mardi 8 avril 2008
La goutte d’eau qui fera déborder le vase
Lansana Kouyaté

L’on n’est plus à l’époque des grandes illusions, où les promesses faisaient rêver. Aujourd’hui, tous les facteurs sont réunis pour porter un jugement objectif sur les actions du gouvernement. C’est dans cet ordre d’idées qu’un sondage effectué auprès d’un groupe de citoyens, révèle, assez clairement, que la cote de popularité du premier  dégringole de façon spectaculaire depuis quelques mois. Certains faits non moins expressifs seraient à l’origine du ternissement de cette image. Le tout premier fait, c’est de n’avoir pas pris en compte le quotidien du citoyen. En effet, Kouyaté était beaucoup plus préoccupé par ses projets d’avenir, avec tous les mirages qui accompagnent de tels rêves, que par les besoins vitaux des populations. Le long terme aura pris le dessus sur le plus pressé. Alors que la toute première action du chef du gouvernement devait consister à faire baisser les prix des denrées alimentaires sur le marché, quitte à supprimer les taxes sur l’importation du riz. Le président malien ATT nous livre ses recettes en ces termes : « Gouverner, c’est assurer le service public de façon spontanée. Donner à boire à ceux qui ont soif et à manger à ceux qui ont faim. » Voilà en quoi se résume la bonne gouvernance pour le président Touré.

Un autre fait est que le premier ministre guinéen a manqué de trempe, au point d’oublier ses prérogatives. Il finira par n’être qu’un subordonné en quête d’image auprès d’un pouvoir passé maître dans la politique de l’usure. Lansana Kouyaté prendra du temps à avouer ses difficultés avec le pouvoir. N’avait-il pas eu l’occasion de démissionner pour être d’accord avec ses premières convictions ? Le premier ministre ne tardera pas à affirmer qu’il ne démissionne pas. Une réponse à cette conscience qui l’interpelle. D’autres faits saillants qui ont contribué à ternir l’image de la primature se résument par ces gestes du chef de l’Etat à l’adresse d’un premier ministre passionné d’odyssée :

·         Les retouches sur le projet de restructuration soumis à qui de droit pour validation.

·         La mise en congé de Justin Morel Junior.

·         La nomination de Issa Condé.

·         L’annulation, par décret, de l’arrêté du premier ministre, relatif à la cession de nos vieux hôtels à la Libye.

Tout cela dénote  le caractère fictif de ce poste de premier ministre, né d’une situation de crise qui est loin de trouver un apaisement. Puisque l’augmentation du prix du carburant à la pompe ne fera que nuire davantage à ce qu’il reste de crédibilité au gouvernement. Kouyaté devrait se convaincre du fait que tout faux-pas qu’il marque contribue à le rendre impopulaire. Ses maladresses donnent raison à ceux qui ont prophétisé son échec. Aujourd’hui, la situation est telle qu’il faut redouter qu’elle ne soit la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Les effets négatifs de l’augmentation du prix du carburant sont déjà ressentis dans tous les secteurs d’activité. Les absences enregistrées dans les services publics, la flambée des prix de tous les produits de consommations importés ou locaux, la pauvreté devenue endémique dans tous les foyers, la crise de l’essence entraînant celle du transport sont, entre autres, des conséquences immédiates des nouvelles dispositions du gouvernement.

Les syndicalistes observent un silence de carpe, surpris de cette aventure dans laquelle se fourre le gouvernement Kouyaté.

C’est le calvaire !                  

Thierno Dayèdio Barry, Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    


Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011