 |
Quand j’observe le fonctionnement de la société guinéenne, elle me fait beaucoup penser à la sélection naturelle qui constitue l’un des fondements de la théorie de l’évolution de Charles Darwin.
Dans cet article j’aimerais faire avec vous un travail pédagogique qui va s’organiser de la manière suivante : je vais définir ce qu’est la sélection naturelle, ensuite je vais citer les trois principes de cette théorie en faisant ressortir à chaque fois une analogie avec le fonctionnement de la société guinéenne.
Définition de la sélection naturelle : en biologie, la sélection naturelle est l'un des mécanismes qui causent l'évolution des espèces. Ce mécanisme est particulièrement important du fait qu'il explique l'adaptation des espèces aux milieux au fil des générations. La théorie de la sélection naturelle permet d'expliquer et de comprendre comment l'environnement influe sur l'évolution des espèces et des populations en sélectionnant les individus les plus adaptés et constitue donc un aspect fondamental de la théorie de l'évolution.
Principes de la sélection naturelle
La théorie de la sélection naturelle telle qu'elle a été initialement décrite par Charles Darwin, repose sur trois principes:
-
le principe de variation
-
le principe d'adaptation
-
le principe d'hérédité
Principe 1 : Les individus diffèrent les uns des autres
En général, dans une population d'individus d'une même espèce, il existe des différences plus ou moins importantes entre ces individus. En biologie, on appelle caractère, tout ce qui est visible et peut varier d'un individu à l'autre. On dit qu'il existe plusieurs traits pour un même caractère. Par exemple, chez l'être humain, la couleur de la peau, la couleur des yeux sont des caractères pour lesquels il existe de multiples variations ou traits. La variation d'un caractère chez un individu donné constitue son phénotype. C'est là, la première condition pour qu'il y ait sélection naturelle : au sein d'une population, certains caractères doivent présenter des variations, c'est le principe de variation.
Analogie avec la Guinée :
La Guinée est un pays dont la population est composée de plusieurs ethnies : peulh, soussou, malinké, baga, landouma, kissi, diakanké, toma, …Au sein de chacune de ces ethnies on peut observer des différences entre les individus : couleur de la peau, taille, gabarie,…On peut également observer au sein de ces ethnies, parfois une catégorisation par famille. Chez l’ethnie peulh que je connais le mieux, il y’a par exemple : les séliankés, les daliankés, les rimbhès, les balèbhès,…
Principe 2 : Les individus les plus adaptés au milieu survivent et se reproduisent davantage
Certains individus portent des variations qui leur permettent de se reproduire davantage que les autres, dans un environnement précis. On dit qu'ils disposent d'un avantage sélectif sur leurs congénères:
-
La première possibilité est, par exemple, qu'en échappant mieux aux prédateurs, en étant moins malades, en accédant plus facilement à la nourriture, ces individus atteignent plus facilement l'âge adulte, pour être apte à la reproduction. Ceux qui ont une meilleure capacité de survie pourront donc se reproduire davantage.
-
Dans le cas particulier de la reproduction sexuée, les individus ayant survécu peuvent être porteurs d'un caractère particulièrement attirant pour les partenaires de sexe opposé. Ceux-là seront capables d'engendrer une plus grande descendance en copulant davantage.
Dans les deux cas, l'augmentation de la capacité à survivre et à se reproduire se traduit par une augmentation du taux de reproduction et donc par une descendance plus nombreuse, pour les individus porteurs de ces caractéristiques. On dit alors que ce trait de caractère donné offre un avantage sélectif, par rapport à d'autres. C'est dans ce principe d'adaptation uniquement, qu'intervient le milieu de vie
Analogie avec la Guinée :
En Guinée, certaines personnes (de toutes les ethnies) ont la chance (cadeau de la nature ?) d’avoir des parents riches ou appartenant à la classe dirigeante qui se sert à volonté dans les richesses du pays. Par conséquent, ils échappent facilement au grand prédateur que constitue la Guinée : ils échappent à la prison, aux coups de matraques, à la vie précaire dans la rue,…Ils ont accès à la nourriture, bénéficient de soins de santé de qualité quand ils sont malades, vont dans les meilleures écoles du pays ou d’ailleurs. Ils arrivent alors à l’âge adulte sans être amochés par la misère du pays. Avec une bonne formation (parfois) et de bonnes relations, ils sont jugés plus aptes à accéder à la richesse, au pouvoir, aux postes de responsabilités,… et vont mieux reproduire les pratiques du système en place.Leur statut étant très attractif, alors ils bénéficient de tous les privilèges et honneurs au sein de la société.
Tandis que, de l’autre côté, ceux auxquels la nature n’a rien offert vivent dans la misère totale .N’ayant accès ni à la nourriture, ni à la santé et non plus à l’éducation. Ils sont laissés pour compte et sont victimes de toutes les violences, de toutes les injustices et humiliation. En gros ils sont considérés par les autres comme les déchets de la société. Au pire des cas, ils finissent par mourir prématurément.
Principe 3 : Les caractéristiques avantageuses doivent être héréditaires
La troisième condition pour qu'il y ait sélection naturelle est que les caractéristiques des individus doivent être héréditaires, c'est-à-dire qu'elles puissent être transmises à leur descendance. En effet certains caractères, comme le bronzage ou la culture, ne dépendent pas du génotype, c'est-à-dire l'ensemble des gènes de l'individu. Lors de la reproduction, ce sont donc les gènes qui, transmis aux descendants, entraîneront le passage de certains caractères d'une génération à l'autre. C'est le principe d'hérédité.
Ces trois premiers principes entraînent donc que les variations héréditaires qui confèrent un avantage sélectif seront davantage transmises à la génération suivante que les variations moins avantageuses. En effet les individus qui portent les variations avantageuses se reproduisent plus. Au fil des générations, on verra donc la fréquence des gènes désavantageux diminuer jusqu'à éventuellement disparaître, tandis que les variations avantageuses se répandront dans la population, jusqu'à éventuellement être partagées par tous les membres de la population ou de l'espèce. Par exemple, dans la population humaine, la bipédie est un caractère commun à tous les êtres humains modernes.
Analogie avec la Guinée
Le groupe d’individus que j’ai cité dans « Analogie avec la Guinée », au Principe 2 a une tendance naturelle à transmettre la richesse et le pouvoir à leur descendance, uniquement à leur descendance afin d’assurer leur grandeur et leur prospérité au désavantage et au prix du malheur des autres. Ils utilisent souvent des moyens peu « catholique » (mais pas tous) pour amasser ces fortunes en pillant les richesses du pays et en encourageant la mauvaise gouvernance, accèdent au pouvoir en faisant sacrifice du sang et de la vie des plus démunis. Du haut de l’échelle, ils observent les autres tout en bas et ignorent leur souffrances, font le sourd pour ne pas entendre leur appel au secours et ferment les yeux pour faire semblant de ne pas voir leur état.
En résumé
Dans la société guinéenne, ceux qui résistent le mieux à la nature vivent, existent et jouissent de tous les plaisirs, tandis que les plus faibles crèvent et personne ne s’en préoccupe.
La théorie de l’évolution de Charles Darwin est sujette de beaucoup de controverses parce qu’entre autre, elle nie l’existence d’un Dieu tout puissant, créateur de l’humanité.
Même si ces analogies sont un peu caricaturales, il y’a quand même là une observation juste sur la société guinéenne.
En observant la Guinée sous cet angle, j’aimerais que cela nous amène à questionner notre morale, notre éthique et notre sens de la responsabilité.
Quelle morale et quelle éthique devrions-nous nous imposer pour que chaque guinéen jouisse pleinement de sa dignité d’Homme ? La dignité en tant que valeur naturelle et intrinsèque à chaque être humain. Une valeur que nul n’a le droit d’enlever à son prochain.
Quelle est la responsabilité de chacun vis-à-vis des personnes qui l’entourent au quotidien ? La responsabilité dans toutes les situations.
Comment chacun de nous doit agir pour permettre à chaque individu de la société d’avoir les moyens de sa vie ?
La société nous donne tout, nous avons le devoir et l’obligation de participer à son bien être.
Bangaly CAMARA
www.guineeactu.com
|
 |