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Selon nos aînés, le débat est confus. Pour d’autres, il sera toujours de plus en plus confus, de sorte à se poser la question de savoir si la Guinée pourrait un jour se débarrasser des séquelles du PDG. La jeunesse guinéenne qui, depuis belle lurette, souffre et peut-être, continuera toujours de souffrir, se demande à quelle source se fier ou sur quelle vérité se fonder ? Le débat est pollué parce que chacun semble croire en sa vérité, sans prendre le temps d’analyser celle de l’autre. Les bourreaux d’hier peuvent facilement se transformer en victimes d’aujourd’hui : le cas de Alsény Gomez est plus qu’éloquent. Mais alors, ceci étant, comment voudrions-nous que le débat sur la vérité soit clair ? Premièrement, les historiens restés sur place, n’ayant pas le ventre plein ou une digne rémunération qui leur permettrait de faire honnêtement le travail de recherche de la vérité, sans parti pris, ne peuvent pas être une source fiable. Ensuite, les proches collaborateurs de l’ancien dictateur Sékou Touré, qui peuvent facilement nous éclairer sur la vérité en faisant la part des choses, sont dans la plupart, des pdgistes invétérés qui souffre plus de la mort de leur dictateur que de la recherche de la vérité, au risque d’y laisser leur peau. C’est le cas, par exemple, de Galéma Guilavogui. Ainsi donc, leur vérité est toujours marquée d’un parti pris, vu leur nostagie envers l’ancien régime. Enfin, nous avons la diaspora patriote qui se bat pour la recherche de cette même vérité, et surtout à l’intauration d’un Etat de droit en Guinée. Mais, étant donné qu’ils sont, pour la plupart, nourris par la rancoeur et leur dégoût viscéral pour les deux régimes, leur vérité, bien que réelle des fois, doit être consommée avec modération. Tout simplement parce que nombreux sont parmi eux, qui sont en dehors de la Guinée depuis des dizaines d’années et, de cet fait, leur souvenir des lieux ou leur amour pour le pays d’origine ne peuvent garantir une analyse impartiale et juste de la situation. Ils sont souvent enclins à noircir ou embellir la vérité. Or, la vérité n’a ni couleur, ni odeur ni saveur. Elle exige de faire une recherche honnête et fiable, qui permettrait d’éclairer le chemin pour notre jeunesse qui se cherche et qui veut connaitre la vraie version de l’Histoire du pays. Sinon, disons-le bien : le débat sera toujours pollué. En définitive, comme le cas du Goulag en Russie, la Guinée ne guérira jamais des séquelles du Camp Boiro. Tous les guinéens, de toutes les ethnies confondues, ont été victimes de ce mal commun. Mais, un jour, nous serons obligés de reconnaître que nous avons eu quelques coupables-victimes, comme Fodéba Kéita qui, après avoir contribué à l’érection du camp Boiro, a fini par y succomber. Ironie du sort ! Mais, tant que c’est aux trois catégories de guinéens cités plus haut (des historiens affamés, des compagnons du PDG et autres proches des dictateurs, et enfin la diaspora patriote mais rancunière), le débat sur la Guinée sera toujours confus et la jeunesse sera toujours victime de lavage de cerveau. Si moi par exemple, je préfère respecter les points de vue des doyens DORE ou KYLE, d’autres jugeront plus intéressants de respecter celui de Damaro Camara, et les camps qui se forment ainsi, concourront plus à diviser la Nation qu’à unir nos efforts pour le progrès escompté. De grâce, aidez la jeunesse à sortir de son ignorance, et surtout, de sa position intenable entre le marteau et l’enclume ! Barry Tutankhamon pour www.guineeactu.com
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