vendredi 19 décembre 2008
La Guinée en phase terminale !
Saïdou Nour Bokoum

On sait que la maladie est un équilibre. Les psychanalystes en ont tiré une conséquence doublement efficace et pragmatique. La cure sur le divan, très longue, juteuse pour certains médecins, permet au patient de prendre son mal en patience, pas plus !

 

La plupart du temps, il s’agit d’une névrose. Un complexe de symptômes insupportables. A moins d’avoir les moyens de s’installer dans le velours moelleux et coûteux du divan d’un psychanalyste. D’après les « malades » américains qui « vont au psy comme au dentiste », pour parler comme M. Dupont, le jeu en vaut la chandelle, vu le rapport prix qualité.

 

Ainsi en est-il de cette longue transition où languit le peuple de Guinée. Qu’est-ce que 7 ans d’une cure analytique à côté de cinquante ans d’une transition dans les détritus de l’Histoire où moisit le peuple de Guinée, puni ainsi d’avoir choisi un NON  de malédiction.

 

Après la dictature sanglante de Sékou Touré qui n’a pas seulement coûté 50.000 morts ou disparus, mais 26 ans d’immobilisme économique, donc de recul et enfin, logiquement, de pertes économiques qui se chiffrent en milliards de dollars de manque à gagner. Il suffirait de dire « qui n’avance pas recule », pour réfuter l’argument selon lequel « Sékou, au moins, n’a pas dilapidé les biens de tous ordres de la Guinée, dont  le sous-sol est intact ».

 

On pourrait ajouter son sol aussi l’est. Hélas ! Même chose pour le cheptel. Encore hélas ! Ce n’est pas du temps de Lansana Conté qu’a commencé la chute libre de la production de la banane, la meilleure de la sous-région, le meilleur café de la sous-région, le meilleur cacao, etc. Je laisse le soin aux économistes de préciser l’argument précité qui ne tient pas la route.

 

La virginité du sol et du sous-sol laissée par Sékou Touré est loin d’être une vertu. C’est une calamité qui a fait le lit de la seconde république. Cela d’autant plus facilement que Sékou Touré avait également préparé « l’homme nouveau ». Un être sorti d’un terrifiant lavage de cerveau, mithridatisé et prêt à approfondir le trou abyssal dans lequel l’avaient jeté 26 ans de terreur et de pensée unique de « l’Homme peuple ».

 

Certes, il a fallu une solution de continuité pour poursuivre l’œuvre de destruction massive entamée par le P.D.G. La seconde république l’a trouvée et mise en œuvre en la formule : « le P.D.G. plus le libéralisme ». Cette « solution » a trouvé ses limites en juin 2006 et surtout en janvier 2007.

 

Une véritable insurrection populaire quand, même les mendiants ont crié leur ras-le-bol, en hurlant « trop c’est trop, nous voulons le changement ! ».

 

Après quoi, nous avons eu droit à un gouvernement dit de consensus qui, très vite, a montré ses limites. Il a été limogé. Le nouveau gouvernement dit de large ouverture est plutôt remarquable par sa béance où se sont engouffrés tous ceux qui ont fait la ruine de la République. Tous les prédateurs ou presque sont là. Sauf ceux qui sont morts, souvent de mort naturelle.

 

Beaucoup parmi les geôliers de la première et de la seconde républiques ont tiré leur révérence. Dans l’impunité.

 

Cela dit, la vengeance, même si elle doit poursuivre le crime, n’a rien bâti. Elle  tue l’espoir.

Mais tous les acteurs criminels, ou présumés innocents ou coupables, victimes ou héritiers de victimes, s’ils ne sont pas tous vivants, auront pour leur défense, des Guinéens, juristes ou non, mais aussi de simples et honnêtes gens qui auront le souci du devoir de mémoire.

 

Cela ne sera possible que si nous organisons ce vrai débat, cette prise de parole collective, courageuse, afin que nous nous regardions en face, que nous nous disions les quatre vérités.

 

Il y a moins d’une semaine, lors d’un séjour privé à Conakry, je me suis fait littéralement lapider par des auditeurs, d’une station populaire très écoutée me dit-on, dont le panel relèverait (hasards du direct), de la sociométrie de « la vengeance poursuit le crime,   il va voir ce qu’il va voir cet anti-guinéen ! ». Puisque probablement, l’invité est annoncé quelques heures auparavant. Et même serait-ce l’effet du hasard du direct, il est pour le moins surréaliste de baver tant de haine, alors que chaque famille guinéenne ou presque, compte un Guinéen de l’extérieur, qui envoie au moins 10 euros par an aux siens. Et si c’état 10 euros par mois ? Et pourquoi pas 100 ?

 

C’étaient des « qu’est-ce que vous foutez là-bas, qu’est-ce que vous apportez à la Guinée ?! Ce Prétendu Président de l’Assemblée nationale (sic), ce Kassory (encore sic) qui se vante d’être allé à Harvard… ».

 

Impossible d’arrêter la logomachie où voulait m’embarquer cet auditeur, pour lui dire qu’il mélangeait tout, depuis que Sékou Touré lui avait lavé le cerveau avec du fiel directement trait d’un foie (d’une foi ?) malade, en phase terminale.

 

Nous sommes 3 millions à l’Extérieur. Cette haine-là ne peut, en aucun cas, être représentative des 2/3 de Guinéens restants. Elle est tellement irrationnelle, absurde, qu’elle se retourne en une paradoxale rationalité de l’instrumentalisation par les quelque 200 tueurs d’espoirs, négateurs de la nation, qui sont bien connus. Les mêmes qui ne veulent pas entendre parler d’un Lansana Conté tranquillement mis au repos pour se soigner. Au contraire, après les inévitables et récurrentes rumeurs sur sa santé défaillante, on vient de le ré exposer sous son fromager, comme une étrange survivance, un increvable dinosaure.

 

Avec cette Guinée sonnée par tant de misères, humiliée par des accords tripartites tripatouillés par la malgouvernance revenue en force, nous en sommes encore à errer sur des chemins de traverse, dans des colloques, des forums, des études, des expertises où les principaux concernés sont poliment ignorés, en attendant les deux ou trois « journées de restitution », où quelques cooptés autoproclamés représentatifs des trois millions de Guinéens de l’Extérieur,  seront invités à goûter les petits fours et les amuse-gueules, en emportant les brochures emballées dans des sacs-cadeaux bien à propos en ces jours de fête où l’on aurait dû être en deuil.

 

La tenue d’Assises des Guinéens de l’Extérieur ouvrant de larges débats en commissions et en plénières, devrait remettre les pendules à l’heure. Non pas l’heure de Washington ou de Paris, mais notre retour dans le tempo de ce que toute la planète guinéenne a vécu et suivi en janvier-février 2007.

 

Une radioscopie exhaustive des deux républiques, leurs réussites et leurs échecs. Suivie des perspectives pour l’horizon 2010. En espérant qu’il n’est pas plutôt besoin d’un scanner pour un malade en phase terminale. Même quand on l’aura trouvé ce rare gadget en Guinée, il sera trop tard, si l’on se laisse surprendre  par une troisième « Tempête du désert » où nous plongera  « Le Golfe persique » (nos faubourgs).

 

On ne peut pas évacuer tout un peuple !

 

Il a fallu le secours du Tout Puissant pour aider Moïse à sauver son peuple de 400 ans d’esclavage. D’ailleurs, il n’aura vu « La Terre Promise » que de loin.

 

Pensons seulement que Lansana Conté a au moins huit héritiers putatifs. Combien font 8 fois cinquante ? Vous savez, en ces temps bibliques, l’homme vivait ses mille ans bon pied bon œil ! 

 

Faudra-t-il attendre 400 ans pour que Le Très Haut « descende » à notre secours ? A-t-on oublié que la prophétie est scellée depuis 14 siècles par le Prophète de l’Islam ? Le Messie alors. Lequel ? Le Mahdi des musulmans ou celui d’Israël ?

 

Attendre la fin des temps ?

 

« Je ne change rien au destin d’un peuple tant qu’il n’y a pas mis du sien » (1), a dit Celui Qui donne le Pouvoir et le retire.

 

Saïdou Nour Bokoum, signataire de la ci-dessous pétition

 

Note : (1) Traduction libre et personnelle d’un verset coranique.

 

Post-scriptum : Je viens d’apprendre que Monseigneur Coulibaly, quelques jours ou quelques heures après mon passage sur les antennes de cette même station privée très populaire, a martelé le long de toute son intervention, l’incontournable tenue d’Assises de l’ensemble des acteurs du changement social, disqualifiant implicitement (je crois même qu’il les a évoquées) les fameuses institutions, artisans d’un certain accord suivi d’un comité de veille, tous ensemble aujourd’hui, barbouillés de sommeil. Institutions dont il fait partie, ce qui est tout à son honneur. Cette  lucidité-là rime avec patriotisme.

 

Pour signer la pétition cliquez ici ou allez sur le lien URL suivant :

http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=3333

 

Pour voir les signataires cliquez ici ou allez sur lien URL suivant :

http://www.lapetition.be/list_signs.php?petid=3333&page=1

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Vos commentaires
Saïdou Nour Bokoum, lundi 22 décembre 2008
D’accord MM Souleymane et Cie, je « la ferme », la fosse septique où les tortionnaires ont enterré vivants des êtres vivants. Je peux la fermer moi, mais vous n’arriverez jamais à étouffer les hurlements des suppliciés qui vous tympaniseront pour l’Eternité et au delà. Le bruit de la chasse d’eau que je tire définitivement sur vos éclaboussures ne vous empêchera pas d’entendre ceux des damnés qui les y ont jetés.
AMADOU DAMARO CAMARA, lundi 22 décembre 2008
Mon cher frère BOKOUM Encore une fois vous voulez rendre le débat confus en le déplaçant en dehors de son cadre précis. Je tiens quand même à vous préciser qu’historiquement vous n’êtes pas plus concerné par le passif du régime de Sékou Toure que moi. Donc son futur statut de grand homme ou le tyran qui ne sera déterminé en définitif que par l’histoire devrait plutôt nous pousser a l’établissement des faits dans leur véracité pour les historiens. Ce qui est en cause ici est votre propension à vous approprier des chiffres des qu’ils vont dans le sens que vous voulez. Tenez vous lisez un article qui cite Amnesty parlant des 50000victimes oups ca suffit ; le compte un bon ce chiffre est sur. En même temps avec tout ce que vous faite dans le domaine d’un certain militantisme inavoué, vous n’avez pas le temps d’ouvrir le site du camp Boiro qui ne peut pas être soupçonné de sympathie pour Sékou Toure pour lire nommément le nom de plus d’une cinquantaine d’officiers et sous officiers exécutés après le 4Juillet. Une recommandation donc mon cher frère ; pour votre niveau et votre carrure sur la scène de la notabilité guinéenne si vous ne pouvez pas même par un simple clic de souris vérifier des chiffres, abstenez vous d’en faire usage a tout bout de champ. Le débat ne s’en porterai que mieux. Très fraternellement.
Souleymane, lundi 22 décembre 2008
Ce n`est pas à Mr DANSOKO d`aller faire des recherches dans la documentation française pour trouver la cofirmation des chiffres que vous avancés.Un argument est toujours soutenu par des preuves.Donnez nous la preuve de vos affirmations sinon cessez d`empoisonner la jeunesse qui a besoin de connaître la vérité rien que la vérité sur le passé de la guinée.Cessez de vous lamenter sur les chiffres de plus ou moins de cinquante mille morts.Ce n`est pas ça le problème de la Guinée. Rappelez vous un peu,pendant la deuxième guerre mondiale la Russie à elle seule a perdu 20.000000 de personnes.Cele n`a pas empêché la Russie de rester une puissance mondiale.Rappelez vous encore des deux bombes larguées sur UROSHIMA et NAGASSAKI.Ces deux bombes ont fait des millions de morts et jusqu`à présent il des séquelles.Pensez vous que les japonais sont entrain de pleunicher pour ça? Moi qui suis né dans les années 70 ne peux pas croire que les pays là ont enregistré de tels dégats.Donc cessez de nous raconter des histoires de cowboys.Faites nous des propositions concrêtes sinon fermez la. Pourquoi vous vous acharnez contre une personne qui est décédée depuis un quart de siècle? Vous avez lutté contre Sékou TOURE de son vivant le peuple de Guinée vous a répondu. Si vous continuez de le combattre après 25 ans de sa mort c`est les anges qui vont vous répondre.Was`salam!
Saïdou Nour Bokoum, lundi 22 décembre 2008
M. Dansogo, je vous présente mes sincères excuses pour vous avoir confondu avec M.Soumah à qui s’adressait mon « compliment » de magnanimité. En effet c’est M. Soumah qui s’inquiétait de l’idée que votre serviteur prétende être ce rassembleur que je serais loin d’être. Maintenant qu’il est rassuré, il a clos notre débat en une courte phrase. Quant à vous je n’éprouve nulle antipathie à votre égard. S’agissant d’Amnesty International, et je ne fais que me répéter, je ne m’y suis référé qu’indirectement, après avoir lu des articles qui y renvoyaient. Je n’ai aucune raison de croire que les auteurs de ces articles étaient aveuglés par une haine quelconque à l’encontre de Sékou Touré au point de triturer l’Histoire. Et j’avais dit tout de même à Damaro que s’il s’avérait que ce renvoi était injustifié, je serais prêt à dire « dont acte », mais que jusqu’à preuve du contraire, pour moi Amnesty reste fiable dans cette matière. Je ne m’amuse pas à chercher à avoir raison coûte que coûte. Aucun de nous n’est payé pour répondre à des commentaires souvent malveillants sur le Net. A deux heures du matin, j’étais encore entrain de vous répondre. Pour l’utilité du débat entre Guinéens. Par respect aussi. Cela ne m’amuse pas du tout d’aller fouiller la bibliothèque d’Amnesty, nous n’avons pas que ça à faire. Il n’y a pas que Sékou Touré et Lansana Conté qui posent problème en Guinée. Bref avec toute ma sympathie, je vous dis poliment d’aller faire vos recherches à Amnesty, à la Documentation française ( Quai Voltaire ?), au G.I.S.T.I.(groupe d’Information et de Soutien des Immigrés), à l’Office des Migrations internationales ( ? ),etc. Wa Salam
Issiaga DANSOKO, lundi 22 décembre 2008
M. Boukoum, vous semblez ne pas être vraiment gentil avec moi! Je connais bien Amnesty International, je sais que cette ONG existe depuis des décennies et produit des dizaines, voire des centaines de rapports par an. Si ce chiffre est d`elle, ayez l`amabilité de me donner le titre et/ou l`année du rapport qui mentionne le chiffre de 50.000 Guinéens tués par Sékou Touré. Je réitère que ce chiffre ne me dérange en rien. Au contraire. J`aurais posé la même question que si vous donniez 25, 63 ou 2.000.000. C`est seulement de la source que j`ai besoin. Si vous me la donnez, je la lirai et poserai éventuellement des questions à Amnesty pour d`éventuels éclaircissements. Pour la diaspora guinéenne, c`est idem. Je ne remets pas en cause votre chiffre, c`est la source que je veux. Et je vous jure que je n`ai aucune statistique en ma possession. Vous êtes notre doyen, et de surcroît, EL HADJ, vous devez sûrement être adossé sur une documentation sure et une connaissance solide du sujet que vous abordez à un nombre incalculable de vos compatriotes. C`est pourquoi je cherche à me renseigner auprès de vous. Vous comprenez, j`espère. Aucune intention de polémiquer. En attendant vos sources, veillez agréer mes salutations distinguées. Issiaga. Merci à et M. Damaro Camara pour sa précision.
Saïdou Nour ¨Bokoum, lundi 22 décembre 2008
Réponse à M. Damaro qui écrit : "Le frère Bokoum est un littéraire qui aime beaucoup le chiffre 50000 victimes de la PREMIERE république.... et DIX SEPT SEULEMENT sous la DEUXIEME..Est-il nécessaire que je précise que mon livre est relatif aux évènements du 4 juillet 1985.." Je ne suis pas seulement un littéraire. Cependant la modestie ne m`étouffe pas, oui Morik ton frère, qui est d`une promotion plus jeune que moi, matheux devant l`Eternel, n`était pas meilleur que moi ni en maths ni en physique, tout comme Somparé hyper brillant en maths et physique ( 11è classe) avec qui nous en 12è, nous avions les mêmes programmes en ces deux matières . Nous faisions souvent ensemble ( sans Morik) les exercices en ces matières. Mais on peut ne pas être fana des maths-physiques et préférer être littéraire comme moi, même si là, je n`excelle pas. Je voudrais surtout dire que je suis aussi metteur en scène pour revenir à notre sujet. Qui relève ici de l`art de faire des montages de textes et d`idées. J`ai souligné certains mots de ton texte, et mon petit frère Damaro tu me peines. Tu sembles aimer les chiffres et la précision. Donc où est-ce que tu as lu que je parle de DIX SEPT ( officiers) seulement ? Alors que j`ai parlé de DIX HUIT seulement. Et quand tu m`as "rectifié" en parlant de 63 je te défie d`écrie pour Dansogo et Cie exactement ma réponse. Sinon je le ferai. Voilà, je m`étais pratiquement excusé tout en précisant plus tard que je parlais d`OFFIICIERS, après quoi tu as promis ce bouquin où tu donneras des noms etc. Pour Amnesty, Je la croyais fiable,tu as rétorqué que tu as posé des questions à RFI, etc , etc. Tu n`as toujours pas de réponse ? Venons-en au fond de ce que tu as du mal à enfouir et qui surgit malencontreusement , comme un lapsus. C`est le mot SEULEMENT. 17 "Seulement" pour la deuxième république face aux.. 50 milliards de victimes de Sékou Touré ! Car enfin les chiffres mêmes n`ont pas d`importance pour toi. 17, 18, 5000 ou 50000, ce n`est pas ce qui te trouble la logique. Ce sont les camps ( pas celui de Boiro), mais au sens où tu emploies ce vocable. Il y a dans ta tête deux camps : celui qui statufie Sékou Touré et ..celui qui parle autrement de ce MONSTRE.Je me hâte d`ajouter qu`il ne fut pas que cela , mais nous n`en sommes pas encore aux Assises. Et là Galéma que tu cites en sourdine ne me contredirait pas . Ton livre est sur "Le coup Diarra" ( tu dis .."relatif aux évènements du 4 juillet" ) que j`ai personnellement toujours mis entre guillemets d`une façon explicite ou autrement. Pourrais-tu nous éclairer sur les coups de Sékou Touré décidément mal connus ? Ou alors tu aurais du mal à parler des CAMPS qu`il a bâtis et dont certains servent encore, même s`ils sont pour la plupart logés dans des crânes ? Bref les chiffres t`intéressent seulement quand il s`agit de ceux relatifs à ton "camp" que j`ai franchement du mal à situer mentalement. Quand est-ce que nous nous déciderons à enterrer certains camps et à ouvrir les seuls où se trouve figée la mémoire ensanglantée de cette nation ? Tu préfères Vérité à Mémoire ! Me voilà encore plus peiné : De quoi est faite l`Histoire, la vraie, celle de nos peuples , de leur mémoire libérée par nos historiens africains ou par la "vérité" de l`Autre qui n`était rien d`autre que la trascription largement mensongère de cette même mémoire extorquée à nos traditionnistes par ceux qui nous avaient vaicus alors qu`ils n`avaient pas raison (Cheikh Hamidou Kane) ? Franchement je suis déçu jeune frère.Je préfère ne pas aller trop loin à cause de Morik, ton frère mon frère et ami. M. Dansogo vous avez été magnanime en réussissant à être plus court que moi . Heureusement, comme vous dites, qu`il y a plus d`une centaine de signataires répartis sur toute la planète, pour ce rassemblement au lieu que ce soit ce Saïdou Bokoum, ce polémiqueur rompu dans l`art de.. diviser ! Et c`est une habitude chez moi : Le Manifeste Odyssée 2010 dont je suis signataire depuis 2004-2005 a été signé par 216 Guinéens. Il est certainement pour quelque chose dans la division des Guinéens en juin 2006 et janvier-février 2007 ! Curieusement, c`est la même proposition du Maniferste qui est reprise dans le nouvel Appel, à ceci près que nous ne parlons pas d`Assises nationales, mais plus modestemnt d`Assises des Guinéens de l`Extérieur. Les risques de division en seront moindres.. Mais ne me dites pas que c`est cette nuance que vous aviez en tête ! Wa salam. SNB
mohamed soumah, dimanche 21 décembre 2008
""Ce n`est pas moi qui aurais rassemblé ceux qui viendront aux assises.Ce sont tous les signataires qui auront été les rassembleurs...""heureusement M.Bokoum
Saïdou Bokoum, dimanche 21 décembre 2008
Ma soeur, Dans l`impossibilité de mettre directement en ligne mon dernier commentaire à ces messieurs, je te les envoie en copier/coller. Bonne soirée. S.N.B. 1) M. Soumah, ce n’est pas moi qui aurais rassemblé ceux qui viendront aux assises. Ce sont tous les signataires qui auront été les rassembleurs. Je suis plus modeste, contrairement à vos soupçons. 2)Il y a beaucoup de papiers qui ne suscitent pas de commentaires. En fait ils ne suscitent rien du tout. Cela n’est pas stimulant pour quelqu’un qui soumet ses idées à l’espace public du Net ! 3)Vous devriez revoir dans le dictionnaire le sens des mots polémique et commentaire : il y a autant de commentaires qui me sont défavorables que de commentaires positifs. Je n’en ai pas fait les statistiques, donc ni vous ni moi ne devrions être définitifs dans cette affaire. M. Dansoko, puisque vous insistez, pour les chiffres horribles imputables à la dictature sanglante du monstrueux grand homme d’Etat Sékou Touré, sachez qu’il existe une institution qui a nom Amnesty Internal. Pour le mode de calcul de la diaspora guinéenne, il serait plus simple de m’opposer vos propres chiffres. Ca vous vaudra de goûter les délices d’un article avec un début, un milieu, et une fin. Suivis de commentaires malicieusement tendancieux. Wa salam.
Amadou Damaro CAMARA, dimanche 21 décembre 2008
Amon frère Isiaga Dansogo Je suis d’autant surpris que vous que le frère Bokoum vous renvoie a la parution d’un prétendu livre de moi. Je suis l’un de ceux qui lui ont posé la question sur ce fameux chiffre de 50000 victimes de la première république. Sa réponse d’alors était que « 5000 » ou « 50000» avait peut d’importance ; mais que Amnesty international serait sa source. Le frère Bokoum est un littéraire qui aime beaucoup les chiffres 50000 victimes sous la première et 17seulement sous la deuxième. Les chiffres n’engagent que leurs auteurs et ceux qui en font usage avec une si déconcertante légèreté. Est-il nécessaire que je précise que mon livre est relatif aux événements du 4 Juillet 1985 auxquels j’ai été intimement associé. Dans ce livre je me propose d’assumer ma part devant l’histoire et aussi de faire savoir le rôle joué par ceux qui ne veulent rien assumer fussent ils de mon « Camp ». C’est pourquoi mon sentiment reste que pour qu’il est un débat nationale en Guinéen comme l’a dit un plus spécialisé que moi, il faut que le « devoir de vérité précède le devoir de mémoire. Aussi longtemps que par convenance les guinéens accepteront le mensonge, des révélations qui n’en sont pas, des slogans creux, des prises de position ethniques par proxy, des interviews orientées, arrangées et remplies de fioritures contradictoires à la Facinet Toure, il n’y aura pas de réconciliation véritable. Comme le dit Jean Pierre Chevènement « le devoir de mémoire doit être intégral; la mémoire doit être exhaustive; elle ne doit rien omettre; elle doit éclairer ce qui était cette période » C’est par ce qu’ils savent que les guinéens surtout de la jeune génération qui sont ou doivent être en quête de renseignements historiques objectifs, impartiaux militent plutôt pour un débat national ouvert et civilisé, qui permettrait d’atteindre deux objectifs essentiels. A certains de relativiser leurs point de vue parce que mieux informés. A d’autres, de cesser d’empoisonner l’atmosphère sociale en racontant, tous les jours des fables sur le net ou autres moyens de communications. Le peuple aura découvert que leur volonté d’imposer leur « vérité absolue et dogmatique » qui ne semble pas être la vérité - relève plutôt de l’imposture, d’une manière d’empêcher en particulier et a tout prix, la manifestation de cette vérité la seule conciliatoire. Fraternellement A. Damaro Camara
mohamed soumah, dimanche 21 décembre 2008
Comment un homme dont les ecrits et reactions suscitent autant de polemiques(à voir les commentaires sur les ecrits de M. Bokoum)peut il rassembler? je doute fort qu`il vous sera facile d`y parvenir M.Bokoum
Issiaga DANSOKO, dimanche 21 décembre 2008
Merci M. Boukoum de votre réponse, même si elle ne répond pas à ma question! Je voulais juste savoir, si vous, qui avancez souvent ces chiffres, aviez une source fiable. Mais tel ne semble pas être le cas, donc c`est de la spéc pour le moment, en attendant la parution du livre de M. Damaro Camara. J`ai en réalité fait certains des pays qui vous citez et d`autres de très forte concentration de Guinéens non mentionnez par vous. Ce qui m`a peut-être manqué, c`est votre méthode de comptage. Auriez-vous tout de même m`apprendre cette méthode, s`il vous plait? Si non, accepteriez-vous de vous abstenir de les avancer "en attendant la parution du livre de M. Damaro"? Il y va de votre propre crédibilité. Je ne sous-estime ni exagère ces chiffres, M. Boukoum. Je veut tout simplement en savoir la source, entant que personne qui veut comprendre l`histoire et le présent de son pays pour contribuer à son futur. Bien à vous
Saïdou Bokoum, samedi 20 décembre 2008
M. « Ollaïd », la notion de société civile est très fluctuante. Je ne me hasarderais pas à la définir. Cependant je crois pouvoir dire que fonctionnaire, dès que vous quittez votre bureau et que vous chaussez vos « tapettes », vous êtes dans le champ sociologique de la société civile. Je dirais même colonel, si vous êtes en vacances, sans votre tenue et vos galons, vous y êtes, même s’il est imprudent de vous confondre avec n’importe quel quidam en haussant le ton devant vous à propos de je ne quoi. Bref, ces Assises n’entendent pas comprendre comme acteurs-organisateurs, les ambassadeurs, et leurs personnels, ni les Partis politiques, ni les syndicalistes en mission à l’extérieur. Vous me comprenez ? Quant au caractère hétéroclite de cette nébuleuse, elle est de fait, sinon on aurait affaire à des militants ( de syndicats, de partis politiques, etc. ). Pour autant, on ne peut pas signer cet appel les yeux fermés, et vous le dites vous-même en filigrane. Il y a quelques engagements à prendre qui sont clairement mentionnés dans le justificatif. Je ne les reprendrai pas ici. Avons-nous tous (les signataires j’entends) la même compréhension de ces points, c’est au cours des Assises que les différences, les divergences voire les contradictions même irréductibles devront s’affronter, démocratiquement. S’entendre avant de s’entendre cela s’appelle pétition de principe, ce n’est pas ce que vous avez voulu dire. Vous avez des craintes, moi aussi, mais il faut qu’on avance un jour ou l’autre, ensemble. Il y a un temps pour la réflexion individuelle silencieuse ! Un temps pour l’expression individuelle publique. Un autre pour la réflexion collective contradictoire. Encore un autre pour la synthèse. Enfin un moment pour le passage à l’acte, tous ensemble. Pour l’instant, nous essayons de surmonter le spontanéisme, l’individualisme cloisonnné. Quant à l’application d’éventuelles résolutions, cela ne relève pas de la vocation de la société civile. Les pouvoirs publics, les Partis politiques, les syndicats sont les acteurs du changement social. Ce sont eux qui devront appliquer ou s’inspirer de ce qui sortira de ces Assises. Du moins en temps normal. Mais en janvier-février nous avons vu comment fut rempli le vide créé par la crise de leadership, ce à quoi je pense en parlant de vocation. Cela conduit à des révoltes, des révolutions, hélas souvent avortées (mal) conduites par qui n’en a pas la vocation ! Ce débat très intéressant, est sans fin. Quant à M. Dansoko, je vous dirai ceci, le débat sur les cinquante mille morts ou disparus est clos, en attendant la parution du livre promis par M. Damaro, ou alors vous venez de prendre le train en marche ? Quant aux 3 M de Guinéens de l’extérieur, faites comme moi, étudiez la question. En commençant par visiter la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, la Gambie, la Guinée Bissau, etc.. Je ne sais pas où vous habitez, mais la planète guinéenne est plus vaste que ça. Les bons démographes des peuples migrants sont aussi des touristes, des globe-trotteurs.. Wa salam. Saïdou Nour Bokoum
Issiaga DANSOKO, vendredi 19 décembre 2008
Bonjour M. Boukoum! J`ai une réelle ignorance à propos de chiffres souvent avancés sur la Guinée. Je demande qu`il vous plaise de me situer sur la source de chiffres tels que: "50.000 personnes tuées par Sékou Touré" ou encore "trois millions de Guinéens vivant à l`extérieur". Merci d`avance et bien à vous. Issiaga. dansokoissiaga@yahoo.fr
Ibrahima Diallo-"Ollaid", vendredi 19 décembre 2008
Très bonne initiative, Mr Bokoum! Mais la signification de « société civile des Guinéens de l’extérieur » pourrait poser problème. Ne pensez vous pas que cela pourrait être interprété comme exclusif, même si vous précisez que ce n’est pas le cas dans votre Justificatif ? En me référant à d’autres initiatives, quel sera l’impact ? Et pensez vous que nous aurons les moyens d’appliquer les résolutions vu le caractère très éclectique/hétéroclite des ces Guinéens de l’extérieur dont certains ont un pied à l’intérieur ? Néanmoins, vous êtes à encourager pour votre souci de recherche de solutions et votre abnégation.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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