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Sans y aller avec le dos de la cuillère, Lansana Conté, c'est le vrai diable dans la peau du sage. Rassurez-vous que quand on se met sur les traces d'un diable, on va droit dans les cavernes. En vérité, ce pays n'ira nulle part si on n'arrête pas ces manœuvres secrètes qui étouffent l'administration guinéenne, si on continue à soutenir le chef de l'ETAT dans cette sphère politique qui met en doute sa capacité de gouverner une nation de 13 millions d'habitants. Que cela soit clair! Nous ne sommes pas contre la personne de Lansana Conté. Nous sommes contre la politique qu'il mène en Guinée depuis son investiture en 1984 à la présidence de la république. Ceci est normal pour faire la part des choses : Nous respectons un président militaire qui aime sa patrie et qui respecte son peuple. Pas un militaire qui prive son peuple de ses droits en tuant les innocents de sang froid et sans état d'âme. Nous voulons un président qui sait se donner au moins le devoir d'expliquer à son peuple pourquoi il signe toutes les 24h des décrets pour ne disqualifier du pouvoir que des hommes intègres du pays capables de relever les défis qui obstruent le développement de notre société. Nous voulons un président qui comprend que, n’étant plus dans ses facultés de diriger sa nation, doit céder le pouvoir pour ne pas voir sombrer celle-ci dans la catastrophe. Nous voulons un président qui comprend que le retard de la Guinée par apport aux autres pays qui nous entourent est dû au laxisme, l'impunité et l'ethnocentrisme. Cette nation est née le 2 octobre 1958 sous l'égide des grandes sensibilités il y a de cela 50 ans. Malgré son âge, elle apprend toujours à marcher et à parler. Dire qu'un demi-siècle n'a pas suffit à ce pays pour organiser son social pour sortir de son coma séculaire, c'est une véritable honte à la face du monde entier. Est-ce une malédiction ou une incompétence notoire des élites ? Pour édifier une nation, il faut des hommes et des bonnes idées. Pour instaurer la paix, il faut la sécurité, de l'autorité et la justice. Pour accéder au développement, il faut le travail, l'investissement et le respect absolu des droits humains. Mais pourquoi chez Lansana Conté les hommes qui veulent respecter ces critères sont-ils rejetés comme des incrédules ou des ennemis de la nation ? Que veut-il réellement ? Maintenir la Guinée dans l'immobilisme et dans ce retard incommensurable - pour que désormais ni lui, ni quelqu'un d'autre n'ait le droit de sortir le pays de cette restriction agonisante dont il est et demeure le seul responsable. Sam Soumah et Idrissa Thiam pour ne citer que ceux-là, ont systématiquement réussi à faire leur nid sur la place publique au regard des gardiens de la paix sans reproche. Ces champions de la détraction par la force du pouvoir ont inversé toutes les tendances au profit de leur intérêt personnel. L'un sans vergogne a intercepté les 500 millions de franc CFA que devraient constituer la contribution du Sénégal pour le cinquantenaire de notre pays. Le malfaiteur interpellé au pm3 (paramilitaire mobile) reconnait les faits et est libéré sous caution verbale d'un homme à l'ombre. L'autre étalon pour les malversations a fait main basse sur les 6 millions de dollars que le KOWEIT a prêtés à la Guinée pour la réalisation de certaines infrastructures qui ne verront jamais le jour. Aujourd'hui, qu'est-ce nous remarquons ? Ces voleurs de grands chemins ont bénéficié sans ambages la caresse du diable. Tandis que Lansana Kouyaté qui a renfloué les caisses de l'ETAT à travers son dynamisme et sa dextérité a été limogé pour des raisons non étayées. De Sidya Touré à Lansana Kouyaté, aucun de ces premiers ministres n'a pu bénéficier de la largesse de Conté lui permettant de travailler librement sans obstruction pour le bien-être de notre nation. Pourquoi tant de haines et de mépris à l'endroit des cerveaux qui veulent bâtir la Guinée à l'image des autres pays où ils ont servi avec une certaine gamme d'expérience considérable ? A mon avis tous ces hommes ne sont pas médiocres. Il suffit de réfléchir un peu pour comprendre que toute personne qui s’interpose entre le clan de Conté et son intérêt ne fera pas long feu au pouvoir. C'est le vrai problème de la Guinée d'aujourd’hui. Pourtant, on ne réussira jamais à résoudre un tel problème sans les mesures radicales. Construire une nation dans l'impunité et dans l'insécurité, c'est comme bâtir un édifice sur du sable mouvant. Mes chers compatriotes, s'il reste encore de l'espoir pour la Guinée, c'est vraiment minime. Bengaly Gassama pour www.guineeactu.com
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