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Actuellement, ceux qui ne voient tout rouge pour ne pas écrire noir, en Guinée m’étonnent.
Alors que nous parlons, tous du même pays, je ne vois, en eux, aucune stratégie qui puisse nous orienter vers la sortie de la situation que beaucoup décrivent avec malice et, parfois, mauvaise foi. Ils sont même incapables de susciter et nourrir le débat de façon démocratique. Les voilà entrant en furie dès que quelqu’un émet ses idées. Et ils parlent de patriotisme, de démocratie, mais incapables d’une organisation digne ! Pensons-nous que c’est la parcellarisation des efforts que la Guinée se construira ? Erreur !
La semaine dernière, Chantale Colle, dans une conférence de presse, a tenu le langage de la vérité que peu d’Hommes sont en mesure, en Guinée de tenir. Et la meute s’est mise en mouvement. Elle s’est faite une raison pour se prévaloir plus Guinéenne qu’elle.
A ses yeux, Chantale Colle ne serait qu’une Franco-guinéenne comme si de nombreux Guinéens ne détiennent pas la double nationalité ?
J’ai toujours pensé qu’il ne s’agit pas de réclamer la nationalité ou de s’égosiller en déclamant son origine guinéenne. Il faut, plutôt, l’assumer à travers des actes patriotiques positifs et productifs. Je suis certain que chacun peut apporter sa contribution, si minime soit-elle, pourvu qu’elle aide à faire avancer la Guinée, améliorer les conditions de vie de ses populations.
A ce niveau, il serait intéressant de savoir l’apport, de ceux qui crient, s’insurgent ou déforment la réalité, au nom du changement dont ils sont les hérauts sans avoir le courage de poser des actes constructifs.
Tout de suite, certains vont m’interroger sur ma contribution. Je ne répondrai pas parce que ce que je fais pour mon pays et à certains de ses enfants n’a point besoin d’être crié sur la toile ou sur le toit. Les bénéficiaires, seuls peuvent, un jour, en témoigner.
Par contre, je me sens à l’aise en évoquant ce qui est fait par mes compatriotes. L’exemple le plus frais est l’acte que vient de poser Chantale Colle, il y a seulement quelques heures.
Ce week end, la plupart des chefs et responsables des entreprises implantées dans notre pays ont eu une rencontre avec le CNDD. Parmi eux, il y a de nombreux Guinéens.
De tous, voilà, seules Chantale Colle et sa société, Areeba qui emploie d’ailleurs, à pourcentage élevé, de jeunes Guinéens, ont octroyé 500 millions de francs guinéens aux autorités de Conakry pour les aider dans la quête de solution à l’épineux problème récurrent de l’électricité et l’eau.
J’imagine déjà des fariboles des éternels insatisfaits. Je les entends bientôt dire, oui, c’est normal ! C’est de l’argent volé. Tout de suite, il faut les renvoyer à leur malheur en répondant : combien de Guinéens ont-ils volé et quels sont ceux parmi eux qui ont lâché un centime pour la cause du pays ? Tout dernièrement, certains bananas, importateurs de produits avariés en Guinée, singeaient en offrant quelques maigres billets de banque qui dénotent leur cupidité.
Ne se sont-ils pas enrichis de la largesse des autorités guinéennes durant 24 ans?
Ils ne payaient aucune taxe, mais se souciaient peu ou pas du tout des besoins des Guinéens.
Comme le robinet paradisiaque est entrain d’être vissé, ils livrent pour les uns à l’exil volontaire et abandonnent le pays qui leur a tant donné pendant les 24 ans de règne d’un système à l’antipode du progrès. Pourtant, c’est sous cette ère qu’ils ont institué ce que j’ai qualifié la mafiaguinée. Cette mafia est exposée aujourd’hui au grand jour à travers les narcotrafiquants, les illustres, mais honteux marchands de sommeil qui s’appelaient, hier, Hommes forts du régime, amis du Président, opérateurs économiques. Maintenant nous savons que la majorité de cette pléiade n’a été pour la Guinée que des prébendiers. Pour les autres, ils font alimenter certains sites de mensonges, en escomptant y trouver la voie à leur proche retour.
Les vérités de Chantale Colle dites lors de la conférence de presse de la semaine écoulée ont fait dire à certains concitoyens qu’elles étaient l’expression d’un règlement de compte. De quel compte s’agirait-il ?
Ne dit-on pas que seules les tortues savent comment se mordre ?
Dans le contexte actuel, et Chantale, et les personnes qu’elles dénoncent occupent quelle position ?
Mamadou Sylla accusé, Roda Fawaz dénoncé, Lansinè Kouyaté cité, Rougui Barry dévoilée ! Pourquoi ceux-là et pas d’autres ? D’ailleurs, les avons-nous entendues après qu’elles soient pointées du doigt ? Celle qui parle ainsi, les connaîtrait-elle pas suffisamment pour les avoir pratiqués auprès de son père adoptif ?
Où se trouve la part du règlement de compte quand l’on sait, sans avoir besoin d’être un agent du FBI, que ces personnalités, entre autres, sont souvent citées comme les maillons de la cheville ouvrière du mal guinéen ? Par qui étaient venus, en partie, les événements de janvier et février ?
De son vivant, Lansana Conté, que j’ai combattu, faisait bien la part entre Chantale, sa fille adoptive et Mamadou Sylla, son ami. A la lecture des événements qui se déroulent depuis le 23 décembre 2008, l’on discerne bien cette distinction dans le positionnement des deux.
La fille adoptive, que j’ai aussi combattue, reste fidèle à son père adoptif. Quel enfant ne le fera-t-il pas ? Ne voyons-nous pas Mohamed Touré reconnaître à son défunt père des mérites que d’aucuns lui récusent ? C’est cela la dignité humaine : reste fidèle à ses engagements quoi qui advienne !
Mais que sont devenus les amis d’hier ? Leur amitié pour Lansana Conté a volé en éclat dès qu’il s’est couché du sommeil éternel. Ils n’ont même pas été capables de traiter dignement son corps qui fut abandonné, une fois l’âme rendue.
A sa mort (repos à son âme), le doyen Ba a été présenté par tous comme celui qui disait sa vérité à tous et quand cela s’imposait. Chantale a dit à sa façon la sienne.
Depuis la prise du pouvoir par le CNDD, qu’on me dise lequel des dignitaires du système conté s’est réclamé, haut et fort, de l’héritage de Lansana Conté ? Bien au contraire, ils se sont montrés poltrons, couards et cyniques, en rejetant toutes leurs forfaitures sur un mort. Il n’y a Chantale Colle qui le fait !
Cela me faire dire que seul le menteur a pour témoin un mort.
Ceci écrit, je comprends la réaction tout azimut suscité par « Nauséabonde campagne ». Puisse chacun faire son examen de conscience, surtout ceux qui inventent des sornettes et débitent des fariboles.
Quelqu’un m’a demandé : Et Kader ? Voyez-vous, je ne parle que de ce que je sais. Je suis au stade de mon investigation à ce propos.
La question qui se pose à la Guinée n’est pas ethnique dans mon dernier article. Elle est singulière à certains compatriotes à insuffisance humaine. Donc, il ne me vient point à l’idée de confondre ces particules humaines à l’ensemble de leur communauté. Je deviendrai dans ce cas, pire qu’eux, ces illuminés qui horripilent.
La question est fondamentale est celle de la conviction du Guinéen. Elle nécessite que ceux qui veulent le vrai changement sortent de leur tannière pour se lancer dans la vraie bataille de la rupture. Celle-ci devrait venir du développement d’une autre stratégie que celle que la Guinée connaît depuis le premier complot qui est la semence de l’opposition qui cancérise la marche de mon compatriote et freine l’évolution de la Guinée. Dès le 23 décembre 2008, j’avais appelé à une autre stratégie : s’ouvrir au CNDD et accompagner ses animateurs en demeurant vigilant pour que la transition soit conduite heureusement. J’avais sonné l’alarme en disant que le chemin d’une opposition systématique est inféconde et donc stérile pour amener la Guinée à la lumière de la démocratie.
Aujourd’hui, comme hier et avant-hier, on crie de nouveau au loup dans la bergerie. On invente, on déforme la réalité, place est faite à l’intoxication à outrance. Or, quand les auteurs reviennent au bon sens, ils disent : « Personne ne viendra faire à notre place »
N’est-ce pas facile à dire ?
Alors faisons la Guinée par nous-mêmes. Comment ?
Chacun de nous détient, au moins, une réponse. Et ce sont par ces réponses que notre pays, la Guinée s’en sortira et non en nous figeant dans une opposition improductive ayant pour véhicule des critiques futiles.
Jacques KOUROUMA
Pour www.guineeactu.com
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