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Une armée qui s'illustre par le vol, le viol, l'assassinat de citoyens et par le pillage des biens des populations qu’elle a la mission de protéger, ressemble plutôt à ce chien, bien nourri et bien soigné, qui dépose sa crotte sur son Maître en guise de remerciements. Au 3 avril 1984, l’Armée guinéenne rafistolait son treillis et ses bottes. La misère était si palpable dans ses rangs que certains de ses gradés allaient jusqu’à échanger des mégots de « cigarettes Milo ». Vingt deux ans plus tard, sous la surveillance clairvoyante de son Commandant en chef, le général Lansana Conté, elle a produit une élite qui roule non seulement dans des voitures luxuriantes après avoir fait « pousser » des villas insolemment luxueuses, mais aussi et surtout ceux-là qui, hier, échangeaient des mégots de « Milo » sont aujourd’hui comptés parmi les plus nantis du pays. Pour beaucoup de Guinéens, cette armée soit disant « panafricaniste » n’a fait que s’aventurer en « libératrice » de l’Angola en Guinée-Bissau en passant par le Congo, le Libéria et la Sierra Leone, en servant tout sauf la défense de l’intérêt des guinéens. Pour certains, c’est une armée qui est totalement désavouée par son peuple. Un peuple qui l’a toujours logé, habillé, nourrit, soigné et contre lequel, sous l’ordre du général Lansana Conté, elle a souvent braqué les armes destinées à la défense de la souveraineté nationale. Elle est passée de sa prétendue armée de « libération » à sa véritable vocation d’« instrument de répression ». Depuis que cette armée a malheureusement « goûté » au pouvoir en 1984, elle a plutôt servi d’instrument de dissuasion et de répression pendant toutes les élections multipartites de 1993 à nos jours. Elle a surtout servi à l’enrichissement illicite des hauts gradés de la cours royale présidentielle mêlée à toutes les sauces qui puent l’argent sale. Après la purge des casernes par le général en ce mois de novembre 2005, l’armée est taillée sur mesure pour servir les intérêts de son Commandant en Chef, la famille présidentielle et ses proches alliés alors que la République est reléguée au dernier plan. Il ne faut donc pas compter sur cette armée pour l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée. Ce n’est pas sa vocation. Elle en a été incapable pendant 48 années d’indépendance sous deux républiques. Par contre, là où le dialogue et la concertation échouent, la désobéissance civile, la grève et la rue sont des ingrédients indispensables au changement en Guinée. C’est le bon départ vers le début d’une fin de règne si néfaste à la Guinée. Sans vouloir offenser les quelques bons patriotes et dignes fils qui servent la Guinée honnêtement au sein de cette même Armée, nous ne devons plus accepter des militaires en camouflage civil dans l’arène politique car notre pays a longuement été maltraité par son armée dans tous les domaines. Amadou Sadio Diallo Fondateur et directeur de publication Les Ondes de Guinée
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