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Pour respecter le délai de six (6) mois qui devrait mettre fin à la transition en Guinée, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne veut plus perdre du temps. Le président de cet organe chargé d’organiser les élections en Guinée vient de prendre les devants. Ben Sékou Sylla, lors d’une conférence de presse qu’il a animée la semaine dernière a indiqué que les élections devront avoir lieu le 27 juin prochain.
Depuis la signature de l’Accord politique, le 15 janvier dernier, à Ouagadougou, entre le chef de la junte, Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté, la donne politique a changé en Guinée. Cet accord qui limite la transition à six (6) mois, devant conduire le pays vers des élections présidentielles pour un retour à l’ordre constitutionnel redonne de l’espoir aux Guinéens. Suite à cet accord, le président de la transition a nommé un Premier ministre issu de la classe politique qui, à son tour a formé un gouvernement d’union nationale.
Un premier pas est déjà franchi. Même si l’essentiel au bout du compte, c’est d’aller vite et bien aux élections. Qui doivent être crédibles, transparentes et acceptées de tous. La CENI qui ne voudrait pas prendre la responsabilité du moindre retard accusé à cet effet, a préféré prendre les devants. En soumettant un projet de chronogramme des élections. Ce projet de chronogramme fixe la date des élections au 27 juin prochain. Mais attention, le respect de ce chronogramme exige un certain nombre de préalables qui ne sont pas des moindres.
Lors de sa conférence de presse, animée le 20 janvier dernier, à Conakry, le président de la CENI a dressé son tableau de bord. Qui s’articule principalement sur deux points. A savoir le recensement (à l’intérieur et à l’extérieur) et les moyens financiers, ou, pour utiliser le terme approprié, le « budget ».
Concernant le recensement, le président de la CENI, a tout d’abord rappelé que suite au premier recensement, plus de 4 millions électeurs nationaux avaient été enregistrés, et dont l’enrôlement avait duré six (6) mois. Et que pour les Guinéens vivant à l’étranger, dans les 17 pays, on a pu enrôler que 56.215 électeurs. Il soulignera à ce niveau que l’opération qui devrait prendre 15 à 20 jours, avait été interrompue suite aux événements du 28 septembre 2009. Aussi, il a évoqué d’autres facteurs qui, selon lui, ont entravé l’opération. Il s’agit, explique-t-il, de la durée de 20 jours qui semble insuffisante pour une opération de cette envergure, la destruction des kits par endroits, la méfiance des Guinéens pour le recensement biométrique, la distance et les coûts de transport entre le lieu de recensement et les provinces d’accueil des Guinéens.
Or, que s’il faut relancer l’opération d’enregistrement des électeurs, des contraintes s’imposent là également. Le délai qui prendra au moins 15 à 21 jours, le budget, au minimum 4 milliards GNF et le temps de traitement des données au niveau du site central et de gestion du contentieux sur l’inscription. Pour Ben Sékou Sylla, ceci pourrait prendre banalement 3 mois au moins.
« Toute reprise du recensement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, aura inéluctablement un impact négatif tant sur le chronogramme que sur la mobilisation des ressources financières », a-t-il averti.
Ensuite, il a rappelé que contrairement à ce qu’on pense, la mobilisation des ressources n’a jamais été facile. D’autant que la promesse des bailleurs de fonds n’a jusqu’ici pas été respectée.
Ceux-ci ayant tout gelé suite aux événements du 28 septembre 2009.
Selon Ben Sékou, pour un montant total de 135 milliards, la CENI n’a reçu que 127 milliards GNF. Soit un gap de 8 milliards GNF qu’elle entendrait combler aujourd’hui avec impatience pour relancer le processus. Il a précisé aussi que tous ces fonds ont été mobilisés grâce à l’effort intérieur de la Guinée. Aucun sou ne serait venu des bailleurs de fonds. Il exprime toutefois le souhait que l’Etat et les bailleurs de fonds s’activeront cette fois ci à mettre la main à la poche pour que le délai imparti soit respecté.
Par ailleurs, le président de la CENI estime que les différentes forces politiques du pays (Forces Vives, Bloc des forces patriotiques et l’Alliance nationale pour le renouveau) qui ne parviennent pas encore à s’accorder sur le chronogramme, sauront très vite enterrer leur différent pour sauver la nation.
A rappeler qu’au cours de cette conférence de presse, Ben Sékou a aussi indiqué, l’exclusion des Guinéens de l’extérieur pour les élections présidentielles. Selon lui, ces derniers ne pourront pas voter. Et ne pourront le faire que lors des législatives, des communales et des communautaires.
Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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