lundi 15 février 2010
La crise politique guinéenne : ce qui ne va pas
Nouhou Badiar Diallo

Les Ressources minières et les clivages ethniques continuent de déchirer le Continent Africain. La Guinée à l’épreuve des faits, semble être épargnée de tout cela. Cependant, l’observation de la situation actuelle en République de Guinée nous permet d’identifier des cas de crise liés d’une part aux crispations autour des tragiques évènements du 28 Septembre 2009 et, d’autre part, aux enjeux de la répartition du pouvoir au sein de la classe politique. Grâce à un concours de circonstances, si on peut le dire, le processus démocratique s’est enclenché engendrant ainsi deux camps qui s’affrontent au grand jour. Ce match politique qui oppose le CNDD à la classe politique qui croit avoir remporté la victoire, est en réalité loin d’être gagné. La balle se trouve toujours dans le camp de la classe politique et nous permet aujourd’hui de découvrir les vrais visages de nos politiciens dont les ambitions et les faiblesses s’affirment de plus en plus. Aujourd’hui ces politiciens rongés par un sentiment d’inefficacité face à la crise sont toujours incapables de nous séduire. Comprend qui peu !

Après le refus de nos politiciens pour des raisons qui leur sont propres, de se rendre à Ouagadougou pour définir avec le Médiateur de la CEDAO, la feuille de route, c’est au Président de la Transition de la concevoir et de la mettre en œuvre afin qu’elle serve de code de conduite au Gouvernement de la Transition et ce, pour éviter tout dérapage qui risquerait de compromettre le processus démocratique.

Depuis les premiers jours de son Indépendance Nationale, notre pays n’a connu que des désastres sociopolitiques et des tragédies à répétition. A chaque tragédie, les femmes et les jeunes toujours en avant-garde, sont les plus touchés. Et pourtant aujourd’hui ils sont les plus absents dans la prise de décisions. Cela s’explique par le fait qu’une « Aristocratie » à la guinéenne née au temps du PDG a pris notre système gouvernemental en otage depuis plus de cinquante ans. Au temps du PDG, nous avons vu des Ministres à vie comme s’ils étaient nés Ministres pour mourir Ministres. Ensuite, une élite intellectuelle composée de cadres devenus Ministres à plusieurs reprises se constitua et gravita autour du régime Conté jusqu’à sa fin. Ces cadres guinéens croyaient et continuent de croire qu’ils sont les seuls « ministrables » dans le pays. Voilà qu’aujourd’hui la même élite, c’est-à-dire, le même cercle fermé de cadres « ministrables » se reconstitue systématiquement avec les mêmes ambitions. Le Premier Ministre lui-même sortit des entrailles de la classe politique toujours soutenue par ces richissimes cadres « ministrables » se trouve épinglé par ces derniers qui lui exigent de leur retourner l’Ascenseur. Tant que ce système n’est pas combattu, les jeunes seront toujours marginalisés et les femmes ne seront prises en compte qu’en complément d’effectif.

Sur les dynamiques de la transition, les Guinéens ont besoin d’organiser un scrutin démocratique empreint de la plus grande transparence. Pour cela il faut multiplier les initiatives pour élargir l’espace démocratique par un vrai débat politique en vue de la participation effective d’une nouvelle génération de cadres dans la recherche consensuelle des solutions pérennes à la crise que traverse notre pays.

Pour ce faire, allons-nous continuer de croire aux promesses chimériques de nos politiciens supposés être des opposants mais qui en réalité ne s’opposent à rien ? A vouloir décrypter notre passé politique, on finit par constater qu’on n’a vraiment pas des politiciens mais des ambitieux politiques. Il vous en souviendra mes chers compatriotes, leur décadence face aux tenants du pouvoir a commencé lors des événements du lundi 22 Janvier2007. Pendant que la peur et la résignation taraudaient nos politiciens, les Syndicalistes réussirent à tordre la main du Régime Conté à tel enseigne que Conté lui-même était sur le point d’opter pour l’exil. C’est juste à ce moment que nos politiciens sont sortis de leur léthargie pour pondre les accords tripartite du 27 Janvier 2007 lesquels nous ont produit un Premier Ministre de consensus qui a fini par nous décevoir. Les tragiques événements du 28 Septembre 2009 ont affligé l’humanité toute entière et nos politiciens sauvagement blessés et humiliés prennent l’héroïque décision de rompre tout dialogue avec la junte. « On ne dialogue pas avec les assassins » disaient-ils. Mais ils ne savaient malheureusement pas qu’une telle décision appartenait aux vrais politiciens et non aux soit disant politiciens. La suite nous le savons tous : non seulement ils ont dialogué mais ils servent allégrement la junte toujours détentrice du pouvoir. D’accord, qu’à cela ne tienne. La junte est d’accord de confier la primature et la composition du Gouvernement de transition aux politiciens tout en leur disant attention : nous militaires avons pu nous entendre en 24 heures pour enclencher enfin le processus démocratique, il vous appartient à vous politiciens d’agir plus vite que nous pour qu’enfin notre pays retrouve le chemin de la démocratie. Mais voilà, depuis plus de deux semaines, la méthode Doré pose problème à la transition. Le Premier Ministre de la transition en conclave avec nos politiciens est toujours incapable de former son Gouvernement. Que veut Jean Marie Doré ?

Un Décret de nomination et un Décret de Responsabilités !

Alors mon Général, qu’attendez-vous ?

 

Nouhou Badiar Diallo, New York (USA)


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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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