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Aussi loin que l’on remonte dans le temps, la femme a toujours été reléguée à une position médiate. Elle a toujours été placée au second rang. Dans l’union conjugale, elle est considérée comme la moitié de l’homme. Selon la tradition chrétienne, elle a été créée à partir d’une côte de ce dernier. C’est elle qui aurait incité Adam à croquer la pomme du péché. Les hommes se sont toujours acharnés à l’inférioriser, pour mieux la dominer. Pourquoi tant d’acharnement à la réduire à la seconde place ? Nous allons y répondre.
Mais auparavant, rappelons que dans la tentation réductrice de l’homme, pour affirmer sa puissance, tout a été dit pour rendre la femme inférieure. Dans la tradition musulmane, elle entre au paradis juchée sur les épaules de l’homme. On dit que Marie-Madeleine était une fille de joie qui a été sauvée par Jésus Christ. Or, des témoignages authentiques attestent qu’elle appartenait à une grande famille aristocratique et qu’on a voulu l’avilir pour mieux affirmer la pureté du Christ.
L’homme s’acharne à inférioriser la femme, uniquement parce qu’il redoute la puissance créatrice de celle-ci.
C’est la femme qui enfante. C’est elle qui donne la vie. La nature a privé l’homme de cette puissance d’essence divine qui est d’assurer la reproduction de la race humaine.
Les femmes ont les mêmes capacités que les hommes. Elles peuvent même aller à la guerre si on le leur demande. Témoin, les Walkyries chez les peuples germaniques ou les Amazones du roi Béhanzin au royaume du Danhomè.
Lorsque les hommes vont à la guerre, elles sont là pour assurer l’intendance, affûter et mettre les armes au point. A preuve, pendant la Seconde Guerre mondiale, ce sont elles qui travaillaient dans les usines d’armement quand les hommes étaient au front.
Lorsque la femme rentre le soir, fourbue, exténuée, d’une harassante journée de travail, elle doit encore se mettre aux fourneaux, pendant que l’homme se prélasse sur son divan, à contempler les formes agréables de sa compagne. Ensuite, elle doit langer le bébé, mettre au lit les plus grands… Elle enchaîne ainsi trois journées en une.
L’homme a toujours cherché à minimiser le rôle social de la femme, dans la crainte de voir les rôles se renverser. Même dans l’acte d’amour, on place la femme sous l’homme, pour bien montrer qu’elle occupe la seconde place, qu’elle joue le second rôle.
Or, par nature, l’homme et la femme sont complémentaires. Sur le plan du droit, ils sont sur un pied d’égalité. Ils sont parfaitement égaux.
Lorsque la femme se révolte, pour tenter de s’affirmer, on la traite de pasionaria, d’écervelée, voire de folle. Les hommes ne veulent pas la voir exercer le pouvoir exécutif, parce que, dans leur inconscient primitif, le soir venu, c’est l’Etat ou la République que l’homme culbute. Lorsque la femme se révolte, pour tenter de s’affirmer, on la traite de pasionaria, d’écervelée, voire de folle. Les hommes ne veulent pas la voir exercer le pouvoir exécutif, parce que, dans leur inconscient primitif, le soir venu, c’est l’Etat ou la République que l’homme culbute. Or, elles ont les mêmes capacités que les hommes. Le peuple britannique l’a bien compris, qui se laisse se diriger par une femme, la reine Elisabeth II. Cependant, pour bien montrer que, pour jouer ce rôle, elle doit se défaire de sa féminité, elle ne doit jamais approcher un homme ; elle ne doit même pas approcher son propre fils, le prince Charles, ni à plus forte raison l’embrasser. Nous devons nous libérer de tous ces tabous plus que moyenâgeux. Nous, les femmes, avons les mêmes capacités que les hommes. Si on nous en donne l’opportunité, nous pouvons être Prix Nobel de sciences, comme Marie Curie, ou chefs d’Etat, comme tant de souveraines qui ont dirigé des pays dans le monde. On observe aujourd’hui que, dans beaucoup de pays, il y a plus filles que de garçons à l’université, et qu’elles réussissent mieux que leurs camarades. Mais, n’entrons pas dans la guerre des sexes.
En Guinée, aucune femme ne traîne de casserole derrière elle. Aucune d’entre elles, n’est convaincue, ni même soupçonnée de détournements de fonds dans l’exercice de ses fonctions officielles. Alors que l’écrasante majorité des hommes qui s’exhibent sur la scène politique se sont enrichis en puisant honteusement dans les deniers publics et les caisses de l’Etat.
Peuple de Guinée ! Pour te sortir du profond marasme où nos hommes t’ont plongé, nous te conjurons d’appeler à la barre une femme. L’Almamy Samory disait que si, toi l’homme, n’arrivait pas à libérer ton peuple, alors donne tes armes à la femme qui te montrera le chemin. En Guinée, aucune femme ne traîne de casserole derrière elle. Aucune d’entre elles, n’est convaincue, ni même soupçonnée de détournements de fonds dans l’exercice de ses fonctions officielles. Alors que l’écrasante majorité des hommes qui s’exhibent sur la scène politique se sont enrichis en puisant honteusement dans les deniers publics et les caisses de l’Etat.
Peuple de Guinée ! Pour te sortir du profond marasme où nos hommes t’ont plongé, nous te conjurons d’appeler à la barre une femme. L’Almamy Samory disait que si, toi l’homme, n’arrivait pas à libérer ton peuple, alors donne tes armes à la femme qui te montrera le chemin. A l’heure actuelle, nous sommes arrivés, en Guinée, à ce point de rupture. Seule une femme peut aujourd’hui nous sortir de la gabegie, de la mal gouvernance et nous remettre sur le droit chemin.
Notre conscience ne peut pas admettre que notre pays soit aujourd’hui le plus arriéré économiquement de tout le continent africain, alors que nous avons d’incommensurables potentialités qui ne demandent qu’à être réalisées. Notre conscience ne peut pas admettre que notre pays soit aujourd’hui le plus arriéré économiquement de tout le continent africain, alors que nous avons d’incommensurables potentialités qui ne demandent qu’à être réalisées. Tous les hommes qui se sont succédé à la tête du pays depuis 50 ans ont échoué. Les conditions historiques objectives sont désormais réunies pour qu’une femme accède à la magistrature suprême. Osons ce geste. Franchissons ce pas, afin que la Guinée cesse d’être la risée du continent et de la communauté internationale, pour reprendre la place qui doit être la sienne, dans le peloton de tête des pays qui gagnent et qui sortent de la misère et de la pauvreté.
Adji Barry Baud barry_baud@romandie.com
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