mercredi 30 mars 2011
La Guinée : le pays de la sélection naturelle
Bangaly Camara

Quand j’observe le fonctionnement de la société guinéenne, elle me fait beaucoup penser à la sélection naturelle qui constitue l’un des fondements de la théorie de l’évolution de Charles Darwin.

Dans cet article j’aimerais faire avec vous un travail pédagogique qui va s’organiser de la manière suivante : je vais définir ce qu’est la sélection naturelle, ensuite je vais citer les trois principes de cette théorie en faisant ressortir à chaque fois une analogie avec le fonctionnement de la société guinéenne.

Définition de la sélection naturelle : en biologie, la sélection naturelle est l'un des mécanismes qui causent l'évolution des espèces. Ce mécanisme est particulièrement important du fait qu'il explique l'adaptation des espèces aux milieux au fil des générations. La théorie de la sélection naturelle permet d'expliquer et de comprendre comment l'environnement influe sur l'évolution des espèces et des populations en sélectionnant les individus les plus adaptés et constitue donc un aspect fondamental de la théorie de l'évolution.


Principes de la sélection naturelle

La théorie de la sélection naturelle telle qu'elle a été initialement décrite par Charles Darwin, repose sur trois principes:

  1. le principe de variation 
  2. le principe d'adaptation
  3. le principe d'hérédité


Principe 1 : Les individus diffèrent les uns des autres

En général, dans une population d'individus d'une même espèce, il existe des différences plus ou moins importantes entre ces individus. En biologie, on appelle caractère, tout ce qui est visible et peut varier d'un individu à l'autre. On dit qu'il existe plusieurs traits pour un même caractère. Par exemple, chez l'être humain, la couleur de la peau, la couleur des yeux sont des caractères pour lesquels il existe de multiples variations ou traits. La variation d'un caractère chez un individu donné constitue son phénotype. C'est là, la première condition pour qu'il y ait sélection naturelle : au sein d'une population, certains caractères doivent présenter des variations, c'est le principe de variation.

Analogie avec la Guinée :

La Guinée est un pays dont la population est composée de plusieurs ethnies : peulh, soussou, malinké, baga, landouma, kissi, diakanké, toma, …Au sein de chacune de ces ethnies on peut observer des différences entre les individus : couleur de la peau, taille, gabarie,…On peut également observer au sein de ces ethnies, parfois une catégorisation par famille. Chez l’ethnie peulh que je connais le mieux, il y’a par exemple : les séliankés, les daliankés, les rimbhès, les balèbhès,…


Principe 2 : Les individus les plus adaptés au
milieu survivent et se reproduisent davantage

Certains individus portent des variations qui leur permettent de se reproduire davantage que les autres, dans un environnement précis. On dit qu'ils disposent d'un avantage sélectif sur leurs congénères:

  • La première possibilité est, par exemple, qu'en échappant mieux aux prédateurs, en étant moins malades, en accédant plus facilement à la nourriture, ces individus atteignent plus facilement l'âge adulte, pour être apte à la reproduction. Ceux qui ont une meilleure capacité de survie pourront donc se reproduire davantage.
  • Dans le cas particulier de la reproduction sexuée, les individus ayant survécu peuvent être porteurs d'un caractère particulièrement attirant pour les partenaires de sexe opposé. Ceux-là seront capables d'engendrer une plus grande descendance en copulant davantage.

Dans les deux cas, l'augmentation de la capacité à survivre et à se reproduire se traduit par une augmentation du taux de reproduction et donc par une descendance plus nombreuse, pour les individus porteurs de ces caractéristiques. On dit alors que ce trait de caractère donné offre un avantage sélectif, par rapport à d'autres. C'est dans ce principe d'adaptation uniquement, qu'intervient le milieu de vie

Analogie avec la Guinée :

En Guinée, certaines personnes (de toutes les ethnies) ont la chance (cadeau de la nature ?) d’avoir des parents riches ou appartenant à la classe dirigeante qui se sert à volonté dans les richesses du pays. Par conséquent, ils échappent facilement au grand prédateur que constitue la Guinée : ils échappent à la prison, aux coups de matraques, à la vie précaire dans la rue,…Ils ont accès à la nourriture, bénéficient de soins de santé de qualité quand ils sont malades, vont dans les meilleures écoles du pays ou d’ailleurs. Ils arrivent alors à l’âge adulte sans être amochés par la misère du pays. Avec une bonne formation (parfois) et de bonnes relations, ils sont jugés plus aptes à accéder à la richesse, au pouvoir, aux postes de responsabilités,… et vont mieux reproduire les pratiques du système en place.Leur statut étant très attractif, alors ils bénéficient de tous les privilèges et honneurs au sein de la société.

Tandis que, de l’autre côté, ceux auxquels la nature n’a rien offert vivent dans la misère totale .N’ayant accès ni à la nourriture, ni à la santé et non plus à l’éducation. Ils sont laissés pour compte et sont victimes de toutes les violences, de toutes les injustices et humiliation. En gros ils sont considérés par les autres comme les déchets de la société. Au pire des cas, ils finissent par mourir prématurément.


Principe 3 : Les caractéristiques avantageuses doivent être héréditaires

La troisième condition pour qu'il y ait sélection naturelle est que les caractéristiques des individus doivent être héréditaires, c'est-à-dire qu'elles puissent être transmises à leur descendance. En effet certains caractères, comme le bronzage ou la culture, ne dépendent pas du génotype, c'est-à-dire l'ensemble des gènes de l'individu. Lors de la reproduction, ce sont donc les gènes qui, transmis aux descendants, entraîneront le passage de certains caractères d'une génération à l'autre. C'est le principe d'hérédité.

Ces trois premiers principes entraînent donc que les variations héréditaires qui confèrent un avantage sélectif seront davantage transmises à la génération suivante que les variations moins avantageuses. En effet les individus qui portent les variations avantageuses se reproduisent plus. Au fil des générations, on verra donc la fréquence des gènes désavantageux diminuer jusqu'à éventuellement disparaître, tandis que les variations avantageuses se répandront dans la population, jusqu'à éventuellement être partagées par tous les membres de la population ou de l'espèce. Par exemple, dans la population humaine, la bipédie est un caractère commun à tous les êtres humains modernes.

Analogie avec la Guinée

Le groupe d’individus que j’ai cité dans « Analogie avec la Guinée », au Principe 2 a une tendance naturelle à transmettre la richesse et le pouvoir à leur descendance, uniquement à leur descendance afin d’assurer leur grandeur et leur prospérité au désavantage et au prix du malheur des autres. Ils utilisent souvent des moyens peu « catholique » (mais pas tous) pour amasser ces fortunes en pillant les richesses du pays et en encourageant la mauvaise gouvernance, accèdent au pouvoir en faisant sacrifice du sang et de la vie des plus démunis. Du haut de l’échelle, ils observent les autres tout en bas et ignorent leur souffrances, font le sourd pour ne pas entendre leur appel au secours et ferment les yeux pour faire semblant de ne pas voir leur état.


En résumé

Dans la société guinéenne, ceux qui résistent le mieux à la nature vivent, existent et jouissent de tous les plaisirs, tandis que les plus faibles crèvent et personne ne s’en préoccupe.

La théorie de l’évolution de Charles Darwin est sujette de beaucoup de controverses parce qu’entre autre, elle nie l’existence d’un Dieu tout puissant, créateur de l’humanité.

Même si ces analogies sont un peu caricaturales, il y’a quand même là une observation juste sur la société guinéenne.

En observant la Guinée sous cet angle, j’aimerais que cela nous amène à questionner notre morale, notre éthique et notre sens de la responsabilité.

Quelle morale et quelle éthique devrions-nous nous imposer pour que chaque guinéen jouisse pleinement de sa dignité d’Homme ? La dignité en tant que valeur naturelle et intrinsèque à chaque être humain. Une valeur que nul n’a le droit d’enlever à son prochain.

Quelle est la responsabilité de chacun vis-à-vis des personnes qui l’entourent au quotidien ? La responsabilité dans toutes les situations.

Comment chacun de nous doit agir pour permettre à chaque individu de la société d’avoir les moyens de sa vie ?

La société nous donne tout, nous avons le devoir et l’obligation de participer à son bien être.


Bangaly CAMARA


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Ben Aguibou, vendredi 1 avril 2011
Mr Camara belle analyse scientifique. Mais le mal est les guinéens ne lisent pas et ceux qui lisent n`analysent pas du point de vu objectif. Ils défendent toujours une position qui ne fait pas le bonheur de la nation. Dans notre pays le constat est quotidien, il suffit qu`un petit évènement se produit pour écouter la nature ethnique des questions posées par les spectateurs. Ensuite des injures qui suivront. Si les guinéens pouvaient se donner une minute de réflexion objective sur l`ensemble des questions liées à la vie d`une nation, je pense qu`on aurait pu trouver la solution de nos problèmes. La manipulation est un dangereux facteur qui est l`une des cause de nos problèmes ethniques et autres.
Kindy DIALLO, vendredi 1 avril 2011
Je viens de lire avec attention cet article. Je tiens dabord à te féliciter du travail bien fait et surtout pour le fait que t`es la 1ere personne que je connaisse vraiment à faire un "libre opinion" sur ce site. félicitations encore. Revenant sur le texte que t`as fait, je trouve que tu décrit bien le Guinéen dans sa généralité. Que Dieu nous aides enfin à comprendre que c`est en partageant qu`on aura encore plus dans la vie. Et les plus forts doivent supporter les plus faibles. Vive la Guinée unie et à très vite la terre promise...
alpha oumar fela barry, jeudi 31 mars 2011
FIDELITO !!! quand tu cites cheikh anta diop ait l honnenete intellectuelle de dire dans ton posting . seule la derniere phrase sur les diakhanke qu est de toi....les passages que tu cite sur l origine monogenetik de l humanite tout le monde le sait ...cette fameuse casette-audio tout le monde peut l ecouter sur ankh ou afrikammat. justement si t avais compris les vertu de la maat- exigence de verite justice- fondement de la pensee traditionelle africaine tu t affranchirai allegrement de ton ethnoncentrisme qui a atteint des seuils phatologiques. tu es un cas despere qu une forme d humanisation ne peut plus rattrappée pas meme ta religion musilman.
DIALLO B. Cherif, jeudi 31 mars 2011
Fidel ote tes lunettes ethniques: pathetique, tu vois tout sous cet angle. Reveille-toi les diakhankes sont tres tres proches des peuls fais un trip a Labe et tu veras de quoi je parle.
Julienne, jeudi 31 mars 2011
Mr. Camara vous avez une qualité que beaucoup de nos compatriotes n`ont pas qui est "L`humilité" car vous reconnaissez vous-même que votre analyse est caricaturale, ce qui est vrai puisque d’un point de vue scientifique, il a beaucoup d’information non étayée. Ceci dit, j’espère que les Guinéens liront votre article et commenceront à se poser les mêmes questions par rapport à la responsabilité des uns vis-à-vis des autres. Mais le Guinéen étant naturellement égoïste, je serais fort étonnée qu’il fasse cette auto-critique. À mon avis, un état de droit doit mettre en place des systèmes permettant d’assurer une responsabilité sociale collective pour une meilleure répartition des richesses et aussi un mécanisme de régulation et de gestion des biens publics de façon rigoureuse.
FIDEL, jeudi 31 mars 2011
Ce qui est certain, la nature ne bégaie pas dans la création. Elle n`est jamais revenu en arrière pour créer la sourie 10 fois, le chat 15 fois et l`homme 30 fois. Pour les scientifiques, la nature a crée l`homme une seule fois en passant et ce fut en Afrique. Et pour les religieux, tous les hommes descendent d`Adam, c’est tout. Pour les uns comme pour les autres, l’humanité n’a qu’une origine. Déjà dans ton raisonnement le Djakhanko est différent du Mandinko, ça ne passe pas…. Fideltio
Bangaly, jeudi 31 mars 2011
Juste une petite précision:je ne crois pas à cette théorie de l`évolution, je pense d`ailleurs qu`elle est à bannir et je le dis en tant que biochimiste de formation.C`est pour cela d`ailleurs que ces "analogies" avec le fonctionnement de la société guinéenne m`interpellent particulièrement et me désolent profondément.L`objectif de cet article, comme je l`ai dis dans la dernière partie, c`est de nous amener à nous questionner sur nous même, sur comment parfois nous traitons nos semblables, sur notre indifférences face à la souffrance des autres,...T`inquiète pas mon frère Sakho, pour ce qui du coran j`ai la dose qu`il me faut. Cordialement.
Camara, jeudi 31 mars 2011
Bonne analyse.Apres la lecture,pour ceux la qui sont comprehensives, savent automatiquement que vous avez l´amour de votre pays mon fere Camara.Mais,il ne faut pas oublier que les 70 pourcents des Guineens son extremement heineux.Le Guineen ne veux pas le bonheur de son prochain.Merci chapeaux a vous Mr Camara.
Mamadousaidou, jeudi 31 mars 2011
Une belle comparaison.keep it up!
sakho, mercredi 30 mars 2011
Que DIEU vous protege mon frere.moi! j`ai bien compris votre Hinterkopf. lisez le Korran !Dieu vous quidera de plus.wa sallam

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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