dimanche 14 juin 2009
La controverse des per diem impayés

Interrogée sur les deux mois d’arriérés de per diem réclamés par les opérateurs de saisie, la Déléguée de la Commission Européenne en Guinée Anna Sylvia de Piergrossi a été claire : « L’UE a pris en charge les deux mois de per diem des opérateurs de saisie, soit de la mi-octobre à la mi-décembre 2008 ». La deuxième tranche du recensement qui s’est déroulée entre la mi-mars et la mi-avril a été, quant à elle, financée par la France.

 

Pour Mme Piergrossi, s’il y a des arriérés de per diem à payer à ces opérateurs de saisie, c’est l’Etat guinéen qui doit y faire face. « A notre entendement et sur la base du programme initial, ce recensement ne devait pas dépasser deux mois.» C’est donc vers l’Etat guinéen qu’il faut se tourner pour comprendre le problème des deux mois de per diem impayés. Un premier élément de réponse est donné par le chef du département Administration et Finances de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) Lousény Camara.

 

Selon lui, l’opération de recensement a été interrompue fin 2008 par une rupture de consommables. « Il est vrai que nous avions deux mois de contrat avec les opérateurs de saisie. Mais étant donné qu’ils sont restés sur le terrain faute de transport retour, l’Etat a endossé cette responsabilité. » Pour rassurer les opérateurs de saisie, poursuit Lousény Camara, l’Etat guinéen leur a annoncé que leur contrat était désormais à reconduction tacite. « Cette décision du ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques alors chargé de l’organisation des élections reposait sur le constat que seuls 30% des électeurs potentiels avaient été recensés sur l’ensemble du territoire guinéen », précise le chef du département Administration et Finances de la CENI. L’Union Européenne a tenu ses engagements. A l’Etat guinéen de le faire maintenant.

 

Relance de l’enrôlement

 

La CENI soucieuse…

Au cours d’une conférence de presse tenue le 6 juin dernier au Novotel, le président de la Commission électorale nationale internationale (CENI) Ben Sekou Sylla a fixé à 79% le taux de recensement des électeurs depuis le début de cette opération en octobre 2008. Soit 4 144 416 électeurs sur une population électorale estimée à 5 274 233 personnes.

 

M. Sylla a annoncé l’organisation d’une opération de ratissage de deux semaines pour terminer le recensement des électeurs guinéens. Selon lui, le recensement est bloqué actuellement à cause du non paiement par l’Etat de sa part de financement qui se chiffre à 30 milliards au compte des deux premiers trimestres de 2009.

 

Sans la libération des fonds par l’Etat soit 45 milliards de francs guinéens sur un budget global de 180 milliards, le processus électoral souffrira longtemps, indique le président de la CENI. Il a toutefois annoncé l’autorisation donnée par le chef de l’Etat au ministre de l’Economie et des Finances de débloquer un montant de 15 milliards de francs guinéens. Un montant qui sera consacré au paiement des arriérés de salaires des membres des CARLE (Commissions administratives de révision de listes électorales) et des démembrements de la CENI.

 

Malgré la disponibilité de l’USAID à financer l’opération de ratissage, le président de la CENI rappelle qu’on ne peut pas relancer le recensement sans les salaires des indemnités des agents recenseurs, y compris les opérateurs de saisie.

 

Camara Moro Amara et Talibé Barry


L'Indépendant, partenaire de
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Ce texte a été réalisé lors d’un séminaire sur « L’éthique et la déontologie » qui s’est tenu du 2 au 9 juin 2009 dans le cadre des activités du Centre international de journalistes (ICFJ) en Guinée.  

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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