samedi 7 mars 2009
La Guinée s’éveille !
Jacques Kourouma

Combattant pour la justice et le respect des droits du citoyen guinéen, j’ai souvent dérangé les gens de la pensée unique. Ainsi, suis-je taxé, par eux, de tenir des propos violents. Mais ils oublient que j’appartiens à un peuple qui a été démesurément écrasé, humilié et méprisé. A ce titre, mon opposition doit être également démesurée, pour reconquérir la liberté confisquée.

Ceux qui m’admirent ne cessent, eux, de m’encourager à poursuivre, sans relâche, la guerre contre tout ce qui peut constituer, tant soit peu, un obstacle à l’épanouissement intégral du Guinéen.

Au cours du combat, j’avais eu confiance à certains compatriotes que j’avais trouvés, ici et là, sur le champ de bataille. Mais quand nous sommes arrivés au carrefour de l’histoire où devait s’opérer le choix, notre rang s’est éclairci et clairsemé. Etait-ce pour la Guinée qu’ils se battaient ? Ou étaient-ils, là, par stratégie, pour satisfaire un homme ou un groupe d’hommes, ou encore un parti ?

Peut-être naïvement, j’avais cru au combat pour la liberté, la démocratie et la prospérité de la Guinée et de toutes ses populations, sans exception. Peu m’importait, celui ou celle par qui devait venir cette démocratie dans mon pays, si seulement il ou elle était patriote. Avec cet esprit, l’idée de l’existence d’une frange dans nos forces armées, composée de jeunes républicains et patriotes nous avait inspirés. Nous la développions incessamment.

Notre frère et compatriote, Mamadou Billo Sy Savané finit par en être le chantre. Il ne cessa d’écrire des lettres à ces soldats inconnus, mais que nous savions patriotes. Beaucoup parmi nous l’ont lu sur les écrans des sites guinéens.

Jamais, je n’ai cru, un seul moment, que le combat était soutenu et sous-tendu par une autre idéologie que celle de défaire la Guinée du mal endémique qui la rongeait d’année en année et de génération en génération. Ma conviction, devenue certitude tout le long du parcours, était qu’un jour, des patriotes s’emparent du pouvoir dans mon pays, afin de le réhabiliter et de le restaurer (ai-je déjà dis !). Ce qui permettra aux Guinéennes et Guinéens de devenir les artisans du présent et du futur de cette nation qui, obstinément, veut reconquérir sa fierté de pionnière parmi les nations indépendantes du continent noir. Certes, elle sera bâtie désormais sur tant de victimes humaines et trop de souffrance qui, devenue misères, s’était généralisée à toutes les populations.

Quand je pris mon arme de combat qui n’est pas un fusil, mais la plume, j’avais à cœur de contribuer à l’avènement de la Guinée de notre rêve, à nous tous : celle de la démocratie dans laquelle la liberté d’opinion et d’expression ne serait entravée, pour quelle que raison qu’elle soit et par qui que ce soit.

Aujourd’hui, il est déplorable et parfois risible, même si le rire n’exprime pas tout temps la joie, de constater la montée de cette sorte de militants zélés qui confondent tout. Pour eux, il est inadmissible que l’on demande, par exemple, l’audit des anciens PM. Or, Sidya Touré, ancien PM, a été le seul parmi ses paires à réclamer que tous les PM de Conté soient soumis à l’épreuve des audits, à commencer par lui. Il l’avait dit sous le gouvernement né des tueries de janvier-février 2007. Il l’a répété à la prise du pouvoir par les jeunes patriotes en treillis. Pourquoi s’offusque-t-on, maintenant, que je fais mienne cette exigence ?

Les auteurs de la lapidation intellectuelle sont si désemparés, qu’ils sont confus et refusent la rupture qui a embarqué mon pays vers le progrès. Or, sa réalisation ne peut se produire que dans un paysage débarrassé des narcotrafiquants, d’un Etat criminogène, du banditisme et de l’ethnicisme, diviseur social. Placés devant le dénouement de l’évolution que je souhaite irréversible, ils craignent de perdre ce qui fonde leur existence : le mensonge, le népotisme, le culte de la personnalité ou simplement la déification. Que faire, étant donné qu’un malade n’est que malade ? 

Les voilà qui rejouent le même chant du disque longtemps rayé, comme si ce que réalisent les jeunes patriotes au pouvoir, les dérangeait. L’un d’eux est pris de délire et déclame  « qu'il ne note aucun changement d'émancipation économique, social, scolaire et universitaire, politique et philosophique entre la Guinée de 2003 et celle « d'y a deux mois ». Aucun. » Mauvaise foi !

En deux mois, le miracle devrait se produire en Guinée ! Vue superficielle de la profondeur et de la stratification douloureuse d’une société aux politiques assassines depuis 50 ans ! Les prophètes successifs n’ont pas converti (changé les Hommes et leurs pays) aussi facilement.

L’amuseur, journaleux, hier à Conakry, et faisant le pied de grue (vigile) dans ou devant des immeubles en France, n’accuse aucun changement. Normal ! Ne porte-t-il pas le masque sur le net ? Comment celui qui a honte de sa propre image, peut-il voir celle des autres ?

Pour rafraîchir sa mémoire oublieuse, si ce n’est de l’ingratitude, je voudrais que le lecteur sache une chose : je trouve dommage que celui-là que j’ai recueilli, gracieusement en ma demeure en France, tel un colis recommandé, par simple patriotisme, parce que je ne le connaissais ni d’Adam, ni d’Eve, soit amené à m’attaquer sans raison fondée. Passons !

Il ravive des propos que j’ai tenus et que je répéterai, si les mêmes circonstances se présentaient à nouveau. Alors je dis qu’être opposant, ce n’est pas refuser l’évidence ou récuser en bloc, les qualités de son adversaire. En tout cas, je fais la part des choses dans mon combat.

Quand Lansana Conté a mis en application ce que nombre de Guinéens lui demandaient, à savoir débarrasser la Guinée de Lancinè Kouyaté, je ne pouvais lui dénier cela. Et j’affirme, ici, que la Guinée actuelle n’est pas comparable à celle d’y a un peu plus de deux mois. Les faits justifient ma déclaration.

Que nous disent actuellement les parents du pays, quand nous leur téléphonons ? C’est cela qui prime et pèse de tout son poids dans mon analyse de la situation guinéenne, depuis le 23 décembre 2008.

Il n’y a pas lieu de débattre avec ceux pour lesquels, il n’existerait qu’un seul individu. Cette sorte de super homme, doublé d’une telle intelligence hyper surdimensionnée, et qui disposerait, lui seul, de la capacité de transformer la Guinée. Tel esprit n’est que simplement formaté par l’absolue vanité qui n’est pas, malheureusement, une qualité humaine. Une telle disposition d’esprit, une telle manière de pensée ne pourrait relever que d’un zèle qui encombre celui au sujet duquel est faite l’affirmation.

J’ai toujours cru que la démocratie, c’est bien la possibilité qui offre au citoyen, selon son intelligence, son expérience et ses valeurs, les outils de l’amélioration matérielle de son existence, de son épanouissement culturel, social et intellectuel. Et pourquoi pas de son perfectionnement continu ? 

A ce titre, je suis de ceux qui croient que tous les citoyens peuvent jouer un rôle dans le développement de leur pays. Et que c’est la somme de cette contribution qui les rend acteurs et responsables du devenir de notre Patrie. Ceux qui jouent au héros ou à l’homme providence, n’ont donc pas de place dans la démocratie guinéenne qui s’annonce parcimonieusement, mais avec assurance. Les Guinéens savent faire le tri de la bonne graine de l’ivraie. L’heure de cette opération sonnera !

Aujourd’hui, ce sont les membres du CNDD et du gouvernement qui jouent leur part de l’histoire commune. Cependant, et contrairement aux oiseaux de malheur, ils ne sont pas ce qu’on veut nous faire croire. Ils sont entrain de mettre le pays sur les rails, pour faciliter sa marche de demain. La majorité des Guinéens se sent proche d’eux et se reconnaît dans leur parcours actuel. Que cela plaise ou non aux honteux et piteux faiseurs de roi !

Les patriotes soutiennent le CNDD et sont fiers d’avoir à la tête de la Guinée, ces jeunes patriotes qui ont osé déboulonner les inamovibles officiers supérieurs de nos forces armées, plusieurs fois ordonnateurs de crimes d’Etat.

Les Guinéens aimant leur pays adhèrent massivement à l’œuvre entreprise par les nouvelles autorités. Chaque jour qui passe, annonce la concrétisation qui se sent, se vit et se voit, de manière spontanée.

La dernière est venue des populations de Boké. Et les Guinéens, sur toute l’étendue du territoire, constatent avec bonheur, la transformation du pays. Bien sûr que tout n’est pas parfait ! Ne s’agit-il pas d’une œuvre humaine ?

J’ai habitude de dire que ce qui sort de l’obscurité et se dirige vers la lumière finit par être éclairé et donc discerné. Le CNDD nous apporte ce que les deux précédents régimes n’ont jamais pu ou même commencer pendant des décennies. Avec nos jeunes patriotes, l’espoir est permis, car ils ont interrompu un processus meurtrier qui allait se régénérer.

Déjà, le ciel de Guinée a commencé à s’illuminer ! Apparaissent la fierté d’être Guinéen, le discours de vérité et sa mise en pratique sans passerelle, le patriotisme de l’homme au pouvoir, le respect des droits du citoyen, …, etc. Il se pointe à l’horizon guinéen les valeurs de probité, du franc parlé qui jadis, étaient affectées par la corruption et l’impunité. Dans leur sillon, creusons les cachots où nous devrons enterrer définitivement le mensonge, comme nous l’avons vécu, par exemple, récemment à propos d’Ousmane Conté.

A côté de cela, la vie devient lentement, mais sûrement, moins chère et donc moins coûteuse au panier de la ménagère. L’argent sale est entrain de disparaître aussi sûrement que les nouvelles autorités sont confiantes dans le nettoyage programmé. Cela est palpable de visu dans le quotidien guinéen maintenant. Ce qui signifie que le travail va être désormais honoré.

Les narcotrafiquants sont débusqués, le banditisme bat de l’aile et la Guinée respire de l’air frais qui vient gonfler les poumons du citoyen d’un orgueil : appartenir à un Etat qui ne sera plus confondu avec un autre. Etre d’une nation respectueuse des droits humains et garantissant la sécurité des citoyens. A ce niveau, nos parents s’accordent à Conakry, et de façon unanime, que Claude PIVI est aujourd’hui l’artisan principal de cette sécurisation de nos compatriotes. Il le fait avec abnégation et don de soi. L’on peut condamner ces propos, mais ils reflètent l’évidente réalité de nos jours.

Que cherchions-nous, chers compatriotes ?

Quel était le sens du combat que nous menions depuis des décennies ?

Pourquoi y a-t-il eu tous ces martyrs ?

Comment voulons-nous construire ce pays assez meurtri ?

Qui fera cette Guinée qui ne tuera plus ses enfants ?

Comment faire de sorte qu’il n’exclue plus aucun de ses enfants ?

N’est-il pas possible que notre pays n’assiste plus,  impuissant, à la mort prématurée de ses enfants, lors des manifestations légitimes, dans le train d’atterrissage des avions ou entendre leur disparition dans les eaux des océans et mers pendant la traversée, parce que les gouvernants ne les ont offert aucun espoir ?

Maintenant la Guinée s’éveille ! Accompagnons-la !

La voilà qui se dresse et se redresse lentement, confiante en ses enfants qui veulent la couvrir d’honneur et non d’horreur, de progrès et non de regret, de bonheur et non de misère.

Oui notre pays à pris son envol, à nous de le soutenir, pour que le vol soit équilibré et harmonieux, sous la bannière de la cohésion de toutes ses composantes humaines.

Il ne sert plus rien de s’arc-bouter dans la sempiternelle et stérile critique, sans l’accompagner de propositions. Si nous ne nous impliquions pas dans le renouveau de la mère patrie, elle restera en l’état. Apportons plutôt de l’eau aux moules, desquelles sortiront les matériaux de la construction de la Guinée nouvelle.

Que le soleil de la liberté réchauffe la culture de tant d’années de pourriture, pour permettre à nos braves soldats de débarrasser la terre de nos ancêtres de toute cruauté et ignominie, de toute pratique abominable et criminelle !

Que le soleil irradie toute cette terre de ses rayons radieux afin que poussent, partout et également dans le cœur de chaque enfant de ce beau pays, les racines de sa renaissance !

Paris, 6 mars 2009


Jacques KOUROUMA
pour www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Bah-Diallo, dimanche 8 mars 2009
merci Jacques c`est ton rôle, ni critique pas fais des proposition utile
M.FALL, samedi 7 mars 2009
M . Kourouma Pour une fois, je vous encourage, pour ce style d’argumentaire sans insultes ni attaques crypto personnelles. Le style de ce texte est différent des autres que vous aviez l’habitude de nous servir. La guinée a besoin de débats constructifs pour avancer ; Ceci étant dit je ne suis pas du tout d’accord avec votre analyse car je ne considère pas des militaires qui ont servi un dictateur, en usant de leurs armes et en assassinant une population innocente comme des patriotes. Ces militaires s’ils étaient patriotes ils auraient mis fin aux dérives du dictateur Conté, sans attendre sa mort pour faire un « coup d’état » sur son cadavre. Je suis désolé mais la bande à PIVI n’est pas un exemple de patriotisme. En outre je ne vois pas de quel changement vous parler pour l’instant en guinée. Maintenant restons vigilants et ne soyons pas que des laudateurs afin que la Guinée entre dans le carré des pays démocratiques. Si le CNDD parvient à préserver l’unité nationale et à organiser des élections libres et transparentes alors seulement alors nous leur féliciterons. Pour l’instant le CNDD ne rassure pas à cause de ses intimidations donc nous devons rester sous nos gardes pour éviter l’installation d’une nouvelle dictature.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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