lundi 5 octobre 2009
La Guinée malade de la barbarie de son armée
Mouctar Diaby

Face à la gravité de la situation en Guinée, où l’humain devient un pigeon de chasse d’une armée désorientée et indisciplinée, aucun esprit lucide ne peut passer sous silence la terreur qui s’installe et réduit le peuple à une dictature sans précédent. Je commencerai par m’incliner pieusement devant la mémoire de nos morts innocents et présenter mes condoléances aux parents de victimes, au peuple de Guinée et à toute la communauté humaine.

Nous avons aujourd’hui, par la malchance du destin, une bande d’incapables qui s’accaparent de tous les pouvoirs de la république et dilapide nos ressources naturelles et financières. Comme si cela ne suffisait pas, l’armée sème la désolation et la terreur au sein d’une population guinéenne déjà meurtrie par les 24 ans de pouvoir catastrophique de Lansana Conté et 9 mois de pouvoir infernal du CNDD.

Les événements survenus ces derniers jours en Guinée, ayant entraîné le massacre de plusieurs innocents, dont le seul tort était de réclamer plus de démocratie, nous édifient largement sur la situation précaire qui règne dans le pays. Les événements de janvier février 2007 avaient fait environ 137 morts. Quand à la barbarie du 28 septembre, les chiffres parlent de plus de 150 morts et 1200 blessés en une seule journée (sans compter les disparus que les familles peinent encore à trouver). Nous pleurons encore nos morts, mais il faudrait que la junte comprenne que la tyrannie ne pourra arrêter notre soif de démocratie et de justice. Nous avons le devoir continuer à lutter pour notre liberté et le bonheur des générations futures. La libération de notre peuple dépendra du prix que nous sommes prêts à y mettre. À ce titre, un illustre penseur disait : « Le silence devant le crime a ses implications de responsabilité dans le crime commis».

Dans tous les pays du monde, le métier de l’armée est synonyme de discipline sauf en Guinée. Le militaire guinéen, c’est ce soldat, le plus souvent mal éduqué, qui se soustrait à la discipline militaire et pense que tout ce qui s’oppose à son dessein de vandalisme rentre dans son cible de tir potentiel. Contrairement à ce qui se passe dans toutes les hiérarchies militaires, en Guinée l’ordre viens du bas. Un caporal peut insulter un général et l’humilier aux yeux et au su de tout le monde. Dans un passé récent, des militaires ont tabassé un général, de surcroît ministre de la sécurité, et dorment sur leurs deux oreilles en toute impunité. Nous pouvons affirmer sans nous tromper que la hiérarchie militaire est inexistante en Guinée. L’État court des risques graves de désintégration car l’armée est constituée de voyous et de délinquants.

À la lumière de tous ces constats malheureux pour une population qui aspire aussi au bonheur et au progrès comme tous les pays du monde, le moment est venu pour la communauté internationale de prendre ses responsabilités. Les simples condamnations ne suffisent plus à arrêter cette machine à tuer. Il faut un signal fort, pour sauvegarder la paix sociale en Guinée et dans la sous région. Cette armée irresponsable doit désormais être mise sous la tutelle de la communauté internationale car elle est comme un bateau ivre sans destination précise. Ce constat vient aussi du chef de la junte militaire. Moussa Dadis Camara, le président autoproclamé, disait sur la radio Europe 1 : « L’armée est hors contrôle, l’événement m’a dépassé. Cette armée, je ne contrôle pas toutes ses activités. Dire que je contrôle cette armée, ce serait de la démagogie. J’ai eu sous les mains un héritage d’un demi-siècle, une armée ou le caporal peut dire merde à un général. Ce qui veut dire que la situation de notre armée inquiète et elle doit être restructurée». L’armée guinéenne est l’organe malade du corps social. Dans le pays, les viols, les pillages, les spoliations de biens sont devenus monnaie courante et tout ceci par des hommes censés assumer la sécurité de la population.

Il est grand temps que le vent de la démocratie véritable souffle en Guinée. Que les citoyens, quelque soit leur appartenance ethnique et organisationnelle, se concertent, se parlent pour mener ce combat du salut jusqu'à la victoire finale. Donner aux citoyens le choix de leur destin n’est pas un fait négociable au 21e siècle. Nous ne pouvons plus rester encore dans la dictature. Ça suffit maintenant! Nous sommes dans un monde guidé par la vitesse et le progrès; les nations à la traine sont celles qui souffriront le plus. L’urgence est donc au progrès et l’ère de la dictature doit être révolue.


Mouctar Diaby,
Montréal Canada
Administrateur Économique et Social


www.guineeactu.com  

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Vos commentaires
DUBALAYE, lundi 5 octobre 2009
Si la Guinée est malade de son armée en revanche les Guinéens sont malades de leurs ethnies: Vivement l`avenement d`un etat de droit démocratique qui garantira l`egalité des droit et chances pour tous et chacun. Pour qu`aucun Guinéen n`ait plus a s`abriter derriere son ethnie pour echapper aux autocratiques d`un president que ne serait pas issu des siens. Pour que les guinéens se debarasent à jamais des peurs et rivalités ethniques précoloniales Pour que l`unite et la pluralité culturelle se mettent enfin au service de la Guinée et les Guinéens au servce de la dignité et de la liberté souveraine de notre nation dans la paix et le progrés.
Ousmane Camara, lundi 5 octobre 2009
Mon frère venez en guinée ne faut pas agir à distence si vous luter pour soit meme pour ton pays là ou tu as connu peau noir

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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