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Guinéennes et Guinéens, pendant que nous méditons tous sur la situation qui se déroule dans notre pays, une anecdote me vient à l’esprit.
Un village, une fois, avait une mine d’or que les habitants cherchaient à exploiter pour améliorer leur vie communautaire. Chaque quartier envisageait un plan d’exploitation et la gestion des ressources. Les habitants des quartiers et leurs leaders faisaient des propositions en fonction de leurs philosophies du bonheur communal. Certains envisageaient d’ouvrir des comptes d’épargne pour la sécurité financière de chaque famille. D’autres envisageaient d’investir dans des plans de développement de leur localité, construire des routes, des hôpitaux, des écoles, entrainer les jeunes pour la sauvegarde de la paix. Certains prévoyaient une coopération avec les villages voisins pour garantir l’harmonie dans la contrée.
Tant de différences d’opinion engendrèrent des désaccords. Le chef du village tenta de les temporiser mais la chaleur de la discussion ne faisait qu’empirer. Finalement, une bataille rangée se déclara parmi les habitants. Les plus passionnés commencèrent à insulter leurs frères et, finalement, ils en vinrent aux poings.
Juste, en ce moment de self-défense entre les habitants des quartiers qui soutenaient leur chefs respectifs, surgit un groupe de bandits venus pour clandestinement exploiter leur mine d’or. Les villageois étaient plus nombreux mais les bandits étaient armés jusqu’aux dents.
Si vous étiez habitants de ce village, qu’alliez-vous faire? Continuer de vous battre à cause de vos projets individuels qui pourraient rester des utopies si vous étiez morts ou prisonniers? Ou bien, alliez-vous vous unir de toutes vos capacités pour écarter les bandits, sauvegarder votre mine que vous pourriez exploiter librement et en faire ce que vous voudrez pour le bien être de votre localité?
Les stratégies néo-colonialistes
Guinéennes et Guinéens, plus que jamais, l’unité nationale dans notre pays est à une dure épreuve, une épreuve de vie ou de mort pour notre indépendance nationale. Jamais dans l’histoire des peuples, un pays n’a perdu son indépendance et s’est mis à se battre à nouveau pour la reconquérir. Le NON historique du 28 Septembre 1958 n’a pas été pour une indépendance chimérique de 50 ans. Il n’y a jamais d’indépendance partielle et, pire, temporaire; elle est totale.
Les manigances néo-colonialistes d’aujourd’hui mettent notre pays en vente aux enchères. Composantes de notre peuple dans sa diversité, allons-nous au nom de l’ethnocentrisme vendre notre pays, annuler notre indépendance nationale pour des intérêts individualistes? Si nous laissons des individus qui ne font pas le cent millième de notre population vendre notre pays, serons-nous heureux parce que tout simplement nous avons la fierté d’être de leur ethnie? Pourront-ils partager leur butin avec chacun de ceux qui les soutiennent au point que ceux-là et leurs petits-fils soient heureux même après une génération?
Voilà tant de questions que dans une concorde nationale chaque digne fils de ce beau pays doit se poser avant de se déterminer sur l’option à soutenir dans l’actuelle phase déterminante de notre histoire.
Batailles idéologiques et militaires ont toutes concouru à libérer notre pays du colonialisme et du néo-colonialisme jusque-là. Allons-nous perdre ces avantages historiques par des négociations hors de notre pays, entre une infime fraction de notre population au point de baillonnettes néo-colonialistes?
Le président Dadis et son équipe ont pris le pouvoir sans effusion de sang, sans inquiéter aucun dignitaire comme je l’ai mentionné dans mes premiers écrits et comme tout Guinéen pourrait le confirmer. Leur crime contre l’humanite a été de se braquer contre les cartels de drogues dans notre pays qui était devenu la plaque tournante de ce commerce illégal qui tue un peuple à petit feu; la lutte pour une administration saine. Pour libérer leurs débouchés de celui qui a mis fin à leur commerce, les narcotrafiquants, les puissances qui ont signé des contrats miniers non-équitables avec la Guinée, se battent avec cornes et pattes de monstres pour l’éliminer physiquement après avoir manipulé des politiciens.
Nous sommes à l’ère de l’information où rien ne se cache. On suit en direct des événements qui se passent à travers le monde devant des écrans à dimensions variées. Que ne voyons-nous pas comme répressives tueries à travers le monde par des régimes dictatoriaux parfois soutenus par les puissances néo-colonialistes mêmes qui se disent apôtres des droits de l’homme mais qui n’hésitent pas à utiliser leurs armes de destruction massive contre tout pays dont les leaders s’opposent à leur intérêts?
Je regrette les événements du 28 Septembre dernier, mais seraient-ils une preuve suffisante de culpabilité de Dadis qui a été mis devant le fait accompli par des politiciens qui ont choisi de mettre du sang dans son dossier encore immaculé? Organiser une tuerie et mettre le sang sur les mains de quelqu’un fait-il de lui un criminel?
Préserver notre dignité de pays souverain
Guinéennes et Guinéens, les morts du 28 Septembre font partie des milliers de martyrs nationaux avant eux. Sûrement, leurs âmes ne voudraient pas qu’on se serve d’elles pour vendre notre pays. Ces âmes se réjouiront dans l’au-delà quand, jetant leur regard ici bas, elles verront leur regretté pays prospérer dans l’unité et la paix. Ils seraient morts pour rien si c’est pour se servir de leurs noms pour vendre notre pays aux enchères aux puissances qui ne l’aiment qu’à cause de ses richesses qu’ils veulent exploiter à leur seul profit.
Sékou Touré et son régime ont préservé nos ressources minières, Conté et le sien ont entamé l’exploitation de certains gisements avec réserve. Nous ne devons pas nous laisser intimider par qui que se soit pour nous extorquer nos biens.
Un peuple est omnipotent s’il est uniformément animé de l’esprit patriotique dans la sauvegarde de son intégrité territoriale. Notre détermination à sauvegarder la patrie peut vaincre toute les armes sophistiquées des néo-colonialistes.
Dadis, dans son innocence, a été tiré dessus, Dieu qui l’a sûrement envoyé en ce moment précis pour nous défaire des narcotrafiquants, l’a protégé, Pourquoi ne veut-on pas qu’il rentre en Guinée?
Ceux qui s’opposent à sa rentrée le jugent clairement ! Les peuples exploités ne sont plus dupes aujourd’hui. Ils savent que les puissances ne soutiennent que les leaders apatrides qui hypothèquent les ressources de leurs pays. On veut empêcher Dadis à cause de son patriotisme. Il est un ennemi juré de leurs intérêts en Guinée. Si nos forces armées et notre peuple lâchent prise pour l’exigence de la rentrée de Dadis en Guinée, ce serait une renonciation flagrante à notre souveraineté en tant que pays indépendant. L’histoire ne le jugera pas individuellement, mais tout le peuple qui se serait montré vulnérable dans son ensemble. L’unité pour un peuple n’a pas de prix. C’est la force qui lui permet de résister à tous ses ennemis, intérieurs et extérieurs.
Il est réconfortant de suivre les réactions populaires et manifestations en faveur du retour inconditionnel de Dadis au pays, qu’il reste aux affaires ou non. Il n’a rien fait contre l’intérêt supérieur de ce pays pour être réduit à vivre en exil, même pour un jour, s’il n’est pas parti en touriste ou en mission. Le retour du général Konaté à Conakry sans Dadis est inquiétant. Quelle signification politique, diplomatique et humaine pouvons-nous en donner? La réalité est que c’est la preuve que nous sommes encore gérés par les colons français et la communauté internationale semble ne soutenir que les puissances qui font de nos pays ce qu’elles veulent. Je pense que les dirigeants africains actuels doivent jouer leur rôle de nationalistes pour sauver l’honneur de notre continent martyr, en toutes circonstances. Si leurs aînés, les pères des indépendances ont consenti des sacrifices parfois ultimes pour restaurer notre liberté, eux, aujourd’hui doivent préserver cette liberté et sauver notre dignité africaine. Comment des pays hors de l’Afrique peuvent-ils décider de nos sorts, ignorant nos réalités locales?
Quel sort final est réservé à Dadis dans son exil, puisque c’en est un?
Des réalités filtrent de l’opacité des murs des services secrets occidentaux qui confirment que le président Dadis est en otage à la solde de la France qui met tout son système en jeu pour se débarrasser de lui. Son seul crime est d’avoir amorcé avec son équipe un changement profond en faveur du progrès en Guinée.
Les acteurs politiques, civils et militaires guinéens ne doivent pas voir en Dadis, un adversaire à combattre mais un allié à soutenir et défendre contre la France, ce pays qui nous a octroyé l’indépendance politique à contrecœur. C’est un vrai test de patriotisme guinéen pour eux. Toute attitude contraire de la part de qui que ce soit, serait une preuve de sa défense des intérêts de la France qui n’a pour seule mission privilégiée que la déstabilisation des pays francophones qu’elle a exploités sans y laisser de trace comme dans les colonies portugaises et anglaises.
Notre pays et nos ressources cesseront de nous appartenir si le peuple de Guinée, dans son ensemble, reste un observateur passif de cette tragédie de l’histoire. Je crois que le CNDD reste fidèle à ses idéaux et à son programme et, de ce fait, doit libérer Dadis de la prise d’otage française au Burkina Faso, la prison à apparence hospitalière. L’humanité entière et les peuples frères d’Afrique nous jugeront à travers notre attitude face à cette insulte nationale.
Peuple de Guinée, il est impératif de jeter un regard sur ton passé, tes sacrifices consentis jusque-là, tes victoires passées sur tes oppresseurs et ceux qui ont, par moment, tenté de te déstabiliser dans ta marche héroïque vers ton bonheur. Ton fils qui est aujourd’hui en danger de mort, entre des mains bienveillantes mais menacées par les néo-colonialistes, a ton intérêt supérieur au cœur. Pour ton honneur, bats-toi jusqu’au bout et ramène-le au pays où sa convalescence serait plus rapide que s’il restait abandonné loin de toi, loin de ta chaleur. C’est en cela seulement que tu montreras aux néocolonialistes et à la communauté internationale que, malgré ton retard économique, tu restes un peuple souverain et mûr. Comme les habitants du village auquel j’ai fait allusion dans mon introduction, arrêtons nos querelles intestines pour résolument combattre le néo-colonialisme qui menace notre pays à cause de nos ressources que Dieu nous a réservées. N’oublions pas que chaque seconde qui passe est fatale à notre dignité nationale tant que Dadis n’est pas avec nous sain et sauf.
Vive la Guinée! Vive l’Unité nationale et prompte retour à Dadis au pays!
23 Janvier 2010
Cece Jacques Monemou (USA)
www.guineeactu.com
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