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Il y a à peu près un an, le ministre Alexandre Cécé Loua me tenait le cliché recuit,
« Vous avez des problèmes vous là-bas, en France, vous n'êtes pas unis. ».
Il y a une petite semaine le ministre en charge des Guinéens de l'Etranger me demandait,
« Qui est l'interlocuteur ici en France aujourd'hui, la section France des Forces vives, ou bien... ? ».
On parle de trois à cinq millions de Guinéens à l'Extérieur. Je ne sais pas combien nous sommes en France, ni combien en Europe. Nous savons qu'en Côte d'Ivoire et au Sénégal seulement, ils sont plus de deux millions de Guinéens.
Il y a peut-être neuf à dix millions de Guinéens en Guinée. Je voudrais bien savoir qui est leur porte-parole. M. Moussa Dadis Camara, Président de ce qui est visible du CNDD, le Général Sékouba Président intérimaire, le Premier ministre Jean-Marie Doré, ou bien M. Lounsény Fall, porte-parole des Forces Vives ? Ce sont ceux-là mêmes qui insistent sur notre division qui finiront par la consolider. Je passe sur l'incroyable distraction de toutes les instances censées organiser les voyages des autorités de la République, les chancelleries en intelligence supposée avec le « protocole d'Etat » au pays. Je sais bien que dans nos républiques bananières, gérer le temps de travail d'un ministre ou d'un Président de la république est comme organiser un concours de danse des vaches entre Mamou et Dabola.
Tout de même, voilà deux fois que de fortes délégations gouvernementales viennent en France, demandent à rencontrer les Guinéens quelques heures avant des réunions de ces mêmes Guinéens, réunions prévues plusieurs semaines avant. Au lieu de se rendre à ces réunions, quitte à rajouter au battage publicitaire à l'occasion de cette invite, non, on invente des dates, on est prêt à louer le Palais de l'Elysée au prix du Mont Nimba. Mais surtout n'y voyez nulle intention sournoisement fractionniste. C'est que ces Guinéens sont déjà divisés. Pour être précis, il faut insinuer :
"Ici on peut trouver des Guinéens qui ne poseront pas les questions qui fâchent, mais là-bas, Excellence (sic) ce sera la chienlit, ce sont des enfants de Mai 68 qui trainent encore des barbes et des dreadlocks de hippies !"
Alors, on pousse à la multiplication des réunions et après on nous assomme, « ils sont divisés ! »
Ils oublient une toute petite chose, nos plus grands communs diviseurs :
La Diaspora n'est pas un Etat.
Et cette Diaspora n'a pas à rougir de son état, face à un Etat en loques depuis qu'ont l'a oint de nos tristes « tropicalités » dont l'arborescence n'a pas fini de nous étouffer de ses opulentes senteurs d'euphorbe. Pour dire plus simplement les choses, ces ruineuses habitudes ont un nom : GASPI. Je laisse à nos "auditeurs" publics, le soin de faire le bilan financier des "kotèba" (farces villageoises), comme cette performance de la cour des miracles de l'hôtel Scribe. Il me suffit de pointer le gâchis humain des improvisations savamment calculées de cette chancellerie qui a beau jeu de me jeter à la figure,
L'Histoire se répète, mufti de Dinguiraye !
Le 17 janvier 2008, elle entraîne la délégation du CNDD à Trouffion les Bains, méprisant quelque deux cents Guinéens massés aux portes de Paris, de 14h à 20h, en improvisant une réunion matinale, du jamais vu par nous qui sommes ici depuis que la bâtardise de l'indépendance (Amadou Kourouma) nous a mis dehors. Voici qu'elle remet cela ce 3 avril alors qu'elle savait pertinemment depuis plus de trois semaines, qu'une réunion de ces mêmes Guinéens venus d'un peu partout d'Europe était prévue.
Mufti de Dinguiraye, l'histoire se répète !
Chez Machiavel, le cynisme est une vertu politique. Chez les apprentis sorciers du Parti qui a Usé le Peuple (PUP), c'est du masochisme. Elle n'a eu que ce qu'elle méritait. La foule massée, déchaînée lui a renvoyé la balle :
Houuuuuuu !!!!
Voici plus d'un an qu'elle est rappelée. Elle vient d'obtenir son billet retour, délivré devant le Président de la Transition. Ce départ peu glorieux de son Excellence n'est pas la solution à notre « division », même s'il y a là en l'espèce, une question de dignité, d'honneur. Il faut que toutes nos chancelleries et tous nos responsables d'Etat comprennent une fois pour toute que la Diaspora n'est pas un Etat. Que la Diaspora a compris que son destin est entre ses mains et non pas esclave des calculettes trop souvent opportunistes de nos acteurs politiques, qu'ils soient ou non aux affaires. Les juifs ont mis plus de deux mille ans pour se trouver un coin où unir leur diaspora. Et encore ce lopin de terre est déchiré entre deux légitimités historiques, voire métaphysiquement antagoniques.
Les quelque cinq cents Guinéens qui depuis plus de cinq ans ont signé deux appels pour la structuration de la Diaspora en une entité nationale, vient de franchir une étape cruciale. Après quatre réunions difficiles pour les raisons que l'on sait, dispersion géographique, partisane et autres ressorts centrifuges, bien à l'image du ronronnement historique qui a plombé le changement social au pays profond, les Guinéens d'Europe ont mis en place dimanche 4 Avril 2010 la procédure qui permettra de fédérer les Guinéens de l'Europe. Et de proche en proche, toute la Guinée en Exil, de l'Asie au continent américain sans oublier l'Australie et l'Afrique, fera de même, pour qu'à la tenue des Assises nationales, cette cinquième région de la Guinée ait ses lettres de noblesse, frappée du sceau du martyre qu'elle a connu en ses rangs au fil des républiques, avec parfois le silence assourdissant de certains acteurs politiques ingrats à son endroit.
La France, la Hollande, la Suisse, l'Allemagne étaient bien représentées ce 4 Avril. La Grande Bretagne, l'Espagne et le Portugal étaient attendus. Ceux qui ont suivi les reports et les contretemps de ce rassemblement, qui ont fini par empêcher les délégués de ces trois derniers pays de venir, comprendront bien la légitimité des conclusions que je me contenterai de synthétiser ici.
Nous avons choisi trois critères ou paramètres pour mettre en place un collège le plus large, le plus ouvert qui soit. Ce collège dans une semaine, devra mettre en place un bureau provisoire qui aura pour mission essentielle de préparer nos Assisses avant les élections. Ce collège est composé comme suit :
1) Deux représentants pour chaque pays européen, précisément l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grande Bretagne la Hollande, le Portugal et la Suisse. En attendant que la Hongrie, la Tchécoslovaquie et d'autres pays européens signataires de notre Appel nous rejoignent effectivement. Ce paramètre de représentativité géographique est associé à deux autres qui bouclent l'entrée du Collège.
2) Nous avons estimé que les associations et les Doyens (ou Sages) doivent aussi, les une et les autres, être représentés par deux délégués pour chaque entité. A chaque entité, comme pour le CNT, de choisir ses représentants,
3) Une représentation féminines (deux représentantes), que ce soit une structure morale dirigée ou "dominée" par nos sœurs ou des personnalités consensuelles a été jugée opportune,
4) Une représentation des jeunes (deux délégués), a fini par être aussi reconnue nécessaire comme l'air du temps.
Nous avons la ferme conviction que nos travaux ont été fructueux et qu'ils auront eu la bénédiction du Ministre chargé des Guinéens de l'Etranger, qui était à cette réunion qui lui a donné l'occasion de présenter l'organigramme de son département et surtout les projets prometteurs qu'il a dans sa valise. Nous sommes pour l'essentiel en phase avec lui. Nous avons été assurés de l'appui ferme du Président de la Transition, le Général Sékouba Konaté, prêt à promulguer une ordonnance, dès lors que le CNT lui en aura fait la proposition, ce dont nous ne doutons pas. Il me l'a assuré en présence du ministre secrétaire général de la Présidence, M. Tibou Kamara. Mais à défaut, un décret suffirait, en attendant la saisine du CNT. Ce qui serait en phase avec l'approche du Ministre des Guinéens de l'Etranger qui pense plutôt à un décret déjà prêt nous a-t-il confié, seul bémol que je mettrais à ses projets par ailleurs courageux et ambitieux (dans le bon sens) dans l'ensemble. Mais l'idée de faire du futur CNGE une sorte d'appendice d'un ministère me paraît totalement inacceptable. Les ministères et les ministres passent, la Diaspora reste. Hélas ! Cependant un dialogue fructueux est amorcé. Nous ne ferons pas la fine bouche.
Wa Salam !
Saïdou Nour Bokoum
Bjr à tous,
Juste pour présenter mes sincères excuses à la délégation venue de Belgique à notre réunion du dimanche 4 avril 2010; c'étaient Mr. Naïmi Diallo, Ismael Bah et El Hadj Sano, pour avoir oublié de mentionner leur présence dans mon libre compte-rendu, en attendant la synthèse du secrétariat; la rectification est déjà partie à Guineeactu.com, je le ferai pour Neo leadership et Tamsirnews; les autres sites n'ont pas encore publié mon article.
Wa Salam à tous!
PS : Nous publierons dans les prochains jours la synthèse de l'ensemble de nos quatre réunions.
www.guineeactu.com
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