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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a organisé une conférence de presse ce samedi à la maison de la presse. Cela pour présenter les résultats d’un atelier d’évaluation de l’élection présidentielle tenue en 2010 à Kindia. Ensuite pour informer la population du chronogramme et du budget des prochaines législatives et donner la réaction de cette institution à propos non seulement du projet de décret du ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation (MATAD), mais aussi du projet de loi organique du CNT portant réaménagement de la CENI.
D’entrée de jeu, le chef de département des procédures juridiques de la CENI, Jacques Gbonimy, a dit d’abord que cet atelier qui s’est tenu à Kindia du 24 au 26 mars dernier avait pour objectif d’évaluer l’ensemble des opérations de l’élection présidentielle de 2010, les forces, faiblesses, contraintes et difficultés rencontrées dans la conduite du processus électoral pour en tirer les enseignements en vue de l’amélioration de l’organisation des futures législatives.
Il a ensuite cité des insatisfactions de la présidentielle concernant la gestion de l’opération électorale, et le cadre juridique et institutionnel de l’ensemble du processus. Il a égrené un chapelet de dysfonctionnements et de griefs tels que la production de trois versions du code électoral en 4 mois, l’incompréhension entre le gouvernement et la CENI autour de l’interprétation de l’alinéa 2 de l’article 2 du code électoral, l’ambiguïté de la participation du MATAP dans la conduite du processus électoral, le non-respect du serment de neutralité et d’impartialité des membres de la CENI au second tour, la mauvaise administration de la CENI, sa politisation affichée et l’absence de cohésion en son sein au second tour.
« Un processus électoral est une épreuve de souveraineté qui met en action un arbitre, des acteurs en compétition (les partis politiques ou les candidats) et les bénéficiaires/ arbitres, dépositaires de la souveraineté. La défaillance d’un seul maillon de cette chaîne peut entrainer des dérapages aux conséquences incalculables » a dit J. Gbonimy.
Pour la tenue des prochaines élections législatives, le calendrier les prévoit à fin 2011. C’est-à-dire au mois de novembre et le budget peut s’étendre jusqu’à 200 milliards de nos francs, a précisé El hadj Boubacar Diallo, chef de département planification de la CENI. Ce qui est sinon une légitimation ou au moins une confirmation de la volonté affichée du gouvernement sur ce point controversé par d'aucuns.
Quant à la question du réaménagement de la CENI, c’est M. Saïdou Bayo, le chef de département information, sensibilisation et communication de cette institution qui indique que « son institution n’a pas de réaction à donner. Pour lui ce sont les partis politiques et les organisations de la société civile qui doivent réagir contre les projets de décrets controversés. » « La loi stipule que c’est l’organe organisateur de la présidentielle qui a aussi en charge l’organisation des législatives » a-t-il dit, avant de poursuivre que « c’est seulement 6 mois après la mise en place de l’Assemblée nationale qu’il y aura la Cour constitutionnelle. Et c’est devant cette cour qu’une nouvelle CENI pourra prêter serment. »
Pour M. Bayo, c’est seulement le CNT qui est habilité à élaborer une proposition de loi organique allant dans ce sens, alors que le projet de décret que le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation parle des activités à mener par la CENI et le MATAD. Et dans ce projet de décret, il est inscrit que le MATAD fait le recensement ou la révision de la liste électorale, gère le fichier électoral, élabore le budget des législatives. M. Bayo a fait le point sur les différents travaux des commissions de la CENI. Mais selon lui, ce projet de décret a été refusé en bloc par la commission de travail qui a été constituée par des cadres de la CENI et par ceux du MATAD.
Enfin M. Gbonimy a dit que la CENI a déposé un recours auprès de la Cour d’appel de Conakry concernant le dossier d’El Hadj Boubacar Diallo et de Lounceny Camara, tous deux condamnés pour fraude électorale. Et la Cour d’appel les a innocentés, a-t-il conclu.
Oury Bah pour guineeactu.com et nrgui.com
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