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Madame Kaba Rouguy Barry, débarquée du gouvernement à la faveur de la formation de la nouvelle équipe dirigée par Jean-Marie Doré, a trouvé une astuce pour revenir au devant de la scène. C’est du moins ce qu’affirment ses détracteurs. En effet, cette femme qui pèse dans le leadership féminin vient ainsi d’organiser une cérémonie de prières et de pardon pour honorer la mémoire de toutes les victimes causées par les excès des régimes qui se sont succédé en Guinée depuis l’avènement des indépendances en 1958.
C’est au nom de son ONG dénommée FEFAG (la Fédération des femmes d’action de Guinée), que Rougui Barry appelée affectueusement par ses 3 initiales RBB a convié ses compatriotes à cette cérémonie qui s’est déroulée le 15 avril dernier dans l’enceinte de la grande Mosquée Fayçal de la capitale. Des ulémas fortement mobilisés ont procédé à des lectures du saint Coran sur fond d’offrandes composées essentiellement de bœufs qui furent immolés publiquement. Des quartiers de viande de bœuf furent donc offerts à la foule, tandis que des plats cuisinés sur place étaient aussi servis dans une ambiance où l’émotion n’avait nullement sa place. Les gens ayant pour la plupart fait le déplacement pour faire simplement ripaille, en cette période de vaches maigres. Ce geste de Rougui Barry s’inscrivait dans un élan de réconciliation nationale entre les fils de la Guinée. Une façon pour celle qui a servi au poste de ministre de l’Enseignement pré universitaire et de l’éducation civique dans le gouvernement de Kabinè Komara, qui a dû débarrasser le plancher suite aux massacres du 28 septembre 2009, de faire parler d’elle.
RBB dit accomplir un ‘’ devoir de mémoire ‘’ à travers cette cérémonie du pardon et du souvenir aux morts tombés depuis 1958 en Guinée.
La maîtresse de cérémonie a mis l’occasion à profit pour inviter l’ensemble des participants à prier pour toutes les victimes qui ont payé de leur vie la dictature de Sékou Touré, le régime autoritaire de Lansana Conté et les excès de la junte qui a pris le pouvoir le 23 décembre 2008, à la faveur d’un putsch. Des souvenirs qui rappellent les milliers de victimes du camp Mamadou Boiro, bâti en plein cœur de la capitale guinéenne, durant la première République et la purge au sein de l’armée de juillet 1985, qui avait été fatale à des officiers de valeur des Forces de défense et de sécurité. A ce chapelet macabre, il faut ajouter les événements de juin 2006 et janvier et février 2007, lors desquels le régime de Lansana Conté qui était aux abois a voulu étouffer des mouvements sociaux par des coups de fusils et de baïonnettes.
Alors qu’on pensait que la fin de la deuxième République marquait à jamais la fin de ces épisodes sanglants, voilà que le 28 septembre 2009 la junte de Moussa Dadis Camara a fait preuve d’une barbarie inouïe en tuant et violant des militants de l’opposition, dans un stade fermé. C’est face à toute cette tragédie que la présidente de l’ONG FEFAG, Madame Kaba Rougui Barry a demandé pardon à toutes les victimes et à leurs familles tout en sollicitant que ce ‘’ pardon » soit accepté pour le bonheur des populations guinéennes. Car pour elle, seules la paix et la réconciliation nationale sont la source d’un développement harmonieux tant souhaité pour la Guinée.
Lors de cette cérémonie, Mohamed Dansoko Camara a, au nom de l’ensemble des victimes, indiqué que Rougui Barry s’est montrée digne de sa lignée en mobilisant tout ce beau monde. Invitant au passage les uns et les autres à prier également pour la postérité de cette dame. L’événement était placé sous la présidence du général Sékouba Konaté, le président de la Transition qui, malheureusement, n’aura pas fait le déplacement. D’ailleurs, aucune personnalité de taille n’y pointera le nez. Suscitant du coup des commentaires dans certains milieux de la cité, où on pense que le geste de Rougui intervient tardivement. Pour ses détracteurs, elle aurait dû se montrer solidaire à l’égard des victimes du 28 septembre au lendemain de ce drame. Un pas qu’elle n’avait pas franchi, préférant garder le silence pour sauvegarder son poste au sein du gouvernement, dont elle était membre. Contrairement à certains de ses anciens collègues dont Tibou Kamara, Justin Morel Junior et Abdourahamane Sano qui eux, avaient eu le courage de rendre le tablier.
En définitive, cette cérémonie de pardon ne serait qu’un moyen pour RBB de se racheter une virginité, afin de pouvoir se lancer dans les prochains jours dans le marigot politique, souligne la plupart des observateurs.
Emmanuel Toumany Le Démocrate, partenaire de www.guineactu.com
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