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Dans quelques jours, la Guinée aura ses 51 ans et elle se trouve malgré ses énormes potentialités humaines et minérales dans une situation de grave crise socio- politique et économique sans précédent. D'une révolution panafricaine appréciée de tous les peuples d'Afrique et des pays épris de paix et de liberté, naquit un système de dictature sanglant, destructeur et sans partage, animé par Sékou TOURE, qui plongea la Guinée dans un abîme sans fond et qui n'a pas eu le temps de réparer ses erreurs, entraînant plus de 50 000 morts des les goulags du PDG.
A la mort du tyran, le système accouche d’un régime militaire autoritaire et centralisateur de tous les pouvoirs. L’inexpérience des nouveaux dirigeants et la mauvaise appréciation de l’ampleur des difficultés, font perdre un temps énorme, les conflits sociaux aidant, on applique un plan d’ajustement structurel drastique, mettant de côté un peu plus de la moitié des fonctionnaires, soit près de 50 000 personnes au chômage. Les fonds d’accompagnement qui devait service à aider à leurs réinsertions ou à l’aide à la création d’entreprises disparaissent dans la nature. C’est le début des premiers détournements de deniers publics de la deuxième république. Malgré, les nombreuses manifestations organisées pas les déflatés, peu d’ayant droit ont réussi à bénéficié de ce fond d’aide et d’accompagnement.
Le 5 juillet 1985, sonne le glas d’un régime aux aguets, infiltré par le régime policier du PDG, parti démocratie de Guinée, à la tête le divisionnaire Hervé Vincent BANGOURA, l’un des plus grands flics de la première république, qui piégea le Colonel Diarra TRAORE dans un complot ethnique, qui le broya et décima tous les anciens dignitaires du régime de Sékou TOURE et la plupart des hauts officiers malinké, sans aucune forme de procès. Rajouter à cela, toutes les tueries de la première république, on pourrait dire sans risque de se tromper que la Guinée est un éternel recommencement.
Peut-on aujourd’hui en plein 21e siècle, rester les bras croisés et voir notre pays s’enfoncer davantage, sans rien dire et ne rien faire pour arrêter ce cycle de détresse, de désespoir, et de pauvreté ? Non, car nous savons que le mal triomphe, par l’inaction des gens du bien.
Le pays se trouve à un tournant décisif de son histoire, nous devons prendre notre destin en main et nous poser la question du totalitarisme dans notre pays depuis bientôt 51 ans. On n’a reconnu très tôt et souvent affirmé que, dans les pays totalitaires, propagande et terreur sont les deux faces d’une même médaille. Mais ce n’est pas vrai qu’en partie. Partout où le totalitarisme détient le contrôle absolu, il remplace la propagande par l’endoctrinement et utilise moins pour effrayer les gens (ce qu’il fait au début, lorsque subsiste une opposition politique) que pour réaliser constamment ses doctrines idéologiques et des mensonges pratiques. Le totalitarisme ne se contente pas d’affirmer contre l’évidence que le chômage n’existe pas, sa propagande lui fera supprimer les indemnités de chômage. (…)
La propagande est, à coup sûr, un élément de « guerre psychologique » ; mais la terreur est davantage. C’est pourquoi, au-delà de la loi fondamentale et des élections qui sont des piliers fondamentaux de la démocratie, nous devons réviser profondément, notre culture actuelle du pouvoir, de son partage et de son exercice. Le pouvoir est un instrument d’exercice, un outil puissant d’actions et de travail et non une arme pour détruit les autres qui n’en possèdent pas.
Les multiples problèmes de gouvernance politique et économique auxquels nous sommes confrontés, depuis deux générations, sont liés à la perception du pouvoir et à la sacralisation de celui-ci. Les guinéens n’ont ni la capacité de partage, ni la tolérance, quand ils exercent le pouvoir. Ils le conçoivent toujours, comme un rapport de force et l’utilise, comme un instrument de domination et d’oppression. La notion de partisans est devenue, un moyen de positionnement et d’enrichissement. Toutes oppositions de quelques sortes que ce soit sont perçues comme une déclaration de guerre et traiter dans une adversité féroce, cela peut conduire à la destruction et à l’élimination de l’autre. Quitter le pouvoir est devenu un vrai cauchemar pour les tenants du pouvoir. Le clientélisme politique et la sacralisation du leader exerçant le pouvoir, continu à nous maintenir perpétuellement dans le même mode de gouvernement et de la gestion de la cité. En guinée, des clans se forment toujours autour du pouvoir, faisant la promotion de la médiocrité. La responsabilité et la complicité de l’élite guinéenne et de son administration, vouée au servir d’un homme, porte aux antipodes les intérêts du peuple.
Aujourd’hui, si nous voulons tourner les pages sombres de notre histoire chaotique, nous devons ensemble, nous asseoir et mettre en place les institutions et les hommes capables de conduire notre pays dans l’ère de prospérité, d’épanouissement et de développement socio-économique. Les jeunes militaires qui ont occupé le fauteuil vacant, à la tête, le capitaine Moussa Dadis CAMARA, qui se voit comme un sauveur, suite au décès du général CONTE, nous assistons au désenchantement des populations et à l’aggravation de leurs niveaux de vie.
Le consensus national du lendemain de la prise du pouvoir entre le CNDD, le capitaine Dadis, les forces vives et le peuple est rompu, ceci peut entraîner très rapidement un véritable blocage et un risque grave de conflit entre le pouvoir militaire et les forces du changement.
Dadis et ses compagnons ont la lourde responsabilité de conduire une transition apaisée, des élections libres, transparentes et crédibles, restant des garants et non des candidats, ce qui serait en contradiction avec toutes les promesses tenues par le capitaine-président.
Le capitaine Moussa Dadis doit savoir que, c’est par la raison et la sagesse, que ces pages sombres de notre histoire, peuvent être tournées. Le passage en force envisagé ne marchera pas, il sera vaincu par la volonté ferme des forces vives d’en découdre. Sa parole n’est certes pas « une montagne », mais sa promesse est un contrat moral et une dette envers son peuple et la communauté Africaine et internationale. Il se dit patriote et soucieux de la paix et de la quiétude dans son pays, ils disent tous, qu’ils ont évité un bain de sang au pays, mais l’attitude actuelle conduit droit le pays à des violences qui ne pourront pas maîtriser.
A la conscience de chacun…
A bon entendeur….
Alfa Ousmane Diangolo BARI Directeur de Publication du Groupe Alfa Communication
www.guineeactu.com
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