samedi 21 mai 2011
La Guinée face aux lois et accords

Les débats politiques font rage dans tous les coins et recoins de la capitale, Conakry. Café-bars, kiosques, bureaux, la télé, la quasi-totalité des chaînes de radios privées et même dans les rues, on ne parle que de l’organisation éventuelle voire même imminente des élections législatives dans notre pays. Pour ainsi dire, les mémoires se souviennent encore de l’esprit des accords d’Ouagadougou du 15 janvier 2010 qui prévoyaient, substantiellement, l’organisation de ces élections juste après la présidentielle, en vue de la mise en place d’une assemblée nationale légale et légitime.

Or, en égrenant objectivement le déroulement des débats politiques actuels, entre la classe dirigeante actuelle et l’opposition politique, relatifs à la refonte du fichier électoral, nous pouvons penser que ces échanges infructueux sont de nature à mettre en péril l’organisation de ces élections pour si tôt. Même si les nouvelles autorités ont promis l’organisation de ces élections pour décembre prochain.

Une fois encore, les Guinéens devront assister à la violation pure et simple des accords du 15 janvier. Ce malgré la volonté affichée des autorités d’organiser ces élections. La Guinée est devenue experte pour ce qui est des violations des lois et des conventions qu’elle signe sans la pression d’aucune force extérieure. Si la Guinée est reconnue par les spécialistes comme l’un des États les mieux fournis en terme de textes, elle demeure toutefois championne dans le cadre de la mise en œuvre et de l’applicabilité scrupuleuse de ces textes.

Les nouvelles autorités, en charge de la gestion du pays, semblent également prises au piège par leur propre slogan de « changement ». Car, parler de changement dans le contexte actuel de la Guinée, sous-entend tourner, fondamentalement, la page sur les habitudes des régimes précédents. Qui ont impacté négativement sur la vie et l’histoire récente de cette nation. Il s’agit, notamment, du non-respect des textes de lois, qui demeure un facteur avéré du retard des États. Pour ce faire, on ne peut pas prétendre et encourager l’investissement si le pays n’offre pas de garantie sécuritaire. Parlant ainsi d’une justice forte. Respectueuse des lois et des conventions.

Si certaines organisations financières sont encore réticentes, pour ce qui est d’apporter leur aide financière à notre pays, cela est dû, sans nul doute, au retard accusé par nos autorités par rapport à l’organisation des élections législatives. Qui, au demeurant, semblent se positionner comme une pierre angulaire dans le décollage économique et social de la Guinée.

Il est donc important que nos autorités, quelles qu’elles soient, s’habituent et encouragent le respect de nos textes. Elles ne doivent pas simplement être belles pour nos tiroirs ou bureaux. Il est absolument nécessaire d’y faire attention si nous tenons à sortir de ce sous-développement qui mine notre pays voici maintenant des décennies.


Heinan Goba
de Conakry pour www.guineeacu.com

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Vos commentaires
Oumar M. Bah, samedi 21 mai 2011
Le pouvoir actuel n`est pas pressé d`organiser les élections législatives, d`autant plus que la caisse a été renflouée grâce aux fameux 700 millions de Rio Tinto. Et il faut s`attendre à ce qu`il viole bien d`autres textes dans l`avenir. La Guinée est encore une fois mal partie.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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