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C’est le titre de mon documentaire que j’ai le plaisir de vous présenter ; au départ j’avais annoncé la sortie dans trois mois ; seulement, une cinéaste expérimenté de la TV de St Paul que le documentaire passionne m’a offert bénévolement ses services pour la finition à une date précise sinon, je devais me contenter de conseils par ci, par là.
Occasion exceptionnelle à ne pas rater donc la solution était toute trouvée ; devenir rat de studio. Le montage terminé, elle a apporté la finition pro que je n’aurais pas pu faire seul.
Je lui exprime ici toute ma reconnaissance.
Le documentaire fait une présentation partielle du peuplement de notre pays et démontre qu’au traçage des limites actuelles, toutes les ethnies étaient déjà présentes. Ainsi, nous pouvons affirmer qu’aucune ethnie n’est plus guinéenne qu’une autre.
Ensuite, la situation politique de la Guinée avant le « non » au referendum jusqu’à l’agression du 22 novembre 1970 et des tortures au camp Boiro.
Le choix des Intervenants : tous les témoins choisis ont vécu les événements sauf deux journalistes écrivains ; Sylvia Serbin et Charles Onana ; la première qui travaille en ce moment sur son second ouvrage consacré aux femmes qui ont participé aux indépendances africaines, a obtenu des témoignages d’une malienne, membre du RDA (Rassemblement Démocratique Africain), qui a assistée à la mobilisation des guinéennes du milieu populaire ; Charles Onana pour avoir eu accès aux dossiers des services secrets français sur Sékou Touré.
Ils sont donc trois guinéens, deux Sénégalais, une afro antillaise et deux Camerounais à témoigner.
Des témoignages reçus, des conversations téléphoniques, des documents photocopiés et des différentes rencontres, j’en tire cette lecture de l’histoire de notre pays.
Ma lecture.
Pour bien comprendre le poids des témoignages du prof Kapet de Bana (dans cet article, je ne veux pas utiliser papa, pour éviter une confusion dans l’esprit de ceux qui n’ont pas lu mon article précédent) ; je trouve judicieux de faire rapidement son portrait.
Kapet de Bana est un fils de chef, né dans le pays bamiléké au Cameroun ; à ce titre il a le privilège à l’école coloniale, de manger dans la cantine réservée aux fils de colons, ce qui veut dire bonne nourriture alors que dans celle des africains, la nourriture est infecte, les mouches volent de partout ; certains enfants tombent malade et parfois en meurent.
Alors, le jeune Kapet va dans cette cantine poubelle, prendre la nourriture et aller la déverser sur le bureau du député ; c’est sa première révolution.
Son statut de prince l’épargne certaines sanctions, il est tout de même renvoyé de l’école ; il va au Congo et … en France.
Il est entre temps passé par le maquis et milite pour l’UPC (Union des Populations du Cameroun).
Le débat fait rage entre ceux qui veulent l’indépendance du Cameroun avant la réunification (cotés français et anglais) et ceux qui veulent le contraire ; à la 115e cession des nations unis à New York, le jeune Kapet, 18 ans à l’époque, est chargé de représenter l’UPC ; pour la petite histoire, Youri Gagarine le soviétique, est aussi présent à cette cession pour parler de son expérience dans l’espace.
A la fin de son discours, Kapet de Bana va chanter l’hymne du Cameroun version UPC ; entre parenthèse, il le chante à la fin du documentaire.
En 1958, il fait partie de la fédération des étudiants africains en France qui encourage la Guinée à dire non à De Gaule ; sur un autre terrain, Kapet de Bana milite aux cotés du Roi Mohamed V du Maroc pour la libération de Ben Bella ; libération obtenue, Ben Bella devenu président de l’Algérie, lui fait appel pour donner des cours et reformer l’enseignement. Prof Kapet de Bana alors avocat, enseigne et réforme le système scolaire.
Lors d’une visite en Algérie, Sékou Touré, émerveillé, demande à Ben Bella de mettre prof Kapet à sa disposition ; Ben Bella refuse poliment mais prof Kapet offre alors à Sékou Touré de le conseiller à distance.
Boumediene renverse Ben Bella et garde Kapet dans son cabinet mais au bout d’un an, ce dernier n’apprécie pas trop la méthode de travail de son nouveau patron, alors il offre ses services à Sékou Touré qui est ravi de le recevoir.
Une fois en Guinée, il est nommé directeur de l’Institut et doyen de la faculté de droit de polytechnique; il est conseillé du président et écris ses discours. Sékou Touré le charge des cours privés de français à Cabral, à NKrumah et à Miriam Makéba pour ne citer qu’eux.
Il est dans les confidences et la confiance du président ; Lumumba a des problèmes au Congo… la Guinée envoie des soldats et deux civils Béhanzin et Kapet, etc. bref
Pour vous montrer à quel point ses témoignages sont précieux dans le documentaire.
Pour bien comprendre un problème, il faut utiliser la « quintology » de l’économiste américain Pavlov c'est-à-dire prendre le problème dans son ensemble sinon, l’on passe à coté du sujet ; c’est le conseil que le prof Kapet de bana me donne pour faire le documentaire ; j’espère l’avoir compris. Alors, voici ma vue d’ensemble.
La France, pays colonisateur est un mythe pour les africains mais voilà la stupéfaction de l’Afrique quand l’Allemagne occupe la France qui sollicite l’aide des africains pour se libérer ; à la fin de la guerre, le mythe n’y étant plus, les africains parlent à leur tour de libération.
En Guinée, les « évolués » terme des colons qui désigne l’élite intellectuelle, parlent de plus en plus d’indépendance, ce qui dérange les colons au point de les expatrier c'est-à-dire les muter dans les autres colonies pour qu’ils ne contaminent pas le reste de la population avec leurs idées. Alors, Niakoye Samoé, jeune cadre brillant, est muté en Haute Volta (actuel Burkina), Saifoulaye Diallo et Sékou Touré au Niger etc. Mais ce dernier refuse d’y aller ; ces élites, Ray Autra et autres se rencontrent tout de même par quinzaine soit à Niamey au Niger soit ailleurs ; l’ambiance est cordiale.
De retour en Guinée après trois ans, Niakoye Samoé est receveur des PTT à Kindia puis Macenta ; déjà dans les années 40, le RDA (Rassemblement Démocratique Africains) est crée à Bamako puis ses sous sections dans les différents pays et plus tard c’est la création du BAG (Bloc Africain de Guinée) ; les colons proposent de nommer à la tête de chaque région, un ressortissant de la région. Niakoye Samoé, Diawadou Barry et Jean Gosaga par exemple, sont du BAG. Du fait de la création de ce parti et pour d’autres raisons, des tensions vont apparaître entre les politiciens notamment entre Sékou Touré et Niakoye Samoé.
Sékou Touré déjà, conseillé territorial de Beyla avec l’aide d’un certain Mamadi Sano, se déplace de Beyla vers Faranah via Macenta ; Niakoye Samoé apprend la nouvelle et demande à ses militants, puisque Macenta est à 80% BAG de son fait ; d’interdire l’entrée de la ville à Sékou Touré. Il profère même une menace ; alors, Sékou Touré se dérobe et contourne la ville. Le 1er janvier 1956, Niankoye Samoé est assassiné dans un pseudo accident avec la complicité de certains forestiers dont des guerzés, son ethnie.
C’est le premier assassinat politique du pays et plus tard dans un discours public, Sékou Touré dira que Niankoye Samoé avait acheté trois mètres de tissu blanc pour l’enterrer dedans.
En 1958, De Gaule le président français, veut créer une communauté pour remplacer la colonie, pour ce faire, il organise un referendum qui doit commencer par la Guinée ; il y a deux tendances qui se dégagent ; ceux qui veulent l’indépendance immédiate et ceux qui pensent qu’il serait raisonnable d’attendre que le pays forme d’abord des cadres pour remplacer les colons. Tous sont pour l’indépendance il faut le noter.
Pour bien comprendre cet aspect de notre histoire, revenons dans un passé récent ; après la mort du président Lansana Conté, des jeunes militaires arrivés au pouvoir, promettent des élections présidentielles que tous les guinéens veulent mais le débat qui suit se portera sur la durée de la transition et la candidature du chef de la junte; chaque camp apportant ses arguments.
Ce fut le cas pour nos aînés ; tous veulent l’indépendance mais le pays n’a pas suffisamment de cadres pour diriger l’administration ; dans ce débat du oui ou du non, Sékou Touré, syndicaliste formé en 1940 par la centrale syndicale CGT (Confédération Générale des travailleurs) en France, est très indécis ; le PAI ( Parti Africain Indépendant), grand parti du Sénégal et d’ailleurs ; Kwame NKrumah président du Ghana et tant d’autres font pression pour le non au referendum. Sékou Touré se décide alors d’écrire à la fédération des étudiants africains de France (FEANF), pour conseil car le manque de cadres lui pose problème ; la réponse est nette et précise « il faut dire non et nous irons remplacer les colons dans l’enseignement et l’administration ». Voilà les éléments qui ont poussé Sékou Touré à choisir le non.
A Conakry, le 28 septembre 1958, Sékou Touré dit à De Gaule que « nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage », une citation de Gandhi sans le citer ; peu importe, il devient une idole en Afrique. La France retire tout ; c’est en ce moment que des français (eh oui) progressistes, des africains en France et en Afrique ; des antillais et des noirs américains volèrent au secours international de la Guinée.
La caisse est vide ? Pas de problème, NKrumah débloque un million de dollars pour l’économie guinéenne ; La France veut s’opposer à l’adhésion de la jeune République aux Nations Unis ? Les noirs américains font pression sur leur gouvernement en faveur des frères d’Afrique ; la France ne veut pas vendre ses manuels scolaires ? La Suisse, pays neutre, s’occupe des transactions etc.
Une fois au pouvoir, les leaders africains commencent le culte de la personnalité jusqu’à aboutir, d’un coté à un Maréchal, de l’autre un Empereur ; plus loin un Rédempteur et j’en passe ; contestateurs d’hier contre l’injustice coloniale, ils supportent de moins des contestations ; alors, ils emprisonnent à tour de bras et finissent par imposer un parti unique, le leur ; certains se proclament même Président à vie.
Chez nous, il est le responsable suprême de la Révolution à qui l’on souhaite une santé de fer ; attention le fer à une maladie, la rouille ; alors on opte pour une santé d’acier.
Que voulez-vous, la mégalomanie coule dans les eaux d’Afrique que nos dirigeants consomment avec plus ou moins de modération.
Ainsi donc, en 1961, des enseignants guinéens ont des revendications dans un débat houleux (déjà la marque guinéenne), avec une connotation politique ou pas je n’en sais trop mais toujours est il que ce n’est pas du goût des autorités qui envoient une délégation dire aux élèves que leurs enseignants sont des contre révolutionnaires mais ceux-ci ne l’entendent pas de cette oreille alors voilà des adolescents plus contre révolutionnaires que leurs enseignants ; on embarque tout le monde, c’est le complot des enseignants qui implique les professeurs venus de partout au secours de la Guinée. Ils sont ainsi presque chassés.
Le 22 Novembre 1970 (opération mer verte ( la mer verte) ; nom de code des portugais)
Date importante dans l’histoire de la Guinée mais avant de l’évoquer ; trois faits :
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Kwame Nkrumah, renversé par un coup d’Etat en 1966, opte de s’installer en Guinée dont il est le co-président selon les termes de la confédération Guinée –Ghana - Mali ; il est dans le protocole et utilise la Radio Guinéenne pour motiver ses partisans ; la Guinée envisage un temps soit peu de le réinstaller au pouvoir ; c’est Prof Kapet de Bana qui va discrètement visiter son pays pour s’enquérir de la situation. Les hommes forts du Ghana s’énervent et le font savoir auprès de leurs relations qui à leur tour le font savoir à Conakry ; ainsi, NKrumah sera de plus en plus isolé et mis presque en résidence surveillée ; sous les yeux du prof Kapet, les nuits, il n’arrête pas de dire « I want go back to Ghana », je veux retourner au Ghana et ce, pendants des heures devant sa fenêtre en regardant la lune ; en clair il avait perdu la tête avant sa crise et son évacuation en Europe.
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Un jour, Sékou Touré a une bonne idée qu’il veut partager avec Amilcar Cabral (le leader du mouvement d’indépendance de la Guinée Bissau), alors il convoque une réunion en présence du prof Kapet, il demande à Cabral qu’à la libération, les deux Guinées deviennent un pays ; Cabral trouve l’idée pas géniale ; Kapet trouve qu’historiquement cela n’est pas faisable, il conseil à Cabral de refuser. C’est la première pomme de discorde entre les deux leaders et le billet aller simple du prof Kapet pour le camp Boiro
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Cabral et ses combattants capturent des portugais comme prisonniers et parmi eux le fils d’un des grands banquiers de Lisbonne, certains disent en plus, maire de la ville. Papa est prêt à mettre la main à la poche pour la libération du fiston ; Cabral est ok pour le deal car il a besoin d’espèces sonnantes pour des armes ; mais Sékou Touré s’y oppose puisque ces prisonniers sont en Guinée, il a son mot à dire. Pour cette raison et d’autres d’ordre militaires, les portugais décident alors d’aller chercher leurs prisonniers à Conakry l’arme au point d’où le 22 novembre 1970.
De quelle manière, je l’ignore encore, les portugais s’allièrent aux opposants guinéens basés en France pour faire coup double ; prendre les prisonniers et renverser Sékou Touré. Pendant les préparatifs, des responsables de l’opposition sont prévenus des éléments infiltrés par Sékou Touré et de la présence du fils du banquier parmi les prisonniers ; ils n’y croient pas.
Une Ile de la Guinée Bissau servira de base d’entraînement des soldats guinéens recrutés bref. Au moment d’embarquer au Portugal, les autorités portugaises empêchent un des leaders de l’opposition de monter dans le bateau qui part sans lui.
Les Portugais ont choisi des équipements légers et des soldats portugais à la tête de petits groupes de 15 à 20 soldats guinéens avec trois préoccupations majeures :
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Que l’opinion internationale ne sache pas la participation du Portugal qui est déjà sous embargo.
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Qu’aucun bateau soviétique ne soit mouillé au port de Conakry.
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Empêcher les MIG (avions de chasse) guinéens de décoller parce leurs petites structures ne sont suffisamment équipées contre une attaque aérienne.
Pour résoudre la première inquiétude, les soldats portugais sont peints en noir ; en haute mer, les Guinéens à bord se chamaillent pour savoir qui sera choisi comme président si l’opération réussie ; alors les officiers marquent un arrêt et appellent Lisbonne pour consigne ; le message est clair « ne vous souciez pas des guinéens, continuez votre mission ».
Les portugais ont commencé leur opération à 1h du matin et à 9h ils étaient dans les bateaux avec les 26 prisonniers et seulement 6 morts ; 26 cibles sur le plan dont 25 atteintes ; les responsables guinéens se sont tout simplement planqués ; les MIG tant craint ont été déplacés la veille, à l’intérieur du pays etc.
En huit heures tout est bouclé et ils proposent aux guinéens qui les veulent de réembarquer mais cent décident de rester pour combattre. C’est la version des portugais.
En effet, les soldats portugais qui ont participé à cette opération, ont donné tous les détails chrono en main sur un site en portugais que le site militaryphotos.net a traduit en anglais et je vous donne le lien que m’a envoyé un frère de Paris, à la fin.
Le Camp Boiro
Je vous laisse le soin de regarder le témoignage du prof Kapet de Bana sur le camp qui décrit les tortures sous la surveillance des médecins Tchèques et Allemands de l’Est à l’époque. Sékou Touré en personne, écrivait aux détenus, leurs téléphonait parfois.
Un autre détail macabre que je ne veux pas dévoiler ici.
Avant de vous faire mon analyse, je tiens à remercier le site www.campboiro.org pour m’avoir autorisé à utiliser les photos des prisonniers et merci à ceux qui m’ont permis d’utiliser les photos des bateaux des portugais qui sont celles prises au large de Conakry lors du débarquement.
Mon Analyse :
Je souhaite que ce documentaire serve de déclic pour un dialogue serein afin que les Guinéens témoignent de plus en plus pour que des confrontations de témoignages et de preuves, jaillisse enfin la vérité sur notre pays. Sans passion, sans haine qui ne servent à rien.
Il est vrai que Monsieur Niakoye Samoé dans sa colère, avait tenu un discours virulent envers Sékou Touré (qui en faisait autant) mais il n’avait pas acheté un tissu blanc pour son enterrement.
Ce crime politique démontre ce que je dis depuis belle lurette qu’aucun parti politique et encore moins aucun leader politique n’a jamais fait l’unanimité dans une région et donc vouloir confondre un parti politique avec une région est un amalgame dangereux.
Rendons à césar ce qui l’appartient ; si Sékou Touré a bien été un des leaders du non au referendum, il faut reconnaître que sans toutes les assurances, il n’aurait jamais opté pour le non et la Guinée n’a pas été autant isolée que l’histoire d’Etat nous l’enseigne; c’est pour cela que nous devons enseigner dans nos écoles que le non au referendum est un non panafricain. Notre pays se trouverait grandi en baptisant des rues dans nos villes du nom de Joseph Ki-Zerbo, de Maryse Condé et de tant d’autres qui ont tout laissé pour venir à notre secours. Ils n’ont pas reçu les hommages qu’ils méritent ; bien au contraire, ils ont été chassés comme des mal propres.
Des témoignages et des archives, rien n’indique qu’ils s’impliquèrent dans une déstabilisation quelconque de notre pays ; de ce point de vue, le complot des enseignants est un faux.
Les témoignages, les archives et les récits des portugais suscitent plus de questions que de réponses :
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Il est prouvé que Sékou Touré était informé de tous les détails des préparatifs jusqu’à l’heure d’arrivée mais au lieu de mettre l’armée en alerte armes au point, les dirigeants guinéens sont allés tout simplement se planquer ; pourquoi ?
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Pourquoi les portugais ont empêché un des leaders de cette préparation de monter dans le bateau à la dernière minute ?
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A part quelques sentinelles vite maîtrisées, le camp Samory n’a opposé une aucune résistance ; étonnant non ?
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L’équipe portugaise qui devait attaquer la radio n’a pas bougé d’un iota jusque l’ordre de retrait. ; pourquoi ?
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Un MIG a survolé le bateau des portugais pendant leur retraite à haute altitude sans les attaquer ; pour les portugais, les guinéens n’avaient que des pilotes stagiaires incapables de combattre ; dans ce cas, pendant qu’il y avait des tirs nourris en ville, comment imaginer un stagiaire pendre un avion de guerre pour faire des entraînements ?
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Pourquoi la Guinée n’a pas laissé Cabral gérer ses prisonniers ? les portugais n’auraient jamais attaqué notre pays. Les questions ne manquent pas.
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Les Portugais disent avoir demandé aux opposant guinéens de réembarquer mais une centaine décidèrent de rester combattre ; ce qui est suicidaire ; quel était leur accord au départ ?
En 8 heures, tout était terminé ; même l’armée américaine n’aurait pas fait mieux.
Tout a été fait pour que les portugais réussissent dans leur mission et il n’était pas possible qu’en 1970, que des médecins de l’Europe de l’Est supervisent des tortures au camp Boiro sans que leurs gouvernements ne soient informés ou impliqués.
Compte tenu de la très grande discrétion que les portugais voulaient pour cette opération, je crois que peu de guinéens à l’intérieur ont pu être informés.
J’en déduis que les portugais se sont servis des guinéens de l’opposition comme couverture et les autorités guinéennes comme un alibi pour organiser une purge à la stalinienne.
En conclusion :
A chacun de regarder la vidéo et de se faire sa conclusion ; pour moi, cette opération est une vraie fausse ou fausse vraie agression ; ce qui est à l’origine du divorce entre Cabral et Sékou Touré. Des innocents ont avoué sous torture des crimes qu’ils n’ont pas commis ; il est temps que la Guinée clarifie cette page noire de notre histoire afin que les victimes soient réhabilitées.
Le prochain documentaire que j’ai déjà commencé, est consacré au 22 novembre 70.
A près dix ans au Camp Boiro, le prof Kapet de Bana qui était comme une carcasse humaine selon ses termes, s’était fait soigner en France, puis refait un autre doctorat et travaillé dans le cabinet d’Houphouët Boigny etc. Aujourd’hui, il fait des conférences sur le panafricanisme.
Son dernier combat est de faire du camp Boiro, « le Camp de mémoire de la renaissance africaine »
Ce que le prof Kapet veut que les gens sachent c’est qu’il est allé en Guinée non pas pour service Sékou Touré mais servir à la renaissance de l’Afrique ; les deux hommes expriment le même concept mais pas le même contenu ; pour Prof Kapet, cela ne doit pas impliquer le culte de la personnalité donc le clash entre ces deux révolutionnaires était inévitable.
Prof Kapet de Bana m’a dit : « si tu veux écrire un livre sur Sékou Touré je te donnerai des éléments qui te permettent de sortir des sentiers battus et si tu veux écrire un sur moi, surtout ne déforme pas mes pensées ». Papa Kapet, comme je préfère filmer qu’écrire, alors je laisse ce boulot aux passionnés de l’écriture.
Je dédie le documentaire aux victimes des régimes guinéens.
Désolé pour ce long texte.
Voici le lien du récit des militaires portugais, traduit en anglais ; que ceux qui ont le temps, le traduisent en français pour un large public.
http://www.militaryphotos.net/forums/showthread.php?123088-Operation-Mar-Verde-(Green-Sea)-1970
Paul THEA
NB : je n’ai pas parlé des complots de 65 et 69 parce que je n’ai aucun élément sur ces périodes.
Les DVD seront en vente sur aminata.com et à New York à la fin du mois (le temps de faire des copies).
www.guineeactu.com
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