goulag en Russie, la Guinée ne guérira jamais des séquelles du Camp Boiro. Tous les guinéens, de toutes les ethnies confondues, ont été victimes de ce mal commun. Mais, un jour, nous serons obligés de reconnaître que nous avons eu quelques coupables-victimes, comme Fodéba Kéita qui, après avoir contribué à l’érection du camp Boiro, a fini par y succomber. Ironie du sort !

Mais, tant que c’est aux trois catégories de guinéens cités plus haut (des historiens affamés, des compagnons du PDG et autres proches des dictateurs, et enfin la diaspora patriote mais rancunière), le débat sur la Guinée sera toujours confus et la jeunesse sera toujours victime de lavage de cerveau.

Si moi par exemple, je préfère respecter les points de vue des doyens DORE ou KYLE, d’autres jugeront plus intéressants de respecter celui de Damaro Camara, et les camps qui se forment ainsi, concourront plus à diviser la Nation qu’à unir nos efforts pour le progrès escompté.

De grâce, aidez la jeunesse à sortir de son ignorance, et surtout, de sa position intenable entre le marteau et l’enclume !

Barry Tutankhamon
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
saidou malal barry, samedi 15 novembre 2008
TOUTANKHAMON Votre candeur me surprend beaucoup. Dénoncer et rappeler la pire forme de dictature et un des systèmes les plus cannibales de notre histoire devient de la "rancune". On ne s`affranchit pas de l`ignorance à l`aide de quelqu`un et on n`apprend pas dans un livre mais en regardant en face ce miroir fait de cadavres et de tristesse, forgé dans le sang de nos compatriotes, reflétant la misère et la haine. Observez-le au-de-la de tout"camp" ou opinion... Le débat est TRÈS CLAIR ceux qui dénoncent le PDG le dénoncent depuis des décennies. Les autres "historiens ou proches du PDG" disaient vive la révolution et à bas les peuls, les enseignants etc... Aujourd`hui ils nous disent "pensons à l`unité nationale" "50000 mort c`est exagéré" etc. Le débat n`A JAMAIS ÉTÉ CONFUS POUR LES JUSTES. Demain des partisans de Conté nous diront qu`en réalité il y eut 3 morts lors des événements de 2007, souvenez-vous en...
Saïdou Nour ¨Bokoum, vendredi 14 novembre 2008
MON CHER TOUTANKHAMON Il n’y a pas le camp « des historiens affamés, le camp des compagnons proches du dictateur et le camp de la diaspora patriote mais rancunière ». Ces trois camps, qui rendraient le débat confus. Il n’y a qu’un seul camp, le Camp Boiro. Si mes souvenirs sont bons il s’y trouvait un grand fromager. A moins qu’on l’ait rasé comme les cellules pour diète noire, mémoire sanglante de notre sombre histoire. Bref avant que tout ne soit effacé par les négationnistes et l’effet de la sénescence, il est temps de planter le décor dans le camp Boiro, pour laisser parler les « camps ». On pourrait au prix des monstrueux Sylis du cinquantenaire, on pourrait reconstruire un caïlcédrat à palabre. Il y a justement un Appel en ce sens, toujours en ligne, que tous et chacun pourraient signer, pour au moins prouver sa bonne foi. Le reste n’est que mal de tête. Wa salam

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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