jeudi 23 octobre 2008
La Guinée de plus en plus dépendante de riz importé

Notre pays dont le secteur agricole ne se porte pas bien, subissant le coût de la mauvaise gestion dont le ministère de l'Agriculture fait l'objet depuis 1984, ne compte quasiment que sur des produits importés, notamment le riz asiatique pour nourrir ses populations. Ce qui donne lieu parfois à pas mal de problèmes avec les sociétés importatrices de cette denrée de base des Guinéens.

Le volume d'importation de riz en provenance du Bengladesh, de la Thailande et de Chine a plus que triplé depuis 1984. Ce qui fait que nous soyons aujourd'hui à plus de 600 mille tonnes de riz par an, selon des sources proches du département du Commerce. Lors de la période de soudure, le gouvernement avait mis un plan d'urgence en place, pour permettre aux populations de manger à leur faim, en leur vendant le riz à 160 mille francs guinéens le sac. Ce riz qui n'a pas échappé à la spéculation s'est retrouvé à près de 240 mille francs guinéens sur le marché. Ce qui donne une mauvaise image des sociétés spécialisées dans l'importation de riz. Certains observateurs les rendant responsables de la cherté des pris du riz sur les marchés. Pire, certaines sont même accusées de devoir des milliards à l'Etat guinéen. Face à ces allégations, la direction de Hamana a jugé nécessaire de lever un coin du voile sur ses rapports avec l'Etat guinéen. " Nous sommes une société commerciale très sensible à certaines formes de spéculation qui ne peuvent que nuire à notre image de marque.

Pour une première, nous apportons notre part de vérité pour que les Guinéennes et Guinéens se fassent une idée des désagréments qu’a subit et continue de subir notre société.

Au moment des élections présidentielles de 1998, la Guinée a connu une forte pénurie de riz. Aucun importateur à l’époque n’avait de riz dans son magasin de stock, seule Hamana en disposait. C’est ainsi que le gouvernement afin de parer à cette douloureuse situation a pris 4 500 tm de riz pour mettre à la disposition du gouverneur de la ville de Conakry pour soulager la population de Conakry. De ce jour jusqu’ici nous n’avons perçu aucun sou au titre de remboursement. En évaluant cette quantité demeurée impayée à la date d’aujourd’hui cela fait une valeur de 2 475 000 USD.

A l’époque on avait un stock de 40 000 tm de riz, le prix a flambé pour atteindre le seuil de 90 000 fg le sac, malgré cette situation Hamana a toujours maintenu son prix à 25 500 fg pour contenir la hausse.

Malgré cet effort patriotique, nous n’avons pas été remboursé ni en espèce ni en nature, cette situation demeure toujours telle quelle. Ceci est le premier point."

"Le second concerne notre dossier qui se trouve au MEF portant sur une affaire de 850 000 USD qui est toujours en souffrance sans aucun paiement. Hamana s’est sacrifiée à aider le gouvernement et la population guinéenne à des moments critiques. Eu égard à tous ces faits énumérés ci haut, cela a eu pour effet pervers de mettre Hamana dans une situation financière difficile.

Au moment du programme PAD initié par le BCRG, nous avons bénéficié de l’argent auprès de Ecobank, il ne restait que 350 000 000 fg qui ne représentaient que les intérêts financiers de la dite banque, nous sommes entrés en négociation en vue d’obtenir un rabais afin de pouvoir payer notre dû. Dans le même temps, nous avons déposés auprès de la BCRG 101 kg d’or pour exportation, cette quantité a été bloquée pour faute de paiement des créances de Ecobank et nous avons payé, si nous n’étions pas animés d’une volonté de paiement nous n’allons jamais prendre le risque de déposer cette quantité d’or.

Bien au contraire, nous nous sommes acquittés non pas parce que notre marchandise a été bloquée, mais notre philosophie est de ne pas rester devoir à nos collaborateurs.

A cause de cette fâcheuse affaire, nous avons été victimes de mauvais rapports jusqu’à ce que certaines banques primaires de la place aient fermé nos comptes prétextant que nous sommes de mauvais payeurs. Mais il reste et demeure entendu que la société Hamana ne doit aucun sou à aucune institution financière (banques et autres) de la place." D'autres sociétés portent les mêmes griefs contre l'Etat guinéen, ce à tort ou à raison.

Pour revenir à la société Hamana, il faut noter qu'une partie du mur de son magasin s'est affaissé récemment, faisant entrevoir des tonnes de riz. Certains riverains ont cru que ce stock de riz faisait partie du lot du riz gouvernemental. Ce qui selon la direction serait faux.

Elle rappelle que L’Etat à travers une convention a invité Hamana en vu de soulager la population, de mettre à sa disposition 7 500 TM de sucre qui est une propriété de Hamana et qui se trouvait dans leurs magasins toutes les taxes dûment payées. Ce qui fut fait.

En revanche dès l’arrivée de la commande de sucre du Gouvernement, Hamana serait remboursée en nature pour la quantité négociée. Il est donc très clair que la Société Hamana n’a jamais bénéficié d’une quelconque exonération dans cette affaire de sucre qui fait couler beaucoup d’encre aussi.

Aminata Touré
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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Vos commentaires
Fanta berthe, vendredi 24 octobre 2008
sa fait trés honte que la guinee,premier pays independa de lafrique de louest soit encore afamé a se point.nous voulons un changement.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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