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Pour qu'une nation soit respectée, il faut absolument de la sécurité, de l'égalité sociale, et une justice indépendante. Pour qu'une nation émerge à la dimension des autres, il faut de la bonne gestion et une administration dénuée de toute corruption et de toute impunité. 2 octobre 1958, 2 octobre 2008, exactement 50 ans de souveraineté sous l'égide de deux (2) pouvoirs successifs qui ont contribué à la déstabilisation de tous les paramètres du développement économique et social de notre pays. L'un, durant 26 ans d'égarement politique avec son système unilatéral, a complètement déconfituré le social guinéen par la force du pouvoir autoritaire. L'autre l'a économiquement mis à genoux par son indifférence et par son silence coupable. C'est bien dans cette catastrophe morale et physique que la Guinée se relève néanmoins aux yeux du monde entier pour célébrer ses 50 ans d'indépendance dans laquelle le Guinéen n'a jamais connu le bonheur. Pas d'eau, pas d'électricité, pas de routes, pas d'hôtels, aucune aire de jeux permettant à la jeunesse de s'épanouir. Manque de conscience professionnelle et d'autorité d'ETAT, pas d’hôpitaux dignes du nom, sans parler de sécurité et de rigueur judiciaire. Dans certains quartiers de Conakry les maisons sont toujours à l'état médiéval. Le Guinéen moyen présente l'aspect d'un déterré complètement décharné à l'allure d'un malade de longue date, l'administration dépravée établie sur fond de malhonnêteté de corruption et de l'absentéisme chronique. 35% de la population active est devenu mendiant ou tout au moins désaxé par manque d'emploi. L'une des causes de l'émergence de vols et de crimes si on ne veut pas parler de grands banditismes au point de faire de la Guinée le fief des narcotiques de tout bord. Comment construire une nation dans l'insécurité et dans l'impunité ? Comment peut-on appliquer les programmes de restructuration d'une nation alors que le système bancaire ne répond pas aux critères universels ? Nous fêtons aujourd'hui les 50 ans de notre indépendance dans un désordre social et économique avec une instabilité politique vraiment inquiétant. Car, l'ethnocentrisme et l'égoïsme en sont les vrais mobiles de cette disparité teintée de haine et d'injustice. Le président de la république qui a le droit et devoir de recevoir les illustres invités est retranché dans son village natal à cause de son état de santé qui se dégrade au jour le jour. Et qui par dessus-tout, change des ministres comme bon lui semble. Chaque fois qu'un gouvernement entame un programme de restructuration Lantana Conté le dissout au profit d'un nouveau qui remet tout à la case départ. Comment peut-on développer une nation dans une telle anarchie ? Je présume que si la tète est malade, le reste du corps perd tout son équilibre biologique. Le gouvernement précédent était une équipe éveillée qui avait beaucoup d'ambition pour sortir ce pays du couvent du diable. C'était aussi une équipe qui faisait peur ! Car elle s'est donné un élan pour surmonter tous les obstacles qui obstruent l'évolution socio-économique de notre pays. C'est-à-dire, réussir où les autres ont échoué. Avec dextérité et professionnalisme, il a réussi à renflouer les caisses d'ETAT, dessiner à l'horizon les grands chantiers, redynamiser les structures bancaires en réduisant l'inflation de la masse monétaire à 12% qui culminait entre 40 et 41%, réajuster la courbe de l'emploi jeune, ouvrir la Guinée au monde extérieur pour favoriser l'investissement, rassurer le peuple en créant une commission d'enquête contre les meneurs du crime janvier-février, et une autre commission pour les audits. Tous ces programmes sont contournés par l'actuel ministre qui n'a pas fini de compter ses ministères qui s'étendent jusqu'à km 36. Quelle pléthore au détriment des caisses d'ETAT ? À 5 jours du cinquantenaire, Conakry affiche un décor désolant. Les rues et les places publiques jonchées d'immondices. A mon avis, fêter la date d'accession à l'indépendance serait mieux que de fêter les 50 ans d'indépendance. Car c'est une défaite masquée qui sera découverte par les invités. 50 ans après notre indépendance, comment présenter notre capitale au monde entier ? Le président de l'assemblée nationale qui reconnaît les erreurs et les manigances qui nous ont mis dans cet état, regrette le départ de KOUYATE et accuse son successeur en dénotant ses faiblesses et ses carences. OU VA CE PAYS ? Bengaly Gassama pour www.guineeactu.com
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