 |
En ce mois de commémoration de l'abolition du commerce transatlantique des esclaves, crime le plus odieux perpétré, contre l'humanité de l'homme noir. C'est à se demander, si nous avons pris l'exacte mesure de l'amplitude de la tragédie, de la destinée de notre « race » sur terre.
Le racisme interafricain (ethnoracisme) a lui tout seul, permit l'asservissement du peuple noir par les Orientaux avant de trouver son paroxysme dans le triangle ghenniques des atlantiques. Ce faisant, tout d’un continent et sa race de Nègres, le marchepied, du développement du reste de l'humanité.
Hier pour une poignée de verroteries, de gadgets ou quelques litrons de liqueur, les roitelets locaux mettaient à feu et à sang des contrées entières. Ils finiront par avoir pour dénominateur commun, la mise sous cloche coloniale, par le même envahisseur Blanc.
L’ethnoracisme, c'est-à-dire le racisme interafricain est d'une violence meurtrière qui n'a rien à envier au racisme ordinaire que la Diaspora Noire subit en Europe, en Amérique et plus pernicieusement encore dans le monde arabo-musulman, si ce n'est le pire en Asie.
L'ethnoracisme participe d'une mauvaise hygiène de vie mentale, d'un vice dans l'éducation théologique, la formation et l’information de nos compatriotes quant à l'appropriation des valeurs républicaines de solidarité, de fraternité et d'égale opportunité de droit et de chance devant la vie. Surtout de l'implémention dans un patriotisme intégral, de la sainte trinité de notre devise nationale de justice dans la solidarité pour l’émancipation économique par le travail, et ceci dans les actes.
Pour le cas singulier de notre pays, le phénomène s'est démultiplié avec la juxtaposition explosive des impérialismes locaux notamment l'hégémonisme Malinké et Peulh, qui se sont assigné une mission de civilisation en direction des autres communautés. Et de la confiscation du pouvoir comme un butin politique ou électoral à partager avec des alliés à géométrie ethnique variable.
Cette vision politique est indigne de notre pays : Je donne la Primature à mes oncles soussous, pendant qu’on y est, pourquoi pas le Parlement aux enturbannés de la coordination mandée. La Guinée n’est pas une Monarchie, il serait temps de sortir de cet obscurantisme politique moyenâgeux. Le Président Condé doit arrêter de ruser avec l’angélisme naïf des Guinéens, de ruser avec la constitution car la mauvaise foi, l’indécence morale a des limites, au risque de faire imploser la Guinée : « la Guinée n’est plus incassable » !!!
En tous les cas, une thérapie collective dans un civisme intégral s'impose pour dépolluer les esprits et les cœurs. Hier l'Etat guinéen était malade de son armée. Au jour d'aujourd'hui, la Guinée est malade de ses ethnies, de son Président tourneboulé par son aveuglement ethnique dopé par un machiavélisme maladif et écervelé. Il est loin de donner l'exemple d'un homme de dialogue et d'ouverture, il continue sa barbouzerie électorale dans une exploitation bananièrement politicienne de l’ethno-nationalisme malinké. Comment peut-il, après avoir clamé urbi et orbi être démocratiquement élu, vouloir encore se comporter comme un vulgaire autocrate ?
Dès lors, ce qui était censé être une saine rivalité a viré en un cannibalisme politique, sans précédent. C'est le moment ou jamais que des Personnes-Ressources reprennent la dignité du débat politique NATIONAL des mains de cette lumpen-intelligentsia (malinké et peulh) vautrée dans un chauvinisme ethnique meurtrier, qui a atteint des seuils pathologiques affligeants, avant qu'un tsunami de haines, fait d'indécence intellectuelle et d'indignité morale, ne fasse voler, en éclat la coexistence pacifiques de la communauté nationale.
Le repli identitaire, la prégnance de l'ethnophobie est la conséquence de la faillite de notre système politique, du déficit chronique de confiance en la Guinée indépendante qui n'a pas pu garantir les libertés publiques de la personne et de ses biens, qui a muté en prédateur des droits humains : c’est tout simplement scandaleux que des peuples logés à la même enseigne religieuse qui ont en partage l’unicité de l’espèce humaine, en sus des civilités islamiques séculaires, le fonds commun des âges des humanités africaines, continuent en dépit du bon sens, de s’accommoder en toute honte, d’un ethnocentrisme ténu, de s'étriper comme de pauvre imbéciles heureux.
A des fins pédagogiques, il convient de rappeler à une certaine bien-pensance politicienne, que la Guinée n'est pas la continuité historique du Mandée, que la Guinée ne peut, non plus, être sauvée que par le despotisme éclairé d'un certain leadership peulh. La Guinée était juste un élément du puzzle, du cadastre colonial, forgé de toutes pièces pour le besoin de l'impérialisme français. Il appartient, désormais, à ceux qui y vivent de faire de sa stabilité, de la Paix, le levain de son émergence économique.
Notre communauté de destin doit s’enrichir de la complémentarité réciproque des ethnies, de la mutualisation des talents et compétence de ce pays, gage pérenne de l'émergence économique que nous appelons de tous nos vœux.
Le Président Condé doit s'extirper de sa petite personne d'Opposant hystérique, pour se mettre au-dessus de la mêlée ethnique, en relevant la dignité de la fonction présidentielle, aider les Guinéens à se mettre au travail, en lieu et place, de leur demander de se mettre à son service pour s'assurer une longévité politique. Le sacerdoce présidentiel est à ce prix, en gros le salut de la Guinée avec. Car l'ère du messianisme politique et de l'unanimisme grégaire autour du tyranneau présidentiel, appartient désormais à l'histoire.
Nous voulons une gouvernance moderne, tournée vers l'avenir, genre que sera la Guinée en 2058 et non cette peur reptilienne de l'avenir qui nous engloutirait dans les fosses commune du capharnaüm de 1958.
Alpha Oumar Fela Barry, Paris
www.guineeactu.com
|
 |