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Dans notre territoire rendu « narco-banano-colatier » par ses propres dirigeants, rien ne s’y passe car tout s’y passe ! On ne sait pas qui fait quoi ni quoi faire de qui que ce soit ! On ressent le pouvoir mais sans en voir le vrai visage. Le général Conté traîne sur son trône grâce à son armée, plus privée que nationale. En réalité qui gouverne la Guinée ? Le général Conté ? Henriette Conté ? Le clan Conté ? J’avoue ne pas le savoir avec précision, mais je constate la lourde présence, sans support légal, de la ménagère Henriette au sommet du pouvoir ! Tout ce que nous savons, c’est que notre pays recule tous les jours ! Pas parce que c’est une femme qui y fait la pluie ou autre chose mais, en partie seulement, du simple fait que cette « Première Dame » outrepasse outrageusement, avec la bénédiction de son mari, son rôle qui ne devrait être que protocolaire. C’est une conseillère tout à fait proche, mais certainement cloche ! Il faut préférer l’honneur aux honneurs et, parmi ces derniers, il faut savoir en refuser ! Dans cette Guinée de Conté, on embarque des ministres, on en débarque d’autres, à tout moment et en toutes circonstances. Depuis que Conté s’est embarqué, on n’a jamais pu le débarquer ! C’est pourtant possible sans effusion de sang ! En effet, Monsieur Somparé avait toutes les chances d’entrer dans l’Histoire en faisant constater l’ « incapacité de Conté » ! Comme il a peur des histoires (en sciant la branche sur laquelle il repose) et n’ose pas faire face à l’Histoire, je lui conseille la géographie, en accompagnant tranquillement Conté jusque dans son village natal, avec toute sa maisonnée ! Pour l’enterrer, le moment venu, on pensera à la géologie ! On a parlé de débarquement, Ousmane Doré vient d’être débarqué, avec d’autres. Sa planche était bien savonnée. J’avais dit que c’était un ministre à l’étroit ; on lui a fait prendre le large, après l’avoir décoré ! C’est ainsi que tout fonctionne en Guinée : on vous caresse au départ, puis on vous pince à n’importe quel moment ! Le Général Conté est un chef rancunier aux besoins pécuniaires immenses. Amateur d’argent de rente, il fera venir en surface tous ses proches dans ce climat de médiocrité ! Quiconque tente de freiner sa kleptomanie boulimique est appelé à dégager. Pour lui, la consigne est martiale et claire : « Tu me sers comme je veux ou je te sors quand je veux ! » Tout le monde savait que le Dr Ousmane Doré allait partir car il freinait ou feignait de freiner! Certains accusent ce « post kouyatable » (son nom a été plusieurs fois cité pour remplacer L. Kouyaté et des sacrifices auraient été faits en ce sens !) de s’être brutalement enrichi et se spécialiser dans l’octroi de marchés de gré à gré à des opérateurs économiques dont les résidences regroupées pourraient faire un mini « Hollywood sur Kaloum » ! Il aurait, après avoir rénové sa résidence personnelle à un coût faramineux, entrepris, comme promoteur à son propre compte, la construction d’un complexe hôtelier, non pas dans le « cercle » de Mamou qui la vu grandir, mais dans le lointain Nimba transfrontalier et prometteur, lieu d’origine de son père. Son éviction du gouvernement mettra-elle le holà au complexe de Lola ? Le Dr Doré est un ancien « diaspo » qui aurait bien pu servir son pays dans de bonnes circonstances. Si le FMI, dont il connaît les rouages, prête aux Etats, le montant des prêts est fonction en partie du talent du négociateur (bien savoir pleurnicher en exposant la misère de son pays). L’ex-ministre des finances a un certain talent mais il s’est compromis avec un système de médiocrité qui l’a éjecté, gagnant au passage des sous mais perdant au final du crédit, avec sa dose habituelle d’humiliation ! Pauvres « diaspos » ! Certains sont mis à l’écart, d’autres font des écarts. C’est le cas d’un certain Souleymane Baldé, ancien fonctionnaire international, devenu « diaspo » et préférant tout de même vivre, non pas à La Havane ou à PyongYang, mais dans cet « Occident pourri » qu’il pourfendait. Formaté par le PDG du dictateur Sékou dont il psalmodiait avec ferveur les versets révolutionnaires tirés de tomes abrutissants, M. Baldé a enseigné à Poly de Kankan alors que j’y étais étudiant, tout en séchant certains « cours magistraux » fortement teinté de matérialisme dialectique portant, entre autres, sur la « mathématique sociale » à laquelle j’ai toujours été allergique du fait de sa pertinence pour le moins douteuse. Mais je me dois de rester poli à l’égard d’un monsieur, au demeurant, fort sympathique. Cependant, je ne peux pas ne pas réagir (mais très succinctement, le Dr Thierno Diallo de Bordeaux l’ayant déjà fait avec le brio auquel il nous a habitués ces derniers temps) à la contribution portant le titre peu poétique de « Ahmed Sékou Touré, Galéma Guilavogui et les autres ». Loin de moi l’idée de jouer au savant mais, me semble-t-il, il faudrait réagir à un texte en fonction du niveau supposé de son auteur. Ainsi, lorsqu’un élève de l’école primaire me dit que la terre est ronde, je le félicite en disant qu’il a raison. Mais lorsque c’est un « professeur » qui soutient la même idée, je lui précise que notre planète, légèrement aplatie aux pôles, a une forme plutôt ellipsoïdale ! Lorsqu’un maître coranique de mon village natal explique à ses élèves qu’il faut se tourner vers l’Est pendant la prière, je ne fais aucune remarque désobligeante, car sa position géographique lui donne raison ! A force de voyager, ses élèves comprendront qu’on ne se tourne pas nécessairement vers le lever du soleil mais obligatoirement vers la Kaaba, qui se trouve à La Mecque ! Sur le Net, on apprend beaucoup ! Des Guinéens de valeur dont on ne peut dresser une liste exhaustive s’y expriment : en lisant notre doyen Ansoumane Doré (bien instruit mais surtout très cultivé ) et le Dr Alpha Mamadou Sidoux Barry ( d’une intelligence exceptionnelle ) en économie, MM. Adama Laafa Sow et Ibrahima Sory Makanéra en droit, El Hadj Fodé Soumah ( haut cadre de la Bourse) en finances, MM. Drahmane Touré , Jacques Kourouma, Billo Sy Savané, Oumar Cissé en analyse politique et le Dr Thierno Diallo ( cardiologue de haut niveau ayant exercé même à Monaco, ce qui n’est pas donné à tout le monde ! ) pour tout ce qui touche le domaine sanitaire, on pourrait combler gratuitement bien des lacunes ! Merci à ceux qui me citent ! Pour revenir au texte de M. Baldé, je n’hésite pas à dire que c’est le genre littéraire à ne pas lire en diagonale car il peut être très trompeur ! Il n’est pas équilibré malgré les efforts d’équilibriste de son auteur. Il y a des mélanges intolérables. Peut-on, par exemple, ne serait-ce que moralement, mettre sur le même pied d’égalité des otages sommairement exécutés et leurs pirates froidement abattus, au seul motif qu’il n’y a pas eu, pour les deux catégories, de procès équitable ? Par ailleurs, il y a, dans le texte de M. Baldé, quelques erreurs historiques : aucune secousse, fut-elle idéologique, n’a fait de la Guinée le 82e Etat du monde ! La République de Guinée était plus jeune que les 2 Allemagnes, aujourd’hui réunifiées, que les 2 Corées. La Suisse, la Principauté de Monaco et Saint Marin sont beaucoup plus âgés que la Guinée ! Je crois, en toute simplicité, que M. Baldé a voulu parler de 82e Etat membre de l’Onu ! Mais, même dans ce cas, c’est une erreur historique dont il n’est pas la seule victime ! Je rappelle, et c’est facilement vérifiable, qu’en 1945, les Etats originaires de l’Onu étaient au nombre de 51, en 1956 les Etats membres étaient 80 (entrée du Maroc, du Soudan et de la Tunisie le 12 novembre, entrée du Japon le 18 décembre), en 1957 le Ghana a été admis le 8 mars (soit 2 jours après son accession à l’indépendance) comme 81e membre et la Malaisie, le 17 septembre comme 82e membre. La Guinée a été admise le 12 décembre 1958, comme 83e membre, avant Chypre, admis avec d’autres Etats (Côte d’Ivoire, les 2 Congo, etc.) le 20 septembre 1960 ! Ce n’est qu’un détail de très moindre importance par rapport à nos préoccupations du moment. En revanche, il est très important de rappeler que l’indépendance de la Guinée a une paternité multiple. Ses « pères » sont très nombreux, un des plus visibles étant le bouillant Sékou dont on ne peut nier la force d’agitation, mais qui s’est ingénié à « modifier » les esprits de notre pays dans sa campagne systématique d’autopromotion individuelle visant à marginaliser ses compagnons de route ! Il y a des « pères » de tous les partis et de toutes les parties de Guinée : Niankoye Samoé de N’zérékoré, mort « accidentellement » (en mai 1958 ?) entre Sérédou et Macenta alors qu’il se rendait à un congrès du PDG à Mamou. On n’oubliera pas Mamba Sano et Sagno Mamadi, toujours de N’zérékoré où j’ai personnellement des attaches familiales, Tounkara Jean Faragué de Kissidougou, Magassouba Moriba de Siguiri, Lamine Saadji et le très respectable Cheik Fantamady Kaba de Kankan, Fadiala Keïta de Mamou. On n’oubliera pas Gna Félix Mathos, Bama Marcel Mato ou Lama Doré de Gama (qui n’a aucun lien de parenté avec le légendaire navigateur portugais des XVème et XVIème siècles !), encore moins Sadou Bobo Diallo, Yacine Diallo, Barry III, Saïfoulaye Diallo ou David Soumah ! Je cite des noms, volontairement en vrac ! Evitons les séries (pour ne pas dire des colonnes !), pour la bonne cause nationale…. Le BAG avec son charismatique leader Barry Diawadou et ses amis dont l’économiste Amara Soumah (auteur du plan directeur de Conakry et panafricaniste convaincu), l’éminent juriste Karim Bangoura (Sékou fut leur planton !) et le grand commerçant Batoura Makanéra (décédé en 1985), a joué un rôle décisif pour l’émancipation de notre pays. Ces hommes sont aussi des « pères » de l’indépendance qui a eu ses « mères » dont Loffo Camara et Mafory Bangoura ! On fera des bilans plus tard ! Pour l’instant, ne confisquons pas l’Histoire et ne faisons pas « boom » sur ses pans entiers! A côté des activistes du PDG, on notait la présence des actifs des autres formations politiques ! Ne soyons pas historiquement borgnes ! Je ne crois pas, M. Baldé, que la Guinée soit « née d’un mariage forcé entre ses ethnies ». Je parlerais pour ma part, de « concubinage non rejeté ». En effet, la République de Guinée est née de la Guinée Française, création purement coloniale. Les populations indigènes n’ont jamais été consultées pour savoir si elles accepteraient de rester ensemble dans un Etat moderne. A la proclamation de l’indépendance, personne n’a manifesté contre le tracé des frontières ou contre le nouveau « devoir vivre commun » qui s’est imposé logiquement à tous ! C’est plus une cohabitation (je ne dirais pas coexistence !) constatée et acceptable qu’un mariage forcé par de très méchants « impérialistes, colonialistes, néocolonialistes, etc. » qui n’avaient qu’un objectif : l’exploitation de l’homme par l’homme ! Mon Dieu, quand nous guériras-tu de ce genre de discours anachronique ? Depuis plus de 50 ans, nous applaudissons des discours d’ignares ! Nous dansons toujours, oubliant que nous ne sommes plus dans les « années folles » ! Quand M. Baldé (je vais le laisser tranquille tout en lui demandant de revoir sa pédagogie !) parle d’état-civil « colonialiste », on comprend l’environnement culturel qui l’a fécondé. Sans esprit de polémique, l’expression « état-civil de la période coloniale » semble plus appropriée. En fait, il est comme son condisciple Galéma, spécialiste (malgré lui ?) de l’amalgame et incapable de se défaire de certains réflexes du PDG (syndrome des tomes du tyran Touré, lourds à porter, indigestes et très déséquilibrants) et voyant des « impérialistes » partout. On n’écrit pas toujours ce qu’on veut, mais souvent ce qu’on est ! Il y a des séquelles pour la vie, et il faut vivre avec…. Pour terminer, on a parlé de la Guinée ménagère. Rien de péjoratif à l’égard de la femme en général, mais des inquiétudes sur le comportement de l’actuelle femme du Général Conté. Bien au contraire ! La majorité des hommes sont en réalité des femmes (52% de la population, paraît-il) et la société doit beaucoup à nos mères, sœurs, épouses et filles, etc. Aussi, me permettrais-je de rendre hommage à certaines d’entre elles : Adjidjatou Baud, M’Ballou Kébé, Fatou Thiam, Madina Kouyaté et Rabiatou Sérah Diallo. Mme Adjidjatou Barry Baud est la propriétaire du site Guineeactu.com à la création duquel j’ai été associé. Ce site qui a failli mourir faute de soins techniques, est devenu aujourd’hui une référence sur le Net guinéen, grâce à la volonté inébranlable et le sens aigu de la compétitivité dont a fait preuve la sœur Adjidjatou. Cette brave femme a récupéré, hébergé et allaité un bébé fragile pour en faire un lieu d’échanges et de convivialité ! Le site Guineeactu.com est, avec Kibarou, Neoleadership, les Ondes de Guinée, les sites les plus crédibles de notre pays. Le mien aussi, www.guineenet.org, que je veux plutôt voir grandir que grossir, gagne en crédibilité. On a commencé à le visiter avant sa naissance officielle : une échographie salutaire qui m’a enchanté ! Aux sites bien nés, la valeur n’attend point le nombre des articles publiés ! J’ai mon propre site auquel je refuse volontairement toute exclusivité. Il faut le faire et j’en suis fier! La liberté d’expression n’a pas de prix ! M’Ballou Kébé est connue des internautes. Elle écrit bien et juste. C’est une femme intelligente sur qui on peut compter pour changer, pas de pays, mais le pays. Mme Fatou Thiam, qui réside à Bamako, est discrète mais d’une efficacité extraordinaire. Elle est généreuse, joviale et serviable. C’est du solide ! Mme Madina Kouyaté, de Dakar, écrit peu mais bien. Ce n’est pas uniquement sa coiffure élégante qui nous manque sur le Net, mais la fraîcheur de son style. Enfin, Rabiatou ! Rien à dire sauf, par affection : Hadja Rabiatou, Rabiatou, Rabi ! Avec le Dr Fofana et d’autres, il faut reconstruire le mur syndical fissuré pour l’ultime combat ! Ibrahima Kylé Diallo Directeur de www.guineenet.org pour www.guineeactu.com 17/10/2008
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