vendredi 14 août 2009
La Guinée pourra-t-elle transformer ses échecs en victoires ?
Andrée Kébé

Je remercie par avance toutes les personnes qui prendront 5 minutes de leurs temps précieux pour parcourir ces quelques lignes.

 

Un petit rappel des différentes formes de démocraties en Guinée :

 

A. De 1898 à 1957 : la Guinée était sous la domination française donc il n y avait pas de démocratie. C’était la colonisation.

 

B. De 1958 à 1984 : la Guinée indépendante avait une forme démocratie appelée démocratie populaire : c’était un régime à parti unique, d’inspiration marxiste comme c’était le cas dans les pays d’Europe centrale et orientale, supprimés pour la plupart en 1990. Aujourd’hui encore, la Chine, la Corée du Nord, le Cuba, le Laos, l’Algérie et le Viêtnam se définissent comme des « démocraties populaires ».

 

C. De 1984 à 2008 : la Guinée a « posé quelques jalons d’une démocratie libérale :

* le multipartisme « à l’africaine »

* la liberté partielle de la presse.

 

D. En 2009 : la Guinée se bat afin de mettre en place une démocratie libérale véritable (plus complète) :

* la démocratie avec une limitation du mandat présidentiel (2 mandats de cinq ans),

* le multipartisme réel sans falsification des bulletins de votes,

* la liberté totale de la presse,

* la liberté de la justice sans corruption ni favoritisme.

 

La Guinée est aujourd’hui dans une phase très critique de son histoire.

 

Est-ce pour autant que les Guinéens doivent baisser les bras ?

Est-ce une raison pour que les Guinéens soient très pessimistes ?

 

J’entends souvent des déclarations de certains Guinéens ou Guinéennes affirmant que :

« La Guinée est un pays maudit »,

« Avec 50 ans d’indépendance nous n’avons rien fait »

« Les Guinéens sont méchants », « Les Guinéens sont limités » etc.

 

Est-ce la manière la plus judicieuse ou la plus intelligente de nous en sortir ? De nous développer ?

 

Comme dirait Dale Carnegie :

« Le premier imbécile venu est capable de critiquer, de condamner et de se plaindre. Mais il faut de la noblesse et de la maîtrise de soi pour comprendre et pardonner ».

 

Un homme intelligent fait des critiques constructives, il pose des bonnes questions. Et lorsqu’il y a des problèmes, un être intelligent dira : s’il y a des problèmes donc il doit y avoir des solutions. Il se posera toujours la question, est-ce vraiment important de faire ceci ou cela ? Il cherchera la manière la plus intelligente de résoudre les problèmes.

 

Il ne s’agit pas d’être instruit pour être intelligent.

 

Un être intelligent c’est quelqu’un qui est capable de faire avancer les choses dans les situations les plus critiques. En cherchant des solutions optimistes qui feront avancer les choses.

 

Aujourd’hui, la Guinée se trouve dans une situation chaotique mais n’est-ce pas mieux pour elle de transformer ces échecs en victoires ?

 

Comme dirait David J. Schwartz :

« Il faut avoir la suite dans les idées et la volonté de ne jamais se laisser abattre ».

« Il est impossible d’attendre une grande réussite sans connaître, au préalable, des résistances, des difficultés, des revers. Mais on peut prendre appui sur ceux-ci pour aller de l’avant ».

 

Je termine cet article en vous citant les cinq attitudes à avoir pour transformer l’échec en victoire selon M. Schwartz :

 

1.  Étudiez les causes de vos échecs, tirez-en la leçon qui s’impose et préparez-vous à réussir la prochaine fois.

 

2.  Ayez le courage de faire votre autocritique de manière constructive. Faites l’examen de vos faiblesses et de vos défauts pour les corriger. Vous deviendrez ainsi un vrai professionnel.

 

3.  Ne vous en prenez pas à la malchance. Étudiez chacun de vos échecs ; recherchez-en la cause. Vous en prendre à la malchance ne vous mènera jamais à rien.

 

4.  Associez la persévérance au goût de l’expérimentation. Ne renoncez pas à vos objectifs, mais ne vous frappez pas la tête contre les murs. Adoptez de nouvelles approches. Expérimentez.

 

5.  N’oubliez pas que toute situation a son bon côté. Trouvez-le, vous surmonterez ainsi le découragement.

 

Si chaque Guinéen et chaque Guinéenne désirant aider la Guinée à atteindre ses objectifs appliquait ces 5 principes de M. Schwartz je pense alors que la Guinée fera un pas de Géant vers le développement.

 

Bon courage à tous.

 

Puisse le bon Dieu aider la Guinée à dépasser ses objectifs - Amin.

 

A bientôt

 

 
Andrée Kébé

 

 

www.guineeactu.com

 

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Ansoumane Doré, mercredi 19 août 2009
C`est un bon synopsis de l`évolution de la Guinée et c`est une bonne chose pour les jeunes.Je vais cependant faire deux ou trois petites remarques qui n`enlèvent pas grand`chose au texte d`Andrée Kébé.D`abord,je demeure réservé sur la citation de Dale Carnegie, le contexte démocratique de Carnegie n`a rien à voir avec notre contexte guinéen. Certes, certains jugements peuvent avoir une portée universelle,mais, nous Guinéens, vivons une situation surréaliste depuis 50 ans qui fait qu`il est difficile de nous appliquer les bons mots d`ailleurs. Esuite, quand Andrée écrit: "un homme intelligent fait des critiques constructives", je réponds mais ma soeur des Guinéens ont toujours fait des critiques constructives sans aucun résultats.Enfin, "transformer ses échecs en victoires", ressemble plus à un slogan qu`à une réalité.Le champ de nos échecs nationaux est si vaste que le réalisme devra commander que pour toute perspective de victoires, il faudra viser des domaines-cibles de victoires pour changer et non s`attaquer à tout en même temps. Pour terminer, faut-il soulever la question de la démocratie sous la colonisation? Nul ne peut raisonnablement défendre le système politique appliqué à des colonies. Mais s`il ya un domaine où les jeuns générations de Guinéens ont connu de profondes déformations de la réalité historique, c`est bien ce domaine.C`est pourquoi, je trouve que la remarque de Fayah Millimouno pertinente.Le système politique en vigeueur dans les colonies d`Afrique de 1946 à 1958,était démocratiquement supérieur poyur les libertés individuelles que le système installé en Guinée après 1958.C`est d`ailleurs cette démocratie qui nous a conduits à l`indépendance sans guerre.Mais, c`était de bonne guerre,pour nos dirigeants politiques qui voulaient consolider leurs pouvoirs de présenter tout le passé sous régime d`enfer.Tous ceux qui ont connu la période de l`après-seconde guerre mondiale (1939-1945, vous diront qu`après 1946, nous avons vécu un temps que beaucoup de Guinéens regretteront après 1958.
Abdoul Latif Haidara, mercredi 19 août 2009
Merci Mme Kébé. Votre article me redonne du tonus dans le combat actuel pour l`établissement d`une véritble démocratie et un Etat de droit en Guinée. Je voudrais garder le contact avec vous toutes fins utiles. Ce n`est pas pour être négatif mais l`horizon est vraiment sombre après le petit qu`avait suscité la prise du pouvoir par l`armée.
Faya L. Millimouno, lundi 17 août 2009
Félicitations à Madame Kébé pour ce message assez optimiste. Je suis personnellement très optimiste quant à l’avenir de la Guinée ; cela si et seulement si les guinéens que nous sommes arrêtons de bavarder pour se mettre au travail. Il y a par contre des fausses notes qu’il faut relever dans le message de Madame Kébé quand elle essaye de manœuvrer avec les faits historiques. En effet, durant la période de 1898 à 1958, la Guinée était certes sous domination française, mais les dernières années de cette période étaient marquées par une vie démocratique que la Guinée n’a pas connue durant ses 50 années d’indépendance. Immédiatement avant l’indépendance, il y avait plusieurs partis politiques en Guinée. Les élections étaient libres et transparentes. Rien qu’à se rappeler que le colon a organisé le référendum du 28 septembre 1958 et l’a perdu nous fait admettre qu’il y avait de la transparence. C’est le régime dictatorial de M. Sékou Touré qui a mis fin à ce processus démocratique. Depuis, c’est l’enfer pour la Guinée et les guinéens. Depuis, aucune élection n’a plus jamais été perdue par l’autorité qui l’a organisée. Si vous en connaissez, aidez-moi. Des dictateurs comme M. Sékou Toure, M. Fidel Castro, M. Kim Young Il, etc. je peux comprendre leur tentative de justifier l’injustifiable en faisant passer leurs régimes de formes de démocratie, mais pas de la part d’une Madame Kébé qui bénéficie des vertus de la démocratie en vivant en France. Pour ceux et celles qui admirent tant la « démocratie à la sékoutouréenne », vous seriez plus conséquents avec vous-mêmes en vous exilant en Corée du Nord, seul pays aujourd’hui qui s’inspire véritablement de l’idéologie marxiste-léniniste.
mama diallo et mariatou diallo, lundi 17 août 2009
Nous avons lu ton article et nous t`encourageons à poursuive dans cette voie car la guinée à besoin de femmes comme toi audacieuse et battante bonne continuation bisous. Madame Diallo Mariatou et Mama
Modibo, UK, samedi 15 août 2009
Il y’a eu d’abord les Mme Baud, Mme Kebe, Bilguissa etc…Puis, Mme Jose Marie et Mme Sanaba. Maintenant il s’ajoute a ces braves femmes de la “Guinee Diasporique”, soucieuses de l’avenir de leur pays, une autre Dame aux idees sages et conciliatrices, Andree Kebe. Je formule ici le vœux ardent de voir d’autres femmes de la classe des Andres Baud Marie Kebe et Bilguissa, venir grossir le nombre des celles citees. C’est d’importance, car l’histoire nous enseigne que les femmes reussissent souvent la ou les hommes echouent. Et en Guinee les hommes n’ont pas reussi a changer la donne pendant 50 a causes de la jalousie des querelles intestines et mesquines que les uns nourrissent a l’egard des autres. Mais avec leur instinct et leur amour maternels, ces femmes et bien d’autres, connues ou inconnues, luttant positivement dans l’ombre, loin, a la lisiere de la scene et du champ de represenattion politique, reussiront a exhorciser le mal male qui vit et sevit en nous, afin qu’emerge en Guinee une societe unie et prospere A propos, qu’il me soit permis de citer de passage, l’eminent conteur Guineen Amadou Sow, qui disait en pular bien sur « D ebboh Mara Legnol, Sbouna si Debboh no Mari legnol ko Guigol ngol inne tee » Ce qui se traduit a peu pres comme suit : la femme n’a pas d’ethnie et si elle en a une, celle ci s’appellerait Amour. Que les maitres de la parole me rectifient si je me trompe. En effet, l’amour maternel, l’esprit de tolerance et la patience au feminin sont des vertus que nous avons besoin pour sortir notre pays de l’orniere et nous guerrir des considerations non seulement nefastes mais aussi negatives, dans lesquelles nous nous sommes fossilises au mepris de la necessite d’un changement radical de pratiques d’attitude et de mentalite, tel que nous l’exige notre epoque. En tout cas, c’est cela qui brisera le cerle vicieux de la haine et eteindra le feu de l’ethnocentrisme qui consume notre societe. Mme Andree vous prechez ici donc l’amour du pays, de soi et d’autrui sachant que c’est ce qui construit l’unite sur des bases solides. Encore une fois soyez en vivement remerciee. Dans l’espoir donc de vous lire desormais regulierement, permettez moi de vous souhaiter bcp de courage et d’abnegation dans votre combat.
Koundouno Fatoma, samedi 15 août 2009
Excellente analyse ma soeur! C`est Un vrai voyage dans le passé guinéen. Que pouvons-nous faire sans vous les femmes? Aidez-nous à construire ce pays.
Oumar Bah, samedi 15 août 2009
vous savez les femmes guineenes sont plutot optimistes,elles croient que le pays ne restera pas dans ce gouffre en tout cas pas pour longtemps.Ma soeur,notre pays est dans un trou,la seule chose qui nous arrangerait c`est la refonte pure et totale ce pays.Tout est a reffaire,et c`est cela notre combat.
André Loua, vendredi 14 août 2009
Vous êtes une inspiration.
diaby, vendredi 14 août 2009
Ma sœur Le problème de la guinée est un problème d`homme comme beaucoup d`autres personnes l`on dit ,il n`y a pas de patriotes tout ceux qui crient aujourd`hui ne sont que des égoïstes assoiffés de pouvoirs ,personne pour dire voila une proposition de sortie de crise asseyons nous et trouvons une solution . du courage car la femme est par excellence un instrument pour l`union au sein de toutes les sociétés humaines.
Alphady Sy, vendredi 14 août 2009
Ma sœur, Merci pour tes conseils. Espérons que ceux qui se sont auto proclamés dirigeants de notre pays vont appliquer ta recette afin que nous sortions de cette situation inacceptable. Nous n`attendons pas de Dadis et du CNDD des miracles, du courant, de l`eau; la seule chose que nous voulons c`est qu`ils RENDENT LE POUVOIR AU PEUPLE.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011